| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
2 - CONTRATS DU 16 MARS 1663 |
| Article: |
1 |
PREMIÈRES DÉMARCHES
En quittant la France en 1660 et 1661, les trois Vicaires apostoliques Lambert de la Motte, Cotolendi et Pallu avaient, nous l'avons dit , désigné pour s'occuper du soin de leurs affaires, six procureurs, trois ecclésiastiques : de Meur, Fermanel et Gazil; trois laïques : de Garibal, de Voyer d'Argenson et Pajot de la Chapelle. Il leur était recommandé d'obtenir de Sa Majesté les lettres qu'ils jugeraient nécessaires pour l'établissement d'une maison. Cette maison, il fallait la trouver afin de grouper dans un même local les petites communautés de la rue Saint Dominique, de la rue Saint-Étienne des Grès et de Saint-Josse.
Pajot de la Chapelle et Duplessis-Montbard, son confrère de la Compagnie du Saint-Sacrement, étaient au courant des difficultés rencontrées par Bernard de Sainte-Thérèse. L'aménagement et l'entretien de ses immeubles devaient singulièrement grever son maigre budget. En attendant l'organisation, qui ne se fera jamais, de son école de langues orientales, l'Évêque de Babylone avait loué ses maisons de la rue du Bac, pour une somme globale de 1.700 livres : c'était peu. Si l'on ajoute les pertes d'argent dans des entreprises de pêche et dans des sociétés immobilières, on comprend que le prélat ne serait pas insensible à des offres sérieuses d'achat. Quand, au cours de l'année 1662, Pajot de la Chapelle et Duplessis-Montbard lui firent les premières avances, il entrevit la possibilité de se libérer de graves soucis. Missionnaire lui-même, il avait pu suivre le développement de tout ce qui s'était accompli depuis 1650 en faveur des Missions d'Extrême-Orient, et c'est en leur faveur qu'on venait solliciter son concours. Mais ne se devait-il pas tout d'abord à sa Mission de Perse ? - Âgé et accablé d'infirmités, tout espoir d'y retourner lui était enlevé; le coadjuteur que Rome lui avait donné l'année précédente, Mgr. Duchemin , ne mettait aucun empressement à s'y rendre.
Un moyen s'offrait de tout concilier : il céderait sa maison aux procureurs des Vicaires Apostoliques, à la condition qu'ils s'occuperaient de poursuivre en Perse l'oeuvre commencée par lui.
L'expérience du passé l'avait rendu prudent. Il voulut que l'acte d'achat fût établi au nom de deux personnes de marque : messire Antoine Barillon, seigneur de Morangis, conseiller du Roy ordinaire en tous ses conseils, et directeur de ses finances; et messire Jean de Garibal, baron de Saint-Sulpice et de Vias, conseiller du Roy en ses conseils d'État et privés, maître des requêtes de son hôtel, et président en son grand conseil. Le premier avait, en 1653, apposé sa signature au bas des suppliques envoyées à Rome, et témoigné à l'enquête canonique relative à l'élévation à l'épiscopat de François Pallu. Le second avait été l'un des directeurs de la compagnie de commerce pour la Chine, et les Vicaires apostoliques l'avaient choisi comme l'un de leurs procureurs laïques.
C'est sous forme de donation entre vifs, et à titre onéreux que le contrat fut passé le 16 mars 1663, pardevant les notaires Claude de Troyes et Pierre Muret, en la demeure de l'Évêque.
Les biens cédés comprenaient :
1/ - Les terrains situés rue du Bac et rue de Petite Grenelle, d'une superficie d'environ 1.600 mètres carrés.
2/ - Les maisons édifiées sur ce terrain : sur la rue du Bac, trois corps de logis, dont deux en bordure de la rue, le troisième en retrait. Le bail de location du plus grand étant expiré, il pouvait être occupé immédiatement; les baux des deux autres seraient transportés au nom des acquéreurs. Sur la rue de Petite Grenelle, trois modestes corps de logis se faisant suite en profondeur, servant d'habitation à l'Évêque.
3/ - Deux arpents de terre en quatre pièces différentes, sises dans la plaine de Grenelle.
4/ - Tous les meubles qui se trouveront, au moment de sa mort, dans les maisons habitées par l'Évêque, ainsi que ses ornements, vases sacrés et bibliothèque.
5/ - La propriété d'Ispahan sur laquelle sont édifiés une église et deux corps de logis, avec le mobilier, ornements et bibliothèque.
Valeur spécifiée dans le Bref Inventaire annexé au contrat, soit : 45.348 livres, plus les biens d'Ispahan : 36.000 livres. Total : 81.348 livres.
Conditions
1/ - Les acheteurs doivent laisser à la disposition de Bernard de Sainte-Thérèse le logement qu'il occupe.
2/ - Ils lui assureront, sa vie durant, une pension annuelle de 3.000 livres.
3/ - Après son décès, une rente viagère de 500 livres à messire Sylvestre Cazedeval, prêtre, son aumônier .
4/ - Une rente viagère de même somme à demoiselle Luce Chérot, sa gouvernante.
5/ - Après sa mort également, 2.000 livres seront versées à l'Hôtel Dieu de Paris, et 500 à l'Hôpital Général.
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