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Rapport établissement

Année: 1932
Pays: France
Ville: PARIS ET BIÈVRES

II. — Établissements communs en Europe.


SÉMINAIRES DE PARIS ET DE BIÈVRES.


La visite de Monseigneur le Supérieur commencée en octobre 1931 s’est poursuivie pendant huit mois. Ce long et rapide voyage ne fut pas sans fatigue ni toujours sans danger ; les chroniques du Bulletin de Hongkong en ont donné les détails, et souligné l’heureuse impression produite dans chacune des Missions visitées. Son Excellence quittait Harbin le 29 mai 1932, et débarquait à la gare du Nord le 8 juin au matin.
Au mois de novembre Monseigneur s’est rendu à Rome. De nombreuses visites et réceptions occupèrent une semaine entière. Le 17 novembre, audience du Saint-Père, qui retint Monseigneur le Supérieur pendant plus de ¾ d’heure, prenant un intérêt visible au récit de la récente tournée faite dans nos Missions, posant maintes questions et manifestant une compréhension particulièrement nette de la question sino-japonaise, telle qu’elle se pose actuellement et sur ses développements futurs.
A. l’occasion de la fête patronale du Séminaire de Bièvres, le 8 décembre, la remise à Monseigneur le Supérieur des insignes d’Officier de la Légion d’honneur fut faite par Mgr Baudrillart, Recteur de l’Institut Catholique. Monseigneur l’Evêque de Versailles, accompagné d’un de ses vicaires généraux, M. le Chanoine Germain, Directeur de l’Œuvre Apostolique, M. Georges Goyau, de l’Académie française, M. Canet, Conseiller technique au Ministère des Affaires-Etrangères, M. Froidevaux, Secrétaire général du Comité de l’Asie française, M. Dautremer, ancien Consul au Japon et au Siam, étaient venus s’associer à notre commune joie. Après la formule et l’accolade traditionnelles, Mgr Baudrillart tint à exprimer sa fierté de voir notre Société mise à l’honneur en la personne de son vénéré Supérieur. Mgr de Guébriant remercia à son tour et eut pour chacun des hôtes un mot de reconnaissance pour la sympathie que témoignait leur présence.
Deux douloureuses épreuves sont venues assombrir les premiers jours de l’année. Un de nos aspirants, M. Gauclère, du diocèse de Lyon, sous-diacre de la dernière ordination, atteint de phtisie, est décédé à l’hôpital Saint-Joseph le 13 janvier. Dix jours plus tard, M. Durand, en résidence au Séminaire et chargé depuis plusieurs années de la rédaction des Annales de l’Œuvre des Partants, a rendu son âme à Dieu le matin du 23, après quelques jours seulement de maladie. Sa santé paraissait bien altérée depuis deux mois, aussi ses forces affaiblies n’ont-elles pu réagir contre les attaques d’une pneumonie double.
M. Aubert a dû subir au mois d’avril une délicate opération. Elle eut lieu dans d’excellentes conditions. Le 6 novembre des accidents inquiétants s’étant produits, il acquiesça avec empressement à la proposition de recevoir l’Extrême-Onction, qui lui fut administrée par Monseigneur le Supérieur. Depuis, son état s’est graduellement amélioré, et nous espérons que le mieux s’accentuera encore.
A la fin de l’année, l’effectif des aspirants se répartit comme suit : à Paris, 70 ; à Bièvres, 59 ; à Rome, 8 ; au service de l’armée, 18. Total : 155.
24 nouveaux prêtres ont été envoyés dans les Missions.
A Rome, M. Lobez a obtenu le grade de Docteur en théologie ; MM. Dewonck, Harmandon et Cussac ont été reçus licenciés ; MM. Anouilh, Mortagne et Perriot-Comte ont subi avec succès les épreuves du baccalauréat en théologie et Droit canon.
Trois nouveaux Frères coadjuteurs ont fait leurs premières promesses le 2 février à Dormans : les Frères Alphonse Huchot (du diocèse de Metz) ; Joannès Moreau (de Lyon) ; Ferdinand Lancien (de Saint-Brieuc).
A la rentrée d’octobre le petit séminaire Théophane Vénard à Beaupréau comptait 12 élèves, sous la direction de M. Davias-Baudrit.
M. Bouchet en mars et avril 1932 a fait une longue tournée pour visiter les soldats annamites dans le Midi de la France, tournée au cours de laquelle il a entendu 242 confessions. Deux soldats bien instruits furent baptisés à Nîmes. Les garnisons de Paris et ses environs, celles de l’Est, Dieuze, Epinal, Lure, etc... donnèrent une centaine de confessions annuelles. L’état de santé de notre confrère ne lui permit pas de répondre aux invitations des aumôniers de l’Ouest. Le rapatriement de ces soldats est commencé et sera terminé en avril 1933. Les chômeurs français les ont remplacés dans les camps pour l’entretien du matériel, les chômeuses dans les hôpitaux pour le travail d’infirmerie. Plusieurs chefs de village en Indochine se sont plaints que ces soldats étaient moins souples envers les autorités après leur retour au pays. Par contre les aumôniers militaires français regrettent beaucoup le départ des catholiques qui étaient exemplaires pont l’assistance à la messe le dimanche et la fréquentation du Foyer en semaine.

Veuillez agréer les sentiments profondément respectueux avec lesquels je suis,
Messeigneurs,
Messieurs et chers Confrères,
Votre serviteur en Notre-Seigneur Jésus-Christ.


† J. DE GUÉBRIANT,
Archevêque de Marcianopolis,
Supérieur du Séminaire et de la Société.


L. MONTAGU,
Secrétaire.



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