| Année: |
1872 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouang-tong & Kouang-si |
| Rédacteur: | Mgr Guillemin |
Mission du Kouang-Tong, Kouang-si et Hainan.
L’année qui vient de s’écouler a été, pour la province de Canton, pleine d’épreuves et de dangers. Il était à craindre que les Chinois, ayant connaissance de nos désastres en Europe, suscitassent une persécution et un soulèvement populaire, comme ils l’avaient fait à Tien-Tsin. Et, en effet, dans un district voisin de Canton, les deux chapelles de Tong-Koun et de Chec-Long furent complétement réduites en cendres, par la malveillance des païens, qui brûlèrent aussi les habitations des chrétiens, et réduisirent ceux-ci à la dernière misère. Trois cents d’entre ces malheureux se rendirent à Canton pour y chercher un refuge : nos confrères durent les héberger et les nourrir pendant trois ou quatre mois, et, bien que le gouvernement chinois leur ait donné de quoi relever leurs maisons, la mission n’en restera pas moins sous le poids des dépenses qu’elle a dû faire, par suite de ces tristes événements.
A Chiou-hen, la persécution a également fait sentir ses coups; les chrétiens ont été rudement vexés : deux catéchistes ont été pris et jetés en prison, où ils sont encore ; et l’on ne sait pas quand, ni comment, se terminera ce reste de persécution.
Nous empruntons les détails qui suivent, aux notes que Mgr Guillemin veut bien nous communiquer, sur les événements de sa mission:
« Au milieu de cette effervescence et des graves inquiétudes qu’inspirait l’avenir, le consul « français de Canton m’ayant fait part de ces craintes, et déclaré que son seul espoir de salut « reposait sur la protection anglaise, je n’ai pas hésité un instant à faire le voyage « d’Angleterre, où les premières autorités m’ont promis de faire pour nos missions, « absolument tout ce qu’elles feraient pour les leurs. Nous avons donc été à l’abri de plus « grandes vexations
« La construction de notre église à Canton s’est continuée lentement, au milieu du malaise « universel, et j’ai reçu, depuis peu, deux lettres de nos missionnaires, qui m’instruisaient du « bon effet que cette oeuvre produisait à l’intérieur de la province.
« Des lettres de Sancian m’annoncent également, que les bonnes dispositions des habitants « pour embrasser la foi, se maintiennent dans toute l’île, et un des confrères chargés de ce « district, m’écrit en particulier ces bonnes et consolantes paroles: Oh! soyez-en persuadé, « Monseigneur, avant trois ou quatre ans, l’île entière aura reçu le saint baptême et rera « régénérée en Jésus-Christ! Et là nous comptons de dix à douze mille habitants!
« Ailleurs, nous avons à enregistrer un certain nombre de conversions, et, malgré les « inquiétudes terribles qui ont pesé sur nous, pendant tout le cours de l’année, je pense, « d’après les lettres de nos missionnaires, que le nombre des baptêmes conférés aux adultes, « ne sera pas au-dessous de cinq cents. Dieu soit donc béni de ce succès encore inespéré! »
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