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Rapport annuel des évêques

Année: 1876
Pays: Chine
Mission: Kouang-si
Rédacteur:Mgr Foucard prov.

Kouang-Si. 1876

Les missionnaires de cette province, convoqués par M. Foucard pour s’entendre sur différents points intéressant le bien de la Mission, se sont réunis chez M. Chouzy, qui réside encore au Kouy-Tchéou, sur les limites du Kouang-Si. C’est après cette réunion et au retour de ce voyage que M. Foucard nous a adressé, le 21 août dernier, les notes suivantes sur les œuvres et l’administration de la Mission dans le courant de l’année .
« Pendant que nous étions réunis, M. Chouzy a béni, le jour de l’Assomption, une jolie chapelle qu’il a élevée dans la ville principale de son district. M. Renault avait fait la même cérémonie quelques mois auparavant, pour un vaste établissement créé dans la même préfecture. Il compte des conversions nombreuses parmi les Miao-tze, chez lesquels il travaille avec ardeur, depuis deux ans.
« Pour en revenir à notre Mission du Kouang-Si, je dirai d’abord , que notre maison de Ou-Tchéou, achetée par M. Mihières et sequestrée depuis par les mandarins, ne nous a pas encore été rendue. Les promesses qui m’avaient été faites à Canton, l’année dernière , n’ont été suivies d’aucun résultat.
« Quant à l’affaire de la maison de la ville de Si-Lin-Hien, j’ai essayé de la traiter à l’amiable et par lettres avec le mandarin local, il y a déjà trois mois, aussitôt après mon arrivée chez M. Bazin. Jusqu’ici le mandarin n’a montré aucune bonne volonté, et il ne me reste d’espoir que dans une entrevue que je me propose d’avoir avec lui, quand bientôt je passerai à Si-Lin-Hien, en m’en retournant. Le district souffre toujours beaucoup de cette malheureuse affaire, et il est de la plus grande importance qu’elle aboutisse à une bonne solution ; car, enfin, nous devrons bientôt élever dans cette ville, la chapelle expiatoire du meurtre du Vénérable Chapdelaine.
« M. Bazin, ayant envoyé l’an dernier le nom de ses principaux stations, je n’en dirai rien. Il compte dans son district 258 chrétiens e 121 catéchumènes . Il a eu dans l’année : 422 confessions, 350 communions, 33 baptêmes d’enfants, dont quelques païens , 6 baptêmes d’adultes, 3 extrêmes-onctions et 1 mariage béni. Ce district possède une école pour les enfants de chrétiens et de païens . Une maîtresse va à domicile instruire les catéchumènes . Le maître, qui avait encore deux enfants païens dans son école l’an dernier, n’a pu en recruter un seul cette année . C’est sans doute à cause de l’affaire de la ville, que nous ne pouvons réussir à traiter. En somme, je le répète, cette affaire a nui beaucoup au district et très-spécialement à l’œuvre de la Sainte-Enfance , qui avait autrefois dans la maison de Si-Lin une pharmacie bien fréquentée.
« En dehors du district de Si-Lin-Hien, il ne nous reste guère, dans tout le Kouang-Si, qu’une centaine de chrétiens , dont la plupart sont réunis sur deux points principaux.
« C’est d’abord aux Cent-Mille-Monts, dépendant de Chang-Se-Tchéou, où M. Souchières est allé s’installer à la fin de l’année dernière . Il y compte environ 40 chrétiens , dont 27 baptisés par lui cette année . Comme je n’ai pas vu ce cher confrère depuis quatre mois que j’ai quitté Chang-Se-Tchéou, je ne connais pas au juste le résultat de son administration . Je sais seulement qu’il avait dans ses montagnes un bon nombre de catéchumènes et une école pour les enfants des sauvages. Mais il n’y comptait environ que 5 ou 6 élèves . M. Souchières a bon espoir pour l’avenir de son petit district, et il s’occupe maintenant de la construction d’une chapelle assez vaste pour ses bons sauvages et d’une habitation dont il a grand besoin.
« En outre, à Kouy-Hien nous comptons environ 40 chrétiens . Ce petit poste, peu éloigné du fleuve qui descend à Canton, se trouve à égale distance de Ou-Tchéou et de Nan-Nin. Ces chrétiens , dont plus de la moitié a été baptisée dans le Cantonnais, ont bien souffert de l’abandon où ils ont été laissés pendant cinq ou six ans. Depuis deux ans, j’ai pu les visiter plusieurs fois, malgré mon éloignement de plus de 80 lieues ; ils me donnent bon espoir. J’y ai eu cette année 15 confessions, 15 communions, 3 baptêmes d’adultes et 2 d’enfants de chrétiens . J’ai eu le bonheur aussi d’y rencontrer cette fois 3 pauvres chrétiens , qui, étant à trois journées de distance , ne s’étaient pas confessés depuis leur baptême à Canton, il y a neuf ans. Malheureusement il reste encore plusieurs de leurs parents qui sont dans le même cas. Dans cette chrétienté naissante j’ai fait construire une école. Seulement je n’ai pas encore reçu la lettre que le maître avait promis de m’écrire, dans le but de m’informer s’il trouvait un nombre suffisant d’élèves pour commencer immédiatement l’œuvre de la Sainte-Enfance .
« Reste Chang-Se-Tchéou , la ville où j’ai habité ces dernières années. J’y ai établi une maison de doctrine, qui commence à être passablement fréquentée. Parmi nos catéchumènes , on remarque plusieurs lettrés, anciens maîtres. J’espère que nous trouverons en eux des catéchistes qui nous aideront à la conversion de leur pays. Dans le courant de l’année , nous avons guéri de leur funeste habitude un bon nombre de fumeurs d’opium. Cette bonne œuvre nous a fait connaître avantageusement de la population, qui, tout d’abord , avait contre nous des préjugés absurdes. J’ai aussi ouvert une école d’internes pour les enfants des catéchumènes et quelques orphelins qu’on nous a confiés. Cette dernière œuvre n’a pas manqué d’exciter la jalousie des lettrés, et ils nous auraient fait une très-mauvaise affaire sans l’intervention du mandarin local, qui nous a rendu un service signalé en cette occasion. Mais, comme nous avons failli être dépossédés de notre école, parce que nous sommes en loyer chez les païens , il faudra de toute nécessité nous mettre chez nous l’an prochain. Voilà le résumé succinct de notre administration et des œuvres de notre Mission. »
En terminant, M. Foucard fait observer que les résultats de l’année sont encore bien minimes pour les 7 millions d’âmes confiées à ses soins et à ceux de ses confrères . Sans doute, en ce qu’ils ont d’apparent présentement , ces résultats sont peu considérables . Mais, à raison des difficultés qu’on rencontre dans toutes les Missions qui commencent, ils ne laissent pas d’être consolants pour nos confrères du Kouang-Si. D’ailleurs, la semence qu’ils confient au sol par un travail maintenant assez stérile produira plus tard, avec la bénédiction de Dieu, des fruits plus abondants.



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