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Rapport annuel des évêques

Année: 1881
Pays: Chine
Mission: Su-tchuen occidental
Rédacteur:Mgr Pinchon


Su-tchuen occidental.
1881

Les résultats de l’administration au Su-tchuen occi-dental continuent d’être satisfaisants: 684 adultes et 47,283 enfants de païens y ont reçu le baptême. Nous n’avons malheureusement que peu de détails sur les travaux des Missionnaires et les événements qui se sont passés durant le cours de l’année; Mgr Pinchon nous en donne cependant le résumé succinct :

« Cette année, écrit Sa Grandeur, nous avons pu visiter nos chrétiens avec assez de tranquillité. Les mandarins et les païens nous ont laissé la paix dans les localités où nous avons déjà des chrétiens: Mais nous ne pouvons en dire autant des pays où nous désirons implanter notre sainte Religion et où elle était inconnue jusqu’alors. M.Legardien avait loué une maison et y avait installé un prédicateur. Les païens ont mis le feu à la maison et l’ont réduite en cendres. De là , un grand et malheureux procès, car mandarins et païens rivalisent de fourberie et de mauvaise foi.... »
« Ailleurs, à Fong-hô-tchang, M. Coupat avait acheté un terrain pour y construire une maison et y établir une pharmacie. La populace de la localité, encouragée par les hauts faits de celle de Kiang-pé et la connivence des mandarins, se porte sur le chantier où l’on avait déjà réuni les matériaux nécessaires, qu’elle détruit ou disperse, puis elle prend possession du terrain et y établit un théâtre: Aux plaintes du Missionnaire, le mandarin répond en ces termes à l’envoyé de M. Coupat: « Va, dis au maître qui, du reste, est un brave homme, dis-lui que les chrétiens sont en petit nombre ; les païens, au contraire, sont innombrables, et que le petit nombre ne peut lutter avec le grand. » Et il ajouta: « Dis-lui que vous pourrez édifier une maison, mais non un oratoire; vous en avez déjà un dans la ville et un autre à Kou--kia-tchang, cela vous suffit. Du reste, j’aimerais mieux perdre mon mandarinat que de vous laisser construire une église. »
Le Missionnaire étant allé le voir lui-même, n’en obtint pas une meilleure réponse. A la capitale, le vice-roi, devant qui l’affaire fut portée, montra de meilleures dispositions et envoya un mandarin pour l’examiner et l’arranger à l’amiable . Celui-ci remplit convenablement son mandat, mais quand il fallut en venir à l’exécution, on fut obligé de compter avec le mauvais vouloir obstiné du sous-préfet , qui trouva mille prétextes pour éluder les conditions, d’ailleurs bien atténuées, de l’arrangement convenu entre l’envoyé du préteur et le Missionnaire. Et quand, sur les réclamations de ce dernier, deux man-darins furent envoyés faire une enquête sur les lieux, ils ne purent que constater la mauvaise foi du sous-préfet. Sur leur rapport, celui-ci fut privé de son emploi et remplacé par un des mandarins enquêteurs.
« Quelques dizaines de lettrés, écrit M. Coupat, adres-sèrent une requête au préteur pour réclamer leur sous-préfet, mais le vice-roi leur répondit: « Que le mandarin de Lin-chong-hien «ait tort ou raison, c’est mon affaire; quant à vous tous, rentrez dans vos familles et veillez «sur vous.»C’est bref, mais expressif.
« Avec le nouveau mandarin je me suis entendu sans peine. De suite les ouvriers se mirent à l’œuvre , et vers les derniers jours de décembre, ma maison était com-plètement terminée. Nous jouissons de la paix depuis ce moment ; les païens demeurent tranquilles et on voit bien qu’ils agissaient à l’instigation du mandarin destitué.
« Là n’ont pas fini les malheurs de ce pauvre mandarin mahométan. Comme il était titulaire du poste, il pensait bien y revenir plus tard. Or, voilà qu’à la douzième lune, le vice-roi a demandé à l’empereur qu’il fût dégradé, ce qui a été accordé. Dans toute cette affaire, le préteur s’est très bien montré à notre égard et nous a rendu pleine justice. » Que n’a-t-il agi de la même manière à l’égard de la Mission du Su-tchuen oriental dans l’affaire de Kiang-pé !

« Pour faciliter la prédication de la foi, écrit encore Mgr Pinchon, nous avons multiplié les paroisses et mis des prêtres partout où il y a espoir d’obtenir des con-versions, quel que soit le nombre des fidèles. C’est une mesure coûteuse, sans aucun doute, mais nous l’em-ployons, afin de remplir le moins mal possible la tâche qui nous est confiée. »
Après cet aperçu succinct de l’état de sa Mission, Mgr de Polemonium nous exprime ses craintes au sujet de la santé de plusieurs Missionnaires. Nous faisons des vœux bien ardents, afin que Dieu conserve longtemps encore à leurs travaux ces dignes ouvriers de l’Évangile, et en particulier leur vénérable Chef .


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