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Rapport établissement

Année: 1888
Pays: France
Ville: MARSEILLE, PARIS, SAINT-RAPHAEL, ROME

PROCURE DE MARSEILLE .


La Procure de Marseille a vu disparaître cette année le dernier survivant des quatre frères Germain qui en furent les fondateurs avec le concours de leurs pieuses cousines , Mlles Rosine et Marie Francou. M. Gustave Germain s’est endormi dans le Seigneur , le 14 septembre , jour de l’exaltation de la Sainte-Croix , à l’âge de 63 ans, après huit mois de souffrances, généreusement supportées pour l’amour de Dieu .
« Les œuvres , dit la Semaine religieuse de Marseille , dans son numéro du 23 septembre 1888 , les œuvres qui demandent beaucoup de zèle persévérant et rapportent peu de gloire humaine , furent ses œuvres de prédilection . Consacrer son temps et ses soins aux œuvres de Saint-François de Sales , de la Propagation de la Foi , de la Sainte-Enfance , des Écoles d’Orient , des ornements pour les missions , toutes les œuvres destinées à conserver la foi et à étendre au loin le règne de Notre-Seigneur Jésus-Christ , telle fut la constante préoccupation de sa vie .
« Son amour pour les pauvres lui fit en outre accepter , dans ces derniers temps , le rôle de membre actif de la Société de Saint-Vincent de Paul . Et dieu sait avec quelle scrupuleuse exactitude il visitait lui-même les familles pauvres qui lui avaient été confiées !
« Une œuvre , toutefois , dominait dans son cœur toutes les autres . Elle en était comme le centre et le sommet . Il avait partagé avec ses dignes et saints frères l’honneur et les mérites de sa fondation ; et par un sentiment de profonde et affectueuse vénération pour leur mémoire, il la continua jusqu’à son dernier soupir avec le dévouement le plus absolu . Cette œuvre lui survit sous le nom de Procure de la Société des Missions-Étrangères .
« Un concours de circonstances vraiment providentielles amena l’établissement de cette Procure . C’était en 1862 . Le Séminaire des Missions-Étrangères de Paris avait dû jusque-là chercher dans les différents ports de l’Europe les bateaux en partance pour l’Extrême-Orient , afin d’y faire parvenir ses caravanes de missionnaires . La Compagnie des Messageries-Maritimes ouvrait alors à Marseille sa ligne de paquebots vers l’Indo-Chine et la Chine . Toutes les Missions de la Société des Missions-Étrangères se trouvant dans cette direction , le port de Marseille devint naturellement le point de départ de tous ses missionnaires .
« A cette même époque les quatre frères Germain se retiraient des affaires . Ils auraient ainsi plus de loisirs pour se livrer tout entiers à l’attrait de leurs cœurs , aux œuvres de charité ! Dieu qui sonde les reins et les cœurs bénit ces hommes de bonne volonté en leur octroyant d’abord les avantages de la fraternité que le Psalmiste célèbre en ces termes : Ecce quam bonum et quam jucundum , habitare fratres in unum ! Puis sa Providence toute paternelle se chargea de préciser l’emploi du temps qui leur restait à parcourir jusqu’à la bienheureuse éternité …
« Ces âmes d’élite s’enflamment d’un zèle tout apostolique au contact des jeunes apôtres qu’ils embarquent pour l’Extrême-Orient … Une généreuse hospitalité est offerte aux missionnaires dans la maiosn de la rue Nau . Désormais , ce sont des frères qui accueillent des frères . La famille des quatre frères s’est accrue de toute la famille des Missions-Étrangères . On les a vue pendant un quart de siècle se dépenser sans mesure au service des missions . Plus de douze cents missionnaires ,dont une trentaine de martyrs , ont goûté sous leur toit hospitalier les délices de la fraternité . On ne sera donc pas étonné de voir M.Germain pourvuivre l’Œuvre de ses frères ( c’est ainsi qu’il l’appelait modestement ) et reconnaître à sa maison le titre officiel de Procure de la Société des Missions-Étrangères , que les supérieurs de cette Société lui donnèrent le 31 janvier 1881 . »
Lorsque le 18 août , il dut recevoir le saint Viatique , le malade invita lui-même ses amis à venir assister à cette cérémonie : « Ce n’est pas , dit-il , par ostentation que je fais cela ; mais je crois qu’il est bon de donner cet exemple . On a trop peur aujourd’hui de remplir son devoir, surtout quand il s’agit du saint Viatique ou de L’Extrême-Onction . »
Après avoir eu la consolation de recevoir la bénédiction du Souverain Pontife et celle de Mgr l’évêque de Marseille , notre cher malade touchait à son heure suprême . C’était le jour de l’Exaltation de la Sainte-Croix . Le matin il assistait , de sa chambre , au saint sacrifice de la messe que l’on offrait dans sa chapelle . Au moment de la consécration , unissant le sacrifice de sa vie à celui de la sainte victime , le pauvre mourant fait un grand signe de croix qu’il achève péniblement , et un quart d’heure après , il expire dans les bras de la croix (1) .




(1) Une dépêche de Marseillle nous apprend la mort de Mlle Marie Francou , passée le 25 avril à une vie meilleure . Nous la recommandons , comme M. Germain , aux prières de nos confrères .


II. - Séminaire de Paris et autres Établissements communs en Europe .

SÉMINAIRE DE PARIS .

Dieu a daigné nous continuer sa sainte bénédiction pendant cette année , et le chiffre de nos aspirants s’est élevé , le 12 octobre , à 237 , dont 153 à Paris et 84 à Meudon . Le 16 décembre , après les départs , ce nombre s’est encore maintenu à 209 , dont 123 à Paris et 86 à Meudon . Quel sera ce chiffre pendant l’année qui va s’ouvrir et pendant celles qui vont suivre ? S’il fallait escompter l’avenir d’après les seules considérations humaines , nous n’aurions guère que des motifs de crainte . Mais nous espérons en Dieu . Il sait combien nos missions ont besoin d’ouvriers pour accomplir son œuvre , et il peut , dans sa puissance , faire concourir à l’accomplissement de ses desseins les causes mêmes qui leur paraissent opposées. Notre devoir est d’appeler sur nous par de ferventes prières l’effusion de sa divine miséricorde .
La prière perpétuelle , récemment organisée parmi les membes de notre Société , nous donnne un motif spécial d’espérance . Les lettres qui nous sont parvenues à ce sujet d’un bon nombre de nos confrères , démontrent que cette institution répondait réellement aux vœux de tous, et que la demi-heure de prière assignée à chacun est plutôt une consolation que l’accomplissement d’un devoir .
Notre communauté de Meudon a continué de prospérer comme on peut s’en convaincre par le nombre croissant de ses aspirants . Nous écrivions dans la lettre commune de 1885 : « Cette petite communauté réalise toutes nos espérances . La seule chose qui laisse à désirer est le local qu’elle occupe . Les bâtiments de Meudon n’avaient pas été disposés pour une maison d’études . En outre , ils sont occupés du 1er juillet au 15 septembre par la communauté de Paris . Nos philosophes doivent donc chercher pendant ce temps un gîte ailleurs … En tout cas , nous n’avons pas , nous n’avons jamais eu, la pensée de construire un bâtiment spécial pour notre petite communauté . Que si ce bâtiment devenait véritablement nécessaire , la bonne Providence , qui ne nous a jamais manqué , se chargerait, nous l’espérons , de nous le donner à son heure . »
Puisque cette lettre n’est pas encore imprimée dans les premiers jours d’avril , qu’il nous soit permis d’anticiper un peu sur l’année 1889 et de dire que , grâce à la libéralité de deux insignes bienfaiteurs , notre seconde communauté va se trouver pourvue d’une propriétaire admirablement située sur le plateau de Bièvres , et d’un séminaire parfaitement adapté à tous ses besoins . C’est le jeudi 28 mars que nous est arrivée cette bonne nouvelle , par l’entremise de la Présidente de L’Œuvre des Partants , et nous nous empressons de la transmettre à tous les membres de notre Société , afin de recommander à leurs prières les deux bienfaiteurs qui ont été pour nous , en cette circonstance importante , la main visible de la Providence . Retribuere dignare , Domine , omnibus nobis bona facientibus propter nomen tuum , vitam œternam .




SANATORIUM DE SAINT-RAPHAEL.


Cette maison a reçu , dans le courant de l’année , 21 de nos confrères . Toutefois , la plupart d’entre eux n’y sont pas restés d’une manière continue pendant toute l’année , mais ont passé une partie du temps dans leurs familles . Quatre se trouvant suffisamment rétablis ont demandé d’eux-mêmes à rentrer dans leurs missions . Un , le vénérable M. Bernard , de la Birmanie Méridionale , a terminé à Saint-Raphaël sa carrière mortelle , à l’âge de 66 ans .



PROCURE DE ROME .


M. Cazenave nous écrit sous la date du 16 novembre ; « Le sous-promoteur de la Foi n’a pas encore achevé ses animadversions sur la validité des procès de nos Martyrs (Décrets de 1840 à 1857) , et il vient de surgir une autre cause de retard pour cette affaire , cause que l’on peut appeler heureuse à un certain point de vue . Vous savez qu’en 1857 on a fait un procès à Rome sur la guérison de Mme Goldsmit , attribuée à l’intercession de nos Martyrs , et que ce procès a été continué en 1865 pour recevoir la déposition de M. Choulex . Ce procès avait disparu et on le croyait perdu . Or , peu de jours avant mon départ de Rome , à la fin de juin , j’en avais moi-même découvert quelques cahiers à la Chancellerie . Il en manque encore quelques-uns , et le promoteur de la Foi veut qu’on termine les recherches avant de passer outre , afin de présenter ce procès avec tous les autres »
Toutes les pièces de ce procès , qui a de l’importance , ont été, depuis heureusement retrouvées . Mais une maladie extrêmement grave survenue au sous-promoteur , Mgr Lauri , l’a encore empêché de mettre la dernière main à son travail . Quelle que doive être l’issue de celle maladie , la santé du prélat est tellement délabrée , qu’il se trouvera vraisemblablement dans la nécessité de résigner ses fonctions .
La seconde cause de béatification , introduite , par décret de Léon XIII , le 13 février 1879, et qui comprenait trente quatre Serviteurs de Dieu , vient de s’enrichir d’un nouveau Martyr . Pierre Luu , prêtre de la Cochinchine Occidentale , décapité pour la Foi en avril 1861 , aurait dû être présenté à la Sacrée-Congrégation en 1879 , en même temps que Mgr Cuenot et ses compagnons . Mais les informations authentiques , recueillies sur son martyre par Mgr Lefebvre , avaient péri dans la persécution et n’avaient pas encore été reconstituées au moment où fut introduite cette seconde cause . A ces informations perdues , Mgr Colombert a substitué avantageusement un procès ordinaire très régulier et très complet , et , sur la demande du Promoteur de la Foi , le Souverain Pontife a bien voulu accorder que la cause de Pierre Luu fût jointe à celle des trente-quatre autres Serviteurs de Dieu , et jouît des mêmes privilèges .

Quam , pro laboris præmio ,
Servis tuis , jesu bone ,
Cœlo dedisti , quæsumus ,
Terris revela gloriam .


Veuillez agréer les sentiments de très profond et très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être , en union de prières et de saints sacrifices ,


Nosseigneurs et Messieurs ,

Vos très humbles et tout dévoués serviteurs .

Pour les Directeurs du Séminaire :

G. MUTEL , Secrétaire .




NOMS DES NOUVEAUX MISSIONNAIRES

QUI SONT PARTIS DU SÉMINAIRE DE PARIS DANS LE COURANT

DE L’ANNÉE 1888
_________


Sont partis le 4 avril 1888.

MM DE POUR
COUDERT André Tulle Cambodge.
PAUTHE Samuel-Antoine Albi Tonkin Méridional.
COUASNON Arsène-Louis Laval Siam.
LEGENDRE Louis-Magloire Paris Birmanie Septentr.
LAFON Jean-Léon Cahors Coll. gén.de Pinang.
LEFRANÇOIS Aimable Bayeux Coïmbatour.
JARRE Jean-Maurice Moutiers Birmanie Septentr.
RACLOT Jean-Baptiste Besançon Pr. gén. Hong-kong.

Sont partis le 22 août 1888.

HAVAS Jules-Victor Séez Cochinchine Occid.
BAUSSONNIE Jean-François Cahors Mayssour.
DUPIN Edmond-Constant Nantes Tonkin Occidental.
BLAIS Louis-Julien Nantes Cochinchine Orient.
GAZEAU Vincent-Jean-Marie Angers Presq. de Malacca.
HUMBERT Jean-Victor Lausanne Kouang-si.

Sont partis le 30 octobre 1888.

CACAULD Casimir-Pierre-Marie Le Puy Su-tchuen Orient.
BAUQUIS François-Marie Annecy Su-tchuen Occid.
MALFRAIT Théophile Le Puy Kouy-tcheou .
DELOLME Hippolyte Le Puy Su-tchuen Mérid.
DOVON Marie-Joseph-Ernest Besançon Yun-nan.
TAPPONNIER Hippolyte-Marie Annecy Yun-nan.

Sont partis le 14 novembre 1888.

ROY Augustin-Antoine Poitiers Coïmbatour.
CONTE Jules Rodez Cambodge.
MARAND Jean-Marie Clermont Pondichéry.
REVIRON Petrus Le Puy Cambodge.
AUCOUTURIER Félix-Pierre Clermont Mayssour.
ROBIN Marie-Louis Besançon Coïmbatour.
ROBERT Léon-Gustave Besançon Pr. gén. Hong-kong.

Sont partis le 28 novembre 1888.

SONILHAC Alexandre-Eugène Rodez Tonkin Méridional.
PERI Noël Paris Japon Septentrional.
JARY Pascal-Louis-Julien Laval Cochinchine Orient.
CHERBONNEL Amand-Eugène Rennes Tonkin Occidental.
HALBOUT Augustin-Adolphe-Pierre Séez Japon Méridional.
DUTHU Jean-Baptiste Tarbes Japon Central.
OUDOT Paul-Jules-Gustave Besançon Coll. gén. de Pinang.
FAVIER Joseph-Emmanuel Le Puy Japon Septentrional.
MARIE Louis-Constantin-Félix Bayeux Japon Central.
BOUHOURS Gabriel-Constantin-Alph. Coutances Cochinchine Septent.

Sont partis le 12 décembre 1888.

DIRIDOLLOU Jean-Emmanuel Saint-Brieuc Presq. de Malacca.
JOZEAU Jean-Moïse Poitiers Corée.
BOURGEOIS Louis-Marie-Joseph Besançon Mandchourie.
DELALEX Célestin Annecy Siam.
HERR Jean-Fridolin Strasbourg Birmanie Septent.
HÉRIN Jean-Baptiste Aoste Mandchourie.
LE VIEL Émile-Constantin Bayeux Corée.




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