| Année: |
1875 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouang-tong & Hainan |
| Rédacteur: | Mgr Guillemin |
Kouang-Tong et Hainan
1875
Mgr Guillemin, que différentes affaires avaient retenu longtemps éloigné de la Mission, après l’interruption du concile, y est rentré au mois de juin dernier.
S.G. nous écrivait, à son retour, qu’Elle avait trouvé la cathédrale bien avancée et se construisant dans de bonnes conditions, et que l’état général de la Mission était aussi satisfaisant.
Nous regrettons de n’avoir pas reçu le compte rendu annuel, dont une lettre récente de Monseigneur nous promettait la prochaine arrivée. Par suite de ce retard, nous sommes obligés d’en renvoyer la communication à l’année prochaine.
C’est toutefois un bonheur pour nous, de pouvoir déjà mentionner les heureux résultats dont nous avons eu connaissance par plusieurs lettres particulières adressées à notre séminaire. Dans la partie est de la Mission, qui comprend près de six mille néophytes et paraît la plus vivante et la plus prospère, dès le mois d’août dernier, M. Verchère avait déjà eu, depuis janvier, plus de cent baptêmes d’adultes, M. Bernom quatre-vingts, et M. Sorin une soixantaine. Ce dernier confrère comptait encore plus de trois cents catéchumènes. Ces progrès sont d’autant plus consolants qu’ils se produisent d’une manière soutenue ; et on peut espérer qu’avec la protection de Dieu, ils se continueront.
Ainsi, il n’y a que quelques années, M. Verchère, arrivant dans son district, y trouvait seulement quelques centaines de chrétiens. Actuellement, son catalogue en porte plus de mille six cents, sans compter ses catéchumènes, qui atteignent le chiffre de six cents environ, y compris ceux de la partie de district qu’il a cédée à M. Sorin. Ces résultats méritent toutes nos actions de grâce envers la bonté divine. Elle récompense par d’abondantes bénédictions les épreuves de nos confrères qui, les premiers, ont cultivé cette partie de la vigne du Seigneur. Car c’est dans ces quartiers qu’ont souffert MM. Dupond, Marizien, Leturdu et Jacquemin, les uns cruellement frappés et blessés, les autres traînés en prison, où ils ont failli périr et d’où ils ne sont sortis qu’après une longue captivité.
Sur un autre point de la Mission, M. Delavay continue aussi son ministère fructueux, non seulement pour les Chinois chrétiens de son île, mais encore pour le rachat des chrétiennes annamites, œuvre que la providence semble lui avoir confiée, en le plaçant près de Pack-Hoye, où quantité de jonques de pirates vont vendre ces malheureuses victimes, capturées soit sur les barques annamites, soit même sur le littoral du Tong-King. Au mois de septembre dernier, ce cher confrère a pu renvoyer dans leur pays, sur le vapeur français Surcouf, expédié à cet effet par le gouverneur de Saïgon, cinquante-et-un chrétiens annamites. Dans ce nombre se trouvaient dix-neuf des compagnons de M. Marie, dont nous annonçons plus loin la mort tragique, et trente-deux autres personnes rachetées par M. Delavay à différentes époques. Il reste encore, dans son district, un certain nombre d’autres chrétiennes annamites, qui s’y sont fixées en y contractant régulièrement mariage, et, en outre, quelques enfants retenus provisoirement, parce qu’ils se trouvent dans des conditions qui rendent au moins très-imprudent leur rapatriement immédiat.
La Mission a subi récemment quelques modifications dans son territoire. Plusieurs districts, du côté du sud-est, ont été distraits par la S.C. de la Propagande, pour être adjoints à la Mission de Hong-Kong, érigée en vicariat apostolique.
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