| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
1 - Quartier Latin |
| Article: |
2 |
Les Missions Etrangères 1653-1663
Ch. 1 - Quartier Latin
2. Le Collège de Clermont
Sans avoir à relater ici les circonstances de la fondation de ce célèbre institut, il n’est pas hors de propos de dire quelques mots sur la vie des étudiants, au nombre de plus de 300, boursiers ou pensionnaires payants, augmenté de 2.000 externes, attirés par la renommée de l’enseignement des Pères Jésuites.
Les rues avoisinantes étaient fort étroites : les deux plus larges, Saint-Jacques et Saint-Étienne-des-Grès, permettaient tout juste à deux carosses d’y passer de front; celles de Reims, Chartière, des Cholets ne pouvaient donner passage qu’à un seul. Heureusement en face de la porte principale, la rue des Poirées, et un peu plus haut la rue des Cordiers, offraient des dégagements. Quatre fois par jour, aux heures d’entrée et de sortie des classes, deux mille étudiants s’y pressaient avec force bousculades, et parfois règlements de menues querelles. La nuit, quelques lanternes, allumées neuf mois sur douze, n’y dispensaient qu’une faible lumière. Le nom de Coupe-gorge et celui plus expressif de Coupe-gueule, donnés à certaines ruelles toute proches, laissent supposer que les attaques à main armée n’y étaient point rares. Les classes du collège étaient garnies de bancs, sans pupitres, le maître prenait place dans une chaire de bois juchée sur des gradins. Pas de salles d’étude. Pour dortoirs, des chambrées, médiocrement chauffées, de dix, quinze ou vingt écoliers; pas de feu à la chapelle ni dans les classes; pour éclairage, de fumeuses chandelles.
Les élèves revêtaient, par dessus leurs vêtements, une robe longue, se coiffaient d’une toque ou d’un bonnet, même en classe. Ceux que leur rang social autorisait à porter l’épée n’étaient pas admis à user de ce privilège à l’intérieur de la maison. Les pensionnaires et boursiers prenaient leurs repas dans les réfectoires, communs aux maîtres et aux élèves. Avant que l’usage des fourchettes ne se généralisât, au XVIIe siècle, on mangeait avec ses doigts qu’on essuyait à la serviette ou à la nappe. La vaisselle était d’étain ou de terre cuite.7
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