| Année: |
1894 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
Marseille, Montbeton, Paris, Rome |
Procure de Marseille et Sanatorium de Montbeton.
Nous n’avons rien de particulier à signaler relativement à ces deux Établissements, qui ont continué de rendre à la Société leurs services accoutumés. Dans le courant de 1894, nous avons eu la consolation de voir dix de nos confrères, rentrés en France pour cause de maladie, reprendre avec courage la route des Missions, aussitôt qu’ils se sont sentis suffisamment rétablis.
II. — SÉMINAIRE DE PARIS ET AUTRES
ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE
Séminaire de Paris.
Nonobstant le départ anticipé de 35 de nos nouveaux prêtres, qui ont quitté Paris dans le courant du mois d’août, le chiffre de nos aspirants s’est élevé, en octobre, à 321, donc 177 à Paris et 144 à Bièvres. Mais ce maximum n’a pas tardé à diminuer par le départ de 16 de nos prêtres pour les missions, et malheureusement aussi, par le départ de 57 de nos aspirants pour la caserne. Au 31 décembre, notre Communauté se trouvait donc réduite à 248 aspirants, dont 131 à Paris et 117 à Bièvres.
Cette augmentation considérable du nombre des vocations amène nécessairement, pour notre Séminaire, une augmentation proportionnée de dépenses, et il y aurait lieu de s’en effrayer, si celui qui suscite les vocations ne se chargeait pas aussi de nous fournir le pain de chaque jour.
Différentes épidémies, sans gravité notable d’ailleurs, ont sévi à diverses reprises dans les départements de la Seine et de la Seine-et-Oise. Quelques-uns de nos aspirants leur ont payé un tribut individuel. Mais nos deux Communautés n’ont jamais été sérieusement atteintes, et le cours des études n’a dû subir aucune interruption ni modification.
Le 23 mai, les trois ambassadeurs Annamites, présents à Paris, sont venus nous faire visite. Reçus à la salle du Conseil, puis conduits au réfectoire, où on leur a servi le thé, ils ont exprimé le désir de voir le tableau que nous possédons du petit prince royal fils de Gia Long. Le Régent, premier ambassadeur, a dit, entre autres choses aimables, qu’il estimait les missionnaires, et appréciait leurs travaux, lesquels n’avaient tous pour but que le bien du peuple annamite. Dès le lendemain, nous leur avons rendu cette aimable visite au petit hôtel qu’ils occupaient au nº 39 de la rue de Grenelle.
Les 16 nouveaux missionnaires qui, comme nous l’avons dit, devaient s’embarquer avec M. Rousseille se sont rendus, le dimanche 19 août, à Ferrières, pour saluer leurs confrères de l’Immaculée-Conception qui y prenaient leurs vacances. C’était le jour que Mgr Touchet, nouvel évêque d’Orléans, avait choisi pour faire sa première visite à Ferrières. Désireux de profiter de l’occasion pour remuer un peu cette population indifférente, Monseigneur avait voulu qu’il y eût ce jour-là, à l’église paroissiale, une cérémonie de Départ. Les offices du jour ont été célébrés avec la plus grande solennité. Partie de l’abbaye en habit pontificaux, Sa Grandeur s’est rendue processionnellement à l’église de Saint-Pierre, précédée de toute notre Communauté, et assistée par MM. Delpech, Cazenave et Armbruster. Le prélat a magnifiquement parlé, le matin avant la messe, et le soir après vêpres, pour la cérémonie du Départ. La population immense qui remplissait l’église, se montrait très attentive à cette parole épiscopale, et en paraissait touchée.
Monseigneur a pris avec notre Communauté les deux repas de la journée, et, à la fin du dîner, Monsieur le Supérieur l’ayant remercié pour l’honneur de sa visite et pour le grand intérêt qu’il voulait bien porter à notre Séminaire et à nos Missions, Sa Grandeur a répondu par la plus touchante allocution, déclarant de nouveau (car il l’avait déjà fait au discours du matin) son dévouement cordial pour les Missions-Étrangères, et donnant en même temps aux jeunes missionnaires les plus solides et les plus utiles conseils.
Le 24 novembre, notre messe de Communauté s’est dite, non pas dans notre église, mais dans celle des Filles de la Charité, rue du Bac, nº 140. Le Saint-Siège vient de leur accorder un office commémoratif des Apparitions de la très sainte Vierge qui eurent lieu dans cette église, spécialement le 27 novembre 1830, et qui donnèrent naissance à la Médaille dite Miraculeuse. La solennité commémorative de ces apparitions était fixée au 27 novembre, et c’est pour prendre part au Triduum préparatoire, que notre Communauté de Paris y est allée entendre la messe, et faire la communion générale, suivie du salut solennel du Très Saint-Sacrement.
Un travail important vient de s’achever cette année dans notre Séminaire. Nous voulons parler de la table analytique de nos archives. Ce travail de dépouillement, commencé, il y a dix ans, par notre cher confrère, M. Launay, et continué sans interruption et avec une grande activité, vient d’être terminé, et forme 12 forts volumes in-folio, contenant le sommaire très exact de tous les documents qui composent nos archives.
Un mot, avant de terminer cet article, touchant les nouveaux tableaux de la Prière perpétuelle. Lorsque, en 1887, l’organisation parmi nous de la Prière perpétuelle fut approuvée par les Supérieurs de la Société, on fit imprimer un certain nombre de tableaux, marquant les heures assignées à chaque Mission, et devant servir de directoire pour les membres de la Société. Malgré le soin qu’on y avait apporté, ces premiers tableaux devaient nécessairement renfermer quelques imperfections.
Dans la nouvelle édition qui vient d’en être faite (car la première était épuisée), on a tenu un compte exact de toutes les observations qui nous avaient été transmises, et nous aimons à penser que ce nouveau tableau, soigneusement remanié, donnera satisfaction à tout le monde. On nous avait fait spécialement remarquer que la succession des heures était calculée d’une manière trop stricte entre les différents groupes de Missions, et laissait même parfois subsister quelques interruptions. Dans le nouveau tableau, cet inconvénient a été absolument écarté. Il pourra désormais y avoir quelquefois simultanéité de prières entre la Mission qui précède et celle qui la suit immédiatement, mais il n’y aura jamais d’interruption. Puisse cette prière perpétuelle, accomplie avec ferveur, appeler sur notre Société, sur tous et chacun de ses membres, sur leurs travaux et sur leurs leurs œuvres , la perpétuelle bénédiction de Dieu !
Procure de Rome.
En ce qui concerne la première Cause de nos Vénérables Martyrs, celle du Vén. Pierre Dumoulin Borie et Compagnons, introduite par groupes en 1840, 1843, et 1857, le Promoteur de la Foi a entre les mains le sommaire et les informations, et nous attendons les animadversions qu’il estimera devoir présenter. Ces animadversions sont un travail d’assez longue haleine ; voilà pourquoi, comme nous le disions dans notre dernier compte-rendu, nous ne pouvions guère espérer les avoir avant la fin de 1894. Il n’y a donc pas encore de retard sous ce rapport.
Notre deuxième Cause de Béatification, introduite en 1879, et comprenant les Vén. Étienne Théodore Cuenot et Compagnons, a fait un pas en avant dans le courant de cette année. Le 13 mars 1894, a été rendu le Décret ordinaire touchant les écrits des Vén. Serviteurs de Dieu compris dans cette cause : Nihil obstare quominus ad ulteriora procedi possit...
En outre, le procès apostolique du Kouy-tcheou, qui appartient à cette Cause et qui manquait encore, est arrivé à Rome le 8 mars 1894. La S. Congrégation des Rites en fait faire présentement la copie publique, et aussitôt qu’elle sera achevée, le Sous-Promoteur pourra commencer l’examen de la validité des procès, faits dans nos Missions relativement à cette Cause, et qui sont au nombre de huit. Le premier de ces procès était arrivé à Rome en 1885.
On sait qu’on a dû (le procès apostolique manquant) détacher de la première Cause les Vén. Imbert et autres Martyrs de Corée, déclarés Vénérables en 1857. On n’attend, pour reprendre leur Cause, que l’arrivée de ce procès.
O prima Martyrum rosa,
Deique Mater inclyta,
Servis tuis a Filio
Honoris augmen impetra !
Veuillez agréer les sentiments de très profond et très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de sacrifices,
Nosseigneurs et Messieurs,
Vos très humbles et dévoués serviteurs.
Pour les directeurs du Séminaire :
Fl. HINARD, Secrétaire.
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