| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
8 - Les AMBASSADES SIAMOISES |
| Article: |
7 |
RÉCEPTION au SÉMINAIRE
Quantité de personnes qui portaient intérêt aux Missions auraient voulu avoir les Siamois à dîner : ils déclinèrent toutes les invitations et ce n'est qu'avec répugnance qu'ils accordèrent cette faveur aux directeurs du Séminaire qui les reçurent le 6 janvier 1685, en la fête de l'Epiphanie.
"Nostre feste se passa fort bien, Dieu mercy. Nous donnâmes ce jour-là à disner aux mandarins dans la chambre du petit chevalier de Rassetot qui est leur favori, et dans le réfectoire nous avions à la première table M. Rouillé, M. le Prévost des Marchands, MM. les abbés de Chavigny, de Pelletier et de Charost qui avaient officié à la grand messe, et M. de Flamanville. A la seconde estoient M. le comte de Chaumont avec Monsieur son frère l'ambassadeur de Siam; M. du Ruau-Pallu, M. Duert amy de l'ambassadeur, M. Thévenot et autres, et à la troisième M. de Frontenac que M. l'abbé de Chavigny nous avoit amené sans prier, MM. les abbés de Filjean, des Mares de St Sulpice, de Fourcy; les deux frères, fils de M. le Prevost des Marchands et encore quelques autres. Après le disner les mandarins descendirent dans la salle où toute la compagnie les vit à loisir. L'abbé Fournier nous prescha, et M. l'abbé de Chavigny, ayant dit la messe, chanta le salut. "
La fête de l'Epiphanie fut, dès le début, célébrée solennellement (il en est fait mention pour la première fois en 1668). On y invitait les amis de la maison. D'après un coutumier rédigé aux XVIIIème siècle la fête de l'Epiphanie comportait une messe chantée le matin, et le soir les vêpres suivies du sermon et du salut du Saint-Sacrement. La relation ci-dessus semble indiquer que le même cérémonial était déjà usité à la fin du XVIIème siècle.
L'expédition s'embarqua à Brest le 3 mars 1685 sur "l'Oiseau" et la "Maligne" et parvint le 23 septembre à l'embouchure du Ménam. Audience solennelle, banquets, chasses, comédies se succédèrent, mais les résultats furent presque nuls au point de vue politique et religieux. Quelques avantages d'ordre commercial furent cependant acquis.
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