| Année: |
1911 |
| Pays: |
Chine |
| Mission: |
Kouang-Si |
IV. ─ Kouang-Si
Population catholique 4.523
Baptêmes d’adultes 166
Baptêmes d’enfants de païens 460
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« La place habituellement assignée à la Mission du Kouang-Si dans le compte rendu des travaux apostoliques de la Société, fait ressortir davantage encore son infériorité et l’inutilité apparente des efforts de ses missionnaires.
« Que sont nos 4.500 chrétiens au milieu des 140.000 du Tonkin Occidental et des 60.000 de la Mission du Kouang-Tong ? 4.500 fidèles ! Voilà le résultat apparent de plus de quarante années de travail. Pour cela, trois évêques sont morts ; un nombre considérable de missionnaires ont usé leur vie dans des privations et des fatigues que la civilisation qui pénètre diminue à peine aujourd’hui ; plusieurs ont donné leur sang.
« Devant leurs tombeaux, seuls témoins parfois de leurs prédications, ceux qui demandent à tout effort un résultat immédiat et tangible, pourraient dire de ces bons ouvriers : In vanum laboraverunt.
« Cette parole-là, les Missionnaires du Kouang-Si ne la prononceront jamais ; ils ont vraiment droit à toute notre admiration, nos héroïques prédécesseurs. Malgré les épreuves de tout genre dont ils furent rassasiés, ils gardèrent la foi en leur vocation, et, en espérant des jours meilleurs, ils cherchèrent, chacun avec son tempérament, celui-ci avec une froide mais tenace énergie, celui-là avec l’enthousiasme et la confiance que rien ne renverse, les moyens de pénétrer ces masses païennes.
« Leurs successeurs s’attachent à marcher sur leurs traces.
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« Dans le Nord-Est de la Mission, M. Renault, pro-préfet, occupe Koui-Lin, la capitale depuis dix ans. Il avait d’abord espéré des résultats merveilleux. Après 1900, dans la réaction qui suivit le mouvement xénophobe, les moins optimistes crurent que de beaux jours se levaient pour cette église. Koui-Lin, par sa situation administrative, devait être à la tête du mouvement
« Pendant un certain temps, le cher Pro-préfet vit défiler dans sa salle de réception des mandarins de tous grades et de tous boutons. Aujourd’hui, c’est l’image de la primitive Eglise. Quelques pauvres artisans du Fou-Han, quelques jardiniers des faubourgs se réunissent dans un grenier transformé en chapelle. C’est la brutale réalité après les magnifiques espoirs.
« Dans ce grenier, où l’on cuit en été, où l’on gèle en hiver, le Divin Maître habite toute l’année, et il n’y a pas un jour où plusieurs de ces humbles chrétiens ne viennent Le recevoir dans la sainte communion et l’adorer dans une visite.
« Le P. Etienne Ou s’efforce de maintenir dans la pratique de leurs devoirs les quelques chrétiens qui se trouvent à une journée de la capitale.
« Yun-Fou, à 60 kilomètres au Sud de Koui-Lin, est administré depuis huit ans par M. Pélamourgues. La fondation de ce poste ne remonte pas à un passé très lointain. M. Dalle en fut le premier titulaire en 1901. Les débuts furent des plus ingrats : c’était tout juste si le domestique réussissait parfois à acheter le nécessaire pour la cuisine du missionnaire. Yun-Fou est aujourd’hui un des rares postes de ville qui puissent s’honorer d’avoir des fidèles à la fois bons chrétiens et très présentables.
« Ce district possède une chrétienté située à une journée de la ville, dans les montagnes. Là vivent des individus que les Chinois appellent des sauvages, ce qui ne les empêche pas d’être de braves gens. En hiver, le missionnaire y entretient une école. En été, c’est un petit coin très gai, très frais, avec de l’eau et des cascades en abondance, mais où l’on meurt de faim.
« Si, de ces montagnes, l’on redescend le versant opposé, après quatorze heures de route on arrive à la chrétienté d’Eul-Pai, dans la sous-préfecture du Sieou-Jen. C’est là que, jeune missionnaire, j’avais fait de beaux plans, conçu de belles espérances, et la réalité fut tellement différente que, malgré le nombre des familles chrétiennes de ces régions, on peut se demander si nous y verrons jamais des églises florissantes.
« L’apostolat s’y exerce sur la race indigène, apathique et sans volonté, se laissant mener par le plus fort ou le plus audacieux. Son caractère ressemble beaucoup aux pétards, dont elle fait un usage considérable : une allumette suffit pour en tirer beaucoup de bruit ; mais il n’en reste rien ! M. Humbert est chargé de soutenir et de développer ce poste d’Eul-Pai, dont les chrétiens s’avancent tout près de Long-Niu, dans le Siang-Tchéou, qui est le tronc dont les districts que nous venons de nommer ont été détachés. De nombreux missionnaires sont déjà passés dans cette localité et son petit cimetière a l’honneur de posséder le tombeau de M. Bertholet, qui, pour les chrétiens, reste toujours le père par excellence, celui dont la mort sous les coups de la populace, au Yun-Gan, restera un glorieux martyre. M. Dalle, le fondateur des postes de Yun-Fou et de Lo-Yong, y a remplacé M. Rué ; il ne rencontre pas, au moment présent, les consolations que trouvèrent ses devanciers.
« Qu’il serait consolant, m’écrit-il, de voir augmenter le nombre des chrétiens ! En « définitive, il faut se donner beaucoup de peine pour garder les positions acquises ; cette « année encore, je me suis vu contraint de marquer le pas. »
« M. Bascoul devait faire ses premières armes sous la conduite de M. Dalle ; mais la dysenterie 1’a arrêté, et il a dû chercher un peu de repos au Sanatorium de Béthanie.
« A Lo-Yong, M. Tessier n’a pas encore pu se rendre un compte exact de son vaste district, dont il n’a pris la direction qu’au commencement de juillet dernier. Le troupeau confié à ses soins est peu nombreux et dispersé sur une vaste étendue.
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« Les vieilles cartes du Kouang-Si signalent des chrétientés tout à fait au Nord, sur les territoires du Lo-Tchen et du Liéou-Tchen. Ce fut autrefois, un moment, le champ d’apostolat de M. Barrier ; M. Lavest voulut y pénétrer, lui aussi. Mais on dirait que les indignes traitements que subirent là ces premiers ouvriers de l’Evangile ont fermé à ces populations le chemin de la foi.
« Tout près de Lo-Yong, dans la grande ville de Lieou-Tchéou, les protestants américains se sont établis. L’argent ne leur manque pas ; leurs œuvres de bienfaisance et d’éducation peuvent leur attirer un grand nombre d’adeptes.
« M. Barrès, chargé du village chrétien de Lo-Mei, est le trait d’union entre la région du Nord-Est et les postes situés sur le Si-Kiang. Ce Confrère occupe une situation qui semble privilégiée. Maître dans son petit village, il peut obtenir, pour l’assistance aux prières et l’instruction religieuse, des résultats qu’on ne saurait trouver ailleurs. Ils ne sont pas venus sans peine ; car il a affaire à une race turbulente et peu disciplinée, et, pour procurer le bien qu’il constate aujourd’hui, il a dû parfois user d’énergie. S’il a de bons et pieux chrétiens, il souffre de voir que leur nombre n’augmente guère.
« Il avait cru pouvoir compter sur un sérieux contingent de catéchumènes. Un jour, ces enfants prodigues disparurent, bien munis de linge et d’argent qu’ils avaient su trouver, eux-mêmes, dans les tiroirs du Missionnaire absent. Il ne lui reste même pas, aujourd’hui, l’espoir de fêter leur retour ; car la route qu’ils ont suivie les conduit tout droit aux geôles chinoises, « d’où l’on sort quelquefois ; mais il ne faut pas trop y compter. « Je suis consolé, écrit-il, par « la ferveur de mes chrétiens ; ils s’approchent souvent des sacrements. D’année en année, j’ai « vu le nombre des confessions et communions répétées aller en augmentant. »
« Ce joli petit village de Lo-Mei est l’œuvre de M. Héraud. Après l’avoir construit, il s’en alla, sur le désir de Mgr Lavest, fonder le poste de Koui-Pen, qui donna un moment de brillantes espérances. Mais la tourmente l’a secoué bien rudement. M. Héraud ayant dû l’abandonner pour cause de maladie, M. Auguin en est aujourd’hui chargé.
« M. Berthaud a construit, à Pen-Nan, une petite chapelle que j’ai eu le plaisir de bénir dernièrement. La maladie s’est aussi abattue sur ce cher Confrère et l’a obligé de prendre du repos.
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« Le district de Koui-Hien, administré par MM. Poulat et Séosse, continue sa marche régulière et enregistre 39 baptêmes d’adultes, 45 d’enfants de chrétiens et 100 d’enfants de païens à l’article de la mort. Ces résultats paraîtront légers à ceux qui sont habitués à moissonner de lourdes gerbes. Mais ceux qui connaissent notre Kouang-Si s’imagineront facilement la somme de travail dépensée par nos vaillants Confrères qui ont eu d’ailleurs, la joie de voir le chiffre des confessions et des communions augmenter considérablement. De 930 les confessions sont passées à 1.715, et les communions se sont élevées de 895 à 3.672.
« M. Poulat relate dans son compte rendu un fait qui montre qu’on trouve encore des âmes généreuses jusqu’à l’héroïsme.
« Un jeune catéchumène du nom de Tse-Y, âgé de douze ans, était venu, vers la fin de « l’année dernière, passer trois semaines à l’école de la ville, où, chaque soir, il entendait « l’explication de la doctrine chrétienne.
« La foi pénétra et éclaira sa jeune intelligence Son frère aîné était déjà baptisé, mais toute « la parenté était restée païenne et continuait ses superstitions. A l’occasion du nouvel an, la « mère de Tse-Y voulut l’envoyer acheter des bâtonnets pour l’adoration des ancêtres. Celui-« ci répondit que, étant chrétien, il ne pouvait pas y aller ; puis il s’esquiva pour éviter une « sévère correction.
« Son jeune frère reçut l’ordre de faire la commission. Tse-Y s’en aperçut et s’empressa « d’aller à sa rencontre. Dès qu’il vit les bâtonnets, il les arracha des mains de l’enfant et les « jeta dans une mare d’eau, rassurant le timide commissionnaire sur l’issue de la correction « qu’il redoutait. A leur retour, la mère encore mécontente, voyant les deux enfants les mains « vides, leur fit « comprendre, sans tarder, que les choses n’en resteraient pas là.
« Tse-Y eut alors recours à l’influence de son frère aîné ; il lui raconta l’histoire et le pria « d’arranger les affaires. Mais le coupable dut supporter les conséquences du courroux « maternel. Au milieu de ses larmes, il parvint à expliquer qu’il n’y était pour rien ; et le cas « devenait mauvais pour le brave Tse-Y, quand le frère aîné vint mettre un peu la paix. « Néanmoins, l’année s’acheva désastreuse pour le culte des ancêtres. Cette première victoire « fut bientôt suivie d’une seconde. Quelques jours après, la famille entière abandonnait ses « superstitions et demandait à se faire chrétienne Notre jeune héros est maintenant baptisé ; et « il se réjouit d’avoir été l’apôtre des siens par sa volonté d’obéir à Dieu plutôt qu’à sa propre « mère. »
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« C’est dans la région de Nan-Nin que semble se concentrer, plus spécialement, la haine de la vieille Chine contre l’Eglise. Nan-Nin est le centre de la Mission et de nos œuvres : il est aisé de comprendre pourquoi les efforts de l’enfer y sont plus violents et plus acharnés. M. Albouy, qui voudrait étendre un peu plus loin les conquêtes de l’Evangile, a eu particulièrement à souffrir de cette animosité.
« Depuis plusieurs années, il avait réussi à faire quelques conversions dans une sous-préfecture voisine. Il visitait régulièrement ses néophytes et passait plusieurs mois chez eux pour les instruire et les administrer ; tout allait à souhait. Quelques individus avaient bien promis que jamais le missionnaire ne s’établirait dans cette région ; mais leurs paroles faisaient peu d’effet et n’altéraient en rien la sympathie générale.
« Nous avions décidé, cette année, de prendre définitivement position dans le pays, par l’acquisition d’un terrain et la construction d’une petite résidence. L’achat était à peine conclu qu’un individu du pays, député à.1’assemblée provinciale, entreprit une campagne acharnée contre le missionnaire.
« Ce triste personnage a, sur ses compatriotes, l’avantage de parler le chinois ; car nous sommes ici en pays indigène et la langue mandarine est plutôt une rareté. Dans le royaume des muets les bègues sont rois ! Plusieurs de nos pauvres paysans, habituellement pacifiques, se découvrent des âmes de héros pour courir sus à l’étranger, quand leur député, dont le titre rehausse encore considérablement le prestige, leur montre, dans le missionnaire, l’avant-garde des armées de l’invasion.
« Nous nous trouvons en face d’un des cas si nombreux de cette mentalité chinoise, faite d’ignorance et d’orgueil, qui se traduit en actes de haine pour tout ce qui est étranger, personne ou idée. Le patriotisme n’a rien à voir dans ces questions : ces lettrés ne se feront pas tuer pour défendre leur pays. Notre adversaire, en particulier, a bien soin de rester à l’écart. Il excite quelques meneurs, des paysans qui croient en lui comme à un prophète, et qui seront bien surpris d’avoir à supporter seuls des ennuis qu’ils n’avaient pas prévus.
« Défense est faite à tous les habitants du canton d’entretenir des rapports avec l’étranger et de lui vendre quoi que ce soit. Des cris de mort ont été poussés contre le missionnaire. Les gens du village ne doivent plus avoir aucune relation avec le vendeur du terrain ; ses buffles ont été chassés du pâturage, et il est permis de se livrer, sur ses propriétés à toutes les déprédations, avec la plus entière sécurité. Le mandarin a donné des ordres pour faire cesser cet état de choses ; mais il reconnaît lui-même son impuissance à les faire exécuter. Il faudrait agir avec énergie ; or, il sait bien que les mesures susceptibles d’être interprétées comme des marques de bienveillance lui seront sévèrement reprochées en haut lieu.
« M. Albouy a beaucoup souffert de cette persécution qui ébranle ses pauvres néophytes. Il a dû les quitter pour aller se reposer quelque temps à Hong-Kong. Sa plus grande peine a été de les laisser dans une situation aussi critique.
« M. Bibollet rencontre à peu près les mêmes obstacles pour la fondation d’un poste dans la sous-préfecture de Guen-Long-Hien, avec cette différence, cependant, que les difficultés lui viennent à la fois des autorités chinoises et des lettrés. C’est la mise en pratique des instructions secrètes envoyées par les mandarins supérieurs : ne rien négliger pour empêcher l’Eglise catholique de s’étendre.
« Ici encore, le vendeur du terrain est molesté, mais, cette fois, par le mandarin lui-même, qui envoie des satellites pour le saisir et le conduire au prétoire, sous prétexte qu’il a vendu sa propriété à l’Eglise sans l’avertir préalablement. Cette prétention des autorités chinoises est ouvertement opposée à un article très précis des traités qui régissent la situation de l’Eglise catholique en Chine.
« Pour expliquer sa conduite, le mandarin proclame, par des affiches, que tous les individus qui se disent chrétiens sont la lie du peuple, des joueurs et des fumeurs d’opium, des perturbateurs de la paix publique. Depuis les jours de Néron, la tactique infernale n’a pas beaucoup changé. Néanmoins, M. Bibollet conserve bon espoir jusqu’ici, aucune de nos œuvres n’a été faite sans de grandes difficultés.
« M. Coste, qui a pris possession du poste de Pê-Sé, expose en ces termes sa confiance « dans l’avenir : « Que Votre Grandeur nous porte toujours un paternel intérêt et nous donne, « à l’occasion, quelques secours : dans ce district, comme dans les autres, nous aurons des « chrétiens. »
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« La région de Pê-Sé forme le trait d’union entre Nan-Nin et les districts du Nord-Ouest de la Mission, trait d’union un peu long, car six jours de route séparent Pê-Sé de la ville de Kieou-Tchéou, résidence de M. Epalle. La situation religieuse de ce dernier poste reste calme, trop calme même. Elle ressemble à un engourdissement que les efforts du missionnaire n’arrivent pas à secouer.
« La situation matérielle est des plus désastreuses. Dans la nuit du 29 au 30 mai, une trombe d’eau s’est abattue sur la ville et ses environs. La résidence de M. Epalle a été mise à peu près hors d’usage ; son jardin, situé au confluent de deux rivières, n’est plus qu’un terrain couvert de sable. Sa chapelle a été inondée ; la malle contenant ses ornements flottait au milieu de l’eau et manqua de prendre la direction de la rivière par la porte entr’ouverte sous la pression de l’eau. Des matériaux préparés pour des constructions ont été emportés ou détériorés La misère menace une partie de ses chrétiens, dont les rizières ont été détruites par l’inondation.
« A Sen-Tchéou, M. Séguret, qui est aidé par le P. André Au, a un peu moins souffert. Il n’en déplore pas moins la ruine d’une petite chapelle dans l’une de ses principales chrétientés. Dans cette région, le mouvement vers l’Eglise ne semble pas arrêté ; de temps à autre, des villages demandent à se faire instruire. Pour remédier au manque de catéchistes, M. Séguret a ouvert une école où des jeunes gens complètent leur instruction et se préparent à devenir des auxiliaires du missionnaire ou des maîtres d’école.
« M. Courant constate avec douleur une diminution dans le zèle de ses ouailles de Lieou-Kia-To.
« Les vieux chrétiens s’en vont, dit-il, et ne sont pas remplacés. Même dans les meilleures « familles, il est rare de trouver des enfants avec la foi vive qu’avaient leurs parents. Le « milieu dans lequel ils vivent, leur contact journalier avec les païens ne favorisent pas le « développement de la foi. » Notre Confrère signale le faible résultat des écoles où les enfants viennent un peu à leur gré. Les ressources lui manquent pour établir une œuvre profitable et sérieuse.
« A Si-Lin, M. Sifferlen a souffert de l’ostracisme dont ses chrétiens sont victimes. Ils ne peuvent, comme les autres habitants, exercer leur droit de citoyens. Par l’arbitraire du mandarin, ils sont exclus des assemblées électorales.
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« En redescendant sur les frontières du Tonkin, nous trouvons trois missionnaires, MM. Costenoble, Crocq et Caysac.
« Long-Tchéou, écrit M. Costenoble, est une ville cosmopolite, où se mêlent les soldats et « les commerçants ; le voisinage du Tonkin accentue encore cet état de choses. Je vois avec « regret quelques-unes de mes ouailles quitter leurs rizières pour aller chercher fortune en « Annam, où l’observation de leurs devoirs est bien compromise.
« Au village du Thé (Tcha-Tsen), j’ai fait, l’hiver dernier plusieurs séjours prolongés. « C’est là que reposent mes espérances. Malheureusement, ce poétique village est, à deux « lieues seulement de la frontière. Mes laboureurs lâchent souvent leur charrue pour « l’éventaire du colporteur ou la pioche du terrassier, tant est puissante sur eux l’attirance du « Tonkin. »
« Pour marcher avec le progrès et secouer l’indifférence, notre Confrère s’est muni d’un appareil à projections : après les scènes amusantes, il montre des tableaux de la vie de Notre-Seigneur et explique les évangiles.
« M. Crocq a aussi, à Tai-Pin, sa grande part de misères, dues surtout à la négligence des anciens chrétiens. Il a eu la joie de voir venir à lui plusieurs centaines de familles Thor.
« M. Caysac est à peine installé à Hai-Iuen que déjà des ennemis se dressent devant les efforts de son zèle. Il contemple, impuissant, les iniques procédés de la justice chinoise mise au service de la haine et de la vengeance. Ce spectacle, encore nouveau pour lui, fait bondir d’indignation sa jeune ardeur. La victime est un chrétien qui a le malheur d’avoir quelque argent et peu de malice.
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« Notre Séminaire compte deux théologiens et 21 latinistes. Trois tonsurés, qui ont à peu près terminé leurs études, sont en probation dans les districts, sous le contrôle de missionnaires. MM. Labully et Héraud, aidés, pour le matériel, du Père Houang, mettent toute leur ardeur et toute leur expérience à la formation intellectuelle et sacerdotale de nos jeunes gens.
« Les Sœurs de Saint-Paul de Chartres, qui, à Nan-Nin et à Long-Tchéou, travaillent avec un inlassable dévouement aux œuvres de la Sainte-Enfance, ont eu la joie de baptiser 110 petits païens à l’article de la mort. Le couvent de vierges indigènes, dont elles ont la direction à la capitale, a pris un certain développement.
« Au mois de juin dernier, les Missionnaires avaient la joie de se trouver tous réunis pour la retraite qui précéda le sacre. Mgr Marcou avait bien voulu venir à Nan-Nin pour sacrer le successeur de Mgr Lavest qui avait reçu des mêmes mains l’onction épiscopale, à Hanoï, onze ans auparavant. Sa Grandeur eut la bonté de prêcher la retraite des Confrères. La Mission du Kouang-Si est heureuse d’exprimer sa reconnaissance au vénéré Prélat et à Mgr Mérel pour leur dévouement en cette circonstance.
« Le 29 septembre, un télégramme nous annonçait la mort de M. Besnier, titulaire de Ou-Tchéou, décédé dans son district d’une maladie que le docteur anglais a cru être le typhus. Il fut assisté à ses derniers moments par M. Séosse.
« A l’heure actuelle, quatre de nos Confrères sont à Béthanie ; et deux d’entre eux, MM. Berthaud et Bascoul, devront y faire un séjour prolongé.
« Les Petits-Frères de Marie travaillent avec succès à l’enseignement du français, et s’efforcent de faire pénétrer les principes religieux, dans l’intelligence de leurs élèves. Pour le moment, l’Ecole Bertholet souffre des sentiments hostiles des autorités chinoises de Nan-Nin. Il faut un grand courage et une réelle indépendance à ceux qui la fréquentent.
« Daigne le Divin Maître arrêter cette sourde persécution qui empêche bien des âmes de bonne volonté de venir à nous, et susciter des générosités afin d’augmenter nos moyens d’évangélisation. »
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