| Année: |
1887 |
| Pays: |
Cambodge |
| Mission: |
Cambodge |
| Rédacteur: | Mgr Cordier |
IV. — Cambodge.
Population catholique 16,735
Baptêmes de païens 335
Baptêmes d’enfants de païens 1,870
« L’année dernière, nous écrit Mgr Cordier, lorsque je vis que les troubles qui avaient si profondément agité le le Cambodge commençaient à s’apaiser, que le calme allait renaître dans ce pauvre pays, mon cœur s’ouvrit à un doux espoir. D’abord, j’espérais que le chiffre des baptêmes d’adultes, qui avait considérablement baissé à cause de ces troubles, augmenterait sensiblement. Mais hélas, quel mécompte ! il a encore diminué. Cependant, à côté de cette déception, il y a une satisfaction et une espérance. Le nombre des enfants baptisés in articulo mortis est supérieur à celui des années précédentes, voilà la satisfaction. Quant à l’espérance, elle est dans le nombre des catéchumènes, qui en ce moment est de 1,000 à 1,200. Lors même que tous n’auraient pas le bonheur de devenir enfants de Dieu par le baptême, il est bien permis d’espérer que le plus grand nombre recevra ce sacrement. Espérons donc encore que le cours des conversions, qui avait été ralenti et presque arrêté, reprendra pour la gloire de Dieu et l’encouragement des ouvriers apostoliques. »
C’est à reconstituer les chrétientés dispersées que l’année a été surtout employée. Malheureusement, la mort et la maladie de plusieurs missionnaires ont grandement entravé cette œuvre. Sur la frontière du Cambodge, plusieurs centres chrétiens du district de Chau-doc avaient été bouleversés ou détruits. M. Joly qui en était chargé allait essayer de les relever, quand il s’est vu forcé par la maladie de cesser tout travail. M. Guillot, qui le remplaça à ce poste, commençait à réussir ; la fièvre le saisit bientôt et le mit hors d’état de poursuivre son œuvre.
M. Pianet fut chargé de réorganiser les chrétientés situées aux environs de Ba-nam. On lui avait adjoint M. Jean-Marie Bouchut, récemment arrivé au Cambodge. Grâce à son zèle, ce confrère avait déjà obtenu de beaux résultats. Voici, en effet, ce qu’il écrivait à son Vicaire apostolique : « Je suis en ce moment, à Vinh-phuoc, où je vois avec satisfaction que la chrétienté reprend vie. J’y compte actuellement 29 maisons nouvellement construites ou près d’être achevées. Le nombre des chrétiens, en comptant ceux qui sont revenus précédemment, est de 263. Maintenant, passons à Van-lich ; cette chrétienté est aussi en voie de ressusciter. Les Cambodgiens insurgés qui l’ont si maltraitée à plusieurs reprises ont perdu leur chef qui a été tué ; celui qui le remplace montre des dispositions bienveillantes, et assure qu’il ne vexera pas les néophytes. Il y a quatre semaines environ, je suis allé à la recherche des brebis égarées, j’ai pu en ramener un certain nombre, moyennant finance, bien entendu, car presque tous étaient enchaînés par des dettes chez des païens. Ma plus grosse récolte a été pour Van-lich ; les 100 chrétiens qui y sont aujourd’hui réunis sont en train de se procurer quelques matériaux pour reconstruire leur église brûlée. Dès qu’ils auront achevé ce travail, je pourrai séjourner quelque temps au milieu d’eux, et, avec la grâce de Dieu, je ramènerai un certain nombre de ceux qui sont encore dispersés. » La mort, hélas ! ne devait point laisser à notre cher confrère le temps d’achever une si belle tâche !
« Il me reste, continue Mgr Cordier, à vous dire quelques mots du district de Tra-bec, que le regretté M. Guyomard a arrosé de son sang. Pour le relever de ses ruines et réorganiser les chrétientés qui le composaient, j’y ai envoyé M. Combes, dont vous connaissez le zèle. Ce confrère, actuellement plein de santé, avait plus de chances que tout autre de mener à fin cette rude besogne, car c’est lui qui, le premier, s’est occupé de la formation de ce district. Afin de faciliter le succès de cette œuvre qui offrait des difficultés, je lui donnai M. Thierry pour compagnon. J’ai la satisfaction de vous annoncer qu’ils ont obtenu de bons résultats. Les chrétientés renaissent de leurs cendres ; ainsi, à Tra-ho, il y a en ce moment 180 chrétiens réunis, et 70 à Som-rong. Quant aux chrétientés de Bung-troi et de Ta-loc, M. Thierry qui en était spécialement chargé m’en donne de consolantes nouvelles. Il y a en ce moment, dans ces deux endroits et les environs, 300 néophytes et 400 catéchumènes. »
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