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Rapport annuel des évêques

Année: 1874
Pays: Chine
Mission: Kouang-si
Rédacteur:Mgr Milhères prov.

Kouang-Si.
1874

Cette province, séparée administrativement depuis quelques années seulement de la Mission de Canton , s’est trouvée quelque temps sans supérieur définitif par la mort de M. Mihières . Son successeur , n’étant désigné que depuis quelque mois , n’a pas encore pu envoyer le compte rendu annuel de la Mission .
Le sang de notre cher martyr , le vénérable Chapdelaine , a consacré cette terre et fera germer la semence de l’Évangile qu’il y avait lui-même jetée . Tout nous fait espérer que le théâtre de son zèle et de ses derniers combats deviendra le berceau de nombreux enfants de l’Église , si un peu de liberté et de sécurité peuvent être garanties à nos missionnaires et à leurs néophytes .
M. Foucard , après les épreuves qu’il a eu à subir l’année dernière , se trouve actuellement à Chang-Se-Tchéou , où la population lui est assez sympathique et où les dispositions des mandarins semblent relativement favorables . Il écrit à la date du 2 mai 1874 : « J’ai loué ici une maison où je vis en paix . Le mandarin lui-même me conseille de rester toujours ici . Aussi , je pense acheter un terrain pour m’y établir . Nous aurons vite une pharmacie ; notre réputation de l’an dernier a grandi , et chaque jour mon médecin cathéchiste donne de 15 à 20 consultations . »
De Chang-Tsin , M. Souchière écrit le 1er juillet 1874 : « Nos affaires sont loin de bien aller ; cependant je ne puis croire que le bon Dieu veuille anéantir cette chrétienne formée et baptisée presque tout entière par un martyr (M. Chapdelaine ) . Elle vient de passer par quinze années de persécutions , d’avanies , de pillages . Sa conservation au milieu de ces épreuves fait espérer que le bon Dieu ne la laissera pas périr . »
En attendant des jours plus tranquilles , nos confrères travaillent à réparer les ruines des attaques à main armée dont ils ont été victimes à Si-lin-hien . Il faut obtenir justice de la part des mandarins , sans quoi leur œuvre resterait compromise . Les païens hésiteraient à se mettre en rapport avec des étrangers vis-à-vis desquels les autorités du pays se montreraient malveillantes ou hostiles .



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