| Année: |
1878 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouy-tchéou |
| Rédacteur: | Mgr Lions |
Kouy-tchéou.
1878
Les épreuves n’ont pas manqué au Kouy-tchéou. La persécution a éclaté dans le district de Poù-ngan-tchéou, où, grâce au zèle de M. Chouzy , une nouvelle chrétienté venait de s’établir et donnait déjà de grandes espérances. Plusieurs catéchumènes ont eu la gloire de confesser leur foi en Jésus-Christ et de recevoir le baptême du sang. Sur 13 victimes qui furent immolées, il n’y avait qu’un seul néophyte. Les maisons des chrétiens et de leurs adhérents ont été livrées au pillage, réduites en cendres , et leurs habitants n’ont dû leur salut qu’à une prompte fuite. M. Chouzy, accouru au secours de ses chers néophytes , n’a pu décider le mandarin de la localité à arrêter les meurtriers et à empêcher l’effusion du sang ; lui-même a couru dans cette circonstance les plus grands dangers. Après avoir consommé leur œuvre d’iniquité , mandarin et assassins ont, suivant la vieille coutume chinoise, pour échapper à la terrible responsabilité qui leur incombe, transformé leurs victimes en criminels dignes des plus grands supplices. Le mandarin de Hin-y-foù, envoyé pour faire une enquête, s’est contenté de toucher les sommes énormes, en grande partie prélevées sur les parents des victimes, et destinées à lui fermer les yeux et la bouche ; il a purement et simplement confirmé les accusations du mandarin coupable et de ses complices.
« Cette persécution , nous écrit Mgr Lions, arrive bien mal à propos ; outre qu’elle va, très-probablement, anéantir cette chrétienté naissante, qui déjà donnait beaucoup d’espoir , dans un pays tout nouveau où nous ne comptions pas encore de chrétiens ; elle aura , elle a déjà un retentissement fâcheux dans presque toutes les provinces, selon le proverbe chinois : Les bonnes choses ne sortent pas du logis, mais les mauvaises sont connues à mille lys à la ronde. Jusqu’à présent, on se contentait de nous défendre l’entrée des villes où nous n’avions pas encore de chrétiens ; dans les campagnes, on nous tolérait presque. A l’avenir, à moins qu’on ne nous rende complètement justice pour les affaires de Poù-ngan, ce qui est peu probable, on va nous fermer la porte partout dans les campagnes où nous n’avons pas encore de vieux chrétiens . Et Dieu veuille qu’on respecte les chrétientés déjà fondées ! Déjà , en plusieurs endroits, on tracasse des familles nouvellement émigrées du Su-tchuen et même des familles du pays converties dans ces derniers temps. » Dans une lettre postérieure, Mgr de Basilite nous annonce que le vice-roi ayant pris en main cette affaire, a destitué le mandarin coupable et fait donner quelques indemnités aux victimes.
Ailleurs, à Toûng-tse, c’est une inondation subite qui détruit en grande partie la ville et étend ses ravages dans les campagnes environnantes. L’orphelinat que la Mision y entretient eut le sort des autres maisons et M. Viret qui le dirige put, à grand’peine, opérer le sauvetage des enfants confiés à ses soins et les transporter en lieu sûr.
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