| Année: |
1907 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
Marseille, Montbeton, Paris, Rome |
II. — ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE
(Séminaire de Paris. — Sanatorium Saint-Raphaël de Montbeton. — Procure de Marseille. — Procure de Rome.)
Le 1er juillet dernier ont eu lieu, selon les prescriptions du règlement, les élections triennales du supérieur et des autres officiers du Séminaire de Paris. En voici le résultat :
Dans une première réunion, ont été élus au scrutin secret et sans proposition préalable : M. Fleury, supérieur ; M. Grosjean, assistant ; M. Delmas, supérieur du Séminaire de l’Immaculée-Conception, à Bièvres.
Dans une seconde réunion, ont été nommés, aussi au scrutin secret, mais sur la proposition de la commission prescrite par notre règlement général : M. Grosjean, directeur des aspirants ; M. Cazenave, procureur général de la Société à Rome ; M. Boulanger, procureur du Séminaire ; M. Bernat, économe du Séminaire de Paris ; M. Chargebœuf, procureur des commissions ; M. Compagnon, secrétaire du conseil.
La répartition des autres charges et des cours s’est faite de la manière suivante :
Pour la communauté de Paris : M. Mathon, cours de dogme (2e et 3e année) ; M. Seguin, cours de morale (2e et 3e année) ; M. Mollard, cours d’Écriture sainte et de liturgie ; M. Aubert, cours de droit canon et d’histoire ecclésiastique ; M. Compagnon, archives et compte rendu ; M. Bernat, chant ecclésiastique ; M. Lesserteur, affaires militaires.
Pour la communauté de Bièvres : M. Parmentier, cours de dogme (1re année) ; M. Hinard, cours de morale (1re année) ; M. Garnier, cours de philosophie (2e année) et Écriture sainte ; M. Catesson, cours de philosophie (1re année) et sciences ; M. Delmas, cours de liturgie et d’histoire ecclésiastique ; M. Morin, économat et chant ecclésiastique.
Voici l’état du Séminaire dans les quatre dernières années :
Du 1er Janvier au 31 Décembre
Nombre d’Aspirants
ANNÉES
ADMISSIONS
ENTRÉE
DATES à Paris à Bièvres à la caserne
TOTAL
1903 99 81 12 décembre 1903 133 107 30 270
1904 77 64 5 décembre 1904 126 60 72 258
1905 84 74 18 décembre 1905 129 64 41 234
1906 84 74 1er novembre 1906 132 110 4 246
1907 60 51 5 décembre 1907 105 94 13 213
L’année 1907 s’est passée au milieu des alarmes.
Les circonstances ne nous permettent pas de regarder l’avenir avec moins d’inquiétude. Mais notre force est dans la Providence divine qui a toujours veillé avec un soin jaloux sur notre chère Société et l’a protégée, aux époques dangereuses de son histoire, contre les assauts de l’ennemi de tout bien. Nous nous appuyons, en outre, avec une filiale confiance, sur la puissante intercession de la très sainte Vierge dont le culte a toujours été si en honneur parmi nous.
Deux de nos confrères, M. Perret, missionnaire de la Birmanie méridionale, et M. Viallet, du Tonkin maritime, sont morts au milieu de nous, le premier au Séminaire même, après nous avoir édifiés pendant trois mois par sa patience et sa pieuse résignation, et l’autre à Saint-Jean deDieu.
La situation de nos aspirants, au point de vue militaire, a été très compliquée ces deux dernières années.
Avant la rupture du Concordat, il suffisait, pour bénéficier de la dispense (art. 23 de la loi de 1889), de produire, à époques prévues, des certificats signés par l’autorité diocésaine. La loi de séparation fut votée, et elle exigea que ces certificats fussent délivrés par des associations cultuelles légales. Dès que celles-ci eurent été condamnées par le Saint-Siège, une mesure grave fut prise par le gouvernement.
La loi de séparation ne devant être mise en vigueur qu’en décembre 1906, et, d’autre part, les certificats des élèves ecclésiastiques étant chaque année signés en octobre, la justice exigeait que l’ancien état de choses se prolongeât jusqu’à la fin de 1907. Mais le ministre des Cultes ajourna, dès le mois d’octobre 1906, la signature des certificats ecclésiastiques, et la subordonna à l’acceptation par l’Église de France des associations cultuelles. Cette acceptation ne fut pas donnée, et les certificats ne furent pas signés. La nouvelle loi entrait en vigueur le 11 décembre. Dès le 15, les rappels sous les drapeaux arrivèrent : et, le 7 janvier, 48 aspirants franchirent, pour la seconde fois, la grille de la caserne, Ce fut un triste jour, celui-là, aussi bien pour le Séminaire de Paris, réduit à moins de 50 élèves, que pour les victimes de cette mesure.
La question de l’illégalité du rappel sous les drapeaux, surtout par rapport aux prêtres ayant atteint l’âge de vingt-six ans, fut portée par les évêques de France devant le Conseil d’État, qui décida, le 16 mars 1907, que tous les dispensés à titre ecclésiastique, appartenant à la classe 1902 ou aux classes antérieures, étaient désormais libérés au point de vue du service militaire, et que ceux qui appartenaient à la classe 1903 suivraient la condition de leur classe. On permit en outre à tous ceux qui avaient alors, ou même qui avaient eu, avant de s’engager, un cas de dispense (art. 21), de le faire valoir. Cet arrêt ramena immédiatement au Séminaire un certain nombre d’aspirants, et, la classe 1903 ayant été libérée le 12 juillet 1907, il ne resta plus à la caserne, après cette date, un seul rappelé du 7 janvier.
Au mois d’octobre de la même année, la question du rappel sous les drapeaux s’agita de nouveau pour les étudiants ecclésiastiques de la classe 1904 et pour les prêtres âgés de vingt-six ans. Il ne s’agissait plus, il est vrai, de rentrer à la caserne pour deux ans, mais de faire seulement une nouvelle année de service. Malgré toutes nos démarches, il nous fut impossible d’éviter l’épreuve aux aspirants de la classe 1904. Cette classe avait bien été renvoyée dans ses foyers au mois de septembre : cependant, exception avait été faite pour les ajournés et ceux qui n’avaient encore accompli qu’une année de service. On les maintint donc sous les drapeaux, et les aspirants furent assimilés à ceux-là. Le 15 novembre 1907, quinze d’entre eux durent répondre à l’appel.
Les évêques firent de nouveau déposer des pourvois devant le Conseil d’État relativement aux jeunes prêtres de vingt-six ans, et, le 11 janvier 1908, une décision fut rendue en leur faveur. En voici la substance :
Si, par suite de circonstances auxquelles il reste étranger, le dispensé (art. 23) n’a pas, à vingt-six ans, la qualité de « ministre du cuIte, rétribué par une association cultuelle », il y a lieu de lui faire application de l’article 25 de la loi du 15 juillet 1889 ;
Or, cet article dit qu’il est soumis aux obligations de sa classe et comme sa classe est libérée depuis longtemps, il l’est aussi et pour toujours.
D’où il ressort que, désormais, il ne sera plus besoin de fournir, à vingt-six ans, un certificat d’emploi quelconque. L’arrêt du Conseil d’État est formel.
Quant aux causes de nos martyrs, voici où elles en sont :
1º Vénérables Cuénot et ses compagnons. — Au mois de février 1907, le sommaire des Procès apostoliques et les informations sur le martyre ont été remis au Promoteur de la Foi, pour qu’il fît ses animadversions. Ce travail est terminé et imprimé. Nous l’avons reçu. Il a été donné à l’avocat de la cause qui prépare les réponses. C’était le 13 décembre.
Nous pouvons espérer la Béatification de ces vénérables serviteurs de Dieu, pour le jubilé sacerdotal de Pie X. Cetic cause comprend 35 confesseurs de la foi : mais quelques-uns devront être abandonnés, les preuves de leur martyre n’étant pas suffisantes.
2º Vénérables Imbert et ses compagnons. — Le Procès apostolique sur le martyre de ces vénérables, attendu depuis si longtemps, est arrivé en mars 1906, et il a été déposé à la secrétairerie de la Sacrée Congrégation des Rites. Le chancelier de la Congrégation en fait faire la copie publique, qui sera mise entre les mains de l’avocat et autres personnages qui auront à s’occuper de la cause.
3º Serviteurs de Dieu Berneux et ses compagnons. —L’avocat a terminé le sommaire du Procès informatif fait en Corée. Avant de le livrer à l’impression, il faut faire les rubriques, notes marginales qui aideront dans la compulsion de ce sommaire.
Cinquante et un membres de la Société ont reçu l’hospitalité au sanatorium de Montbeton, du 1er janvier au 31 décembre 1907, avec un total de 7.303 journées.
M. Rèmes y exerçait la charge de supérieur depuis 1893 et se dépensait avec une parfaite abnégation au service de nos chers malades. Mais il a demandé à être relevé de cette charge, devenue bien lourde pour son âge et ses infirmités. Grâces soient rendues à Dieu : la Providence a donné au vénérable supérieur de former lui-même un successeur, dans la personne de M. Sibers, qui saura continuer son œuvre avec un savoir-faire et un dévouement que tous nos confrères connaissent depuis bientôt huit ans.
Veuillez agréer l’expression des sentiments de très affectueux respect, avec lesquels nous avons l’honneur d’être, en union de prières et de saints sacrifices,
Nos Seigneurs, et Messieurs,
Vos très humbles et tout dévoués serviteurs.
Pour les Directeurs du Séminaire :
P. M. COMPAGNON, Secrétaire.
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