| Année: |
1877 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Su-tchuen méridional |
| Rédacteur: | Mgr Lepley |
Sutchuen méridional.
1877
« Nous ne saurions, nous écrit Mgr Lepley, rendre assez d’actions de grâces à la divine Providence pour la protection manifeste et extraordinaire qu’elle a bien voulu nous accorder. Au moment où les Missions voisines étaient en feu, où se passaient les horribles événements de Kiang-pée, Yun-chan, etc…nous avons pu continuer en paix nos travaux, établir trois nouvelles résidences à Kao-hién, Kin-foù-hién, sur la route du Yun-nan, et à Hô-kiang, sur les confins du Sutchuen oriental. Nous ne comptons encore que quelques néophytes dans ces trois villes, mais nous avons l’espoir d’y fonder de solides chrétientés. Tandis que les bandits de Louï-kiang réduisaient en cendres la résidence que les Missionnaires avaient en cette ville, M.Clerc élevait son oratoire à Lou-tcheou, et M. Boucheré s’établissait aux salines. Je n’y comprends vraiment rien ; car chez nous aussi, les païens exaspérés se disposaient à se porter contre les chrétiens jusqu’aux dernières extrémités, et ne parlaient que de pillage et d’incendie. Heureusement, nos mandarins n’ont pas été de l’avis de ces lettrés et autres. A Lou-tcheou, le préfet fit afficher, à toutes les portes de la ville et à l’entrée de l’oratoire en construction, un édit défendant formellement, sous les peines les plus sévères, toute manifestation contre les chrétiens. Immédiatement tout rentra dans l’ordre, car, vous n’ignorez pas que le peuple se portera aux dernières extrémités contre nous, alors seulement qu’il sera sûr de la connivence ou tout au moins de l’impunité de la part des mandarins. Faudrait-il en conclure que, par une anomalie singulière, au Méridional, les mandarins sont nos amis ? Hélas ! non, et, en mille circonstances, leurs taquineries continuelles nous font voir clairement que, s’ils ne tiennent pas à nous créer de grosses misères, ils exécutent néanmoins de point en point le mot d’ordre venu de haut lieu : on se résigne à accorder la paix aux anciens chrétiens, mais on est disposé à mettre tout en œuvre pour empêcher de nouvelles conversions. »
Somme toute, nos confrères du Sutchuen méridional ont joui de la tranquillité et ont pu, sans rencontrer trop d’obstacles, exercer leur ministère. Si le nombre des baptêmes d’adultes n’est pas très-considérable, celui des catéchumènes s’est augmenté, et le nombre des adorateurs sérieux s’élève à plus de 700. Les baptêmes d’enfants ont été plus nombreux cette année que les précédentes.
Malgré l’insuccès des tentatives faites, l’année dernière, pour fonder une station au Kién-tchang et les dangers que M. Gourdin a courus en cette circonstance, l’œuvre n’est pas abandonnée. De nouvelles tentatives se font actuellement. « Les résultats répondronts-ils aux dépenses que nécessitera cette Mission et aux travaux extraordinaires qu’elle imposera à ses ouvriers ? C’est le secret de Dieu. Cependant, écrit Mgr de Gabala, je suis loin de désespérer, et je suis de plus en plus disposé à faire le possible pour son entière réussite. »
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