| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
1 - AU FAUBOURG SAINT-GERMAIN |
| Article: |
4 |
RÔLE de la COMPAGNIE DU SAINT-SACREMENT
Au risque de nous répéter , rappelons qu'un arrêt du Parlement de Paris, du 13 décembre 1660 avait porté défense à toutes personnes de faire aucunes assemblées ni confréries, congrégation, communautés, sans l'expresse permission du Roi. Un coup fatal était ainsi porté à l'activité de la Compagnie. Dès lors, les réunions seront aussi clandestines que possible. Mais que l'on parcoure les Annales se rapportant aux années de 1661 à 1664, on y relèvera les noms de ceux qui furent intimement mêlés à la fondation du Séminaire, comme ils l'avaient été à la nomination des Vicaires Apostoliques et à la création de la Compagnie de commerce de la Chine.
René de Voyer d'Argenson, Jean de Garibal, Antoine Barillon de Morangis, Duplessis-Montbard y furent successivement investis de la charge de Supérieur; les réunions se tiendront parfois chez M. Poitevin, chez M. Pajot de la Chapelle, chez la duchesse d'Aiguillon.
On constatera que les confrères ne cessent de s'intéresser au succès de l'oeuvre des Missions. Déjà nous avons relevé que Mgr. Cotolendi, admis le 12 novembre 1660, avait pris congé le 19 juillet 1661 .
Dans l'assemblée du 26 juillet 1661, M. Duplessis-Montbard rapportera au long tout ce qui s'était passé dans l'assemblée des Missions , et le voyage de M. l'Évêque de Béryte, de Rouen jusquà Bassora, dont on a fait depuis une belle relation qui est imprimée .
Dans l'assemblée du 26 octobre, M. de Morangis, Supérieur, fit rapport de ce qui s'était passé dans l'assemblée des Missions où M. l'Évêque d'Héliopolis prit congé de la Compagnie pour aller dans les lieux de sa Mission aux Indes Orientales .
Le 4 décembre 1662, on donna avis de l'heureux succès du voyage de M. l'Évêque d'Héliopolis, qui s'avançait près de la Chine, dont la Mission était toujours fort chère à la Compagnie .
En l'année 1663, la Compagnie s'occupa plus spécialement d'aider les procureurs dans les négociations pour l'achat et l'aménagement d'une nouvelle maison. Son annaliste note le 17 mai (l'acte d'acquisition est du 16 mars) : "M. du Plessis fit une ample relation de tout ce qui s'était passé jusqu'alors dans la Mission et dans le voyage des vicaires apostoliques en Orient. Il rapporta ce qui s'était fait pour l'établissement des Missions Étrangères, qui était l'ouvrage de l'Assemblée des Missions et qui a été le dernier enfant de la Compagnie. Ce lui doit être le plus cher, puisqu'elle l'a enfanté en mourant; aussi semble-t-il que par un coup de la divine Providence il a été l'héritier de sa conduite, de ses secrets et de son esprit."
Du 17 mai 1663 au 17 avril 1664, de Voyer d'Argenson n'a rien relevé, les procès verbaux, rédigés sur des feuilles volantes, ayant été égarés. Nous regretterons avec lui cette lacune, et nous terminerons par l'hommage rendu à l'activité de Duplessis-Montbard, dans un chapitre intitulé : "L'établissement du Séminaire des Missions Étrangères, dernier ouvrage de la Compagnie du Saint-Sacrement". Énumérant "les diverses assemblées que la Compagnie avait formées pour suppléer à ce qu'elle ne pourrait plus faire quand elle serait anéantie", assemblées des Paroisses, des Prisons, de l'Hôtel-Dieu, de l'Hôpital Général, il ajoute : "Il ne manquait plus qu'une assemblée à former qui prît soin des Missions-Étrangères et qui pût soutenir l'entreprise de M. l'Évêque d'Héliopolis et de ses amis. Ce fut l'ouvrage que les plus zélés de la Compagnie du Saint-Sacrement entreprirent d'établir avant que de se séparer.
"M. du Plessis, baron de Montbard, à qui Dieu avait sans doute donné le don des oeuvres par dessus tous ses confrères, en eut la première vue; il proposa sa pensée à ses amis que la Compagnie avait nommé ses commissaires pour travailler aux Missions-Étrangères, et tous tombèrent d'accord qu'il fallait établir un Séminaire pour soutenir ces sortes de missions et pour en former les sujets.
"Après que ce premier projet fut arrêté, il fallut chercher les moyens de l'exécuter, et M. du Plessis eut en vue les maisons de M. l'Évêque de Babylone, situées dans la rue du Bac, pour servir de retraite et de fondement au Séminaire. Il se chargea d'en faire la proposition à ce bon prélat qu'il connaissait, et la chose réussit comme on pouvait la désirer. M. l'Évêque de Babylone donna toutes ses maisons pour fonder le Séminaire des Missions-Étrangères moyennant une pension qu'on lui assura durant sa vie. Le roi donna des Lettres patentes pour cet établissement et Dieu y a versé depuis une si grande bénédiction qu'on ne peut dire tous les biens qu'il a produits pour la conversion des infidèles.
"Ce Séminaire a été le dernier ouvrage de la Compagnie du Saint-Sacrement, ç'a été le cher benjamin qu'elle a enfanté au lit de la mort, et en vérité il a hérité de tout le zèle qu'elle avait pour la publication de l'évangile dans tous les pays étrangers. Ainsi il supplée à tout ce que la Compagnie pourrait faire sur ce sujet, et les Directeurs qui se sont liés ensemble pour gouverner ce Séminaire ont eu des succès et des secours au-delà de ce qu'on devait espérer. Aussi est-ce entre leurs mains que je dépose l'histoire de cette Compagnie qui a servi de mère à leur saint ouvrage, et si Dieu veut qu'elle ressuscite quelque jour, on trouvera chez eux les mémoires et les moyens de la rétablir."
En transcrivant les lignes qui précèdent, nous n'entendons pas revendiquer, comme le fait leur auteur, pour la Compagnie toute entière, la création du Séminaire des Missions-Étrangères, mais il est de toute justice de reconnaître le concours persévérant et désintéressé d'un certain nombre de ses membres pour en assurer l'existence.
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