| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
6 - SECOND DÉPART DE MONSEIGNEUR PALLU |
| Article: |
5 |
RÉTRACTATION de MONSEIGNEUR PALLU
Le lendemain 3 février Mgr Pallu reprenait la route du Siam où il arriva le 27 mai 1673. Le 3 septembre suivant il écrivit à Paris une lettre portant, d'une part rétractation formelle de l'acte qu'on lui a fait signer le 2 février 1670, une apologie de la conduite de Mgr Lambert de la Motte, et d'autre part, un appel à l'union entre le Séminaire et les Missions, union basée sur l'exacte délimitation du rôle de chacun.
"a Siam 3e septembre 1673
Messieurs,
Messieurs l'Abbé Brisacier, Gazil, Fermanel et Besard, procureurs généraux des Evesques françois Vicaires apostoliques de la Chine, Tonkin, Cochinchine, Siam, etc.
Ecce satanas expetivit vos ut cribaret tanquam triticum. Ego autem rogavi pro te, ut non deficiat fides tua, et tu aliquando confirma fratres tuos.
Nous pouvons nous appliquer, Messieurs, avec beaucoup de raison ces paroles que J.C. dit a St Pierre et dans sa personne à tous les ouvriers evangeliques et nommément à ceux qui sont preposez pour les conduire et gouverner. Depuis que Dieu nous a choisis et appelez à la conversion des gentils, le diable nous a déclare une nouvelle guerre. Il n'y a pas un de nous qui n'ai éprouvé ses violences.
Je sçai les terribles secousses que vous en avez receues et vous n'ignorez pas avec quelle rage ce dragon infernal s'est lancé contre nous et de quelle furie il a animé ses supôts pour nous perdre et ruiner tous nos travaux. Mais N.S.J.C. qui nous a chargez de la conduite de ce grand oeuvre n'a pas permis que nous aions succombé sous ses efforts. Il nous a fait ressentir les effets de la priere qu'Il ne cesse point d'offrir tous les jours à son Père pour nous, si bien que par sa grâce nous sommes toujours demeurez fermes en notre foy et fideles à notre vocation. Nous ne devons pas croire neantmoins que nous serons sortis de ces combats sans aucune blessure, nous devons au contraire nous accuser de beaucoup de défauts que nous y avons commis et présumer de la bonté de Dieu qu'Il nous les a pardonez et qu'Il nous a revêtus en même temps d'un nouvel esprit de force pour soutenir les nouvelles attaques des démons et pour confirmer nos frères dans la fidélité qu'ils doivent toujours avoir à leurs employs. Et tu aliquando confirma fratres tuos.
Ce qu'il y a de plus fort pour animer notre confiance et celle de tous nos missionnaires, c'est de voir que l'établissement du Séminaire des Missions-Etrangères a Paris et notre entrée dans les principaux lieux de nos Missions se sont faits lorsque l'on les attendoit le moins, qu'ils sont nés, pour ainsi dire, parmi les occupations et les contrarietez, et qu'ils n'ont jamais eu plus de benediction que lorsqu'ils ont été le plus traversez. Comme le diable est un ennemi implacable, tres rusez et adroit et qu'il veille sans cesse aux moiens de nous perdre, en même temps qu'il nous bat d'un côté il prepare de nouvelles machines pour nous attaquer de l'autre. Il y a long temps que je m'aperçois que non obstant les rudes combats qu'il nous livre au dehors, il sème la zizanie au dedans, faisant couler insensiblement la mesintelligence parmi nous, la defiance, les aigreurs, les murmures et les reproches, et je trouve qu'il a tellement avancé qu'à peine y peut-on plus rien apercevoir de cette union admirable, de cette grande concorde, et de cette belle harmonie qui faisoient autrefois tout notre esprit et notre caractère."
L'évêque d'Héliopolis cherche les causes du mal. Il commence par confesser que les Vicaires apostoliques y ont donné occasion :
1- en exprimant la véhémence de leur douleur en des termes qui parurent un peu choquants.
2- en déclarant trop ouvertement des vérités auxquelles les Directeurs n'étaient pas préparés.
3- en proposant des remèdes qui ont paru trop violents.
4- en exprimant des vues qu'ils croyaient venir de la grâce, mais dont l'une a paru suspecte.
5- en portant au Saint-Siège l'idée d'une Congrégation apostolique qui ne fut pas approuvée.
Puis il examine la part de responsabilité des Directeurs :
"Pour peu de réflexion que vous fassiez sur toute votre conduite, vous ne disconviendrez pas que ce serpent infernal abusant de la droiture de vos intentions ne vous ait fait faire et dire beaucoup de choses, et ne se soit servi de votre ministere pour armer contre notre Mission la plus forte batterie qu'il pût faire jouer pour la ruiner entièrement.
1. Paroles injurieuses et comminatoires contre Mgr de Berythe.
2. Retention et suppression de lettres destinées au pape et à la sacrée congrégation.
3. “Le dit Seigneur m'a fait voir deux copies authentiques que vous avez fait faire a Paris de la Bulle qui nous donne a l'un et a l'autre conjointement le pouvoir de nommer et de consacrer un successeur à Mgr de Metellopolis qui etoient toutes deux falsifiées dans un point essentiel où l'original donne a Mgr de Berythe tout le pouvoir pour la dite consecration, au cas que nous ne puissions pas nous joindre; on a retranché dans les dites copies deux demi lignes entieres qui contiennent cette puissance, en sorte qu'il paroit selon des discours des dites copies que ce pouvoir m'est attribué."
Un mot d'explication est ici nécessaire : par Bref apostolique Onerosa pastoralis du 4 février 1664, adressé à Pallu et à Lambert, le pape Alexandre VII donnait, en cas de mort de l'un d'eux, au survivant le pouvoir de nommer un évêque pris parmi les missionnaires qu'ils avaient emmenés avec eux.
Par un autre Bref E sublimi du 28 février 1665, le même pape, confirmant les dispositions du bref précédent relatives à la limitation du choix du candidat, autorisait les deux prélats à nommer de suite un successeur à Mgr Cotolendi, et au cas où ils ne pourraient se rencontrer, Lambert était habilité à procéder seul au choix du candidat, tandis que Pallu ne pouvait agir seul que si Lambert était décédé au moment de la réception du Bref.
Or, dans la copie remise à Pallu le membre de phrase qui concerne Lambert de la Motte avait été omis, laissant croire que le pouvoir de nomination était dévolu à Pallu. Lambert attribua l'omission à une erreur du copiste. Pallu plus sévère accusa les Procureurs d'une falsification intentionnelle au préjudice de son ami Lambert.
Le malentendu prit fin lors de la rencontre des deux évêques à Ayuthia en 1673. Au dire de Vachet, "M. d'Heliopolis produisit un acte authentique, signé de l'archevêque de Paris, de son secrétaire, et du notaire de l'archevêché, qui était l'original de la Bulle du Pape et qui avait la même force que celle de Rome, par laquelle il était dit "qu'au cas où les évêques d'Héliopolis et de Bérythe ne pussent pas se joindre pour la nomination d'un successeur a feu M. Cololendi, tout ce pouvoir était réservé à M. d'Héliopolis." M. de Bérythe fut quelque temps sans pouvoir revenir de sa surprise. Mais enfin il montra à M. d'Héliopolis l'original qui portait tout le contraire. Ce prélat, l'ayant lu et relu ne se trouva pas moins embarrassé et se mit à faire mille excuses a M. de Berythe, protestant que s'il y avait erreur, il en était innocent comme l'enfant qui vient de naître. M. de Bérythe en riant lui dit : "Ne voyez-vous pas bien, Monsieur, que c'est une faute de copiste qui pour mon nom a mis le vôtre ?" Et sans vouloir approfondir la matière : "cette erreur, ajouta-t-il, ne doit pas nous arrêter , nous voici enfin assemblés tous les deux, regardons ce qui s'est passé comme si de rien n'était et voyons entre nous sur lequel de nos missionnaires nous jetterons les yeux" .
Chacun avait son candidat; pour les départager, Lambert proposa de s'en remettre au sort. Il mit dans son bonnet deux billets portant l'un le nom de Chevreuil, l'autre celui de Laneau et pria Pallu d'en tirer un. Par deux fois le nom de Laneau sortit. Pallu refusa une troisième épreuve et Laneau, candidat préféré de Lambert, fut nommé.
Reprenons la suite des griefs de Pallu contre les procureurs.
4. Rétention des exemplaires imprimés des Instructions dressées par les Vicaires apostoliques et approuvées par Rome.
5. Communication à des personnes du dehors d'affaires qui devaient rester secrètes.
6. "Vous m'avez contraint de signer un écrit tout à fait injurieux à nos personnes et à nos caracteres. Le seul respect pour les personnes que vous fites assembler pour lors l'a extorqué de moy, comme aussi pour eviter les extremitez dont j'étois menacé, auxquelles je ne pouvois pas parer autrement pour lors. Toutes les fois que j'y ai pensé depuis, j'en ai ete si indigné que j'ai creu en devoir tout a fait eteindre la memoire en le mettant au feu, ce que j'estime que vous devez faire aussi de la coppie qui est demeurée entre vos mains, si vous avez soin de votre honneur aussi bien que du notre."
7. Mise en défiance contre Mgr de Bérythe des Missionnaires qui lui ont été envoyés.
"Je vous laisse, Messieurs, a examiner toutes ces choses en particulier et à les qualifier des notes qu'elles méritent. Il me suffit que vous demeuriez convaincus et persuadés que le diable, comme j'ai dit, abusant de vos veuës et de vos intentions s'est servi de votre ministere pour tacher de ruiner de fond en comble nos travaux et toute notre Mission..."
"Il ne faut pas passer plus avant, Messieurs, sans benir N.S. de la grace qu'il nous a faite de reconnoitre en tout ce que nous venons de dire les tracas du démon. Inimicus homo hoc fecit.
Mgr Pallu s'attache ensuite à réfuter les accusations portées contre Mgr Lambert de la Motte. Il les résume en cinq propositions :
1- Que la conduite de Mgr de Bérythe est remplie d'illusions et doit être tenue tres suspecte.
2- Qu'il est tellement attaché à son sens qu'il n'en revient jamais.
3- Qu'il est sorti de France avec une preoccupation d'esprit contre les R.P. Jésuites qui lui a fait faire tout ce qu'il a entrepris contre eux.
4- Qu'il n'est pas capable de la commission de Vicaire apostolique qu'il a receuë et qu'il serait à souhaiter qu'il n'en eût jamais été chargé.
5- Que c'est un abus de croire qu'on puisse jamais rien faire dans nos Missions si l'on n'est bien avec les Jésuites.
Ce dernier point inspire à l'évêque d'Héliopolis, d'ordinaire si modéré, de sévères paroles :
"Croiez moy, Messieurs, les PP. Jésuites de ces quartiers ne veulent point de nous. Ils ne sçauraient souffrir parmi eux des personnes qui les égalent, et encore moins qui leur soient supérieures. Ils ne veulent point de temoins de leur conduite qui est dereglee en bien des chefs. On a tenté de bonne foy toutes les voies possibles pour se lier avec eux icy, à la Cochinchine, au Tonkin et au Cambodge, sans jamais y avoir trouvé d'entrée. S'ils ont paru quelquefois vouloir contracter quelque espace d'union,, ce n'a été que feintise et dissimulation pour venir plus aisément à leurs fins. J'ose dire, tout bien considéré, qu'il est tres avantageux pour l'oeuvre de Dieu, qu'ils ne soient pas entrés en societe avec nous; cependant toutes fois et quantes qu'ils voudront reconoître les ordres du St Siège et qu'ils s'y soumettront; nous serons toujours disposez a les recevoir et les embrasser, et traitter avec eux dans l'exercice de toutes nos fonctions comme avec nos propres frères.
"Il est temps, Messieurs, de se désabuser de cette fausse persuasion qu'on ne puisse rien faire dans les Missions qu'a la faveur des PP. Jésuites ou si on n'est tres uni à eux. Cela etoit bon autrefois quand ils régnoirent partout. Vous sçavez combien ils sont decheus de ce grand credit qu'ils avaient autrefois à Rome, en France et en toute l'Europe. Je n'en recherche pas les causes. Je dis seulement que la mauvaise conduite qu'ils ont tenu dans le Japon, dans l'Ethiopie, dans la terre de St Thomas, dans le Macassar, dans la Cochinchine et dans le Tonkin, sans parler maintenant de la Chine, les a rendus si suspects et odieux dans tous ces Roiaumes qu'après avoir été chassez ignominieusement, on ne veut pas seulement y entendre nommer leur nom; ce qui fait qu'ils y ont maintenant beaucoup moins de pouvoir que tous les autres missionnaires. S'il arrive que quelqu'un d'entre eux trouve le moien de s'y couler, c'est ce que nous eprouvons maintenant dans la Cochinchine et Tonkin. Tout le monde sçait que ce ne sont pas les Jésuites qui nous y ont introduits; ils ont temoigne tant de ressentiment de nous voir en leur place, que je doute fort qu'ils aient eu plus de douleur de leur expulsion. Ils ont emploié tant de ruses et d'artifices pour nous obliger d'en sortir, ou de notre bon gré ou par violence, qu'il y a lieu de croire que ce leur seroit une grande consolation dans leur exil de nous voir exilez avec eux. Vous sçavez par les relations qui vous ont ete envoiées que toutes les oppositions qu'ils nous ont faites n'ont servi qu'à mieux connoître leurs passions, et les discrediter davantage, et en même temps nous acquerir plus d'estime aupres des chretiens et a nous affermir de plus en plus avec eux.
"Je tire encore un argument tres convaincant contre cette fausse persuasion de l'etat present de la province du Japon qui a ete autrefois si illustre et florissante; on peut dire qu'elle est reduite a l'extremite et a l'agonie, aiant perdu presque toutes ses residences et ne faisant rien du tout dans le peu qui lui reste, dont la principale apres Macao est celle de Siam, ou il n'y a pas un Religieux qui s'applique aux emplois de sa Mission, ni même qui se mette en peine d'en apprendre la langue, sans être aucunement touchéz d'émulation de voir nos Missionnaires qui la sçavent parfaitement, qui en ont fait des dictionnaires fort amples et qui ont composé plusieurs beaux livres de la Religion et qui sont continuellement occupes dans les prisons et aupres des malades, s'ouvrant par là le chemin a une tres florissante Mission comme nous avons lieu de l'esperer.
"Cette province est aussi depourvue de sujets, n'en aiant qu'un tres petit nombre et ne lui en venant plus ou fort rarement de l'Europe, et entre ceux qu'elle possede je n'en connais pas un qui soit recommandable pour la piété, peu dans les lettres, et pour la conduite ils sont si pauvres qu'il n'est rien de plus defectueux que toutes les resolutions qu'ils prennent.
Revenant à l'objet principal de sa lettre, Pallu, en termes précis, assigne à chacun son rôle:
"Il y a encore une chose tres digne de remarque que vous devez meurement considerer pour procurer la paix et le repos que nous cherchons; c'est que le zele que vous avez pour nos Missions vous porte un peu trop avant, paroissant les vouloir gouverner quoique vous en soiez fort eloignez, que vous n'aiez nulle experience par vous mêmes ni des lieux ni des personnes et que vous ne puissiez pas y donner toute l'application necessaire avec les autres occupations que vous avez pour le service des Missions. Il y en a suffisamment, Messieurs, pour vous remplir si vous voulez vous remuer autant qu'il faut pour chercher des ouvriers, et vous appliquer avec toute la vigilance necessaire a nous former des ministres de l'Evangile et procurer en même temps toutes les affaires spirituelles et temporelles des Missions.
"La direction actuelle regarde les personnes des Vicaires apostoliques qui ont titre et grace a cet effet. Ils y sont appliquez par Dieu même qui les y a appellez et l'Eglise les a munis de toutes les facultez et pouvoirs necessaires. Ainsi vous pouvez vous reposer sur eux pour cette direction, d'autant plus que vous sçavez qu'ils en font toute leur occupation et que Dieu les a toujours favorisez de ses graces, béni leurs entreprises et rendu inutiles toutes les oppositions que leurs adversaires ont suscitées contre eux de toutes parts. Voilà, Messieurs, notre partage dans l'obligation commune que nous avons, car je crois que nous sommes chargez en commun du soin de la conversion des infideles de ces quartiers chacun a sa façon et suivant l'emploi où Dieu l'a appliqué, vous en Europe et nous icy. Cela n'empêche pas que comme nous pouvons vous dire nos pensées et vous donner nos avis pour l'institution des missionnaires, et pour la conduite de toutes nos affaires, ausquels vous déférerez autant que vous croirez le pouvoir faire devant Dieu, vous ne puissiez aussi comme nous vous en prions nous donner tous les conseils que vous jugerez convenables que nous recevrons toujours avec estime et que nous suivrons autant que nous pourrons. Cependant vous ne trouverez pas étrange, s'il vous plaît, si nous nous en eloignons quelquefois lorsque le bien de nos affaires et les circonstances où nous pourrons nous trouver, nous y obligeront.
Pour en venir à la pratique, le prélat propose "certaines résolutions qui seront autant d'articles dont nous devons convenir pour le bien de la paix."
1- "Comme nous sommes resolus de n'envoier rien à Rome qui ne passe par vos mains pour vous en donner communication, vous serez toujours fidèles a faire tenir et rendre toutes les lettres et nos autres ecritures sans en tenir aucune et sans y adjouter rien ou diminuer.
2- Vous nous envoierez avec la même fidelité toutes les lettres et expeditions de quelque nature qu'elles soient, qui vous seront adressées de la part du St Siege, je veux dire du Pape, des Sacrées Congregations, des Cardinaux, Prelats, etc. pour nous les faire suivre, et nottez qu'il y a de grandes peines fulminées contre ceux qui en usent autrement.
3- Vous pourrez en nous les envoiant nous marquer vos pensées et nous donner vos avis sur tout ce que vous jugerez a propos, laissant a notre discretion de nous en servir suivant ce que nous croirons le mieux devant Dieu, et ne vous formalizant jamais quand nous ne les suivrons pas.
4- Pour ce qui regarde notre conduite avec les PP. Jésuites de ces quartiers, apres les avis que vous nous avez donnez et tout ce que j'ai expose en tout ce discours, nous vous prions de ne pas vous en inquieter davantage et de demeurer en repos, vous assurant qu'en cela comme en toute autre chose nous ne fairons jamais rien sans y avoir meurement pense et pesé au poids du sanctuaire toutes les circonstances où nous nous trouverons ce que nous croirons qui sera le plus agreable a Dieu auquel nous voulons plaire uniquement, et le plus avantageux au bien de nos Missions, que nous rechercherons par dessus tout.
5- Nous aurons soin de ne rien ecrire en France dans nos lettres particulières des desordres des autres missionnaires, qui puisse redonder et faire tort a ceux qui sont en France.
6- Nous vous manderons neantmoins dans nos lettres et relations les choses comme elles se passeront, dont vous retrancherez ce que vous jugerez a propos quand vous les donnerez au public; cependant vous prendrés garde de n'y rien dire et de n'y donner rien a entendre contre la verité, et vous aurez soin de conserver nos originaux dans vos archives pour y avoir recours en son temps.
7- Vous nous garderez un secret inviolable dans toutes nos affaires, surtout à l'egard des PP. Jésuites. Comme nous sçavons qu'ils se mêlent partout, nous apprehendons avec beaucoup de raison qu'ils n'influent dans vos deliberations les plus importantes...
8- Nous avons bien veu des lettres et des libelles contre nous, remplis de faussetez. Je crois que vous nous fairez toujours cette justice de ne nous condamner jamais sans nous avoir ecoutez, et vous adjouterez plus de foy a ce que nous vous manderons, qu'a ce qui vous sera dit ou ecrit de quelque part qu'il vienne.
9- Vous ferez brûler la copie de ce pretendu concordat passé entre vous et moy, qui est trop injurieux a nos personnes.
10- Si Messieurs de St Sulpice paroissent disposez a nous vouloir fournir des missionnaires en consequence de ce que nous ecrivons a Mr de Bretonvilliers, telles que soient les conditions sous lesquelles ils veuillent bien s'engager a nous servir, il n'y a rien dans l'etendue de votre procure que vous ne deviez faire et a quoi vous ne deviez consentir pour nous procurer un si grand avantage..."
La mise au feu du concordat du 2 février, exigée par le prélat, ne fut pas mise à exécution, même en supposant que les directeurs aient reçu la lettre du 3 septembre 1673 qui leur en faisait une obligation. Un doute subsiste, nous l'avons déjà noté, sur l'envoi par Mgr Pallu d'une lettre qui était de nature à tout briser, et nous constatons que les directeurs s'attachèrent, comme par le passé à rendre aux Vicaires apostoliques tous les services que ceux-ci attendaient d'eux.
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