| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
1 - Quartier Latin |
| Article: |
8 |
Les Missions Etrangères 1653-1663
Henri Sy
Ch. 1 - Le Quartier Latin
8. Les Bons Amis à la rue Coupeau
En octobre 1650, suivant les uns, le 25 septembre 1651 selon d’autres45, la petite communauté s’installa. Aux cinq déjà connus se joignirent Vincent de Meur, Louis Chevreuil, les frères Angot de Maizerets, Pierre Picques et plusieurs autres.
Vincent de Meur, né en 1628 au manoir de Kerhuon à Tonquédec, au diocèse de Tréguier, était venu à Paris en 1643, l’année même de la fondation de l’Aa parisienne. Il logeait au collège de Tréguier en suivant les cours de l’Université où il conquit le grade de docteur en théologie.
De Bretagne venait également Louis Chevreuil46, né à Rennes vers 1627. De Normandie arrivaient MM. Angot de Maizerets, dont l’un entra plus tard dans l’Ordre des Carmes où il mourut assez jeune, l’autre suivit au Canada Mgr de Laval-Montigny; Jean Dudouyt, du diocèse de Coutances, irait lui aussi, au Canada, y assumerait la charge de grand Vicaire et de supérieur de l’Hôtel-Dieu de Québec. Il reviendrait en France en 1679 en qualité de procureur du Séminaire de Québec, et deux ans après serait admis au nombre des directeurs du Sémi- naire de Paris. Michel Gazil, fils d’un conseiller au présidial de Tours, sera avec Vincent de Meur, un des plus dévoués auxiliaires de Mgr Pallu, son compatriote. Une mention spéciale doit être réservée à Pierre Picques, parisien bachelier en théologie, qu’on a jusqu’à présent confondu avec son homonyme Bernard Picques. On ne sait rien de ses premières années; on verra plus loin qu’il fut, en 1653, proposé par le Père Bagot pour l’épiscopat, qu’il accepta, en 1656, la cure de Saint Josse47 résignée en sa faveur par Pierre Méliand, successeur d’Abelly. Pierre Picques mourut à Saint-Josse le 7 janvier 1664.48
Quant à Bernard Picques, docteur de Sorbonne, on le trouve en 1664 parmi les ecclésiastiques associés au Séminaire où il résida jusqu’en 167049. Le 5 juin 1677, il sera nommé par une Bulle du Pape Innocent XI Grand Archidiacre d’Arras50. Il est encore question de lui dans un acte de transport de route au profit du Séminaire, le 11 mai 168251. Le groupe des Bons Amis compte maintenant une douzaine de membres jusqu’alors on avait vécu dans la plus étroite union et la plus édifiante piété, mais sans supérieur et sans règle écrite; François Pallu fut prié de rédiger un coutumier des exercices auxquels on s’adonnerait : oraison mentale, prières avant et après les repas, conférences spirituelles, etc. Quatre dévotions principales y furent en honneur, d’abord celles au coeur de Jésus et au coeur de Marie, que Boudon propageait à la suite du P. Eudes; ensuite à Saint-Joseph, suivant l’impulsion donnée dans les Carmels de la réforme de Sainte-Thérèse; enfin aux saints Anges Gardiens. Sur les livres, en-tête des lettres, on prendra l’habitude de marquer les initiales J.M.J.A.C (Jesus,Maria,Joseph, Angeli Custodes).
La fête du Coeur de Marie fut mise au nombre des principales, et chaque jour on en récitait les litanies, composées par le P. Eudes devant un tableau que Boudon avait fait faire et qui représentait les coeurs de Jésus et de Marie environnés d’anges adorateurs avec cette inscription: Cor Jesu et Mariae, coetus nostri gloria. Dix ans plus tard, Cotolendi notera : «Nos messieurs de Paris ont grande dévotion à ce divin coeur, et vous en pourrez avoir vu des marques dans la Salle, si vous avez fait réflexion aux tableaux qui y sont, et ils terminent leur prière du soir par ces paroles : «Cor amantissimum Jesu et Mariae, tibi cor nostrum offerimus.»52. Une autre devise était composée des lettres C.V.E.A.V., initiales de «Cor vnum et anima vna» , sorte de mot de passe, formule de salutation, signe de reconnaissance entre les confrères.53
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