Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport établissement

Année: 1892
Pays: France
Ville: Marseille, Montbeton, Paris, Rome

Procure de Marseille.


Nous n’avons rien de particulier à signaler pour cette année relativement à cette procure.




Sanatorium de Montbeton.


Trente-neuf membres de la Société ont, pendant l’année 1892, séjourné plus ou moins longtemps dans notre Sanatorium de Saint-Raphaël. Plusieurs y ont retrouvé les forces perdues, et nous sommes heureux de constater ici que 14 de nos confrères malades ont pu repartir pour leurs missions. D’autres se préparent au départ pour les premiers mois de l’année 1893. Une circonstance qui s’est renouvelée dans tous ces départs, et a été pour tous une cause d’édification, c’est la joie que manifestaient nos confrères de pouvoir, après un rétablissement plus ou moins complet, regagner leurs chères missions : « ubi est thesaurus tuus, ibi est et cor tuum. » Tel était aussi le très ardent désir du très regretté archevêque de Pondichéry. Mais, en lui refusant cette grâce, Dieu lui a accordé, pour achever de purifier son âme, celle d’accepter ce suprême et très dur sacrifice avec une admirable résignation à la divine volonté. C’està Montbeton que devait se terminer sa carrière mortelle, et, dans le cimetière de ce Sanatorium, que devaient reposer, l’un à côté de l’autre, les deux premiers archevêques de notre Société, Mgr Desflèches et Mgr Laouënan.




Il. — SÉMINAIRE DE PARIS ET AUTRES

ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE



Séminaire de Paris.


Le 4 juillet dernier, à l’issue de la retraite annuelle des Directeurs, ont eu lieu, selon les prescriptions du Règlement, les élections triennales des officiers du Séminaire.
Ont été élus : M. Delpech, supérieur ; M. Péan, assistant ; M. Armbruster, supérieur du Séminaire de l’Immaculée-Conception, à Bièvres ; M. Chibaudel, directeur des aspirants ; M. Cazenave, procureur général de la Société, à Rome ; M. Fleury, procureur du Séminaire ; M. Chirou, économe ; M. Grosjean, procureur des commissions ; M. Hinard, secrétaire du Conseil.
MM. Rousseille et Lesserteur demeurent chargés de la direction, le premier de la maison de Nazareth, à Hong-kong ; le second, du Sanatorium de Saint-Raphaël, à Montbeton.
La répartition des autres fonctions du Séminaire s’est faite de la manière suivante :

Pour la communauté de Paris : M. Péan est chargé du cours de Morale (2e et 3e années) ; M. Mollard, du cours de Dogme (2e et 3e années) ; M. Hinard, du cours supplémentaire de Morale et des Archives ; M. Chibaudel, du cours supplémentaire de Dogme ; M. Cottin, du cours de Droit canonique et du cours de Morale pour ceux de nos aspirants qui ont achevé leurs études ; M. Grosjean, du cours d’Écriture sainte.

Pour la communauté de Bièvres : M. Armbruster est chargé du cours d’Écriture sainte et de Liturgie ; M. Seguin, du cours de Morale (1re année) et du cours d’Histoire ecclésiastique ; M. Compagnon, du cours de Dogme (1re année) et de l’économat ; M. Bouchut, du cours de Philosophie (2e année) et du cours de Sciences ; M. Boyet, du cours de Philosophie (1re année).
Le chiffre de nos aspirants a été, après la rentrée (11 octobre 1892) de 260, dont 150 à Paris, et 110 à Bièvres. C’est, en apparence, une diminution de 4 sur le chiffre de l’année précédente, mais, en réalité, c’est une augmentation de 17, parce que le chiffre maximum de 1891, soit 264, représentait notre communauté après la rentrée, et avant qu’aucun départ n’eût eu lieu, tandis que, en 1892, 21 aspirants étaient déjà partis pour les missions, quand la communauté a atteint le chiffre de 260. Voilà pourquoi, après tous les départs accomplis, le nombre des aspirants, qui nous restaient au 31 décembre, n’était que de 207 en 1891, tandis qu’il est de 219 en 1892, sans y comprendre les 26 aspirants qui font leur année de service militaire.
L’augmentation de notre communauté pendant ces dernières années est surtout venue du développement de notre Séminaire de Bièvres. Voici, en effet, l’état comparatif de son personnel au 31 décembre, pour ces trois dernières années : en 1890, 73 aspirants ; en 1891, 95 ; en 1892, 107. Aussi, nos confrères de l’Immaculée-Conception sont-ils obligés de recourir aux expédients pour loger tout leur monde. Dieu soit béni pour cette multiplication des vocations apostoliques, sur laquelle, depuis 1889, rien ne permettait de compter !
Dans le courant de cette année, nous avons eu la joie de recevoir le renfort de deux nouveaux directeurs pour notre Séminaire de Paris, MM. Grosjean, de la Cochinchine Septentrionale, et Barrillon, de la mission de Malacca ; et d’un nouveau directeur, M. Boyet, du Mayssour, pour la section de notre communauté, qui est établie à Bièvres.
A Paris, le secours des deux nouveaux directeurs était devenu indispensable, à cause de la nécessité que le service militaire nous impose de doubler les cours de morale et de dogme, et partant, de doubler aussi le nombre des professeurs.
A Bièvres, il y avait à remplir la place laissée vacante par la mort du cher et regretté M. Favreau. Nous avions compté pour cela sur le cher M. Metge, rappelé, à cet effet, du Collège général de Pinang. Mais Dieu, dont les desseins sont impénétrables, n’a voulu que nous montrer cet excellent confrère, avant de le rappeler à Lui. Arrivé, en effet, au Séminaire de l’Immaculée-Conception, le 24 avril, M. Metge nous était ravi, le 7 mai, par une fièvre exotique, dont il avait contracté les germes dans son voyage de retour. Sa présence dans son nouveau poste n’a donc été que d’une quinzaine de jours, tous occupés par la maladie. Mais cette courte apparition a été suffisante pour inspirer à notre communauté, avec un sentiment de très vif regret, une édification profonde, par la foi vive, la piété, la patience, la résignation, dont le malade n’a cessé de donner l’exemple jusqu’à son dernier soupir.
Le 8 avril, Mgr Laouënan, archevêque de Pondichéry, après avoir édifié pendant plusieurs mois nos deux communautés de Paris et de Bièvres, nous quittait pour se rendre au Sanatorium de Montbeton. Dans sa pensée, Montbeton n’était qu’une étape ; il espérait et désirait ardemment aller revoir sa chère mission. Mais, puisqu’il a plu à Dieu d’en disposer autrement, qu’il nous soit permis de reproduire ici les paroles par lesquelles il nous faisait des adieux, qui devaient être les derniers.
« A six heures et demie du soir, Monseigneur, accompagné de tous les directeurs et de tous les missionnaires présents à Paris, s’est rendu à la salle des Exercices, où la communauté se trouvait réunie pour la classe d’Écriture sainte, et, avant de nous donner sa bénédiction, le vénérable archevêque, quoique très fatigué et profondément ému, a adressé à la Communauté les paroles suivantes :
« Je vous bénis, mes chers enfants, parce que vous êtes l’espérance de la Société... Vous « arrivez, et nous, nous partons... Je bénis vos Directeurs, parce qu’ils font une œuvre très « importante, en travaillant à votre formation apostolique. Je vous bénis, afin que Dieu vous « accorde de demeurer toujours fidèles aux traditions que nous ont léguées nos pères. Depuis « le commencement, notre Société n’a pas changé. Elle est aujourd’hui ce qu’elle était, il y a « 50 ans, ce qu’elle était il y a 200 ans... Comme nos anciens, travaillons avec courage, avec « abnégation, à l’extension du royaume de Notre-Seigneur parmi les nations infidèles, mais « travaillons modestement et sans bruit... Et alors la bénédiction de Dieu sera avec nous, dans « l’avenir, comme dans le passé. Puisse cette bénédiction, que je vous donne du fond du « cœur , être pour vous le gagede la bénédiction divine. Avec elle, nous aurons tout ce que « nous pouvons désirer. »
Le 1er octobre, notre église de l’Immaculée-Conception, à Bièvres, a vu pour la première fois une cérémonie d’ordination s’accomplir dans son enceinte. C’était l’ordination des aspirants de cette communauté appelés à recevoir la tonsure. Le 13 novembre, dans la même église, Mgr Biet, vicaire apostolique du Thibet, faisait la consécration des deux autels secondaires. Le grand autel avait été, on le sait, consacré avec l’église, le 15 octobre 1891.
Comme leurs devanciers, ceux de nos aspirants de la classe 1890, qui viennent d’achever leur année de service militaire, sont tous revenus prendre leur place au milieu de nous, sans avoir, grâces à Dieu, rien perdu de leur attachement à leur sainte vocation.
Plusieurs fois on avait exprimé le regret que, parmi les livres destinés à l’instruction des membres de la Société, il n’y en eût pas un qui mît sous leurs yeux les travaux, les exemples et les enseignements de ceux qui, nous ayant précédés dans la carrière, sont nos pères dans la vocation apostolique ; qui ont travaillé dans les pays que nous occupons encore aujourd’hui, et se sont souvent trouvés aux prises avec les mêmes difficultés que nous avons à surmonter nous-mêmes. Nous sommes heureux de pouvoir annoncer que cette lacune sera bientôt comblée. Notre confrère, M. Launay, qui travaille depuis huit ans au dépouillement de nos archives, a préparé et rédigé une histoire générale de notre Société, depuis son origine jusqu’à l’année 1862. Le manuscrit de cet ouvrage a été lu au réfectoire, cette année, et tout le monde a suivi cette lecture avec le plus grand intérêt. L’impression va commencer incessamment, et sera terminée, nous l’espérons, vers la fin de l’année 1893.




Procure de Rome.


Voici ce qui a été fait, à Rome, depuis notre dernière lettre commune, pour nos vénérés Martyrs de la première Cause (Décrets de 1840, 1843, 1857). Notre avocat a non seulement fait imprimer le sommaire, dont nous avons, l’année passée, expliqué l’objet et le but, mais il a encore rédigé et fait imprimer les informations qui doivent l’accompagner, et qui traitent du martyre, de la cause du martyre, des miracles ou signes de chacun des vénérés serviteurs de Dieu.
La rédaction du sommaire et des informations appartient aux promoteurs de la Cause de Béatification ; mais l’examen et le contrôle de ces deux documents sont réservés au Promoteur de la Foi, et c’est à lui qu’il appartient de formuler les objections qui lui paraîtraient exister contre la Cause. Pour cela, il doit, avec le concours du sous-promoteur, compulser tous les procès et les documents authentiques déjà approuvés par le Saint-Siège. Ce travail sera nécessairement un peu long, soit parce que nos procès sont volumineux, soit parce que le Promoteur a entre les mains plusieurs autres Causes qui demandent ses soins. Espérons néanmoins que ses animadversions ne se feront pas trop attendre.
Pour nos vénérés Martyrs de la deuxième Cause (décret de 1879) tous les procès sont copiés à Rome, sauf celui de Kouy-tcheou, qui n’est pas encore arrivé.
Nous appelons de nos vœux le jour où il nous sera donné de voir introduire la cause des Martyrs de Corée qui ont si généreusement répandu leur sang pour la foi en 1866. Dès que nous aurons reçu le procès de ces serviteurs de Dieu, nous ne négligerons rien pour hâter l’introduction de cette belle Cause.


Veuillez agréer les sentiments de très profond et très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de saints sacrifices.

Nosseigneurs et Messieurs,

Vos très humbles et dévoués serviteurs,

Pour les directeurs du Séminaire:

Fl. HINARD, Secrétaire.





<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam