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Rapport établissement

Année: 1895
Pays: France
Ville: Marseille, Montbeton, Paris, Rome

Sanatorium de Montbeton.


La maison rend toujours de grands services à nos chers malades, sous l’habile direction de M. Rèmes, qui en a été nommé Supérieur, au mois de juillet dernier.
Dans le courant de 1895, nous avons eu la consolation de voir douze de nos confrères, rentrés en France pour cause de maladie, reprendre gaiement la route de leurs Missions.



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Procures de Rome et de Marseille.


Nous n’avons rien de particulier à signaler, si ce n’est la mort de Mgr Caprara, promoteur de la Foi, décédé subitement à Rome, le 29 janvier 1896. Le vénéré prélat était tout dévoué à la Cause de nos Martyrs : nous demandons à chacun des membres de notre Société une prière pour le repos de son âme.
La marche des Causes de Béatification subira nécessairement un retard par suite du deuil qui vient de frapper la S. C. des Rites,

Veuilles agréer l’expression des sentiments respectueux avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de saints sacrifices,

Nosseigneurs et Messieurs,

Vos très humbles et dévoués serviteurs.

Pour les directeurs du Séminaire :

Fl. HINARD, Secrétaire.




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II. — SÉMINAIRE DE PARIS ET AUTRES

ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE


Séminaire de Paris.


Nonobstant le départ anticipé de 42 de nos nouveaux prêtres, qui ont quitté Paris le 31 juillet et le 15 août, le nombre de nos aspirants était (22 octobre) de 314, dont 172 à Paris et 142 à Bièvres. Au 31 décembre, après le dernier départ de l’année pour les missions, notre Communauté comptait 272 aspirants, dont 142 à Paris et 130 à Bièvres. Nous en avions en outre 23 à la caserne.
Le Séminaire a été cruellement éprouvé par la mort de M. Armbruster, pieusement décédé à Bièvres, le 26 janvier 1896.
Au mois de juillet 1895, M. Delpech ayant accompli, pour la seconde fois, le cycle de douze années, après lequel, aux termes du Règlement approuvé par le Saint-Siège, le Supérieur du Séminaire des Missions-Etrangères doit céder sa place à un autre, au moins pour un temps, M. Armbruster fut appelé à lui succéder, et prit la direction du Séminaire, au moment où des difficultés particulières, que tout le monde connaît, rendaient si lourde la charge de Supérieur.
Le lundi 20 janvier, vers cinq heures du soir, pendant qu’il présidait la réunion de MM. les Directeurs du Séminaire de Bièvres, il fut frappé d’apoplexie. En tombant, il prononça cette parole, qui, au témoignage de ceux qui l’ont connu plus intimement, était pour lui celle des grandes circonstances : « A la grâce de Dieu ! » Le vénéré malade comprenant toute la gravité de son état, voulut se confesser et insista fortement pour qu’on lui donnât sans retard l’Extrême-Onction. Le lendemain il reçut le Saint-Viatique et la Bénédiction apostolique, en pleine connaissance, quoiqu’il ne pût déjà répondre que par oui et non aux questions qui lui étaient adressées. Le mercredi, il perdit complètement l’usage de la parole ; mais certains actes qu’on lui vit faire, par intervalles, pendant les jours qui suivirent, semblent prouver qu’il resta jusqu’au bout en possession de lui-même. C’est ainsi que, la veille de sa mort, il prit de la main gauche son crucifix qui était placé sur sa poitrine, l’approcha de ses lèvres, et le baisa deux fois de suite avec amour.
Le dimanche 26 janvier, à deux heures du matin, il rendit paisiblement son âme à Dieu : on célébrait, ce jour-là , la fête de la Sainte Famille.
Ses obsèques eurent lieu à Bièvres, le mardi suivant. M. Delpech chanta la messe, et Mgr Biet, évêque titulaire de Diana, vicaire apostolique du Thibet, donna l’absoute. M. Chibaudel, supérieur du séminaire de philosophie, présida à l’enterrement et bénit la tombe. La dépouille mortelle de M. Armsbruster repose, en attendant la résurrection générale, dans l’enclos du nouveau Séminaire qu’il avait inauguré lui-même en 1890.
Le 30 janvier, un service solennel fut célébré, dans la chapelle du Séminaire de Paris, pour le repos de l’âme du vénéré défunt. Nous sommes heureux de reproduire ici l’article qui parut dans l’Univers, le soir de ce même jour, sous la signature de M. E. Veuillot : nous le citons sans en rien retrancher :
« Ce matin a été célébré, en l’église du Séminaire des Missions-Étrangères, le service « solennel pour le repos de l’âme du R. P. Armbruster. L’assistance était toute chrétienne ; on « priait bien. Aux regrets qu’eût causés en toute circonstance la mort de ce zélé serviteur de « Dieu, s’ajoutait une impression particulière de souffrance. Élu supérieur en juillet dernier, le « P. Armbruster s’est trouvé dans l’obligation de se prononcer sur la conduite à tenir au sujet « de la loi d’abonnement. Même si les esprits avaient été au calme et que chacun eût abordé « cette grave question avec pleine liberté, la situation, pour un supérieur, eût été des plus « difficiles, des plus pénibles. Combien le caractère de la polémique engagée alors la rendait « plus pénible encore.
« Le R. P. Armbruster, qui, croyons-nous, penchait d’abord pour la résistance absolue, « consulta qui de droit, pria et fit prier, ne voulant qu’une chose : agir au mieux de ses « devoirs. Ce missionnaire, qui s’était rendu avec joie au Japon, quand on devait y trouver le « martyre, connut dans sa sainte maison de la rue du Bac, l’anxiété et les angoisses. Il se « résigna enfin à subir, quant à présent, la loi. Il ne l’avait pas fait encore que déjà il « s’entendait accuser de vouloir, avant tout, sauver « ses murailles », de plier devant le fisc « pour ne pas vider absolument sa caisse. Quelle souffrance pour lui ! Combien ce digne « représentant d’une congrégation qui a donné tant de martyrs et en donne encore, qui a sauvé « tant d’âmes et ne cesse, Dieu merci, d’en sauver, fut atteint dans son cœur, par de tels « soupçons !... Non, ce ne furent pas des soupçons, car on ne pouvait sincèrement soupçonner « lui et les siens. Ce ne furent que des emportements, mais ils le blessèrent. Il me l’a montré « sans l’ombre de colère, un jour qu’il me faisait l’honneur de me remercier d’avoir dit et « maintenu, malgré mes préférences de vieille date pour la résistance, qu’en usant de la liberté « laissée à tous par le Saint-Siège, il n’avait songé qu’à protéger une œuvre qui porte à tant « d’âmes la lumière et le salut.

« Eugène VEUILLOT. »


La mort de M. le Supérieur avait été précédée de celle d’un de nos aspirants, M. Olivier Leborgne, sous-diacre du diocèse de Rennes, décédé à l’hôpital Sainte-Anne, le 28 décembre, à quatre heures du matin (fièvre typhoïde).
Le 14 janvier, Son Eminence le Cardinal Perraud, évêque d’Autun, honora le Séminaire de sa visite. A cette occasion, le Prince de l’Église adressa à la Communauté une allocution pleine d’à-propos, de piété et d’humilité. Sur la demande de M. le Supérieur, Son Éminence bénit les aspirants et leur accorda un congé extraordinaire. Après le dîner et avant de quitter le Séminaire, Elle alla s’agenouiller dans notre salle des Martyrs et y pria quelques instants avec une ferveur vraiment angélique. Que Dieu daigne récompenser l’éminent Cardinal de la sympathie qu’il a toujours daigné témoigner à notre Société !



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