| Année: |
1951 |
| Pays: |
France |
| Ville: |
Paris |
CHAPITRE X
~~~~~~~
ÉTABLISSEMENTS COMMUNS
~~~~~~~
I. — Etablissements communs en Europe
SÉMINAIRE DE PARIS.
La Communauté de Paris compte maintenant une centaine d’aspirants inscrits, mais vingt-cinq d’entre eux accomplissent leur service militaire qui vient d’être porté à dix-huit mois. Quatre aspirants sont élèves du Séminaire Français de Rome, tandis que leurs aînés, déjà prêtres, continuent leurs études en résidant à la Procure. A Lille, deux jeunes prêtres préparent leur licence en philosophie et en sciences. Pour répondre aux vœux de l’Assemblée Générale de 1950, un plus grand nombre d’aspirants ont été désignés pour préparer des études supérieures : licences ou stages d’études pratiques, à Rome, à Paris, à Lille et même à Jérusalem. Le P. Mora qui, au Séminaire, est plus spécialement chargé de la direction des aspirants-prêtres, vient d’être désigné comme directeur des jeunes missionnaires retenus ou rappelés en France pour des études supérieures.
Le P. Jacquemart, si apprécié pour ses cours de catéchistique et d’anglais, a dû regagner l’Inde où l’appelaient ses nouvelles fonctions de Supérieur Régional. Le P. Bonis, secrétaire particulier de Monseigneur le Supérieur, a bien voulu accepter de donner les cours d’anglais au Séminaire. Pour les cours de Dogme, le P. Jean Perrin a remplacé le P. Bernard Wittwer, nommé à Bièvres. M. Auguste Le Guennant, directeur de l’Institut Grégorien de Paris, donne régulièrement au Séminaire des cours de direction chorale, tandis que l’Abbé Bihan, sous-directeur du même Institut, initie chaque semaine nos aspirants à la rythmique grégorienne.
Les santés, surveillées par des examens médicaux fréquents, ont été bonnes dans l’ensemble. Cependant deux aspirants n’ont pu reprendre leurs études qu’après un traitement de plusieurs mois au Sanatorium du Clergé à Thorenc.
Conformément aux nouvelles constitutions de la Société, les aspirants sont maintenant agrégés temporairement à la Société avant la première tonsure, et définitivement avant la réception des ordres sacrés. Le 1er juin 1951, au cours de la retraite d’ordination, prêchée par M. le Chanoine Mazerat, de Paris, 40 aspirants ont prononcé le « Bon Propos » et 43 la « Promesse ». Au cours de l’année 1951, 31 nouveaux missionnaires ont reçu leur destination.
Séminaire de Bièvres. — A la rentrée de septembre 1950, 52 « anciens » restaient inscrits sur le registre de Bel-Air (soldats et malades compris). 36 nouveaux sont venus se joindre à eux, la plupart dès le début de l’année.
Il demeure vrai que beaucoup de nos jeunes gens sont de santé fragile. L’inscription aux Assurances sociales à titre d’étudiants de tous ceux qui réalisent les conditions posées par la loi (c’est le cas de la plupart) va alléger beaucoup les frais d’infirmerie et faciliter la surveillance médicale et les traitements utiles.
Notre système d’examens écrits intra-semestriels obtient des résultats heureux pour les aspirants qui manqueraient ou de zèle ou de discipline dans leur travail et pour ceux qui, sans être dépourvus de moyens suffisants, ont besoin d’être aidés. Il reste à stimuler et encourager les mieux doués et les plus forts ; la demande d’affiliation de notre Séminaire à la Faculté de Philosophie de l’Institut Catholique de Paris, formulée depuis deux ans, va bientôt aboutir; nous pourrons ainsi présenter au Baccalauréat de Philosophie scolastique les meilleurs de nos aspirants de deuxième année. Pour ceux de première année, nous avons comme stimulant, efficace en général, le Baccalauréat universitaire. Sept de nos aspirants ont obtenu ce diplôme en 1950 ; à la session de juin 1951, cinq ont été reçus, dont trois avec mention.
Le P. Fleury Fuma a succédé au P. G. Cussac dans la charge de Vice-supérieur, et le P. Liogier au P. Lannay dans celle d’économe. Nouveaux ou anciens, tous les directeurs se sont acquittés de leurs fonctions, comme dans le passé, avec un dévouement et une charité qui ont singulièrement facilité la tâche du Supérieur.
Petit séminaire de Beaupréau. — C’est avec plaisir que nous offrons depuis quelques années au Séminaire de Bièvres un nombre relativement important de nouveaux aspirants. Dix de nos postulants en juillet 1949, onze en 1950, treize en 1951 ont fait leur demande pour le grand séminaire ; ils forment cette année le tiers du contingent de Bel-Air et quand on songe à l’effectif total de Beaupréau qui a oscillé autour du chiffre 45, on peut s’estimer heureux de la persévérance de nos enfants.
Voilà de longues années cependant que se pose la question du recrutement de nos élèves et, l’an dernier, en voyant partir nos treize « grands », nous nous demandions ce que serait la communauté ainsi amputée. Grâce à Dieu, 16 rentrées, en octobre 1951, nous ont permis de garder notre effectif de 42 élèves. Mais il semble que par la bonne volonté de tous et principalement des confrères qui, dans un congé en France, reprennent contact avec leur diocèse, on pourrait espérer une communauté plus importante.
Les années écoulées se sont passées sans faits notoires, Beaupréau donne l’apparence d’une famille qui, comme les peuples heureux, n’a pas d’histoire.
Un point noir cependant à l’horizon, en plus du recrutement insuffisant, est la difficulté de constituer un corps professoral stable.
En 1951, nous avons résolu de constituer le cycle complet des études secondaires, c’est-à-dire six classes depuis la 6e jusqu’à la rhétorique, de sorte que pour l’effectif cité plus haut un minimum de dix professeurs s’avère indispensable.
Et, chaque année, la même difficulté se représente, en octobre : comment va-t-on organiser les cours avec un personnel si changeant ?
Nous sommes cependant confiants dans l’avenir. Cette année le séminaire semble avoir été habilité à recevoir les bourses scolaires, peut-être le devons-nous aux succès de nos candidats au baccalauréat, qui travaillent ainsi à la bonne réputation de notre établissement.
Ecole missionnaire de Ménil-Flin. — La baisse de nos effectifs, prévue dans le dernier compte rendu, s’est malheureusement réalisée, puisque la rentrée du mois de septembre ne nous a fournis que vingt élèves ; il faut prévoir que cette baisse s’accentuera encore l’an prochain, car nous arrivons aux années creuses. Le P. Pélardy, qui vient d’être chargé du recrutement dans le diocèse de Nancy, réussira, nous l’espérons, à trouver quand même des vocations dans ce beau diocèse qui comptait dix-huit postulants à la rentrée de 1945 et n’en compte plus que six aujourd’hui.
Dans le corps professoral, le P. Tavernier, parti au Japon, a été remplacé par le P. Roncin, destiné à la même Mission.
Le P. Peignont, qui a remplacé le P. Le Restif à la paroisse, s’est installé à la garderie de Flin transformée en presbytère. Le P. Louison a célébré ses noces d’argent sacerdotales le 19 décembre ; ce fut une fête intime à laquelle participèrent plusieurs confrères venus de l’extérieur : le P. Prouvost, qui fit le discours de circonstance, le P. Tournier et le P. Lagarde, qui fêtaient en même temps leur jubilé de diaconat et de sous-diaconat.-
Les fêtes du centenaire du martyre du Bienheureux Augustin Schœffler nous ont procuré la joie de la visite de Mgr le Supérieur général qui représentait la Société à Mittelbronn, village natal du Bienheureux. Ce même jour, trois de nos confrères représentaient l’Ecole missionnaire aux fêtes organisées au Grand Séminaire de Nancy. Le soir du 1er mai, dans notre chapelle, le salut solennel fut présidé par S.E. Mgr Lallier, évêque de Nancy, qui nous faisait sa première visite officielle.
Plusieurs de nos confrères ont mis leur dévouement au service des paroisses voisines ; le P. Bertin en particulier a prêché de nombreuses journées missionnaires dans les diocèses de Nancy et de Saint-Dié.
Le 2 juillet, le P. Lanher, troisième prêtre sorti de Ménil-Flin, chantait une première Messe dans notre chapelle. Ce jour-là, le P. Prouvost, spécialement délégué par Monseigneur le Supérieur général, remettait à M. l’abbé Hinzelin, directeur légal de l’Ecole depuis sa fondation, le diplôme de membre honoraire de la Société.
Sanatorium de Montbeton. — Si la chronique annuelle de nos chères Missions est aisée, en raison des événements qui s’y déroulent, des lourdes croix qui les accablent, fournissant ample matière au rédacteur de leur compte rendu, celle du Sanatorium Saint-Raphaël l’est beaucoup moins, qui ne pourra que se répéter, dans sa banalité, en définitive toujours édifiante.
On nous chantait, au « Gai bonjour » : « Comme les flots de la mer azurée, nous nous suivons... » C’est aussi, plus peut-être qu’ailleurs, notre cas. De nouvelles tombes se sont ajoutées à notre cher cimetière et les vides creusés dans nos rangs par la mort ont été aussitôt comblés. Les demandes de quelques confrères, faute de place, n’ont pu être satisfaites.
« Notre départ touche à notre arrivée. » Vrai pour les uns, faux pour les autres. Tel confrère est arrivé en 1916 et notre cher P. Roucoules, comme malade d’abord, puis économe, a vécu trente-six ans sous le ciel de Montbeton. Le P. Massard, lui, n’a fait que toucher terre ; tout son cœur était resté au Tonkin, mais on eût aimé garder longtemps un confrère aussi aimable, aussi dévoué, aussi souriant. S. Exc. Mgr Cuaz a eu la fin très pieuse et très humble qu’il recherchait. Exemple d’une fidélité scrupuleuse à ses exercices de piété, toujours occupé, travaillant jusqu’au dernier jour à quelque traduction siamoise ou laotienne ; craignant toujours d’être à charge et plein de reconnaissance pour le moindre service rendu. Sa grande humilité l’avait conduit à refuser toute manifestation pour ses noces d’or épiscopales et même à ne pas permettre une lecture publique de la lettre que le Souverain Pontife lui avait adressée à cette occasion.
Quatre autres missionnaires sont allés recevoir la récompense et nous attendent dans l’éternelle Paix.
Je dois signaler, parce qu’elle fut particulièrement goûtée, notre retraite, qui, cette année, a été prêchée par le T.R. Père Aloys, religieux capucin de la Maison de Toulouse, habitué des retraites sacerdotales, au verbe facile et aussi intéressant dans sa collection de « Fioretti », que clair et pratique dans ses conclusions.
Une mention enfin à nos deux jubilaires, les PP. Auguin et Bréas. En Mission, autrefois, des noces d’or étaient si rares ! Ici chaque année en amène quelqu’une... Et nous attendons mieux encore, avec le vénérable doyen d’âge de la Société, le R.P. E. Garnier, qui depuis février dernier a entamé sa 90e année. Que le bon Dieu nous le garde !
Et qu’Il permette à tous de travailler à Sa gloire par l’offrande de leurs prières et de leurs sacrifices, en union de cœur avec ceux des nôtres qui combattent là-bas, donnant à la cause leur sueur et parfois leur sang.
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|