| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
7 - Fin d'un rêve |
| Article: |
3 |
Missions Etrangères 1653-1663
Henry Sy
CH.7 - Fin d'un rêve
3. Procurations
Une longue et peut-être définitive absence obligeait les Vicaires Apostoliques à confier à des procureurs restés en France la gestion de leurs intérêts temporels.
Lambert de la Motte avait, le 14 juin 1660, choisi comme procureurs deux ecclésiastiques : Vincent de Meur et Luc Fermanel, et deux laïques, Jean de Garibal388 et René Voyer d’Argenson389.
Il leur confiait, outre le soin de ses affaires,
1°- le pouvoir d’obtenir telles lettres de Sa Majesté qu’ils jugeront nécessaires (pour l’établissement d’une maison, afin de disposer les ouvriers pour travailler à la conversion des âmes «en Cochinchine et en Chine).
2°- celui «de présenter toutes les personnes jugées capables d’aller en Mission à Monseigneur le Nonce et d’en écrire à Rome à la Sacrée Congrégation de Propaganda fide pour en obtenir les missions et pouvoirs nécessaires.»
Pour assurer la continuité de l’oeuvre, il spécifiait qu’en cas de décès ou de démission d’un des procureurs, il donnait «aux trois autres pouvoir d’en élire un autre à sa place, en sorte qu’ils soient toujours le nombre de quatre procureurs, entre lesquels il y en ait toujours pour le moins deux ecclésiastiques.»390
Le 19 décembre 1660, Cotolendi fit choix des mêmes personnes, y ajoutant un prêtre, Gazil, et un laïque, Pajot de la Chapelle.391 Pallu laissa deux procurations, la première, du 3 novembre 1661, pour le temporel, aux six déjà désignés par Cotolendi.392
Arrivé à Marseille et dix jours avant de s’embarquer, il jugea utile d’assurer les intérêts spirituels des Missions par une procuration spéciale et d’en charger les trois ecclésiastiques précédemment désignés par lui : Gazil, Fermanel et de Meur, «pour établir une ou plusieurs personnes à Rome pour toutes les affaires de la Mission de la Chine et du Tonquin et de tous les missionnaires... comme aussi d’établir des procureurs dans toutes les villes de France et autres pays.»
Fait et passé dans la maison des Prêtres de la Mission, sise hors des murs de la ville de Marseille, 21 décembre 1661.393
Si Lambert de la Motte a mentionné dans sa procuration la fondation d’une maison à Paris, Pallu n’y fait que de vagues allusions. En fait il y a déjà pourvu, car il a la vue très nette, (les démarches faites à Rome dès 1657 en sont la preuve,) qu’il est indispensable d’avoir un établissement exclusivement réservé aux missionnaires; ceux de la rue Coupeau et de la rue Saint-Dominique ne sauraient remplir ce rôle.
Dans une lettre adressée le 30 décembre 1661 aux Cardinaux de la Propagande, il déclare qu’il a acheté une maison dans laquelle un certain nombre de clercs ont été réunis pour y être dûment formés.394 Launay suppose qu’elle était située rue Saint-Étienne des Grés395, supposition contredite par le Mémoire de l’origine du Séminaire des Missions pour les pays étrangers396 où il est dit «qu’au commencement de juillet 1662, ceux qui demeuraient en la maison rue Saint-Dominique et qui s’étaient unis pour le bien des Missions, en sortirent et allèrent demeurer en la rue Saint-Etienne des Gretz, qu’ils louèrent sous le nom de M. l’abbé Tiersault et du sieur de la Chapelle, où ils demeurèrent quatre ans et ensuite louèrent une plus grande maison proche les Pères de la Doctrine Chrétienne.»397
Nous croyons plutôt que le local acquis par Pallu était situé près de l’église Saint-Josse, car dans une lettre écrite d’Alep en mars 1663 à Mgr Alberici398, il dit qu’il a confié l’instruction des clercs destinés aux missions à MM. Abelly, Picques et Poitevin; or ces derniers avaient élu domicile à Saint-Josse. À Pajot de la Chapelle il avait mandé de Marseille, le 1er janvier 1662399: «Saluez tout Saint-Josse, Saint-Dominique, la rue Coupeau».
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