| Année: |
1882 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouy-tcheou |
| Rédacteur: | Mgr Mgr Lions |
Kouy-tcheou.
En 1882, la Mission du Kouy-tcheou a été douloureusement éprouvée dans son personnel. Deux Missionnaires l’ont quittée pour aller recevoir la récompense de leurs travaux. Cette perte est d’autant plus sensible que la Mission, par suite de la nature du pays, de l’étendue et du nombre des districts, et aussi du progrès qu’y fait L’Évangile, a un plus grand besoin d’ouvriers apostoliques.
« Comme à l’époque de mon arrivée au Kouy-tcheou, nous écrit Mgr Lions, le vicariat est encore aujourd’hui divisé en quatre régions. Depuis lors, la population a considérablement augmenté. De plus, sur les soixante et quelques villes importantes de la province, nous ne possédions autrefois qu’un petit pied-à-terre, à la métropole. Actuellement, nous avons droit de cité dans vingt-quatre ou vingt-cinq de ces localités. Enfin, à part un modeste oratoire construit du temps de Mgr Albrand sur l’emplacement de la maison du Vén. Joachim Ho, aucune église consacrée à Notre)Seigneur Jésus-Christ ne s’élevait en ces régions couvertes de pagodes. Quelques cabanes un peu moins étroites que les chaumières de nos néophytes, servaient de temples à l’heure des prières. De nos jours, sept ou huit églises, environ cinquante oratoires surmontés de la croix, portent solennellement le défi à la superstition et à l’idolâtrie... Il est facile de voir par cet aperçu que la Mission du Kouy-tcheou a fait quelques progrès depuis les trente années qui viennent de s’écouler. Avec la grâce de Dieu, j’ose espérer qu’elle continuera sa marche ascendante, au grand profit du Ciel et à la grande joie des zélés Missionnaires. »
Après ce préambule, Mgr de Basilite nous invite à le suivre dans la visite des divers districts de sa chère Mission, afin d’y constater le bien déjà fait, et celui qui reste à réaliser. Nul doute que tous nos Confrères ne soient comme nous-mêmes heureux de répondre à l’invitation du vénérable prélat.
Districts du Nord-Est. ― Cette région comprend quatre districts : Ou-tchoan-hien, Se-nan-fou, Mey-tan-hien et Che-tsien-fou.
Le district de Ou-tchoan-hien est au milieu de montagnes élevées et abruptes, très accidenté, ce qui explique sans doute le caractère un peu rude de ses habitants. Les vieux chrétiens y sont nombreux, d’une foi solide, pas toujours assez fervente : le nombre des néophytes s’élève à 600, dont la moitié environ sont nouvellement baptisés ; on y compte à peu près autant de catéchumènes.
Le district de Se-nan-fou est de date plus récente, il est l’œuvre de M. Bouchard qui, depuis huit ans qu’il le parcourt, y a baptisé 7 à 800 personnes ; les conversions continuent moins nombreuses peut-être, mais, par contre, elles sont plus solides. Le chiffre des catéchumènes est de plus d’un millier.
M. Bouchard est également le principal fondateur du district de Mey-tan-hien ; il l’a mis dans un tel état de prospérité que, ne pouvant suffire à la tâche, il a dû en laisser la direction à un jeune Missionnaire. Celui-ci y a trouvé, outre un bon nombre de catéchumènes, environ 600 chrétiens amenés à la foi par le zèle de son prédécesseur.
Le district de Che-tsien comprend de vingt à trente chrétientés, dont une est formée d’anciens néophytes venus du Kiang-Si ; mais la partie est de la région est encore entièrement païenne. Le Missionnaire qui en est chargé y trouve donc un vaste champ ouvert à son zèle.
Districts du Nord. ― Cette partie de la Mission se divise également en quatre districts, à savoir : Siu-yang-hien, Tong-tse-hien, Yen-hoay-hien et Tsen-y-fou.
Le district de Siu-yang-hien est montagneux, les voyages y sont pénibles ; vers le sud, cependant, le sol est moins tourmenté et les communications plus faciles : c’est là que se trouvent le plus grand nombre des chrétientés, et le chiffre des néophytes s’y élève à plus de 1000, dont la plupart ont été récemment convertis. Grandes aussi sont les espérances pour l’avenir.
Tong-tse-hien avec ses 800 chrétiens, nouvellement baptisés pour le plus grand nombre, rappelle encore le nom de M. Bouchard qui en a construit l’église et l’orphelinat. C’est là que M. Viret, de sainte mémoire, vient de terminer sa carrière, entouré de l’affection de ses néophytes et de la vénération des païens eux-mêmes.
Le district de Yen-hoag-hien ne compte, il est vrai, que 400 chrétiens ; mais ils sont disséminés sur une vaste étendue de terrain, dans vingt et une stations. Les longs voyages que le Missionnaire, chargé de ce district, est obligé de faire pour administrer ses ouailles, absorbent la plus grande partie de son temps et ne lui laissent pas assez de loisirs à consacrer à la conversion des païens.
M. Bodinier donne ses soins aux nombreux néophytes du district de Tsen-y-fou. Outre 1,600 chrétiens, il y a dans ce district encore un grand nombre de catéchumènes, répandus dans 54 stations éloignées les unes des autres. « Le fardeau pour le Missionnaire est glorieux, mais par trop lourd. »
Districts du Centre, de l’Est et du Sud, à savoir : de Pin-yué-tcheou, Tou-yun-fou, Kay-tcheou, Kouy-yang-fou, Tsin-gay et Tin-fan.
Pin-yué-tcheou n’a que 200 néophytes, mais ce nombre ne tarderait pas à s’accroître, s’il y avait un Missionnaire à résidence fixe, chargé exclusivement de ce district.
A Tou-yun-fou, la population se compose en grande partie d’aborigènes, de sorte que le Missionnaire est obligé de connaître plusieurs langues pour y exercer son ministère. Actuellement, on y trouve 620 chrétiens.
Les néophytes de Kay-tcheou n’ont pas de Missionnaire au milieu d’eux ; c’est de la capitale qu’on vient les visiter, ce qui ne saurait suffire pour propager notre sainte doctrine. Et cependant, Kay-tcheou mérite mieux que cela ; c’est en cette ville que le Vén. Néel a consommé son sacrifice.
Kouy-yang-fou est en même temps la capitale de la province et le centre de la Mission. Autour de la résidence du Vicaire apostolique sont groupées les principales œuvres de la Mission, les séminaires, la procure, plusieurs orphelinats. Le chiffre des chrétiens de la ville et des environs s’élève à plus de 3,000.
Le district de Tsin-gay en est encore à ses débuts et n’a que peu de chrétiens.
Celui de Tin-fan, qui a été commencé par M. Esslinger, est plus prospère et compte un millier de néophytes.
Districts du Sud-Ouest ou de Tsin-tchen-hien, Gan-chouen -fou, Tchen-nin-tcheou, Yuin-nin-tcheou, Hin-y-fou, Hin-y-yen et Ouy-nin-tcheou.
Le district de Tsin-tchen-hien comprend douze chrétientés ; le nombre des néophytes n’y est pas encore considérable.
Gan-chouen-fou, au contraire, avec ses 3,000 chrétiens et ses nombreux catéchumènes, suffirait au zèle et aux forces de plusieurs Missionnaires, d’autant plus que le ministère s’y exerce non seulement auprès des Chinois, mais aussi des nombreuses tribus aborigènes, différentes les unes des autres de race, de coutumes et de langue. Dans ce district, la culture de l’opium fait malheureusement un très grand mal et éloigne beaucoup de pauvres gens de notre sainte Religion.
Les districts de Tchen-nin-tcheou et de Yuin-nin-tcheou se ressentent encore des malheurs de la guerre civile ; tout est à recommencer dans ce malheureux pays.
Hin-y-fou pleure la mort prématurée de son pasteur qui a succombé aux fatigues d’un ministère forcément bien laborieux, dans un district aussi étendu.
Hin-y-hien n’est guère moins vaste que le précédent ; il est divisé en une dizaine de stations, habitées par plus de 500 chrétiens.
Ouy-nin-tcheou est actuellement en voie de formation ; c’est un prêtre chinois qui est chargé d’y établir notre sainte Religion.
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