| Auteur: |
Henri Sy |
| Chapitre: |
8 - Les AMBASSADES SIAMOISES |
| Article: |
13 |
RETOUR au SIAM
Le P. Tachard s'occupait des nouvelles dispositions à prendre pour une nouvelle ambassade française au Siam, laquelle s'efforcerait de recueillir des résultats plus tangibles que n'avait fait la précédente, conduite par le chevalier de Chaumont.
On avait eu soin de noter dans les instructions aux diplomates que la principale raison de leur envoi était l'établissement du catholicisme dans le royaume de Siam, mais le côté politique n'était pas négligé. Il s'agissait cette fois d'une expédition armée avec mission d'occuper quelques points importants et d'assurer l'exécution du traité.
Cinq navires furent équipés. On y embarqua un régiment comprenant 650 officiers et soldats sous le commandement du maréchal de camp Desfarges. Deux diplomates furent adjoints : de la Loubère pour les affaires politiques et Céberet, l'un des directeurs de la Compagnie des Indes Orientales, pour les questions commerciales.
Le 14 janvier, les Siamois retournèrent à Versailles pour l'audience royale de congé. L'abbé de Choisy donne dans ses Mémoires le texte du compliment fait par le premier ambassadeur et se défend d'en être l'auteur.
"La vérité, dit-il, est que les ambassadeurs avoient mis dans leur patois une partie des pensées qui y sont, l'abbé de Lyonne les avoit traduites en françois, M. Tiberge y avoit donné le tour simple, naturel et noble qu'il sait donner à tout ce qu'il fait, et j'y avois marqué quelques points et virgules."
De même qu'à la première audience du 1er septembre précédent, dix harangues furent lues aux principaux personnages de la Cour, y compris le duc de Bourgogne âgé de quatre ans et le jeune duc de Berry qui n'avait que quelques mois. À ce dernier les ambassadeurs disaient : "Nous aurons l'avantage de porter au Roy nostre maître la première nouvelle qu'il ait jamais reçue de vous, et nous le remplyrons de joie en lui marquant le bonheur que nous avons eu de vous voir naistre et l'heureux présage que l'on a tiré de cette ambassade pour votre grandeur future."
L'expédition commandée par Desfarges quitta Brest le 1er mars.
<< Retour page précédente
|