| Année: |
1897 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
Marseille, Montbeton, Paris, Rome |
Procure de Marseille.
La procure de Marseille a eu aussi un deuil depuis le dernier compte rendu, celui de M. Henri-Jean Joiret, passé, le 8 avril, à une vie meilleure. Ce cher confrère avait fait connaître, dans son testament, quel serait son bonheur d’être inhumé à Montbeton, à côté des missionnaires qui y reposent déjà ; mais il renonçait généreusement à ce désir pour ne pas occasionner, par le transport, une dépense extraordinaire et assez considérable. Ce scrupule du cher défunt a été levé par une âme généreuse et amie de la famille, qui s’est chargée de toutes les dépenses, et aujourd’hui M. Joiret repose dans notre cimetière de Saint-Raphaël.
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Sanatorium de Montbeton.
Cette maison a vu se terminer, cette année, la carrière mortelle de deux de nos confrères décédés, M. Joseph Noirjean, de Mandchourie, le 10 octobre, et M. Misner, du Cambodge, le 24 décembre. Un bon nombre d’autres missionnaires y ont retrouvé la santé. Aussi, dans le courant de l’année, douze de nos confrères, se sentant suffisamment rétablis, ont été heureux de pouvoir reprendre la route de leurs missions.
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II. — SÉMINAIRE DE PARIS ET AUTRES
ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE
Séminaire de Paris.
Le chiffre élevé que nos aspirants avaient atteint en 1896 s’est maintenu pendant cette année. Il était de 332 au 15 octobre, époque à laquelle notre communauté est la plus nombreuse, car nos aspirants-soldats de la précédente année sont déjà rentrés, et ceux de l’année suivante ne sont pas encore partis. Sur ce nombre, 191 appartenaient à notre séminaire de Paris, et 141 à celui de l’Immaculée-Conception de Bièvres. Au 31 décembre, après tous les départs, le nombre de nos aspirants est de 265, dont 145 à Paris, et 120 à Bel-Air.
L’année 1897 a été marquée pour nous par un joyeux événement, le jubilé sacerdotal de notre cher et vénéré confrère, M. Pernot. Parmi les hommes, il n’est donné qu’au très petit nombre de célébrer cet anniversaire. Des onze directeurs décédés depuis 1855, un seul, M. Voisin, a célébré les noces d’or de son sacerdoce, et, des 35 prêtres ordonnés en même temps que M. Pernot, cinq seulement ont eu le bonheur de célébrer leur 50e anniversaire. Il est donc facile de comprendre la joie et la solennité avec lesquelles on célèbre cet événement extraordinaire, alors surtout que le jubilaire est un confrère aimé et vénéré.
La solennité avait été fixée au 3 octobre, Dimanche du saint Rosaire. Mgr Biet, absent de Paris, était rentré le 2 pour y assister avec Mgr Vey. La communauté de Bel-Air était arrivée le matin de la fête. M. Pernot, toujours vaillant, semblait avoir retrouvé ce jour-là un spécial renouveau de jeunesse, et il a célébré, avec une grande aisance, quoique avec une vive émotion, la messe solennelle. Il avait pour diacre M. Delpech, et pour sous-diacre M. Chirou, tous les deux aspirants, en même temps que lui, au Séminaire des Missions-Étrangères, en 1851. M. Cazenave était maître des cérémonies. Mgr Vey et Mgr Biet, en rochet et mantelletta, occupaient les deux premières places du chœur. Les autres directeurs (c’était convenu entre nous) devaient remplir les fonctions de chapiers aux vêpres solennelles.
A midi moins un quart, nos deux évêques, les directeurs de Paris et de Bel-Air et les missionnaires présents à Paris se sont réunis à la salle du Conseil, pour offrir au cher jubilaire leurs félicitations et leurs vœux. M. Pernot, en les remerciant avec une visible émotion, a donné très affectueusement à chacun l’accolade fraternelle.
Au dîner, les deux évêques ont eu l’amabilité de céder à M. Pernot la présidence de la table, et se sont placés eux-mêmes, Mgr Vey à sa droite et Mgr Biet à sa gauche ; au dessert, le Supérieur de Paris a porté la santé du vénéré cinquantenaire, et toute l’assemblée a applaudi avec un cordial entrain.
Cette belle journée s’est terminée par le salut solennel du Très Saint-Sacrement. M. Pernot y était assisté par MM. Grosjean et Bouchut, qui représentaient en même temps et le groupe des missions de Cochinchine, dont M. Pernot a géré pendant si longtemps les intérêts, et nos deux communautés de Paris et de Bel-Air, réunies pour la fête.
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Procure de Rome.
Dans notre dernier compte rendu, nous exprimions le désir ardent de pouvoir obtenir, dans le courant de l’année 1897, les Animadversions du Promoteur de la Foi dans la Cause des 52 Vénérables Martyrs. Nous avons aujourd’hui la joie de vous annoncer que ce désir est devenu une réalité.
En effet, au commencement de ce mois de décembre, se terminait l’impression des Objections du Révérendissime Promoteur sur le Martyre et la Cause du Martyre de nos 52 Vénérables, et sur les miracles ou signes attribués à leur intercession. Ces Animadversions ont été remises sans retard à l’Avocat de la Cause pour qu’il y réponde. Il s’est mis immédia-tement à l’œuvre, et son travail qui sera long, à cause du grand nombre des Vénérables, est déjà assez avancé.
Il nous est donc permis d’exprimer, cette année, un nouveau désir, celui de voir cette cause, qui nous intéresse tant, soumise une première fois au jugement de la Sacrée Congrégation des Rites, sinon à la fin de 1898, au moins dans les premiers mois de 1899. C’est le moment de redoubler nos prières, afin d’obtenir un jugement définitif favorable, et la glorification prochaine des vénérables serviteurs de Dieu, qui ont donné leur vie pour la défense de la vraie Foi.
Veuillez agréer l’expression des sentiments de très affectueux respect avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de saints sacrifices,
Nosseigneurs et Messieurs,
Vos très humbles et très dévoués serviteurs,
Pour les Directeurs du Séminaire :
P. FLEURY.
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