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Rapport annuel des évêques

Année: 1873
Pays: Chine
Mission: Kouang-tong & Kouang-si
Rédacteur:Mgr Jolly prov.

Mission du Kouang-Tong, Kouang-Si et Haï-nan.
1873

La politique de vexations et de tracasseries, que semblent avoir adoptée un certain nombre de mandarins de la province de Canton a rendu l’œuvre des conversions fort difficile dans plusieurs districts, où précédemment elle produisait d’heureux fruits. Il serait trop long d’entreprendre le récit de ces misères quotidiennes, qui entravent l’action de nos confrères et ont fait diminuer graduellement le nombre des nouveaux convertis. « Vous trouverez, nous « écrit M. Jolly, provicaire de la mission de Canton, une grande différence, cette année, avec « le chiffre de nos baptêmes d’adultes de l’année dernière. Nous sommes même bien au-« dessous de notre moyenne de chaque année. Il me serait diffcile d’attribuer une cause « spéciale à cette diminution. Cependant, toutes les difficultés que nous avons éprouvées « l’année dernière, dans un certain nombre de districts, doivent avoir considérablement arrêté « les conversions. Nous avons même eu deux grosses affaires, dont l’une paraît en bonne voie « pour le moment, mais nous a créé bien des embarras pendant toute l’année 1873. L’autre « n’est que la continuation d’une vieille affaire, que la mauvaise volonté des autorités rend « interminable. Dieu seul connaît l’heure de la paix pour cette chrétienté si longtemps et si « rudement éprouvée, mais elle paraît encore bien éloignée, si l’on en juge d’après les « circonstances actuelles. »
Nous pouvons signaler comme un des faits les plus saillants, qui se sont passés depuis notre dernier compte rendu, la reprise de la mission au Louï-Tchéou. Ce district avait été, de tous les districts de la province, le plus maltraité. A la fin de 1868, une cruelle persécution y avait éclaté : quatre chapelles brûlées, cent soixante maisons pillées ou détruites, beaucoup de chrétiens expulsés et huit d’entre eux massacrés, enfin deux missionnaires blessés, tels avaient été les tristes résultats de cette persécution. Aujourd’hui, grâce à la présence d’un missionnaire qui a pu rentrer, au commencement de 1873, dans ce district si éprouvé, les chapelles ruinées se relèvent et les chrétiens dispersés se réunissent de nouveau. M. Chausse nous donne ces consolations nouvelles dans une lettre du 8 mars 1873, d’où nous extrayons les quelques détails qui suivent : « Après deux jours de marche, j’arrivais dans un village, où étaient une quarantaine de chrétiens, les seuls qui n’eussent pas été trop éprouvés, pendant ces quatre années de persécution. Grande fut leur joie. Je leur administrai les sacrements, puis je « m’acheminai vers la ville et j’y entrai un peu après la tombée de la nuit. C’était le 1er janvier « 1873. Je m’installai dans cette chapelle brûlée déjà deux fois. Toute la province fut bien vite « instruite de mon retour, et des rumeurs hostiles commencèrent à circuler ; mais, jusqu’à « présent, Dieu m’a gardé. Autour de moi, il n’y a que des ruines, mes chrétiens sont sans « maisons, loin de leurs villages démolis : il faudra les rapatrier et rebâtir leurs demeures. Que « Dieu nous accorde la tranquillité, et avec son aide, on arrivera bientôt à reconstituer ce « district ! »

STATISTIQUE

Nombre des chrétiens 15,784
Nombre des districts ou paroisses 20
Nombre des églises ou chapelles 67

1 séminaire : 16 élèves.
23 écoles de garçons.
14 écoles de filles.
2 orphelinats : 88 enfants recueillis.



ADMINISTRATION DES SACREMENTS.

ANNÉE 1872-1873
Nombre des baptêmes de païens 624
Nombre des baptêmes d'enfants de chrétiens 582
Nombre des baptêmes d'enfants de païens 2,639
Nombre des confirmations 315
Nombre total des confessions 31,804
Nombre total des communions 28,083
Nombre des mariages bénits 105
Nombre des Extrêmes-Onctions 194

Personnel de la mission : 1 Évêque, 23 missionnaires européens et 2 prêtres indigènes.

Kouang-si.

Depuis notre dernier compte rendu, nos confrères du Kouang-si ont éprouvé, soit dans les postes qu’ ils occupaient déjà , soit dans les nouvelles stations qu’ils ont cherché à établir, des épreuves et des persécutions, dont le résultat a été de paralyser tous leurs efforts.
Sy-lin-hien, chrétienté fondée par le vénérable Chapdelaine et qui promettait déjà , depuis la rentrée de nos confrères , un bon nombre de conversions, a été le théâtre d’une attaque à main armée. La maison des missionnaires a été détruite ; les chrétiens n’ont pu fuir qu’à grand’peine et, par une circonstance toute providentielle, nos confrères ont échappé à leurs persécuteurs.
Ou-tchéou avait reçu plusieurs catéchistes ; une maison y avait été achetée pour servir de pharmacie, d’école, et plus tard de résidence aux missionnaires. Les mandarins par leurs vexations en ont chassé les catéchistes, et il y aurait danger pour leur vie, s’ils y reparaissaient actuellement.
Chang-se, poste nouveau qu’avait fondé M. Foucard, et où déjà il avait eu la consolation de baptiser quelques adultes, a été , le 31 mars 1873, le but d’une agression violente, dans laquelle le missionnaire a été frappé cruellement, et conduit enchaîné comme un malfaiteur, pendant plusieurs jours, à la suite d’une troupe de soldats. Ces faits, pour lesquels aucune réparation n’a été encore obtenue, rendent bien précaire, on le comprend, la situation des missionnaires au Kouang-si, et entravent complétement l’exercice de leur ministère auprès des païens assez nombreux, qui désirent embrasser la foi et s’instruire de la religion. C’est une épreuve qu’il faut traverser, en perdant le moins de terrain possible, et après laquelle il est permis d’espérer que le calme et la tranquillité reviendront et favoriseront le zèle et les efforts des ouvriers apostoliques du Kouang-si.




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