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Rapport établissement

Année: 1926
Pays: France
Ville: Paris

II. — ÉTABLISSEMENTS COMMUNS EN EUROPE


SÉMINAIRES DE PARIS ET DE BIÈVRES. — M. Robert, arrivé au terme de la mission que lui avait confiée Mgr le Supérieur, est rentré au mois de juin.
Au cours du voyage en France des nouveaux évêques chinois, Mgr Philippe Tchao, Vicaire Apostolique de Suenhoafou, (province du Tcheli) a été l’hôte du Séminaire, avec son frère prêtre.
Au 31 décembre 1926, la liste des aspirants offre un total de 156, dont 77 à Paris, 59 à Bièvres, 5 à Rome, 15 au service de l’armée.
39 nouveaux aspirants ont été admis et 32 prêtres envoyés en mission. M. Schmitt a subi, le 12 février, une grave opération dont il est, grâce à Dieu, complètement remis.
M. Charles Cesselin, de la mission de Hakodaté, nommé professeur à Bièvres, retenu en Amérique par la maladie pendant son voyage de retour, a pu cependant arriver à temps pour la rentrée des classes.
Depuis le 30 septembre, le service de la cuisine et de la lingerie, à Paris, est confié à trois religieuses appartenant à la congrégation des Sœurs de la Charité de Strasbourg. A Bièvres, la supérieure des religieuses de Saint-Paul de Chartres, Sœur Saint-Eliph, est décédée le 25 juillet, après une longue maladie.
A Rome, M. Anoge a couronné ses études par l’obtention du doctorat en théologie ; deux de ses confrères ont été reçus aux examens de première année. Trois aspirants de Bièvres ont subi avec succès les épreuves du baccalauréat en philosophie de l’Institut Catholique de Paris.
Nous avons eu la douleur de perdre M. Joseph Guénard, du diocèse de Rennes. Envoyé à Rome en novembre 1925 pour y continuer ses études, il dut rentrer en France dans le courant du mois d’avril et fut hospitalisé au sanatorium de Durtol (Puy-de-Dôme). Mais la maladie était trop avancée et il rendit son âme à Dieu le 1er mai. Plusieurs aspirants ont été opérés de l’appendicite parmi lesquels M. Larrieu, destiné à la Mission de Tokyo et qui n’a pu encore s’embarquer. Un grave accident de chemin de fer a retardé également le départ de M. Vigneau pour la mission de Hanoi. Amputé des deux jambes, il ne désespère pas cependant de pouvoir rendre quelques services à la Société, lorsqu’il aura été pourvu de jambes artificielles.

M. Bouchet, missionnaire du Laos, continue de s’occuper très activement des Annamites résidant en France au service de l’armée ou occupés à des emplois civils. Notre confrère peut se donner l’illusion d’un vaste district de mission dont le centre est à Paris avec deux paroisses voisines, les garnisons de Versailles et de Compiègne visitées régulièrement, et les postes plus éloignés où se trouvent dispersées ses brebis encore fidèles ; il en a trouvé cette année dans les garnisons suivantes : Epinal, Remiremont, Rouen, Orléans, Bourges, Nantes, Rennes, Le Mans, Dijon, Dole, Besançon.
« Durant l’année 1926, écrit M. Bouchet, le nombre des catholiques parmi les soldats annamites de la garnison de Paris est de 30 environ. Presque tous sont venus se confesser à la Noël ; il n’y a eu que deux ou trois exceptions. Quelques-uns ont besoin d’être fréquemment rappelés à leurs devoirs pour ne pas tomber dans la négligence. Je désire et j’espère avoir bientôt un local pour les réunions. Quelques civils viennent se confesser au séminaire. La situation d’un païen qui vivait en concubinage avec une française a été régularisée ; les trois enfants nés de cette union ont été baptisés.
20 catholiques sont à la garnison de Versailles, 24 à Compiègne. J’ai rencontré durant l’année, à quelques unités près, 250 soldats catholiques. J’ai pu en aider une centaine dans les garnisons que je n’ai pu encore visiter en envoyant des examens de conscience franco-annamites aux aumôniers militaires. Partout j’ai pu constater que, si ces soldats n’étaient pas visités de temps en temps par un missionnaire, ils passeraient leurs trois années de service sans se confesser. J’ai été édifié de constater que beaucoup de ces soldats achètent des catéchismes et des livres de prières et emploient leurs loisirs à les étudier. »

Le « Foyer des Etudiants d’Extrême-Orient » établi récemment à Paris, n’est pas une œuvre de notre Société ; mais la direction en est confiée actuellement à notre confrère, M. Mollat, par la Sacrée-Congrégation de la Propagande. A ce titre, et à cause de son utilité pour nos missions, cette œuvre doit trouver une place dans ce compte rendu. Voici comment M. Mollat en décrit les résultats déjà obtenus : « L’œuvre a un local dans Paris même, 13, Rue Hallé, à dix minutes des Facultés. Ce local met à la disposition des étudiants une salle de lecture où se trouvent divers journaux et revues d’Extrême-Orient en langue chinoise, annamite, japonaise, quelques journaux et revues en langue française, une bibliothèque d’ouvrages choisis qui sont déjà au nombre de 2.000. Une salle d’études et de correspondance permet aux étudiants qui le désirent de venir travailler là entre leurs cours ou les jours de congé, dans le calme et le confortable d’un local spécialement aménagé, chauffé et éclairé. Une salle de jeux est ouverte le soir après six heures, ainsi que le jeudi et le dimanche. Un garage est réservé aux malles, valises, colis des camarades qui nous les laissent en consigne à leur arrivée à Paris, en attendant leur installation dans tel ou tel hôtel, leur départ dans telle ou telle ville. Un étudiant secrétaire est en permanence dans ce cercle et se met à la disposition de tous ses camarades pour tous renseignements utiles. C’est là que s’est rédigé pendant toute l’année le Bulletin de la Jeunesse Catholique Chinoise. Depuis octobre, il a transféré ses bureaux à Louvain où le désirait le P. Lebbe, son fondateur ; mais lui succède dans notre Cercle le Bulletin de l’Amitié Indochinoise dont le premier numéro vient de paraître. Ce nouveau bulletin est rédigé par des étudiants annamites catholiques. C’est dans ce local que se tiennent nos réunions générales, quelques conférences pendant l’hiver, que je donne rendez-vous à tel ou tel étudiant... Depuis octobre, j’y ai installé deux secrétaires annamites qui y ont mis beaucoup de mouvement ; il s’y trouve jusqu’à 25 étudiants le dimanche.
Le second local de l’œuvre, le plus important, se trouve à Bourg-la-Reine, à dix minutes de Paris par tramway ou par chemin de fer. C’est une Maison de Famille qui peut recevoir jusqu’à 20 étudiants. J’y habite d’une façon permanente, restant d’ailleurs en contact très suivi avec le Cercle de la rue Hallé où je me rends très fréquemment. Du 1er novembre 1925 au 1er novembre 1926, cette Maison de famille a reçu 42 étudiants, dont 29 chinois, 5 japonais, 7 annamites, 1 philippin. Sur ce nombre, 15 y ont passé l’année complète, les autres y ont fait des séjours de 6 mois, 3 ou 4 mois, 1 mois, surtout à l’époque des vacances… Dans la maison même se trouve une chapelle où tous les étudiants catholiques sans exception assistent à la messe le dimanche. A cette messe, je fais toujours une conférence religieuse. A chaque grande fête religieuse, j’ai eu le plaisir de voir une bonne douzaine d’étudiants faire la sainte communion ; 4 ont été à la communion quotidienne ou quasi quotidienne toute l’année.
Des repas sont servis aux pensionnaires à leur gré et j’ai eu la satisfaction de les voir, à peu près unanimement, entrer régulièrement pour l’heure du dîner, à sept heures et demie, ce qui les éloigne par le fait même des tentations de la vie mondaine, théâtre, cinéma, danse, compagnies plus ou moins équivoques.
Sur les 42 étudiants reçus au Foyer au cours de l’année, il y a eu 27 catholiques, 1 protestant et 14 païens. L’un de ces derniers, un japonais, a reçu le baptême au mois de septembre ; actuellement, j’ai deux catéchumènes, l’un chinois et l’autre annamite. Hors du Foyer, mais fréquentant notre groupement, et prenant part à nos réunions, il faut encore compter une vingtaine de Chinois et une cinquantaine d’Annamites. Notre réunion d’Annamites du mois d’octobre atteignit même la centaine et fut de tout points réussie. »

MAISON DE DORMANS. — Trois frères coadjuteurs ont fait leurs premières promesses :
Le 14 septembre, le Frère Paul Lanoizelet, du diocèse d’Autun ; le 3 novembre, le Frère Henri Curty, du diocèse de Besançon ; le Frère Edouard Hayoz, du diocèse de Lausanne.

PROCURE DE ROME. — La clôture officielle de l’Exposition vaticane a eu lieu le 10 janvier. M. Beyls s’est employé avec beaucoup de zèle à recueillir et expédier les divers objets qui devaient faire retour aux exposants. Un certain nombre d’entre eux, au sujet desquels aucune instruction n’avait été donnée, ont été offerts au Saint-Siège pour prendre place au Musée permanent des Missions organisé au Palais de Latran.

Veuillez agréer les sentiments profondément respectueux avec lesquels je suis,
Messeigneurs,
Messieurs et chers Confrères,
Votre serviteur en Notre-Seigneur Jésus-Christ.

† J. DE GUÉBRIANT,
Archevêque de Marcianopolis.
Supérieur du Séminaire et de la Société.

A. CHAMBON,
Secrétaire.



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