| Année: |
1872 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouy-tcheou |
| Rédacteur: | Mgr Lions |
Mission du Kouy-tchéou
1872
Ce vicariat, déjà si éprouvé par les guerres avec les rebelles, par les pestes et les famines qui ont suivi ces guerres, puis, par les diverses persécutions locales suscitées contre les chrétiens, devait encore ressentir une nouvelle douleur, celle d’être privée de Mgr Faurie, son premier pasteur, mort à Kouy-Fou, le 21 juin 1871, au moment où il revenait du concile, les mains pleines des bénédictions de Pie IX.
Cette mort, après celles de M. Vielmon, le directeur zélé de l’oeuvre de la Sainte Enfance au Kouy-tchéou, et de M. Gilles, tombé, à son poste, victime des mauvais traitements de païens fanatiques, a creusé un bien grand vide. Pour le combler, et aider leurs confrères dans cette tâche difficile de l’évangélisation d’une grande province, trois jeunes missionnaires sont partis pour le Kouy-tchéou, depuis notre dernier compte rendu, et quatre autres se disposent à les suivre.
Nous sommes heureux d’annoncer aussi que le Saint-Siége vient de désigner, comme successeur du prélat défunt, M. Lions, provicaire de Mgr Faurie, et missionnaire depuis 1848. C’est lui qui, désormais, administrera cette mission en qualité de vicaire apostolique et avec le titre d’évêque de Basilite.
Une lettre de M. Lions, en date du 6 juillet 1871, nous donne, de l’état actuel de sa mission, quelques détails intéressants que nous devons mentionner: « Maintenant nous « sommes en paix avec les païens. Que Dieu daigne nous y maintenir longtemps!…Les « indigènes Tchung-Kia-Tse, qui, autrefois, s’étaient convertis en masse, puis qui avaient été « dispersés par les rebelles, reviennent maintenant peu à peu. Ils reviendraient bien plus vite « et en plus grand nombre, s’il y avait assez de missionnaires pour les instruire.
« Si le Seigneur daigne nous accorder la paix civile et religieuse ; avec la grâce de Dieu, on « aura des conversions fort nombreuses : mais les commencements, qui sont difficiles partout, « le sont bien plus encore au Kouy-tchéou, où l’on ne trouve absolument aucune ressource « dans le pays, soit en argent, soit en hommes. Presque tous les chrétiens sont néophytes, et « demandent par conséquent beaucoup plus de soins. Il arrive souvent qu’à peine les « catéchumènes sont-ils préparés au baptême et prêts à recevoir le sacrement, que surviennent « les rebelles, ou la persécution, et tout est dispersé et ruiné pour longtemps.
« Les rebelles, depuis une dizaine d’années, nous ont fait un mal immense. Si, parfois, ils « ont été la cause occasionnelle de nombreuses conversions, ils ont été la vraie cause de la « ruine de toutes nos vieilles stations. Il ne faudra pas moins de dis années pour que la paix « soit générale dans toute la province ; et il ne faudra pas moins de temps pour que la religion « soit solidement établie dans les campagnes : et encore, que d’efforts, que d’hommes, que « d’argent ne faudra-t-il pas dans un pays complétement dévasté, où le missionnaire trouve « bien rarement un abri décent pour célébrer les saints mystères et réunir les néophytes…»
Le catalogue de l’administration, pour l’année 1870-1871, donne les résultats suivants :
Baptêmes d'adultes 781
Baptêmes d'adultes in articulo mortis 70
Baptêmes d'enfants de chrétiens 335
Baptêmes d'enfants de païens 3,323
Catéchumènes nouveaux 1,861
Confessions 7,963
Communions 6,609
Confirmations 151
Mariages bénits 92
Extrêmes onctions 113
La mission a 19 écoles de garçons et 18 écoles de filles. Plus de deux mille chrétiens n’ont pu être visités, à cause de la persécution. Le personnel se compose de 1 évêque, 17 missionnaires et 2 prêtres indigènes.
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