| Année: |
1913 |
| Pays: |
Corée du Sud |
| Mission: |
Taikou |
| Rédacteur: | Mgr Demange |
II. — Taikou
Population catholique 26.949
Baptêmes d’adultes 898
Baptêmes d’enfants de païens 754
Conversions d’hérétiques 9
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« Le travail des missionnaires de Taikou, écrit Mgr Demange, a été rendu un peu plus considérable, cette année, par suite de l’ardeur que mettent nos chrétiens à se conformer aux décrets du Souverain Pontife sur la communion fréquente et la communion des petits enfants.
« Ce travail, du reste, a été encouragé par le succès. Seul le chiffre des baptêmes donnés par les chrétiens, à l’article de la mort, à des adultes et à des enfants de païens est inférieur à celui de l’an dernier : soit 986 contre 1.029. Il serait, je crois, injuste d’attribuer cette légère différence à une diminution de zèle chez nos fidèles ; car ce genre d’apostolat, qu’ils savent apprécier à sa valeur, dépend surtout des circonstances. Il me semble cependant, qu’un plus grand nombre de païens adultes seraient baptisés, si nos chrétiens, habitués à nous voir exiger beaucoup des catéchumènes qui se préparent au baptême dans les conditions ordinaires, n’étaient arrêtés par la crainte exagérée de conférer le sacrement à des moribonds, qui n’ont que les dispositions strictement requises pour le recevoir. Une instruction plus complète donnera à nos fidèles des idées moins étroites sur ce point, et assurera, j’en suis convaincu, le salut d’un plus grand nombre de ces pauvres moribonds.
« Notre total de baptêmes d’adultes bien instruits est supérieur, d’un dixième à peu près, à celui obtenu l’an dernier. Pour tous les autres chiffres également, nous sommes en progrès. Nous le serions davantage encore, si nous n’étions si peu nombreux. Le Vicariat de Taikou souffre, plus peut-être que toute autre mission de notre Société, de la pénurie d’ouvriers. Daigne le Roi des Apôtres nous envoyer des missionnaires, et multiplier les vocations indigènes ; ou plutôt, car elles ne manquent pas, nous donner les moyens matériels d’augmenter bientôt, par ces vocations, le nombre des moissonneurs !
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L’année dernière, je fis la visite pastorale un peu comme elle se fait en France. Je n’allai que dans les postes où résident les missionnaires. Pour prendre une vue d’ensemble de toute la nouvelle mission, je devais agir ainsi. Mais, dès cette année, j’ai commencé à faire la visite, comme les vicaires apostoliques de Corée l’ont faite de tout temps : c’est-à-dire en aidant et dirigeant le missionnaire dans 1’administration des chrétientés. De la sorte, l’évêque se met en contact avec la majorité des fidèles. Il se rend, en compagnie du chef de district, dans les villages vers lesquels les chrétiens dispersés peuvent le plus aisément converger, et là, il emprunte, pour un jour ou deux, une chambre ordinaire, qui devient chapelle, salle de réunions, réfectoire et dortoir.
« Le travail du missionnaire en tournée d’administration (à part le soin que réclament les catéchumènes) n’est autre que celui du curé en pays catholique, avec cette différence que le missionnaire est curé ambulant, et qu’il donne les sacrements pour ainsi dire tous à la fois. Presque chaque jour, pendant les trois ou quatre mois que durent ses deux visites, il administre les cinq sacrements que le prêtre peut conférer et même la confirmation, dans les cas spéciaux pour lesquels il est délégué. Instructions, admission aux confréries, solution des cas de conscience et le reste ; en un mot, le labeur ordinaire de la vie pastorale l’occupe sans interruption. En effet, sur 27.000 chrétiens qui composent la mission de Taikou, 22.000 sont trop éloignés du missionnaire pour venir à lui, et doivent être administrés à domicile.
« Parmi les divers exercices de la journée d’administration, deux tiennent une place tout à fait à part : ce sont l’examen de catéchisme, auquel tous les chrétiens, sans exception, sont soumis, et la confession. Le premier de ces exercices assure le maintien et le développement des connaissances religieuses ; le second constitue la base des soins que le prêtre donne à chaque âme en particulier.
« La visite de l’évêque renforce ce travail de l’administration ordinaire ; elle développe l’instruction chrétienne chez les néophytes et leur procure de plus grandes facilités pour la bonne réception du sacrement de pénitence. Elle équivaut à une mission proprement dite. L’évêque se charge principalement de la prédication et de l’enseignement de la doctrine : les missionnaires qui l’accompagnent entendent la plupart des confessions. Deux grande instructions matin et soir, auxquelles assistent tous les chrétiens présents à la station, l’examen sur le catéchisme en trois ou quatre séances, des entretiens courts et familiers à la fin de ces séances, les instructions sur la confirmation, la solution des cas qui lui sont présentés et les cérémonies pontificales, telle est la part de l’évêque. Bien qu’il entende aussi quelques confessions, une douzaine par jour environ, ce sont les missionnaires surtout qui remplissent ce ministère. Afin de procurer aux chrétiens la facilité de s’adresser à un confesseur extraordinaire, un prêtre, autre que le titulaire du district, participe au travail de la visite pastorale.
« Pendant les deux mois que dura ma tournée dans la province nord-ouest du vicariat, 3.640 chrétiens ont, en 139 séances, passé l’examen devant l’évêque sur la lettre du catéchisme ; la doctrine et la manière de baptiser. Tous étaient soumis à cet examen : le plus jeune de ceux qui l’ont passé, avait cinq ans ; le plus âgé, quatre-vingt-douze ans. Une fois, j’eus le spectacle peu banal de quatre générations d’une même famille, passant l’examen à la même séance : depuis l’aïeul de quatre-vingt-deux ans, jusqu’à l’arrière petite-fille, qui en avait sept et se préparait à sa première communion. J’ai constaté que la grande majorité des chrétiens, même très âgés, savent leur catéchisme mot à mot. La connaissance de la doctrine est plus faible chez beaucoup, quand on sort des vérités nécessaires ; mais même à ce point de vue, si l’on considère que, en dehors des courtes instructions qu’ils entendent de la bouche du missionnaire deux fois par an à l’occasion de l’examen, jamais la parole de vie ne les atteint, on ne saurait être étonné de ne pas trouver en eux des théologiens. Ils manifestent, du reste, un grand désir de s’instruire ; et, par leurs questions, montrent qu’ils saisissent bien les explications qu’on leur donne.
« La visite de l’évêque, faite dans ces conditions, produit de bons résultats. La monotonie des administrations ordinaires est rompue ; les âmes se voyant l’objet de soins spéciaux, font un sérieux retour sur elles-mêmes reçoivent les sacrements avec plus de ferveur, se décident à faire de nouveaux efforts pour mieux instruire leurs proches et pour procurer la conversion des païens. Quelques tièdes reviennent aux pratiques religieuses ; et surtout, un appui moral est donné au missionnaire, car l’évêque a soin de faire porter la plupart de ses instructions sur ce qui, dans chaque station, est l’objet des soucis du pasteur. Les brebis sont bonnes en général ; mais, elles portent en elles les conséquences du péché originel et de la faiblesse humaine.
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Mis en contact direct avec tous les chrétiens, depuis les plus jeunes jusqu’aux plus âgés, j’ai constaté, par moi-même, ce que les missionnaires sont unanimes à reconnaître maintenant, à savoir : que l’application du décret sur la communion des enfants, n’a pas rencontré les difficultés que plusieurs appréhendaient au moment de sa promulgation. La préparation, tout en étant proportionnée à l’âge de ces enfants, est meilleure qu’on n’osait l’espérer. Ils apprennent vite et bien les quelques formules strictement nécessaires, pour rendre à Dieu leurs devoirs de chaque jour, prendre l’habitude de la prière et recevoir convenablement le sacrement de pénitence. Quant à la connaissance des vérités essentielles et à la doctrine de la présence réelle, elles pénètrent aisément dans leur esprit. C’est avec respect et dévotion qu’ils s’approchent du « grand sacrement ».
« Au point de vue de l’apostolat, l’application du décret est pour nous d’un secours immense. L’insuffisance de l’instruction chez les enfants était, presque partout ici, le grand souci du missionnaire et la source de son mécontentement pendant la visite des chrétientés. Non pas que les fidèles, par mauvaise volonté, refusassent d’instruire leurs enfants, mais trop souvent incapables de s’affranchir de la mentalité coréenne, ils n’arrivaient pas à prendre leurs enfants au sérieux, avant qu’ils eussent dix ou douze ans. Jusqu’à cet âge, ils comprenaient difficilement d’autres devoirs, à leur égard, que ceux qui regardent l’entretien du corps. Le missionnaire rencontrait souvent d’énormes difficultés à se faire amener les enfants pour la confession, et, parfois, n’y réussissait pas.
« Mieux que tous les raisonnements et toutes les exhortations, l’acte du Souverain Pontife ordonnant d’admettre les enfants à la communion dès l’âge de raison, sans distinction de race ou de couleur, a convaincu les parents que, dès cet âge, ils devaient prendre soin de ces jeunes âmes. Ils ne veulent pas se mettre, par leur négligence, dans le mauvais cas de faire manquer à leurs enfants l’accomplissement d’un devoir aussi grave que celui de la communion pascale. Et c’est pourquoi, dès le début de l’application du décret, les missionnaires ont senti que leur sévérité ne paraissait plus arbitraire, et qu’ils pouvaient compter désormais sur la bonne volonté des parents. D’autre part, mis en présence du Père et encouragés par lui, les jeunes enfants apprennent avec ardeur et émulation la lettre et la doctrine. Les petits phénomènes qui, à 7 ou 8 ans, récitaient tout leur catéchisme, ne seront plus une exception ; car ils n’étaient phénomènes que par le zèle de leurs parents à les former très jeunes.
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« Ce qui montre bien le travail des missionnaires et leur zèle à appliquer les ordres du Vicaire de Jésus-Christ, ce sont les chiffres des confessions répétées, qui dépassent de plus de 5.000 celles de l’an dernier, et des communions répétées, qui ont augmenté de 21.000, soit de plus d’un tiers. Malheureusement, comme je le disais plus haut, la très grande majorité de nos chrétiens ne peut guère profiter du bienfait de la communion fréquente, par suite de l’éloignement du prêtre. Pour obvier, en partie du moins, à ce grave inconvénient, on a engage les fidèles à construire, dans les stations plus centrales, des oratoires publics, auxquels sont adjointes deux chambres pour le prêtre et son domestique. Le missionnaire a promis de s’y rendre régulièrement, en dehors de 1’administration ordinaire, pour y donner les sacrements. Quinze oratoires de ce genre me sont signalés comme terminés ou sur le chantier, pendant cet exercice. Là où ils existent déjà, ils ont singulièrement facilité la tournée supplémentaire du Jubilé. J’en ai béni un solennellement à ma dernière visite, et j’ai promis de faire de même pour tous ceux qui rempliront les conditions que j’exige. La principale est qu’ils soient de vraies petites chapelles, ne servant dans aucune circonstance d’habitation particulière. Ainsi le désir de la communion fréquente va, amener les chrétiens à donner au bon Dieu sa maison chez eux, au lieu de ces chambres d’emprunt, souvent trop peu convenables, et dans lesquelles, en dehors de l’administration, les réunions des chrétiens sont presque impossibles. Il rendra aussi les visites du missionnaire plus fréquentes et son action plus efficace.
« Quand ce pauvre pays verra-t-il autant de prêtres que de centres chrétiens ? Bien des générations d’évêques et de missionnaires se succéderont, hélas ! avant cette heureuse époque. En attendant, la grande majorité des stations (374 contre 18) ne voient le prêtre que 3 ou 4 jours par an. Tout le reste du temps, le chef de la station, de qui dépend la vie sociale catholique des membres de la communauté, est le catéchiste. L’importance de sa fonction est évidente. Sans aucune exagération, on peut dire que de lui dépend, en majeure partie, et la valeur des fidèles et leur multiplication. Tel catéchiste, telle station.
« Dans notre organisation actuelle (et, vu le manque de personnel et d’argent, on n’en voit pas d’autre possible) tous les efforts doivent tendre à maintenir et à accroître la valeur de nos catéchistes. Par eux l’action du missionnaire est multipliée ; tandis que sans eux, elle est bien diminuée, sinon tout à fait compromise. Aucun intérêt naturel, sauf la considération attachée à son titre, n’attire le catéchiste, Sa fonction est absolument gratuite ; et pourtant, toutes les affaires religieuses de la station passant par ses mains, elle n’est pas une sinécure. Cette gratuité de la fonction est un avantage considérable, non seulement parce qu’il nous serait matériellement impossible de donner une allocation, même infime, aux 400 catéchistes qui sont à la tête des chrétientés de la mission ; mais surtout, parce que, dans ces conditions, si le catéchiste est bon, il ne l’est que par une intensité spéciale de conviction et de vie chrétienne. Cette conviction et cette vie, il nous faut les aider.
« Dans ce but, afin de soutenir le zèle de nos catéchistes, de les mettre en contact les uns avec les autres, pour leur permettre de se sentir les coudes et faire profiter les moins fervents de la fréquentation des meilleurs ; afin aussi de parfaire leur instruction technique, nous avons inauguré, cette année, dans tous les districts du vicariat, une retraite des catéchistes, qui est obligatoire.
« Elle a lieu, entre les deux tournées des missionnaires, en janvier ou février, dure trois jours, et le missionnaire s’y fait aider par son voisin. Les exercices essentiels sont, outre la communion quotidienne des catéchistes et la bénédiction du Saint-Sacrement, des instructions sur les grandes vérités, faites par le missionnaire adjoint, et des conférences sur la partie technique de leur administration, faites par le missionnaire du district. Dans des réunions tenues sous la présidence du Père, ils étudient entre eux les questions les plus actuelles : l’enseignement du catéchisme, l’instruction des enfants, la sanctification du dimanche, les moyens d’atteindre les infidèles, la coopération matérielle des fidèles aux frais de l’administration ; et, en général, toutes les questions intéressant le district, pour lesquelles une action uniforme est plus efficace et plus durable. Les résolutions sont prises en commun. Les frais de déplacement et d’entretien ont été supportés, partie par les catéchistes eux-mêmes, partie par les missionnaires ; un seul a dû demander à la Mission un petit subside pour couvrir la dépense. Les résultats ont été aussi bons qu’on l’espérait. Plusieurs missionnaires les ont « constatés avec joie, dès leur tournée de printemps : « Mes catéchistes n’étaient plus les « mêmes, écrit l’un d’eux. Au lieu d’hommes faisant par routine et tant bien que mal leur « office, j’ai trouvé des catéchistes tout à leur affaire, zélés et travaillant fermement à faire de « leur chrétienté une station modèle. Plusieurs ont pris à tâche la conversion des tièdes, et se « sont attachés à deux ou trois familles païennes déterminées, qu’ils se promettent d’amener à « l’Eglise. » Un règlement des catéchistes, le même pour tous, dans lequel sont expliquées leurs diverses occupations, et dont un exemplaire sera remis à chacun, donnera, dès la prochaine retraite, une base aux instructions, qui en seront plus aisées et, on peut l’espérer, encore plus fructueuses.
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« Les chrétiens japonais de la mission de Taikou ont maintenant leur missionnaire à eux, grâce à la bienveillance de Mgr l’archevêque de Tokio, qui a bien voulu nous céder M. Claudius Ferrand. Ces chrétiens étaient, lors de la première tournée de notre nouveau confrère en avril dernier, au nombre de 277, dispersés dans 13 stations, la plupart éloignées des missionnaires chargés des Coréens. A chacune des nombreuses visites qu’il leur fait, le missionnaire en découvre d’autres, plus préoccupés, en arrivant ici, des soucis matériels d’émigrants que de leurs devoirs de chrétiens. Un peu dépaysés d’abord, ils ne tardent pas à écouter la voix éloquente de leur pasteur et reçoivent avec joie les sacrements. Plusieurs catéchumènes se sont même présentés, attirés par la lecture des tracts que le Père sème partout : l’avenir dira s’ils tiennent les promesses qu’ils semblent donner ; et si l’éloignement de leur pays, en les déracinant, les rend plus accessibles à l’appel de Dieu.
« Comme je l’espérais, l’an dernier, je viens d’envoyer au séminaire de Nagasaki, où Mgr Combaz a bien voulu le recevoir, un séminariste japonais, qui assurera plus tard, s’il plaît à Dieu, le service religieux de ses compatriotes.
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« Le nombre de nos écoles est resté stationnaire. Aucune école n’a été fermée, pendant cet exercice, mais aucune nouvelle école n’a été ouverte. Le nombre des élèves a augmenté d’un cinquième, ce qui, dans les circonstances actuelles, peut être considéré comme un résultat consolant. Les écoles de filles, sous la direction des Religieuses indigènes de Saint-Paul de Chartres, jouissent, partout où on les établit, d’une faveur marquée, non seulement de la part des chrétiens, mais aussi de la part des païens. L’affection que les élèves portent à leurs maîtresses est extraordinaire. Malheureusement, deux écoles de ce genre, seulement, existent dans la mission ; une à Taikou, et une autre dans l’île de Quelpaert. Toutes deux préparent de beaux fruits pour un avenir prochain.
« Les écoles de garçons sont toujours un grand souci pour les missionnaires. Elles sont indispensables pour donner, dans un sens chrétien, l’instruction à ceux qui en veulent ; mais ceux qui en veulent sont peu nombreux. Le beau mouvement qui, à l’époque du Protectorat, poussa toute la Corée vers l’instruction, comme une condition de relèvement et d’affranchissement, a disparu devant les changements politiques ; et aussi devant le fait que les places secondaires, auxquelles seules peuvent prétendre les Coréens, seront peu avantageuses. L’instruction, même élémentaire, reste un luxe ; et, ce luxe, peu de parents songent à le procurer à leurs enfants. Au missionnaire qui les exhorte, ils répondent : « A quoi bon déclasser nos enfants ! Pourquoi, au lieu de les mettre jeunes au travail de leurs pères, en faire des poseurs, qui ne voudront plus toucher un outil ; qui ne sauront plus obéir ? » Ce portrait des « étudiants » d’école primaire coréenne est, malheureusement, assez exact. Dans nos écoles chrétiennes, grâce au soin que l’on donne à l’éducation, on évite généralement ces défauts. Si notre personnel enseignant était vraiment remarquable, et si nous avions une bonne école secondaire, la meilleure partie de la société coréenne, qui peut se donner ce luxe qu’est encore l’éducation, viendrait certainement chez nous, à cause des garanties morales qu’elle y trouverait. Mais d’école secondaire, point n’est besoin de parler : elle dépasse nos moyens.
« La Société de la Jeunesse catholique, fondée à Taikou dès les débuts de la mission, continue à fonctionner et à donner satisfaction. J’ai peu de choses à en dire, ayant décrit son organisation l’an dernier, et l’établissement des succursales en province ayant été retardé, pour des difficultés d’ordre tout matériel. Le transport du local actuel et son agrandissement sur le terrain de l’évêché, permettront de donner prochainement à cette œuvre le développement rêvé, dans le sens « cercle », avec jeux et salles de récréation, distinctes de la salle d’étude qui existe seule jusqu’à présent. Des conférences mensuelles avec projections, inaugurées l’an dernier, attirent toujours une foule considérable de chrétiens et de païens : le nombre des cartes d’entrée distribuées n’atteint pas le tiers de celles qui sont demandées. La musique instrumentale, grâce aux efforts persévérants de M. Mousset et à la bonne volonté de ses élèves, a fait des progrès suffisants pour être, depuis plusieurs mois, de toutes les fêtes. Elle rehausse les cérémonies religieuses, met de la vie partout, et, ce qui est mieux, occupe agréablement, par les répétitions, presque toutes les soirées de nos jeunes gens.
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« Les initiatives particulières, commencées l’an dernier par bulletins de districts, petites publications, écoles du soir, et autres, continuent avec persévérance et fruit.
« L’établissement des œuvres générales a fait un pas, que l’on pourrait appeler rapide, puisque, en ce monde, il faut savoir attendre. Grâce à la générosité des chrétiens coréens, un évêché, qui sera, tout à la fois, logement de l’évêque, procure, maison de réunion et de repos pour les missionnaires, est sur le point d’être achevé ; grâce à celle des catholiques d’Europe, le séminaire est commencé et sera prêt pour la rentrée de 1914.
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« Ce compte rendu s’inspire des relations des missionnaires, sans en citer aucune, et je le regrette. La note dominante de ces relations est meilleure que l’an dernier ; et l’optimisme qui se dégage peut-être de mon rapport est pris chez elles. Il y a encore bien des points noirs ; les chrétiens ne donnent pas tous satisfaction, et la misère, mauvaise conseillère, est ici un fort appoint pour l’ennemi des âmes : c’est l’ivraie à côté du bon grain. Cette année du moins, l’ivraie ne semble pas avoir poussé exagérément. La tranquillité du pays, sous l’administration nouvelle, y est certainement pour beaucoup ; et si les difficultés de la vie, qui semblent augmenter avec la cherté de toutes les denrées, ne courbait trop vers la terre beaucoup de Coréens, l’appel qui vient du ciel serait mieux entendu.
« Le premier compte rendu de la mission de Taikou en donnait géographiquement une vue d’ensemble, celui-ci porte sur son organisation ; dès l’an prochain, je pourrai faire aux relations particulières des ouvriers apostoliques, qui y travaillent, la place qu’elles méritent, et le rapport annuel ne pourra qu’y gagner. »
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