| Année: |
1887 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
MARSEILLE, PARIS, SAINT-RAPHAEL, ROME |
PROCURE DE MARSEILLE.
La santé du cher M. Germain, qui nous donne dans sa maison une si généreuse hospitalité, a été depuis quelque temps assez sérieusement ébranlée. Tous les membres de la Société se feront un devoir de lui accorder un spécial souvenir dans leurs prières, afin que Dieu daigne le conserver longtemps encore à notre affection et à sa mission de dévouement.
II. — Séminaire de Paris et autres établissements
communs en Europe.
SÉMINAIRE DE PARIS.
Après la rentrée de 1887, et avant les départs de fin d’année, le chiffre de nos aspirants s’est élevé à 220, dont 150 à Paris, et 70 à Meudon. Après les départs, il s’est trouvé réduit à 188, dont 114 à Paris, et 74 à Meudon.
Nous avons eu cette année l’insigne honneur de donner l’hospitalité au Révérendissime secrétaire de la S. C. de la Propagande. Mgr D. Jacobini, archevêque de Tyr, devant passer quelques jours à Paris, avait, en effet, bien voulu, parmi les nombreuses maisons qui auraient été heureuses de le recevoir, choisir le séminaire des Missions-Étrangères. Son Excellence est restée avec nous du 13 au 18 juillet.
Le vendredi 15 juillet, Mgr l’archevêque de Tyr nous a fait l’honneur de présider le conseil que nous avons tenu ce jour-là, et ç’a été pour nous une grande consolation de pouvoir conférer avec lui des affaires les plus importantes qui intéressaient nos missions et notre Société. Notre premier désir a toujours été de nous conformer, non seulement aux décisions, mais encore à l’esprit et à la direction de la S. C. de la Propagande, et, à ce point de vue surtout, la présence du Révérendissime secrétaire au sein de notre conseil nous a paru une inestimable faveur.
Le samedi matin, toute la communauté est rentrée de Meudon pour assister et faire la sainte communion à la messe de Son Excellence, et recevoir de ses mains la bénédiction solennelle du Très Saint Sacrement qui a suivi la sainte messe. La communauté s’est ensuite réunie à la salle des exercices, et pendant une demi-heure, Mgr Jacobini lui a donné avec une grande affection ses encouragements et ses conseils. Il a rappelé l’origine presque contemporaine de la S. C. de la Propagande et de la Société des Missions-Étrangères, les bons services que cette dernière avait constamment rendus à la sainte Église depuis son institution, et la consolation que, par là même, elle avait toujours donnée à la Sacrée Congrégation. Monseigneur a ensuite parlé du développement vraiment providentiel des vocations apostoliques depuis cinquante ans, développement dont le grand nombre des aspirants qui l’entouraient était une preuve vivante. Il a fait voir l’excellence de cette vocation apostolique et la nécessité d’y correspondre fidèlement, afin de devenir des instruments dignes de porter la lumière de la Foi sedentibus in tenebris et umbra mortis... Pour l’obtenir, il faut surtout avoir un grand amour de la prière et une grande dévotion à la très sainte Eucharistie... Monseigneur a terminé en donnant sa bénédiction à toute l’assistance.
Dans la lettre commune du 31 décembre 1885, nous avons fait connaître le désir exprimé par plusieurs de voir établir parmi nous, d’une manière fixe et déterminée, la prière perpétuelle. Depuis cette époque, tous les Supérieurs de la Société, consultés à ce sujet, ont été unanimes pour approuver cette pensée. Deux d’entre eux seulement se demandaient si le bréviaire imposé par la sainte Église, et les prières de dévotion que chaque confrère ne manque pas d’y ajouter, ne suffisaient pas pour établir cette perpétuité de la prière, sans qu’il fût nécessaire de créer parmi nous une organisation spéciale. Mais la pensée fondamentale était acceptée par tous avec la même conviction et le même empressement.
Nous avons donc préparé un tableau comprenant les sept jours de la semaine, et les vingt-quatre heures du jour, et répartissant ces vingt-quatre heures entre nos 26 missions, nos établissements communs, et le séminaire de Paris. Chaque mission n’aura à remplir ce devoir officiel de la prière que quatre heures par semaine, et chaque confrère une demi-heure également par semaine. Le séminaire de Paris prendra pour lui huit heures par jour, c’est-à-dire celles qui correspondent aux heures de nuit dans nos missions.
Ce tableau est sous presse, et nous espérons pouvoir l’envoyer très prochainement à tous les Supérieurs de la Société. Il comprend quatre pages d’un format assez petit pour pouvoir être commodément placé dans le bréviaire. La première page contient l’explication du but et du mode d’exécution ; la deuxième et la troisième, la distribution des jours de la semaine, et des heures du jour, entre les divers corps de la Société. La quatrième demeure libre pour recevoir les noms des confrères de chaque corps particulier, avec l’indication de la demi-heure assignée à chacun.
Daigne le Dieu très bon écouter les supplications qui, du sein de notre famille, monteront à chaque instant du jour et de la nuit vers le trône de sa miséricorde, et nous couvrir, d’un bout du monde à l’autre, du bouclier de sa sainte protection !
SANATORIUM DE SAINT-RAPHAEL.
Tout en donnant l’hospitalité à un bon nombre de nos confrères malades, cet établissement a reçu, dans le courant de l’année, plusieurs améliorations complémentaires, que ses généreuses fondatrices avaient estimées nécessaires ou utiles. Telle a été la dernière sollicitude de leur vie mortelle, d’une vie toute remplie par le dévouement de la charité. Mme la comtesse de Mesnard a, en effet, quitté cette terre le 9 septembre dernier, et quelques mois plus tard, le 29 janvier 1888, Mlle Caroline de Mesnard suivait sa sainte mère dans la tombe, ou plutôt dans le repos de l’éternité. Retribuere dignare, Domine, omnibus nobis bona facientibus, propter nomen tuum, , vitam œternam.
Saint-Raphaël a eu aussi le regret de perdre trois de ses hôtes, que le bon Dieu a rappelés à lui vers la fin de l’année : Mgr Desflèches et MM. Bareille et Patriat. Chacun des trois, à cause des qualités personnelles dont il était doué, laisse un grand vide dans la maison. Mais l’absence du saint archevêque de. Claudianopolis se fait tout spécialement sentir, parce que sa sérénité d’esprit , sa gaîté dans les souffrances, et surtout son ardente, piété, étaient pour tous une prédication et un encouragement.
PROCURE DE ROME.
La cause de nos Martyrs a fait une perte sensible dans la personne du cardinal Bartolini, décédé le 2 octobre dernier. C’est lui qui en était le Ponent ou le rapporteur ; c’est-à-dire celui qui, parmi tous les cardinaux de la Sacrée Congrégation des Rites, en avait la principale sollicitude, et il portait à cette cause le plus cordial intérêt. Son successeur à la Préfecture des Rites, l’Eminentissime cardinal Bianchi, a bien voulu, malgré de très nombreuses occupations, accepter cette charge, à laquelle il portera (Son Eminence en a donné des preuves) le même intérêt que son digne prédécesseur.
Le Sous-Promoteur de la Foi continue, activement l’examen des procès de nos Vénérables, et il est désormais permis d’espérer que ce travail considérable sera prochainement terminé, et que la Sacrée Congrégation des Rites pourra enfin rendre sa décision sur la validité de ces procès apostoliques.
Malgré le grand nombre des pèlerins attirés à Rome par le Jubilé Sacerdotal de Léon XIII, M. Cazenave a eu l’honneur d’être reçu, le 7 décembre, par le Saint-Père, en audience particulière. Notre procureur avait à déposer aux pieds de Sa Sainteté plusieurs offrandes, dons, volumes, adresses de félicitation, etc., venant de nos Missions. Il devait encore annoncer l’arrivée d’une trentaine de caisses envoyées pour l’exposition jubilaire. Le Souverain Pontife a paru très satisfait de ces témoignages de filial dévouement de la Société des Missions-Étrangères, et a dit en souriant : « Reges Tharsis et insulœ munera offerent. » Il a ensuite demandé des nouvelles de notre séminaire — combien nous avions d’aspirants — s’ils venaient chez nous pour faire leurs études — s’ils étaient, dès en entrant, déterminés à se consacrer aux Missions — s’ils persévéraient ordinairement dans leur vocation, etc. Le Saint-Père a ensuite considéré les différents objets qui lui étaient offerts, a jeté un coup d’oeil sur le tableau de notre lettre commune, a admiré la magnifique impression du volume de Mgr Laneau, etc., et a terminé en donnant à toute la Société sa bénédiction apostolique, ajoutant qu’il voulait qu’elle fût considérée comme un gage de sa satisfaction et de sa gratitude, pour les dons qui Lui étaient offerts.
Veuillez agréer l’expression des sentiments respectueux avec lesquels nous avons l’honneur d’êre, en union de prières et de saints sacrifices,
Nosseigneurs et Messieurs,
Vos très humbles et très dévoués serviteurs.
Pour les Directeurs du Séminaire :
G. MUTEL, Secrétaire.
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