| Année: |
1898 |
| Pays: |
Cambodge |
| Mission: |
Cambodge |
| Rédacteur: | Mgr Grosgeorge |
IV. — Cambodge.
Population catholique 28.537
Baptêmes d’adultes 844
Baptêmes d’enfants de païens 3.894
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La situation n’a guère changé au Cambodge. Après trois années de disette, une bonne récolte s’annonçait, quand des pluies torrentielles sont venues détruire toutes les espérances et rendre la misère peut-être plus grande encore. Par suite, nos confrères ont vu s’augmenter le nombre des fidèles qui ont dû, pour éviter la prison, suivre leurs créanciers païens, s’établir au milieu d’eux et travailler sous 1eur surveillance. Bien triste est le sort des familles chrétiennes obligées à pareille sujétion, car il leur faudra rester ainsi jusqu’à entière extinction de leurs dettes, c’est-à-dire indéfiniment, puisque le capital double presque chaque année. Mgr Grosgeorge demande à Dieu, — et nous le demandons avec lui, — que ces familles dispersées au milieu des infidèles deviennent les noyaux d’innombrables petites chrétientés et soient le principe de conversions en masse dans toute la Mission.
Le chiffre des baptêmes d’adultes qui, l’année dernière, avait fléchi un peu, a repris sa marche ascendante. En 1897, en effet, on en comptait 799 dont 479 in articulo mortis ; en 1898, il y en a eu 844, dont 264 seulement de personnes à l’article de la mort. Onze chrétientés et deux districts ont été fondés au cours de l’exercice.
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Dans le gouvernement de Battambang, la fondation nouvelle est Attavey. Ce village annamite sera d’un grand secours ; il est assez vaste et l’on pourra y déverser le trop-plein de Sach-puey, où les enfants sont très nombreux et les maisons entassées les unes sur les autres.
A Ta-am, dans la même région, la misère a produit d’heureux fruits parmi les chrétiens. Ils ont repris leur bon esprit d’autrefois et reconnaissent qu’il y a avantage, même dès ce monde, à suivre les conseils de leur missionnaire, M. Chaudier.
L’établissement d’un district sur les bords du grand lac fut, de tout temps, l’objet de la sollicitude, des supérieurs du Cambodge, parce que là affluent des milliers de chrétiens qui viennent, non seulement de cette mission mais encore de la Cochinchine occidentale. « Jusqu’ici., écrit Mgr Grosgeorge, quand ces pauvres pêcheurs tombaient malades, ils ne pouvaient, à cause de la trop grande distance, recourir aux missionnaires de Pnom-penh ou de Battambang. Cette année enfin, il nous a été possible d’établir un prêtre à Kân-chor, petite chrétienté fondée par M. Prodhomme sur la rive occidentale du lac, à l’embouchure de la rivière de Pursat. M. Bousseau ne trouva que 49 chrétiens quand il prit possession de ce poste ; actuellement, il en compte 73. Parmi les traits que relate ce confrère, nous citerons la conversion d’un jeune bonze de vingt-cinq ans.
« Placé dès l’âge de sept ans dans une bonzerie, ce jeune homme en devint un des membres les plus exemplaires et les plus estimés. Chaque année, il allait sur les montagnes de Pursat faire une retraite de plusieurs mois, « vaquer, disait-il, à la contemplation, à l’expiation « de ses péchés, à l’acquisition de mérites. » Dans une de ces retraites en 1897, il eut une vision trois nuits de suite. Les deux premières fois, la vision lui intima l’ordre de cesser immédiatement, toute prière et toute pratique bouddhistes, ce qu’il fit ; la troisième fois, la vision lui apparut portant une petite fiole d’une forme extraordinaire et lui ordonna d’aller au plus tôt à la recherche d’un prêtre français, qui, en le lavant avec l’eau contenue dans ce vase, le rendrait innocent et pur de toutes ses fautes.
« Notre bonze partit à pied des montagnes de Pursat, et après un voyage de trois semaines, tantôt à travers des forêts où maintes fois il rencontra des tigres et des panthères, tantôt à travers la plaine couverte par l’inondation, il arriva à Pnom-penh, en même temps que M. Bousseau qui rendrait d’une excursion à Kân-chor.
« Dès son arrivée, il exposa à MM. Prodhomme et Bousseau la cause et le but de son voyage, brûla immédiatement ses habits de bonze, et se mit à l’étude des principes et du catéchisme, avec une assiduité qu’on rencontre rarement chez les catéchumènes, même les mieux disposés et les plus intelligents. Mais cette vision, ce voyage, cette conversion semblaient si extraordinaires que tous, missionnaires et chrétiens, les tenaient pour suspects. Pour ce motif, on crut bon de soumettre ce jeune homme à des épreuves spéciales et répétées ; il supporta tout avec patience.
« Maintenant qu’il est baptisé, les sollicitations pour lui faire reprendre son ancienne condition ne lui manquent pas. Quand il voyage avec M. Bousseau, ceux qui l’ont connu autrefois viennent le saluer avec respect et le supplient de retourner à la bonzerie ; les bonzes, ses anciens confrères, tantôt le pressent, tantôt le menacent. Il écoute tout avec patience, et sans entrer en discussion avec personne, il se contente de répondre : « Maintenant, je suis chrétien, je veux mourir chrétien, faites comme moi. »
Aux environs de Pnom-penh, sur le grand fleuve, M. Paul Martin a commencé la fondation d’une chrétienté, Chruy-ka-ban. M. Lazard en avait autrefois posé les premières assises ; mais différentes difficultés avaient découragé chrétiens et catéchumènes. Aujourd’hui, il y a tout lieu d’espérer que cette station deviendra assez importante.
Non loin de là, M. Coudert instruit 80 catéchumènes cambodgiens, pour lesquels il a demandé au gouvernement la concession d’un marais qui, au moyen de canaux, peut être rendu propre à la culture.
M. Lazard a eu le bonheur de baptiser 62 adultes dans ses petites stations de Kratié, Can- tio et Chlong. L’an prochain, sa récolte sera plus abondante encore, car l’abolition de l’esclavage au Cambodge lui a amené plusieurs familles de sauvages, 200 personnes environ, qu’il a établies à Thanh-mau et à l’instruction desquelles il va se donner.
Le district de Xoai-doi est confié à M. Gratuze, qui se plaint de n’avoir pas obtenu le nombre de baptêmes qu’il avait espéré. La cause doit en être attribuée à la misère des catéchumènes. A la suite de plusieurs mauvaises récoltes, ils ont contracté des dettes près de riches païens qui se montrent très exigeants, et ne leur ont pas laissé le temps d’acquérir une instruction suffisante. Néanmoins, notre confrère a eu la joie de conférer, à On-hoa, le baptême à 40 adultes avec une rare solennité.
« Il avait appelé plusieurs missionnaires, et de son côté, le prêtre Hanh, son vicaire, avait invité les représentants de 16 villages païens, à qui il adressa un discours de circonstance. Ceux-ci se retirèrent enchantés de ce qu’ils avaient vu et entendu, et s’empressèrent de tout communiquer, jusque dans les moindres détails, à leurs familles et à leurs villages.
« Parmi les témoins de cette fête, se trouvait un catéchumène, homme droit et franc, auquel on avait refusé le baptême, non parce qu’il n’avait pas la science nécessaire, mais parce qu’on désirait chez lui des connaissances plus qu’ordinaires, pour le mettre à la tête des néophytes de son village. Cet homme tomba malade ; sur son lit de mort, il pleurait de joie en voyant le prêtre qui venait régénérer son âme, et il mourut avec les plus vifs sentiments de foi. Peu de jours après, sa veuve vint en toute hâte demander le baptême pour un de ses fils, malade comme son père, et que les médecins avaient abandonné, ne sachant plus quel médicament lui donner. « C’est le démon, disait-elle, qui est la cause de sa maladie ; si l’on tarde à baptiser « mon enfant, il mourra comme son père. » Notre confrère baptisa ce jeune homme à qui il accordait à peine deux jours de vie. Quel ne fut pas son étonnement quand, les deux jours écoulés, la mère lui amena son fils tout joyeux et bien portant, et lui dit : « Si vous aviez « baptisé à temps mon pauvre mari, il serait encore de ce monde : le père et l’enfant avaient la « même maladie. »
M.Hion, à Cu-lao-tay, a baptisé 30 adultes et 304 enfants de païens in articulo mortis. A Cu-lao-gieng, M. Gazignol, qui a régénéré 224 enfants également à l’article de la mort, voit se dessiner un bon mouvement parmi les familles établies sur le Giong-ong-to. « Je suis allé les « visiter plusieurs fois, écrit-il, puis j’ai construit une maison pour réunir ces nouveaux « catéchumènes. Mon catéchiste y demeure depuis un mois ; il est plein d’espérance. Il a « ouvert une école où tous les enfants et jeunes gens païens sont admis ; pendant la classe, il « saisit toutes les occasions pour leur parler de notre sainte religion. Par les enfants, on pourra « peut-être amener les parents à s’instruire et à demander le baptême, malgré les difficultés « soulevées par certains notables qui détournent déjà ceux qui manifestent le désir de se faire « chrétiens. »
« La maladie continue toujours à éprouver M. Janin, notre vénéré provicaire ; le bon Dieu semble ne plus exiger de lui que l’apostolat de la patience et de la résignation. Cependant, sans compter les baptêmes d’adultes et d’enfants administrés à l’hôpital et à l’orphelinat, il a pu baptiser 80 autres enfants de païens in articulo mortis.
« Au district de Sadec se rattache la résidence d’un prêtre indigène, Philippe Tuong, qui a obtenu, cette année, 46 baptêmes d’adultes, et 117 d’enfants de païens. Il a, en outre, relevé l’ancienne chrétienté de Tra-Kiêt et s’occupe activement à en établir une nouvelle, qui sera fondée dans les meilleures conditions pour devenir un centre important.
M. Cherpin, tout en dirigeant le district de Prec-treng où il est aidé par deux prêtres indigènes, a continué à administrer celui de Chau-doc. Il y a jeté les fondements de trois nouvelles petites chrétientés, et enregistré 66 baptêmes d’adultes, chiffre qui n’avait pas encore été atteint dans ce district. Son compte rendu signale plusieurs guérisons corporelles opérées par le sacrement de la régénération.
Les chrétiens de Nan-gu qui avaient émigré, commencent à revenir, et M. Conte poursuit l’exécution des travaux entrepris dans le but de fixer ces pauvres gens, et de les empêcher de se disperser parmi les païens. Un bon résultat a déjà été obtenu : les pâques ont été faites dans le temps voulu, avec plus d’exactitude que les années précédentes.
Le missionnaire de Bo-ot, M. Joly, a construit à Cai-san une église dans le but de ramener au christianisme les descendants des familles perdues depuis la persécution : il a ensuite fait quelques voyages dans l’arrondissement de Rach-gia, pour faire connaître au prêtre récemment chargé de ce poste les néophytes dispersés au milieu des païens. Partout il a constaté que les préventions des infidèles contre la religion catholique tendent à disparaître, comme le montrent bien les faits suivants cités par Mgr de Tripoli.
« M. Joly a baptisé le petit-fils d’un des principaux notables du pays, ennemi acharné du christianisme. Ce jeune homme se sentant malade, avait, malgré la résistance de sa famille, fait appeler le Père, et déclaré que, vivant ou mort, il appartiendrait au vrai Dieu et suivrait ses préceptes.
« Notre confrère a eu aussi la consolation de baptiser in extremis deux autres adultes appartenant aux familles païennes les plus considérées. Lors des funérailles, il a prononcé un discours pour exalter les sentiments de foi vive de ces néophytes et le bonheur avec lequel ils avaient accepté la mort, sûrs qu’ils étaient du salut de leur âme. Les auditeurs les plus attentifs étaient les païens venus en foule, qui mieux que les autres pouvaient constater la vérité de ces paroles, car ils avaient été témoins de la lutte que les deux défunts avaient eu à soutenir pour arriver à Dieu.
« Le jour de L’Assomption, encore chez M. Joly, a eu lieu une immense procession en barques sur les arroyos du village. Les païens s’étaient joints aux chrétiens ; chacun voulait que la sainte Vierge passât devant sa maison pour bénir sa famille. On fit ses illuminations sur tout le parcours, des deux côtés de la rivière ; la plus belle et la non moins extraordinaire était celle de la bonzerie de Thoi-Thuan, où les bonzes avaient rivalisé de zèle pour élever un beau reposoir à la Mère de Dieu. »
« Dans le district de Can-tho, M. Jacquemard a fondé sur le canal de Rach-gia une nouvelle chrétienté, qui compte déjà 80 fidèles et qui permet d’espérer un prompt accroissement. Par contre, un certain nombre de chrétiens de Cai-chanh ont dû abandonner leurs terres aux usuriers et aller ailleurs tenter fortune.
« L’église de Can-tho vient de recevoir une singulière donation. Un païen des environs se pend : l’autorité ordonne de l’enterrer avec sa corde dans une terre voisine de l’église et appartenant au village païen. Dès lors, la terre était maudite, et le village, dans la crainte d’un malheur, l’abandonne à l’église.
« Sôc-trang a été terriblement éprouvé ces quatre dernières années qui lui ont amené la famine et les dettes, c’est-à-dire la ruine complète pour longtemps, car ce pays n’a d’autre industrie possible que celle des rizières. Il y a des stations qui ont perdu la moitié de la population qu’elles avaient, il y a quatre ans. M. Brun et ceux qui travaillent avec lui ont pu, en créant de nouveaux postes, conserver la population chrétienne du district à peu près égale au chiffre de l’an dernier.
« Une jetée que l’administration va faire pour construire une route, servira de digue contre l’eau salée et permettra aux chrétiens de Cô-cô de cultiver de nouveau leurs rizières abandonnées. Cette chrétienté, jadis florissante, redeviendra nombreuse et nécessitera à bref délai la présence d’un missionnaire.
«M. Brun signale la conversion extraordinaire de deux païens influents, qui, malades et se voyant abandonnés par les médecins, ont fait vœu à la Vierge de se convertir, si elle leur rendait la santé : la bonne Mère les a exaucés.
« A part l’époque de l’administration pascale et quelques visites faites par les missionnaires de Banam, le district d’An-nhon n’a pas eu de missionnaire résidant cette année.
« M. Arvieu, accompagné du prêtre indigène Ka, avait bien voulu se dévouer pour faire une tentative d’évangélisation chez les Kouy, tribu sauvage, qui habitent au nord-ouest du Cambodge. Parti au mois de décembre, il tomba dangereusement malade au pied des montagnes de Dông-rét, à l’ouest de Mélouprey. Vers la fin de juin, après un voyage de quinze jours en char à bœufs à travers les forêts, il arriva mourant à Compong-thôm, où M. Coudert est allé le chercher. Quelle était sa maladie, fièvre des bois ou insolation ? Le docteur n’a pu se prononcer; elle s’était terminée par un abcès au foie que les cahots du char à bœufs ont fait percer pendant le voyage.
« Notre confrère a repris son ancien poste pour rétablir sa santé ; mais ce serait pour lui un bien grand sacrifice s’il ne pouvait reprendre l’œuvre qu’il a commencée avec tant de courage et qui a failli lui coûter la vie.
« Som-ron présente des difficultés exceptionnelles au point de vue de l’évangélisation. Les chrétientés sont généralement très éloignées les unes des autres, et à la saison des pluies, la distance se trouve doublée, même triplée. Si les progrès dans ce district paraissent lents, je les crois sérieux et stables. J’ai été fort édifié des efforts qu’ont fait ces pauvres gens, pour suivre les exercices d’une retraite et mettre ordre à leur conscience.
« M. Chouffot est chargé de ce poste. Il compte en ce moment 158 catéchumènes qui étudient sérieusement le catéchisme.
« Pour cette année, beaucoup de voyages, peu de succès, mais bon espoir. » C’est ainsi que M. Blondet résume son travail dans le district de Rach-gia.
« Il compte parmi ses chrétientés celle de Coi-moi qui, florissante sous Mgr d’Adran, fut plusieurs fois détruite et enfin anéantie, lors de la dernière persécution. C’est le lieu de prédilection de notre confrère. « Ce qui nous a le plus frappés, le P. Joly et moi, raconte-t-il, « c’est l’affection que nous ont témoignée les enfants. Nous ne pouvions faire un pas sans être « suivis d’une foule compacte qui se bousculait pour nous prendre les mains, saisir notre « soutane ; on voit qu’ils ont du sang chrétien dans les veines ; nous étions très émus... « Presque tous les dignitaires du village, maire en tête, demandent à s’instruire. »
Dans ce district encore se trouve la résidence d’un prêtre indigène, à Hoa-hung. Au moment où j’allais retirer le prêtre de ce poste, à cause des difficultés sans cesse renaissantes qu’il rencontrait depuis trois ans, et qui menaçaient de rendre son travail inutile, Dieu a résolu la question, et grâce au concours de M. Blondet, cette station a pu être établie sur des bases solides. Désormais, non seulement son existence n’est plus en jeu, mais dans un avenir prochain elle deviendra une grande chrétienté et sera le centre de plusieurs autres. Le prêtre Thoi a déjà commencé en fondant un nouveau poste à Mô-om.
A Trà-long, M. Gonet a obtenu 140 baptêmes d’adultes. Ce district, quoiqu’il en ait cédé un certain nombre a Rach-gia, compte encore 2.080 fidèles. C’est un gros chiffre de chrétiens ; malheureusement le chiffre des dettes contractées par M. Godet est plus gros encore. Je dis ceci non pour critiquer un fameux ouvrier dans le champ du bon Dieu, mais pour solliciter le secours de quelques aumônes et constater qu’elles ne seront point placées sans résultat : elles consolideront ce qui existe et mèneront à bonne fin ce qui n’est guère qu’ébauché.
« Les chrétiens ont doublé en nombre dans la ville de Bâc-liêu ; les offices du dimanche sont bien suivis par les européens et par les indigènes. M. Duquet a employé tout le temps, non strictement exigé par l’administration de ses ouailles, à la recherche des chrétiens dispersés dans les hameaux païens ou sur les arroyos ; le nombre en est fort difficile à évaluer. Plusieurs ont répondu à son appel, mais beaucoup n’ont pu le suivre ; ils sont rivés à leurs créanciers par des dettes qui, de jour en jour deviennent moins solvables : c’est l’esclavage sous une autre forme. »
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« Le séminaire de Cu-lao-gieng compte 92 élèves, dont 26 en théologie. « L’année que « nous venons de finir, m’écrit le supérieur de cet établissement, M. Herrgott, s’est écoulée « paisiblement pour nous ; mais si le passé ne laisse point d’inquiétude, il n’en est pas de « même de l’avenir. Votre Grandeur sait combien nous sommes à l’étroit avec 92 élèves ; elle « sait aussi que la construction qui nous sert de séminaire a fait son temps, qu’elle est près de « tomber et nous donne bien des soucis à l’approche des orages. La construction d’un « nouveau séminaire s’impose donc ; ce n’est pas une petite entreprise, surtout en un pays où « les matériaux de construction et la main-d’œuvre coûtent si cher. Où trouver les fonds « nécessaires ? Je ne puis que compter sur les aumônes que les âmes charitables voudront bien « faire à cette intention. Aussi ai-je invité nos élèves à prier tout particulièrement pour que « Dieu inspire à des cœurs généreux de nous venir en aide.
« Les Religieuses de la Providence de Portieux ont un personnel de 30 sœurs françaises, 16 indigènes, 47 novices et 6 postulantes.
« Elles dirigent 5 orphelinats où 1.498 enfants ont été baptisés dans l’année. Elles ont aussi conféré le saint baptême, in articulo mortis, à 198 adultes dans leurs 4 hôpitaux indigènes.
« Nos bonnes Sœurs ont eu plus de difficultés, au cours de cet exercice, à cause de certaines tracasseries qu’on leur a suscitées et des nombreuses formalités exigées pour chaque enfant recueilli, et j’avoue que le résultat obtenu par elles dépasse de beaucoup mes prévisions les plus optimistes. Grâces en soient rendues à Dieu qui jamais ne délaisse ceux qui travaillent pour Lui. »
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