| Année: |
1874 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Mandchourie |
| Rédacteur: | Mgr Boyer prov. |
Mission de Mandchourie.
1874
L’étendue de cette mission, l’éloignement considérable où ses différentes stations se trouvent les unes des autres, créent à nos confrères d’assez nombreux embarras. M. Boyer provicaire, chargé d’administrer le vicariat de Manchourie en l’absence de Mgr Verrolles, nous en donne une idée, dans une lettre datée du 3 janvier 1870 : « En 1866, écrit-il, nous « n’étions que six missionnaires valides, et encore avions-nous grand peine à éviter les « pirates, et à faire sans encombre la visite annuelle de nos chrétientés ; car, nos 8,000 « catholiques occupent une étendue de territoire plus grande que la France. Pour ma part, j’ai « dû, à chacune de ces années, entendre plus de 2,000 confessions annuelles et un plus grand « nombre encore de confessions répétées ; et pour cela, il me fallait faire une tournée de plus « de 200 lieues ; néanmoins, nos oeuvres n’ont pas été négligées, le nombre de nos « conversions s’est même accru comme vous pourrez vous en assurer par les chiffres « suivants :
1866 1867 1868
Baptêmes d'adultes 81 126 82
Catéchumènes 434 330 416
Depuis 1869, la mission compte un nouveau poste, celui de Ing-tse, où Mgr Verrolles a pu acheter un terrain, sur lequel ont été bâtis une maison et un oratoire. Ce n’est point sans peine que cet achat a pu être négocié. Autant les mandarins se montrent faciles à l’égard des Anglais, qui demandent des concessions de terrain, autant ils se montrent difficiles à l’égard des missionnaires catholiques. La raison qu’ils en donnent est que : « les missionnaires pleins « de charité et de courtoisie accaparent le peuple. » Le port de Ing-tse étant d’une très-grande importance, puisqu’il reçoit chaque année plus de trois cents navires européens, sans compter un nombre plus considérable encore de jonques du Kiang-nan, il faudra prochainement y établir une église et un hôpital.
Outre l’église de Pa-kia-tse et celle de Barberoi où sont réunis cinq cents chrétiens, une troisième a été élevée, pour quatre cents néophytes, à Niou-tchoang, dans l’enceinte même de la ville, sur un emplacement que les mandarins ont concédé et qu’ils entourent à leurs frais d’un beau mur. Mentionnons aussi l’église de Saint-Hubert, dont la bénédiction solennelle a eu lieu le 25 juillet 1869. « Le corps de l’édifice, le clocher, l’ornementation, tout est en « briques ; la flèche s’élève à près de cents pieds au-dessus du sol. La croix qui surmonte « cette flèche protège de son ombre la résidence épiscopale ; et les deux cloches, consacrées « par l’huile sainte, purgent cette atmosphère infectée de paganisme, en même temps qu’elles « chantent les louanges du Dieu qui créa le monde. »
Le missionnaire chargé de la station de Niou-tchoang nous envoie quelques détails intéressants sur ses travaux : « J’ai baptisé à Niou-tchoang, un vieillard qui avait eu une « existence très-tourmentée. Recueilli mourant par un de nos chrétiens, la charité de son hôte « a procuré sa conversion. En même temps, à Tchon-kia-houo-tse, une jeune païenne « demandait aussi le saint baptême, à l’heure de la mort, et entraînait toute sa famille à la suite « du divin maître.
« Le mouvement commence dans le village de Tchon-kia-houo-tse, et il paraît devoir se « développer, dans la ville où il y a environ deux cents chrétiens. On bâtit, par ordre de « l’empereur, un mur qui doit servir à la cour d’enceinte de l’église. Cette construction et les « visites des mandarins produisent le meilleur effet, et font dire aux païens que la religion « catholique pourrait bien n’être pas si mauvaise, puisque les mandarins ne la persécutent « plus, et que l’empereur lui-même fait rendre aux chrétiens ce que la persécution leur avait « enlevé. »
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