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Rapport annuel des évêques

Année: 1875
Pays: Chine
Mission: Mandchourie
Rédacteur:Mgr Boyer prov.

Mandchourie.
1875

Le compte rendu de cette Mission ne nous est pas encore parvenu. Nous extrayons de la correspondance reçue dans le courant de l’année les quelques détails qui suivent. En décembre 1874, la Mission perdait un de ses ouvriers les plus zélés et les plus actifs, M. Simon, dont notre lettre de l’année dernière signalait déjà les travaux et les succès à Ing-Tze. M. Boyer, en annonçant cette mort, résume dans ces quelques mots la courte mais fructueuse carrière apostolique de M.Simon : « En trois ans, il a bâti une église, fondé un orphelinat et un catéchuménat, qu’il a soutenu de ses propres fonds. Aussi, là où nous n’avions pas un seul habitant chrétien, nous comptons maintenant plus de trois cents chrétiens ou catéchumènes . Le zèle, le désintéressement et toutes les autres vertus et belles qualités de M. Simon lui avaient attiré l’estime générale à Ing-Tze, et tous les résidents européens de l’endroit, la plupart protestants, ont tenu à assister à ses funérailles, aussi bien que des Chinois chrétiens venus de quatorze et quinze lieues pour rendre à leur Père ces derniers devoirs. Un journal anglais protestant a même donné sur M. Simon un article nécrologique où il fait grand éloge des ses qualités et de ses œuvres et qu’il termine ainsi : « Sa mort est une perte qui sera vivement sentie, non-seulement par sa mission, dont il faisait l’ornement, et par toute la population de l’endroit, mais aussi par le grand nombre de pauvres qu’il se faisait une joie d’instruire et de nourrir. »
M. Raguit, chargé de remplacer M. Simon à Ing-Tze, écrivait le 3 juin de cette année : « Le mouvement de conversion qui se manifestait dans le sud de la Mission se poursuit toujours ; à la Pentecôte dernière, j’ai eu le bonheur de baptiser trente-et-un adultes. Chaque jour, il m’arrive quelques nouveaux catéchumènes. Priez Notre-Seigneur de bénir toujours son petit troupeau. – Dans l’ouest, au Si-Pien-Ouai, M. Letort parle aussi de conversions ; mais, là-bas comme ici, l’argent fait défaut. Nous manquons de bons catéchistes pour instruire et prêcher les païens, et comment, sans argent, ouvrir une bonne école de catéchistes et soutenir les catéchuménats ? »
Outre les trois jeunes missionnaires qui lui ont été envoyés dans le courant de l’année , la Mission de Mandchourie a eu le bonheur de voir rentrer son vénérable Vicaire Apostolique, qui, venu en Europe pour le Concile, y avait été retenu pendant longtemps par le mauvais état de sa santé. Elle a reçu encore d’autres auxiliaires, dont les travaux seront une nouvelle source de bénédictions et de conversions ; ce sont les Sœurs de Portieux, qui sont allées fonder un établissement à Ing-Tze. Deux d’entre elles sont mortes très-peu de temps après leur arrivée. C’était, sans doute, une dure épreuve dès le début de l’œuvre, mais ces bonnes religieuses l’ont acceptée avec une pieuse résignation, sans se laisser décourager dans la poursuite de leur sainte entreprise.



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