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Rapport établissement

Année: 1883
Pays: Chine
Ville: Hongkong

Sanatorium.


Le compte-rendu de cet établissement pour l’année 1882, accuse la présence plus ou moins prolongée pendant ce temps, de 26 Missionnaires, appartenant à quinze Missions différentes.
Nous nous faisons l’interprète des sentiments de reconnaissance que tous ont éprouvés, et dont l’expression est parvenue, au moins en partie, jusqu’à nous, en constatant que tous nos chers malades, grâce aux soins si dévoués du bon P. Patriat, ont retrouvé, sinon tous la santé, au moins des forces nouvelles qui leur permettront de continuer à travailler avec ardeur au service de notre divin Maître.


CHAPITRE VI


ETABLISSEMENTS COMMUNS.


Procures.


Rien de particulier à signaler cette année-ci, relativement à nos diverses procures de l’Extrême-Orient.
Pour ce qui concerne la procure de Rome, nous avons la joie d’annoncer que les causes de nos Martyrs suivent une marche régulière et progressive. Ces diverses causes, comme on le sait, ont été introduites par deux décrets de Grégoire XVI en 1840 et 1843, par décret de Pie IX en 1857, et par décret de Léon XIII en date du 13 février 1879.
La cause des vénérables serviteurs de Dieu Cuénot, Néron, Vénard, Néel et trente indigènes, compris dans ce dernier décret, n’en est encore qu’à son début. Après la signature du décret, ont été expédiées par la S. C. des Rites, dans toutes les Missions intéressées, des lettres rémissoriales conférant aux vicaires apostoliques la délégation nécessaire pour instruire, au nom du Saint-Siège, les procès de ces Martyrs. On s’occupe actuellement de ces procès dans les Missions ; et, jusqu’à ce qu’ils aient été expédiés à Rome, la S. C. ne peut rien faire pour l’avancement de cette cause, si ce n’est de faire examiner les écrits des serviteurs de Dieu.
Les Martyrs, compris dans les décrets de 1840, 1843 et 1857, ont tous été réunis en une même cause, et les formalités de la procédure s’accomplissent à Rome en même temps pour tous.
Cette cause est beaucoup plus avancée que la précédente. Tous les procès apostoliques — dont l’instruction dans nos Missions n’a pas demandé moins d’une trentaine d’années — sont, depuis plusieurs années, entre les mains de la S. C. des Rites.
Dans toutes les affaires graves, mais surtout dans la canonisation des Saints, le Saint-Siège procède avec une sage lenteur. Nous pouvons dire cependant que cette belle cause n’a subi aucun temps d’arrêt depuis que les procès apostoliques, instruits dans nos diverses Missions, sont arrivés à Rome.
La traduction, la revision et la copie de ces divers documents, qui doivent nécessairement se faire par la chancellerie des Rites, ont demandé plusieurs années.C’est beaucoup ; mais on sera moins étonné, si l’on songe que l’ensemble de ces divers procès ne forme pas moins de quinze forts volumes in-4º d’écritures.
La transcription achevée, la première chose à faire était de prouver la validité de ces procès. Tel a été le travail de l’avocat de la cause depuis deux ans, et sa thèse, qui est aujourd’hui à peu près imprimée, forme un volume in-4º d’environ 600 pages. Elle pourra être remise vers le mois de mai prochain, entre les mains du promoteur de La Foi, qui fera ses objections. L’avocat devra y répondre, et alors la thèse, les objections et les réponses seront soumises à l’examen d’une commission des Rites, nommée par le Saint-Père, qui prononcera sur la validité.
Nous ne pensons pas qu’il puisse y avoir sur ce point de difficultés sérieuses ; et, d’ici à deux ou trois ans, on peut espérer une décision favorable.
Après cette question relative à la forme et à la régularité juridique des procès, viendra la question de fond, la grande et décisive question : « Utrum constet de martyrio et de miraculis seu signis ? » qui est équivalemment la question de la béatification ; car si la réponse est affirmative et approuvée par le Saint-Père, il ne manque plus que la solennité de la déclaration pour faire passer les Vénérables au rang des Bienheureux.
Et quand peut-on espérer voir résoudre cette question ? Il y a d’abord à faire par l’avocat un travail fort considérable qui consiste à établir sur les quinze volumes des procès, et sur chacun des vénérables Martyrs, une nouvelle thèse pour démontrer que chacun d’eux a été véritablement mis à mort pour la foi, et il ne peut tirer ses preuves que des dépositions faites par les témoins sous la foi du serment. Ce travail demandera certainement plus de deux ans. Viendra ensuite l’examen du promoteur de la Foi, qui demandera un temps considérable, et enfin la réponse de l’avocat à ses objections.
L’ensemble du travail sera alors successivement soumis à l’examen de deux assemblées préliminaires de la S. C. des Rites, et finalement à la décision d’une congrégation générale et solennelle des Rites. Or, cette congrégation ne décide pas plus de trois ou quatre causes par an. Il y a par conséquent un retard probable, s’il se trouve plusieurs causes inscrites antérieurement.
Il n’est donc guère possible d’espérer une sentence définitive avant une dizaine d’années, même en supposant que tout marchera pour le mieux. En attendant, il importe de redoubler nos prières pour obtenir de Dieu qu’il daigne glorifier sur la terre ceux qu’il a délà couronnés dans le ciel.








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