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Publication : Missions Etrangères 1653-1663

Auteur: Henri Sy
Chapitre: 3 - Vicaires apostoliques
Article: 7

Missions Etrangères 1653-1663
Henri Sy

Ch. 3. Vicaires apostoliques

7. À l’Assemblée générale du Clergé de France

Les cinq Bons Amis durent s’éloigner de Marseille vers le mois de mai 1657 et reprendre leur pénible voyage, pour arriver à Rome au début de juin, et pendant qu’ils cheminaient, la Providence leur assurait une aide importante par l’intervention de l’Assemblée générale du Clergé de France. Convoquée pour le mois de mai 1655, elle n’inaugura ses séances, nous l’avons dit, que le 25 octobre, au couvent des Augustins.

À la séance du 9 août 1656, on vit se lever un prélat qui jouissait à l’Assemblée d’un certain crédit. Âgé de 41 ans, évêque depuis vingt ans déjà, Antoine Godeau, né à Dreux en 1605, avait été l’un des plus célèbres précieux, familiers de l’hôtel de Rambouillet, ami particulier de Melle de Scudéry, avec qui il entretint, de son évêché, une curieuse correspondance qu’on trouve dans les manuscrits de Conrart. Il fut l’un des premiers académiciens. On l’avait surnommé le nain de Julie, à cause de sa petite taille et de ses assiduités auprès de Julie d’Argennes. Sacré évêque de Grasse en 1636, il obtint en 1644 l’union à son évêché de celui de Vence195.

Il rappela qu’à l’Assemblée de 1645, le cardinal Mazarin avait représenté la nécessité d’établir un évêque dans la nouvelle France, mais que les guerres survenues au Canada et les troubles de la Fronde en avaient empêché l’exécution.196 Le 10 janvier 1657, Godeau profita de la présence de Mazarin pour informer l’Assemblée que la Compagnie du Canada était disposée à fournir des fonds pour l’entretien de l’évêché et du chapitre, et proposa à la nomination de Rome l’abbé de Quélus197.

La question des Missions étant ainsi mise à l’ordre du jour, la Compagnie du Saint-Sacrement pria Mgr Godeau de porter à l’Assemblée la question des vicariats apostoliques toujours en suspens.198

Le 13 avril 1657, l’évêque de Vence intervint donc de nouveau pour dire «que la Foi chrétienne ayant fait un grand progrès dans les Royaumes du Tonkin et de la Cochinchine, plusieurs personnes de piété (entendons par là les confrères du Saint-Sacrement) avaient contribué une somme considérable pour y fonder deux évêchés; qu’il y avait eu quelque difficulté à Rome pour l’établissement, à cause que la Congrégation de Propaganda Fide voulait que l’on mît les fonds sur un Mont-de-Piété ce que l’on ne voulait pas accorder, mais qu’à présent on était demeuré d’accord de les mettre en Avignon, et comme cette poursuite avait été interrompue, on avait jugé que le Pape serait plus aisément porté à achever une affaire si importante, si le Clergé de France voulait lui écrire une lettre, pour prier Sa Sainteté de pourvoir au plus tôt ces nouvelles Eglises de Pasteurs qui les gouvernent, et administrent les Sacrements aux fidèles, que les seuls évêques peuvent administrer. Sur quoi l’Assemblée a résolu d’écrire à Sa Sainteté, pour lui demander qu’il lui plaise de pourvoir au plus tôt les Eglises du Tonkin et de la Cochinchine d’évêques qui les régissent et travaillent à l’accroissement de la Religion chrétienne. Et elle a prié Mgr de Vence de dresser la lettre. Le 9 mai, Mgr de Vence lut la lettre qu’il avait été prié d’écrire au Pape au nom de la Compagnie, pour l’établissement de deux évêques dans les Royaumes de Tonkin et de la Cochinchine, laquelle lettre fut approuvée et signée.»199

Quel fut le sort de cette lettre ? Elle ne put évidemment qu’appuyer les démarches qu’allaient commencer à Rome Vincent de Meur et ses compagnons.


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