| Année: |
1875 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Sutchuen méridional |
| Rédacteur: | Mgr Lepley |
Siam - 1875
Mgr Vey, préconisé Évêque de Géraza, dans le Consistoire du 17 septembre, et nommé Vicaire Apostolique de Siam, a été sacré à Bang-Kok, le 5 décembre, par Mgr Colombert, Vicaire Apostolique de la Cochinchine occidentale. La cérémonie s’est faite dans l’église de Saint-François-Xavier, au milieu d’un concours immense de chrétiens et de païens. Outre les consuls des puissances européennes, le prince régent du royaume et plusieurs ministres de Siam y assistaient. Au déjeuner, qui suivit la cérémonie religieuse, Mgr Vey reçut aussi deux lettres de félicitation, l’une du premier roi et l’autre du second roi. Ces marques de considération pour le nouveau Vicaire Apostolique font espérer la continuation de bonnes relations qui ne peuvent être que favorables à notre sainte cause dans le royaume de Siam.
M. Martin, ancien supérieur de cette Mission et provicaire de Mgr Vey, signale une certaine amélioration qui s’annonce dans ce Vicariat, et dont l’augmentation du nombre des baptêmes d’adultes est assurément un excellent indice. Le chiffre de l’année courante est presque le double de celui de l’an dernier, qui lui-même était supérieur à ceux des années précédentes : on compte encore près de deux cents catéchumènes. L’augmentation de cette année paraît avoir été favorisée, en particulier, par une circonstance politique, dont on aurait pu craindre, d’abord, un effet tout contraire. Au commencement de 1875, Siam se vit menacé de troubles civils, le désaccord entre les deux rois en étant venu à ce point que le second roi s’était retiré au consulat d’Angleterre. Le différend se termina heureusement, par l’intervention des consuls, et notamment des consuls de France et d’Angleterre. Or, cet incident ayant été parfaitement connu du peuple, celui-ci en conçut une plus grande considération pour les Européens, et il est fort possible que quelques individus en aient été aussi plus facilement amenés à embrasser la religion chrétienne, regardée spécialement par les païens comme la religion des Européens. Ce serait un nouveau motif de se féliciter du rétablissement de la bonne entente entre les deux souverains de Siam ; car les missionnaires, n’ayant qu’à se louer de l’un et de l’autre, s’étaient déjà réjouis de voir les bonnes relations rétablies entre Leurs Majestés.
Mgr Vey a manifesté son désir de faire aussi de nouvelles tentatives pour reprendre la malheureuse mission du Laos, dont le climat, jusqu’à présent, a été si meurtrier pour les ouvriers apostoliques qui y ont travaillé. Toutefois, S.G. a craint d’être retardée, dans l’exécution de son projet, par les événements qui se passent dans ce pays. Des bandes chinoises l’ont envahi du côté du nord, et le roi de Siam, voulant conserver l’autorité qu’il y exerce, a fait grands préparatifs de guerre pour repousser cette invasion. Espérons que bientôt le calme sera rétabli et que rien n’empêchera la réalisation de ce projet si louable, sur lequel nous prions Dieu de verser ses bénédictions.
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