Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1872
Pays: Chine
Mission: Tibet
Rédacteur:Mgr Chauveau

Mission du Thibet.
1872


Nous recevions, dans le courant de l’année 1870, une lettre fort détaillée, où Mgr Chauveau nous faisait connaître quelle était, en ce moment, la situation des missionnaires du Thibet. Toutes les peines qu’ils avaient prises, pour mener à bonne fin procès intenté à leurs persécuteurs, venaient d’être perdues ; il leur faudra peut-être, sans se décourager, recommencer une nouvelle procédure. Quelque désastreux que soient ces revers, Mgr Chauveau est toujours plein de confiance et cherche à saisir toutes les occasions de fonder de quelque côté des postes fixes sur le territoire thibétain.
Le commerce anglais, de son côté, cherchait à cette époque à se frayer une voie à travers la population thibétaine et à relier, par de faciles communications, les provinces orientales de l’Inde aux contrées situées à l’occident de la Chine. Ces tentatives réussiront, elles ? on l’ignore jusqu’ici. Mais, si le succès couronne les entreprises de ce genre, nos confrères, à coup sûr, sauront en profiter.
D’après certains bruits assez répandus, un grand mouvement se préparerait au nord du Thibet et menacerait, dans un avenir plus ou moins éloigné, le haut Thibet et les provinces limitrophes de Chine, d’une invasion de bandes innombrables de Mongols. Quoiqu’il en soit de ces bruits, le Seigneur saura bien, quand le moment de sa miséricorde sera venu, ouvrir à nos confrères les portes du Thibet.
Une lettre plus récente de Mgr Chauveau annonce que la position n’a point changée. « Depuis un an, écrit Sa Grandeur, on nous accorde ici la faveur du laissez-faire et du laissez-« passer. Les dernières lettres de ces confrères disent que tous les postes sont tranquilles : il y « aurait même des signes de rapprochement entre les lamas et nous. Mais, nous attendons « toujours l’état de liberté, qui nous permettra d’entreprendre quelque chose, et qui permettra « surtout au thibétain d’embrasser la religion chrétienne, sans exposer sa fortune et sa vie. « Nous espérons cette liberté de quelques événements heureux, mais que nous ne pouvons « encore prévoir. »
Le violent tremblement de terre qui, au mois d’avril 1870, détruisit la ville de Pa-Tang, et causa dans la campagne d’innombrables désastres, mérite ici une mention particulière. Dans cette catastrophe, dont les détails circonstanciés ont été publiés par le bulletin des Missions catholiques, nos trois confrères de Pa-Tang ont été merveilleusement protégés, et c’est à peine si l’on compte un mort et deux blessés parmi les chrétiens, tandis que les païens ont été si cruellement frappés, que le tiers de la population paraît avoir été anéanti. On évalue à 3,000 personnes, le nombre des victimes, parmi lesquelles près de 400 lamas.
A six journées de Pa-Tang , les secousses du tremblement de terre ont été très-violentes aussi. On cite plusieurs villages importants qui ont été complètement détruits. La maison qu’occupent nos confrères : MM. Desgodins et Félix Biet a été épargnée ; mais à Pan-Mou-Tang, pas une habitation n’est restée debout. « Pour le moment, écrit M. Biet, il est impossible « de désigner le nombre des morts ; nous savons seulement qu’il est fort considérable, surtout « dans la direction de l’est et du nord.»
Toutes ces épreuves qui assaillent la mission du Thibet, dès son berceau, entrent, sans aucun doute, dans les vues de Dieu, de qui nous ne connaissons point les secrets, mais dont nous espérons, plus que jamais, la miséricordieuse assistance.




<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam