| Année: |
1872 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouang-si |
| Rédacteur: | Mgr Faurie |
Kouang-Si
Le journal de M.Bazin, dont les annales de la Propagation de la Foi ont publié d’importants extraits, a fait connaître déjà les deux chrétientés de Sy-lin-hien et de Chang-tsin, où se continue, depuis quelque temps, l’oeuvre d’évangilisation commencée par le vénérable Chapdelaine.
La plus grande tranquillité règne dans cette partie de la mission, et M.Bazin écrivait, à la date du 24 juillet 1871: « Ici, j’ai toujours quelques conversions, dont le nombre serait bien « plus grand si j’avais des catéchistes. J’ai établi une pharmacie dans Sy-lin-hien . Les « remèdes y sont donnés gratis aux petits enfants, ce qui produit très-bon effet. J’ai encore « deux pharmacies dans les campagnes ; elles sont tenues par deux bonzes convertis au Kouy-« tchéou. Je les enverrai ouvrir de nouvelles stations, là où il y aura quelque espoir de « conversions.»
Depuis le 17 juillet de l’année dernière, M. Bazin jouit de la compagnie d’un jeune confrère, M.Scuchières, qui a pu parvenir à Sy-lin-hien après un bien long voyage entravé par le mauvais vouloir des mandarins.
Pour faciliter l’évangélisation du Kouang-Si et donner un lieu de refuge propice à nos confrères, en cas de persécution, la mission du Kouy-tchéou a cédé provisoirement aux missionnaires du Kouang-Si deux chrétientés, où vont s’installer prochainement MM. Chouzy et Renault.
De son côté, M. Foucard cherche à fonder un établissement dans la partie tout opposée du Kouang-Si, près de la frontière du Cantonnais. Déjà une maison a été achetée : mais, dès les premiers jours, une violente opposition est venue entraver cette entreprise. Les quatre catéchistes et les deux chrétiens, envoyés pour s’y installer, ont dû fuir précipitamment devant les menées des autorités et leurs placards incendiaires. Le missionnaire laissera naturellement s’apaiser cet orage avant de tenter l’établissement projeté. Il ne sait même comment faire occuper et garder la maison nouvellement achetés ; car il suffirait que l’on n’y fît pas de superstitions pour attirer les plus graves difficultés et faire perdre à la mission les fruits de cette coûteuse acquisition. En attendant, il travaille sur un autre point, où il espère obtenir quelque succès.
Une épreuve bien cruelle a été envoyée à cette mission naissante, par la perte qu’elle a faite, le 16 octobre 1871, dans la personne de M. Mihières, son supérieur. Ce cher et regretté confrère avait voulu profiter du retour de Mgr Faurie au Kouy-tchéou, pour entrer, lui aussi, de ce côté, dans sa mission ; mais la mort frappa coup sur coup, à quatre mois de distance, et Mgr Faurie, et M. Mihières, laissant dans l’affliction la plus vive, les deux missions qu’ils dirigeaient, et les nombreux confrères qui connaissaient leurs travaux apostoliques, leur zèle et leurs vertus.
Ces premiers obstacles, et les épreuves que traverse en ce moment la mission du Kouang-Si, presque au sortir du berceau, sont le meilleur présage des résultats qu’elle donnera plus tard. Si l’ennemi de tout bien fait tant d’efforts pour l’anéantir et l’empêcher de se consolider, c’est qu’il craint les ravages que notre sainte religion doit faire, parmi ses sujets, dans cette province où il régnait depuis si longtemps en maître absolu.
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