Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport établissement

Année: 1970
Pays: France
Ville: Paris

ETABLISSEMENTS COMMUNS



Communauté de Paris


Au cours de 1970, la vie de la Communauté de Paris n’a pas connu de grands bouleversements par rapport à l’exercice précédent. Il suffira de donner ici quelques précisions concernant l’économat, l’accueil et la chapelle. Pour les autres services de la maison, on se reportera au compte rendu qu’ils donnent par ailleurs, chacun pour leur compte.


Effectifs

En 1970, près de 55 000 repas ont été servis dans notre réfectoire, sans compter les petits déjeuners du matin. Au cours de l’année, nous avons accueilli, pour les périodes plus ou moins longues, 157 M.E.P. de passage à la rue du Bac, et 401 hôtes étrangers à la maison. Parmi ces derniers, nous sommes heureux de compter plusieurs évêques de France, qui descendent régulièrement chez nous, à l’occasion de réunions de l’épiscopat à Paris.

Dans la mesure de nos possibilités, nous avons reçu, comme par le passé, des hôtes-étudiants dont la provenance est très diverse, ce qui donne à notre communauté un caractère international très marqué. En plus des 7 prêtres de la Société qui font actuellement des études à Paris, nous hébergeons actuellement : 5 prêtres d’Asie, 4 prêtres (2 Italiens, 2 Espagnols) en partance pour l’Afrique, 8 prêtres de différents diocèses de France et 4 frères des Ecoles chrétiennes Vietnamiens.


Réparations

Au cours de l’année, la peinture a été refaite dans les couloirs des premiers et deuxième étages du nouveau bâtiment. Mais le plus grand changement a été le passage du courant électrique de 110 à 220 volts dans toute la maison, ce qui a nécessité une réfection presque totale des installations. A cette occasion, la disposition de l’éclairage à la crypte a été remaniée.


Confrères malades et en congé

En 1970, 91 confrères sont rentrés en France soit pour congé régulier, soit pour maladie, soit par suite des événements du Cambodge. Dans le courant de l’année, 33 confrères ont dû être hospitalisés dans différentes cliniques de Paris ou de province, 15 d’entre eux ayant eu à subir des interventions chirurgicales importantes.


Service de la chapelle

Près de 400 personnes du voisinage continuent à fréquenter notre chapelle pour la messe dominicale. On évalue à près de 10 000 le nombre de confessions qu’on y a entendues dans le courant de l’année écoulée. Depuis le mois d’octobre, une messe du dimanche, célébrée le samedi soir, réunit un bon groupe de fidèles.

Quant à la prière du soir, à 19 heures, les complies en latin ont été remplacées, depuis le carême 1970, par la récitation des vêpres en français, selon la formule de « Prière du temps présent ».


Bibliothèque

Dans le courant de 1970, les emprunts de livres ou les consultations ont été de 350 volumes pour la bibliothèque générale et de 342 volumes pour la bibliothèque d’Extrême-Orient. Soixante-sept (67) personnes étrangères à la maison sont venues travailler à la bibliothèque et consulter les livres ou les revues.


Macrocéphalie?

La Société est accusée parfois de « macrocéphalie ». Mais réalise-t-on concrètement tout ce qui est nécessaire comme organisation en France pour que la présence missionnaire soit possible et effective en Asie ? La Société travaille comme un corps dont les fonctions sont différentes mais se complètent les unes les autres. En tous cas, il est certain que les confrères des différents services de la rue du Bac ne sont jamais aussi heureux que lorsqu’ils sentent qu’ils contribuent, ne serait-ce que modestement, à servir les missionnaires « sur le terrain ».



Procure de Rome


Les activités de la procure de Rome ne sont pas de celles qui donnent lieu à de longs développements ou fournissent matière à discussion sur des problèmes d’apostolat... Elle est un « service » de la Société et des Missions et, comme telle, elle prend place dans « l’intendance ».

La communauté permanente m.e.p. de Rome est réduite au minimum requis pour constituer un « chapitre ». Mgr ANOGE continue à exercer la charge de conseiller ecclésiastique de l’ambassade du Japon près le Saint-Siège. Le P. Jean WARET, de Urawa, prépare une thèse de sociologie sur les grands ensemble urbains au Japon.

Il est plus difficile de définir en deux lignes ce que fait le Procureur. Il est décrit, dans les Constitutions de la Société, comme le représentant du Supérieur général auprès des organismes du Saint-Siège. Son rôle, en cela, est celui d’une courroie de transmission ; il n’est pas très difficile en lui-même, et il est encore facilité par l’accueil toujours bienveillant qu’il trouve dans les diverses congrégations romaines et particulièrement à la Congrégation pour l’Evangélisation avec laquelle il a le plus de relations. Et il doit dire que, si parfois la solution de certaines affaires rencontre des lenteurs, cela tient à la nature de ces affaires ou à la complexité, voire à la complication des procédures, et non aux personnes, dont la compréhension et le désir de les faire aboutir ne sont pas en cause.

Le procureur à Rome représente également le Supérieur général dans l’Union des Supérieurs généraux (U.S.G.) et participe, à titre de délégué permanent, tant aux réunions plénières de l’Union qu’à celles de la Commission des Missions qui, au sein de l’U.S.G. regroupe les représentants des instituts missionnaires. Un autre organisme, non officiel celui-là, le SEDOS, réunit une trentaine d’Instituts missionnaires masculins et féminins pour un service commun de documentation et d’étude de projets missionnaires.

Les Constitutions disent encore que le procureur à Rome « est postulateur pour toutes les causes introduites par la Société ». Mais, depuis la béatification des Martyrs de Corée, en 1968, il n’y a plus de « causes » en cours, et le postulateur n’a rien à postuler !

Bien que les Constitutions ne le mentionnent pas, la procure de Rome est aussi une procure d’accueil et de « commissions » ce qui permet au procureur de garder un contact direct et amical avec les confrères. L’accueil de ceux qui s’arrêtent dans la Ville éternelle est sans doute sa tâché la plus agréable. Cette année 1970, une trentaine de confrères y ont fait un séjour, très court le plus souvent, quelques-uns pour traiter quelque affaire, la plupart pour accomplir un pèlerinage au centre de la chrétienté. En septembre, le P. Gérard CUERQ, de Hwalien, y a fait un séjour un peu plus long pour participer à une session organisée par le SEDOS sur les « Crédit-Union ».

Le Supérieur général est venu à Rome à plusieurs reprises. En février d’abord, au retour de son voyage dans le Sud-Est Asiatique, il a pu faire part au Saint Père et aux responsables de la Congrégation pour l’Evangélisation des informations et des impressions retirées de ce voyage. En novembre, il a pris part à une réunion des supérieurs des instituts missionnaires non religieux, au cours de laquelle a été envisagée la création d’une « Union » officielle de ces instituts et où il a été parlé du projet de statut particulier de ces mêmes instituts dans le futur code de droit canonique. A la suite de cette réunion, le Supérieur général a participé à une session de l’U.S.G. sur le thème « Structures de participation dans les Instituts ». Au début de décembre, il a rencontré plusieurs personnalités de la Curie, et particulièrement le cardinal AGAGIANIAN, qui venait de laisser sa charge de préfet de la Congrégation pour l’Evangélisation, et le cardinal Rossi qui lui succède désormais dans cette charge. Au premier, il a exprimé la reconnaissance de la Société pour l’estime, la confiance et le soutien qu’il lui a toujours témoignés, et il a assuré le second du dévouement et de la fidélité au Saint-Siège de la Société et de ses membres. En dehors de ces entretiens, le Supérieur général a pris part, comme expert à un colloque organisé par la Commission pontificale « Justitia et Pax » sur le développement.

Parmi les hôtes de la procure au cours de l’année, méritent aussi une mention spéciale NN. SS. DUPONT, BAYET et CHAPUIS, ainsi que plusieurs évêques qui nous ont fait le plaisir de partager notre repas, NN. SS. TAGUCHI, ITO et NAGAE, du Japon, VENDARGON, de Malaysia, RAJAPPA de l’Inde, Gilbert RAMANANTOANINA, de Madagascar.


Service des Procures


L’année qui s’écoule n’a pas été marquée par des faits vraiment saillants. En dépit du petit nombre de leurs membres, les procures ont pu travailler efficacement malgré les aléas inhérents à l’économie mondiale actuelle, victime d’une inflation persistante difficilement contrôlée.

Le nombre de nos procures reste le même que l’an dernier. Quelques changements à signaler dans le personnel.

A San Francisco, en juillet dernier les PP. TUAL et DUHART chargés de cette procure, ont eu le vif regret de constater que tous leurs efforts étaient vains et ont dû se résigner à voir partir définitivement le P. ARVIN, fondateur et animateur de cette procure pendant de longues années. Menacé de cécité, il n’a plus qu’un œil dont la vision est très faible, et victime d’une hémorragie cérébrale qui l’a laissé très handicapé malgré les soins excellents qui lui ont été prodigués, le P. Arvin est venu rejoindre nos anciens retirés à Montbeton. C’est là que quelques semaines plus tard le P. VIRCONDELET, ancien économe général, venait le rejoindre, après un séjour de deux années passées à Béthanie. Tous deux s’habituent petit à petit au rythme de leur nouvelle vie. A tous les deux, ainsi qu’au P. FABRE, ancien procureur de Marseille, retiré lui aussi à Montbeton, et au P. SAMSON, ancien procureur de Genève, qui a préféré prendre sa retraite dans une petite localité du Gard, nous souhaitons d’agréables vieux jours et nous les remercions de tout ce qu’ils ont fait pour la Société.

C’est dans le calme de la procure de Toronto que le P. IBARRART, chargé de cette procure, accueillait, en septembre dernier, le Père Supérieur général, l’Econome général et les responsables des procures de placements pour une séance de travail de cinq jours. Cette réunion nous a permis de discuter à loisir, avec nos directeurs laïcs, des problèmes financiers et économiques de l’heure, afin de nous aider à nous adapter aux circonstances actuelles.

A Genève, le P. SIMON a pratiquement terminé la réorganisation de la procure. Désormais, d’après les nouveaux statuts, cette dernière sera gérée, à peu de choses près, comme San Francisco et Toronto, c’est-à-dire par un comité de directeurs, formé du procureur responsable et de laïcs bénévoles qualifiés et intéressés aux missions.

Le P. CAMINONDO, après un congé bien mérité, vient de reprendre sa place à la procure de Hongkong, où il assume simultanément la double responsabilité de la procure de Hongkong et de celle de Singapore. Le mauvais état de santé du P. LOBEZ nous a amenés, à contre-cœur, à prendre des mesures de sécurité pour qu’en cas d’accident, il y ait quelqu’un, en l’occurrence le P. Caminondo, pour reprendre immédiatement la direction de cette procure. Pour le moment et, nous espérons qu’il en sera ainsi bien longtemps encore, le P. Lobez va beaucoup mieux. C’est lui qui, muni d’une délégation de pouvoir du P. Caminondo, assure la direction de la procure de Singapore.

La procure de Paris ne change pas. Les deux anciens, les PP. AUNEVEUX et FLEURY sont toujours fidèles au poste. Cette année, le P. Auneveux, en plus de son travail habituel, a dû s’occuper de la vente de nos maisons de Lille et de Beaugrand, deux propriétés que le Conseil a décidé de vendre, puisqu’elles n’avaient plus leur raison d’être. La grande maison de Lille, vidée de ses étudiants, devenait beaucoup trop grande pour n’abriter que deux pères chargés de l’Information dans le Nord. Quant à Beaugrand, qui ne pouvait héberger que quelques confrères, elle devenait inutile et ses pensionnaires ont facilement été accueillis par Montbeton et Lauris.

La comptabilité de Paris, prenant de plus en plus d’importance, devenait un fardeau beaucoup trop lourd pour une seule personne. C’est pourquoi nous avons jugé bon d’adjoindre un aide au P. Fleury, en la personne du P. TOURNIER, ancien procureur de Toronto. Ce dernier cumule simultanément les fonctions de « mécanographe » quand il est à Paris, — en son absence nous sommes obligés de faire appel à une personne de l’extérieur, — et de procureur itinérant, quand on a besoin de lui pour remplacer des procureurs qui prennent leur congé, comme c’était le cas cette année.

Le P. CAMBON, adjoint de l’économe général, tout spécialement chargé, en plus des comptes généraux et régionaux, de l’entretien de nos maisons de France, a pratiquement terminé la restauration de Montbeton. Montbeton et Lauris sont désormais bien équipés pour accueillir nos vieillards. A Paris, les améliorations et transformations les plus importantes sont pratiquement terminées. Cette année, en plus des peintures extérieures des portes et fenêtres, le P. Cambon s’est occupé du changement de courant dans la maison ; du 110 nous sommes passés au 220.

A la Procure des commissions, pas de changement. Les PP. GENTINNE et BARTHOD sont toujours fidèles au poste et continuent à faire tout leur possible pour satisfaire nos confrères.

En conclusion, on peut dire que dans l’ensemble l’année a été bonne. Un grand merci, au nom de la Société, à tous les confrères des procures, pour leur bon travail effectué dans un esprit missionnaire.

Service
pour la formation permanente


Le personnel du Service s’est accru d’un membre en cette année 1970 : le P.J. VÉRINAUD, empêché de retourner en Inde, a accepté de collaborer avec l’équipe composée des PP. KÉROUANTON, MASSIOT et PIERRON. Nous nous sommes réunis le vendredi 27 novembre pour établir le bilan des activités de cette année et pour élaborer un peu les projets de l’année 1971.


I. BILAN


L’action réelle du Service est hors de nos prises : le but étant la formation de personnes ne peut être apprécié directement ; les résultats sont à longue portée. Notre appréciation porte plus sur les moyens utilisés que sur les objectifs à atteindre. De-ci de-là, un signe ou l’autre peut indiquer si les efforts entrepris sont valables. Nous commençons par le moyen le plus facile à juger.


A. LES PUBLICATIONS

La parution des Echos et d’Epiphanie a été régulière : seul le Compte rendu annuel s’est trouvé retardé, mais nous avons pris des mesures pour que, l’an prochain, il paraisse fin mars, début avril.

Les Echos

Durant cette année, deux rubriques nouvelles ont été introduites dans les Echos : l’une de spiritualité missionnaire ; elle a été confiée au P. L. LEGRAND, de Bangalore. Elle se continuera par les articles du P. Jean L’Hour, de Penang. C’est une rubrique difficile: le décalage en spiritualité est très important entre les différents membres de la Société.

La deuxième rubrique qui a fait son apparition, « Problèmes d’Eglise », est l’œuvre du P. VÉRINEAUD. Elle nous apparaît comme un complément heureux de l’excellente recherche du P. TRIVIÈRE, « Le Mois en Asie ».
A ce que nous pouvons en savoir, cette revue est lue ; les appréciation sont bonnes. Nous avons des demandes pour l’envoyer en dehors de « Peuples du Monde », mais nous restons fidèles au contrat passé avec cette dernière revue, dont elle ne constitue que l’encart M.E.P.

La présentation n’est pas sensationnelle : elle n’a rien pour accrocher l’œil. Mais nous sommes tenus par deux faits : le prix de revient et l’envoi par avion, qui limite le nombre de pages et le poids.

Epiphanie

Contenu. — Nous avons continué de travailler dans l’optique prise ms années pré- cédentes : la revue doit devenir l’expression de la recherche et de la réflexion des confrères. La majeure partie des articles vient donc d’eux : trois articles seulement ont été empruntés à d’autres publications pour les quatre livraisons de l’année.

Rapport la formation permanente. —Nous utilisons plus spécialement deux moyens, les enquêtes et les interviews, pour que l’éventail des confrères qui s’expriment soit de plus en plus ouvert.
Il faut constater un semi-échec de l’enquête proposée pour 1970. Elle portait sur la connaissance du milieu à évangéliser. Les réponses ont été peu nombreuses : cinq de quatre groupes différents. Il semble que les raisons soient diverses :

— l’enquête était peut-être trop vaste et trop complexe ; il avait pourtant été précisé que le groupe pouvait limiter son choix à tel ou tel point du questionnaire.

— les réponses avaient été beaucoup plus nombreuses l’année précédente, mais il s’agissait de réponses individuelles ; cette année, l’on attendait des réponses collectives. Le travail en groupe est notablement plus difficile.

— les enquêtes sont nombreuses, si bien qu’un groupe se trouve affronté à toute une série de questionnaires et les réunions ne sont pas très nombreuses.

Pourtant l’échec n’est pas complet, car les groupes qui ont travaillé à l’enquête nous ont fourni les meilleures réponses que nous ayons jamais reçues. C’est la preuve que ce genre de recherche peut être profitable au groupe et à l’ensemble des missionnaires.

Réactions. — Nous n’avons eu que quelques réactions orales de la communauté de Paris. Il nous est donc impossible d’estimer l’impact de la revue. Les réactions qui viennent de l’extérieur de la Société sont excellentes.

Compte rendu annuel

L’effort d’analyse des situations a été poursuivi. Pour mieux cadrer l’objectif, nous avions envoyé à tous les Supérieurs régionaux et locaux une circulaire précisant les buts de ce compte rendu. Il faudrait arriver à ce que le compte rendu ne soit plus le pensum annuel du supérieur régional ou local, mais l’œuvre du groupe qui revoit ses objectifs et les moyens mis en œuvre. On éviterait ainsi l’aspect encore trop narratif de ces rapports et on aiderait à la solution d’un problème qui se pose à nous.

Nous nous trouvons, en effet, devant une alternative qu’il n’est pas facile de trancher :

— ou bien publier tels quels les textes qui nous sont envoyés. Nous l’avons fait l’an dernier. Ce choix devrait être possible si le compte rendu n’est plus l’œuvre d’un homme mais d’un groupe.

— ou bien on exerce une sorte de censure pour ne pas laisser passer des jugements hâtifs ou des réflexions injustes : il est bon de rappeler que le compte rendu est envoyé à Rame, aux évêques et aux revues missionnaires. Si cette solution devait être retenue, il faudrait qu’un assistant du Conseil général prenne la responsabilité des modifications et des suppressions.

Le seul reproche que nous ayons eu des confrères est celui d’un certain « triomphalisme » ; mais un tel jugement venait, semble-t-il, d’une méprise : à partir du questionnaire envoyé, il ne s’agit pas de présenter un bilan de l’œuvre propre de la Société, mais de nous fournir le contexte général dans lequel se déroule l’activité des groupes missionnaires.

Mémorial.

C’était notre premier essai. Il ne peut être considéré comme le modèle du genre, mais nous pensons que le principe est bon.

Il couvrait cette fois-ci, et avec des oublis, une période très vaste qui nous empêchait de bien utiliser les matériaux reçus. Il faudrait que le Mémorial paraisse tous les ans ou au plus tous les deux ans.

La difficulté principale vient de l’inégalité de traitement des biographies ; de nombreux missionnaires, spécialement pour ceux qui ont de grosses responsabilités, n’ont en fait qu’un modeste curriculum vitae.
Les notices biographiques sont encore trop centrées sur le côté anecdotique des événements d’une vie, parfois sur les bons mots du personnage, et non sur la signification d’une vie pour la mission.

Nous nous proposons d’avertir les responsables au mois de janvier au sujet de la rédaction de ces notices pour que le Mémorial puisse paraître au mois de juin. Il sera possible de mieux voir l’an prochain la portée de ce travail.

Participation à d’autres revues

Le P. VÉRINAUD est conseiller technique à la rédaction de « Peuples du Monde ». Par ailleurs, il établit chaque mois un dossier sur « Problèmes d’Eglise » que ronéotype le Service d’information et d’animation missionnaires. Le P. TRIVIÈRE nous fournit chaque mois le dossier sur « Le Mois en Asie ». Le P. PIERR0N est conseiller technique à la rédaction de « Spiritus ».


B. CENTRE DE DOCUMENTATION

La salle des revues, un moment secrétariat du Service, a été rendue à la destination première. Nous avons accru notre documentation à partir des périodiques d’Asie.

Le P. VÉRINAUD s’est chargé d’établir un fichier pour que cette mine puisse être rationnellement exploitée. C’est un travail de patience et de longue haleine.

Pour les sessions, nous avons établi un fichier des responsables de la formation permanente dans les instituts missionnaires d’hommes et de femmes. Nous pensons établir un autre fichier des sessions pour la période de juin à octobre. Nous devrions pouvoir envoyer une liste sélective de sessions aux supérieurs régionaux et locaux. Il serait souhaitable qu’un missionnaire qui vient en congé puisse choisir des sessions qui correspondent tout à la fois aux besoins du groupe et à ses propres possibilités.

Le dossier des centres et organismes religieux est toujours à remettre à jour.


C. LES SESSIONS

Aperçu général.

La grande innovation, par rapport aux années précédentes, a été le remplacement de deux ou trois sessions longues par quatre sessions de recherche de six jours chacune, centrées sur un sujet bien déterminé. Pourquoi ce changement ?

Il nous semble que la formation permanente est moins l’acquisition d’un nouveau savoir, d’un nouveau système de pensée, que l’ouverture aux problèmes que posent à la réflexion théologique les mutations en cours dans le monde pour que les missionnaires fassent preuve d’une adaptabilité renouvelée. Les missionnaires, en contact direct, dans une culture étrangère, avec une société qui se transforme rapidement, doivent avoir, nous semble-t-il, des possibilités d’analyse et des méthodes d’investigation pour déterminer une pastorale réfléchie. La pratique missionnaire, si riche en expériences, si généreuse dans le don des personnes, a besoin d’être analysée et pensée ; elle se heurte aussi aux difficultés que connaît aujourd’hui tout enseignement. Ne pas tenir compte des mutations en cours, c’est s’exposer à une crise grave qui touchera tant le missionnaire lui-même que les communautés où il est inséré.

Devant ce problème de formation, nous avons maintenu deux cheminements différents: l’un plus long, celui de la grande session de recyclage à Chartres ; l’autre, plus court, peut-être un peu traumatisant pour certains, mais ne pouvant se prolonger du fait de la tension que crée la recherche sur un sujet déterminé.


SESSION DE RECYCLAGE - CHARTRES

13 juin — 6 juillet

La session a rassemblé
117 participants
dont 54 prêtres et 63 religieuses,
de 44 congrégations et 38 pays de mission.


Le principe de la session.

La session a pour but de sensibiliser les missionnaires aux grands problèmes actuels de la recherche théologique et de les préparer à faire face à des interrogations qui se poseront à eux.

Du point de vue méthode, la session est tout à la fois rassurante, par l’apport de gens compétents dont les exposés magistraux permettent aux missionnaires de se sentir guidés dans leurs recherches, et active, par le travail en petits groupes qui permet de structurer le grand rassemblement de plus de cent personnes et de donner à chacun la possibilité d’expression qui permet la participation.

Du point de vue programme, nous avons repris le schéma expérimenté depuis trois ans, qui ne se contente pas de donner une série de flashes sur des sujets importants, mais veut offrir une certaine progression dans l’information :

— Par suite de la difficulté de disposer de conférenciers appropriés à une date donnée, nous avons dû supprimer la première journée sur le besoin et le devoir de s’interroger ; cette journée a pour objectif d’ouvrir la session sur les changements en théologie et en pratique pastorale qui ne doivent pas scandaliser mais montrer le dynamisme de l’Esprit dans une Eglise vivante.

— Deux jours d’animation de groupe permettent, tout en initiant aux sciences humaines appliquées, de constituer des groupes de travail et de les mettre à l’œuvre.

— L’interrogation essentielle sur la mission : qu’est-ce qu’évangéliser ? a été traitée trois jours durant par le P. SALAUN, animateur solide et pénétrant.

Les journées qui suivent permettent de situer les problèmes missionnaires dans leurs diverses dimensions : insertion dans le monde, dans la réalité économique et sociale, (M. CRUIZIAT ), politique ( P. Bosc ), relations avec nos frères chrétiens ( P. MICHALON ) et non chrétiens ( P. CUOQ ).

Une journée de réflexion a permis de faire le point sur cette première partie de la session avant de s’orienter vers les grands axes de la pastorale missionnaire: la présence au monde ou le témoignage ( M. GUIAVÀRC’H ), la catéchèse ( P. PILET ), la liturgie ( PP. CNUDDE et DE FATO ), la constitution de la communauté chrétienne ( P. GUILLARD ).


Le déroulement.

a) Les conférenciers. — Nous n’avons guère innové dans ce chapitre et les conférenciers avaient déjà participé à d’autres sessions missionnaires. Ils connaissaient bien leur public et se sont trouvés bien adaptés à l’auditoire. Il est évident que tel ou tel conférencier touche plus ou moins bien telle ou telle catégorie d’auditeurs. C’est pratiquement inévitable dans ce genre de sessions.

b) Le travail de groupe. — Les groupes se sont rapidement constitués. Ils se sont généralement soudés assez rapidement ; ils permettent de structurer le grand groupe et permettent des échanges qui sont aussi précieux que les conférences elle-mêmes.

c) Les animateurs. — La présence d’une équipe d’animateurs, dont deux religieuses, a été un élément dynamique de la session : cela permet de mieux sentir les problèmes qui se posent et de mieux coordonner les réponses.


Conclusions.

Nous nous trouvons en présence d’une réalisation qui est maintenant bien rodée. Les avantages sont certains. La longueur de la session permet une assimilation plus grande tout en évitant les chocs plus brutaux que posent des sessions courtes. Le succès est confirmé par le fait que cinq ou six participaient pour la deuxième fois. Le danger viendrait pour nous d’une sécurité acquise à peu de frais.

Mais, à notre avis, l’expérience est encore à maintenir. Il semble, en effet, souhaitable que les missionnaires aient suivi cette session une fois avant de participer à d’autres. Nous mettrions toutefois à part les jeunes missionnaires qui ont terminé leurs études pendant ou juste après le concile. L’urgence d’une telle session semble moins grande pour eux.

Nous maintenons donc pour l’année prochaine une telle session. Le seul point d’interrogation est celui du lieu ; nous ne quitterons par Chartres sans regret : le logement au séminaire est excellent, mais celui des religieuses qui doivent se contenter de dortoirs pendant trois semaines pose un réel problème.


LES SESSIONS COURTES


C’était notre première expérience. Elle est satisfaisante, sans avoir atteint le degré de rodage des sessions longues. Les résultats sont pourtant encourageants et nous considérons que c’est une recherche à poursuivre.

Le principe est celui d’une remise en cause personnelle de celui qui accepte d’y participer.

1. Nous organisons des sessions sur des thèmes qui ne sont pas traités dans d’autres sessions. Nous préférons utiliser les autres sessions existant en France plutôt que de vouloir couvrir le champ de toutes les recherches.

2. Nous devons signaler ici une confusion qui s’est produite, en partie parce que nos programmes n’étaient pas assez explicites, en partie parce que beaucoup n’avaient pas lu la notice qui suivait le titre de la session. Par exemple, pour la session « Bible et Catéchèse », certains sont venus avec l’espoir d’y trouver des informations sur les dernières recherches exégétiques et sur les techniques catéchétiques. En fait, il s’agissait d’une question plus fondamentale : à partir de quoi peut-on faire une catéchèse ? Nous devrons donc être plus précis dans la rédaction de nos programmes : mais nous savons que, quoi qu’il en soit, les objectifs des participants ne seront pas les mêmes.

3. Dans de telles sessions, le travail de groupe est essentiel. Beaucoup n’étaient pas initiés aux méthodes de groupes : ils ont été désorientés par les méthodes pratiquées. Il nous semble plus judicieux de mettre en tête de nos listes de sessions celle qui concerne la vie des groupes pour permettre à ceux qui le désiraient de s’initier.

4. Il est souhaitable que les personnes qui participent à de telles sessions soient effectivement engagées dans la pastorale. Ceux qui ne sont qu’observateurs gênent la bonne marche du travail et voient rarement la portée du cheminement qui se fait.

5. Le nombre de participants, à une session ne peut dépasser cinquante (50), sinon le travail de groupe est paralysé. Il semble bien que pour certaines, par exemple la dynamique de groupe, le nombre devrait être réduit à une trentaine.

6. Les sessions étant de courte durée, il y a intérêt à ce qu’elles se déroulent dans un cadre clos. Les jugements portés dans les premières journées sont souvent incomplets, inexacts, parfois presque diffamatoires. Les interférences extérieures sont nuisibles au travail de l’ensemble. On pourrait étudier à ce propos comment naissent les légendes.

7. La participation de prêtres, religieuses et laïcs de France est enrichissante pour les missionnaires et pour eux-mêmes. Nous éviterons toutefois que cette participation dépasse les 20 % : les missionnaires ont du mal à s’exprimer s’ils se sentent en minorité.

8. Un compte rendu de la session est envoyé aux participants.


1. SESSION « BIBLE ET CATÉCHÈSE »

Issiy-les-Moulineaux, 4-9 juillet.

Cette session a regroupé 59 participants dont 38 prêtres et 21 religieuses. 39 demandes d’inscription ont été refusées.

Cette session, qui était la plus désirée, est aussi celle qui a suscité le plus de réactions, ce qui n’est pas à priori un mauvais signe. Du fait de la méthode employée et de la radicalité des questions, elle est celle qui a le plus remis en cause les participants.
Les trois premiers jours ont été animés par le P. La Du ; les trois autres par les PP. PIERRON, KÉROUANTON et DENIS.

En nous plaçant au point de vue de la formation permanente, cette session représente un modèle par la remise en cause qu’elle provoque, mais elle suppose des missionnaires déjà initiés à la vie de groupe et désireux de faire eux-mêmes la critique de ce qu’ils font.


2. SESSION « MORALE EN CHRÉTIENTÉS NOUVELLES »

Lyon, 1-5 septembre.

En date du 7 juillet, nous n’avions reçu que 7 demandes de participation. Or une session ne peut tourner qu’avec une moyenne de 50 participants, puisque les ressources financières ne viennent que des frais d’inscription. Nous avons donc dû à notre grand regret supprimer cette session. Nous ne comprenons pas bien les causes du désintérêt pour une telle recherche.


3. SESSION SUR LE CATÉCHUMÉNAT

Bièvres, 13-19 septembre.

La session a réuni 52 participants dont 31 prêtres et 21 religieuses.

Elle était animée par le P. GUILLARD avec la collaboration des PP. DENIS, ESPIE, KÉROUANTON et PIERRON. Le déroulement en était simple : après un déballage des expériences missionnaires, qui permet de situer le problème de la constitution de l’Eglise, la recherche a porté sur les divers aspects d’une telle constitution : la rencontre de l’homme, le témoignage, la transmission du message, la constitution de la communauté, la communauté célébrante.

Un compte rendu est envoyé à chacun des participants.

Le cheminement dans cette session a été plus homogène que dans celle d’Issy-les Moulineaux. Le cadre de Bièvres a contribué à la soudure du groupe et la pédagogie employée a moins dérouté les participants. Mais, là encore, on constate que ceux qui ne viennent qu’en auditeurs et qui ne s’impliquent pas sont déçus, mais sont aussi un poids pour les autres.


4. SESSION DE DYNAMIQUE DE GROUPE

Bièvres, 21-26 septembre.

La session a regroupé 43 participants dont 34 prêtres et 7 religieuses. Le nombre était presque trop important et la proportion prêtres-religieuses n’était pas sauvegardée.

L’objectif de la session n’avait pas été assez précisé dans nos programmes, d’où des ambiguïtés qui ont pesé pour une part sur cette session : certains attendaient des techniques d’animation, d’autres espéraient une mise en cause personnelle par le groupe.

Mais la session a été profitable à ceux qui se sont impliqués dans cette démarche. C’est certainement une session à maintenir.

Les missionnaires M.E.P. et les sessions.

34 confrères ont participé aux sessions organisées par le Service pour la Formation permanente des missionnaires, dont :

4 à la session de Chartres : recyclage général,
10 à la session d’Issy-les-Moulineaux : Bible et catéchèse,
11 à la session de Bièvres sur le catéchuménat,
19 à la session de Bièvres sur l’animation de groupe.

La différence des totaux ( 34-44 ) vient de ce que certains confrères ont participé à deux sessions courtes.

Nous pouvons remarquer d’abord le petit nombre des participants par rapport au nombre global des confrères en congé cette année ( à peu près un tiers ). Nous n’avons pas de moyens de savoir pourquoi certains ne sont pas attirés par une recherche.

Certains confrères ont participé à d’autres sessions, mais nous sommes mal informés sur leur nombre et sur le genre de sessions qu’ils ont suivies.

Nous avons fait une enquête auprès des 34 confrères qui ont participé aux diverses sessions. Epiphanie publie d’autre part, le résultat de cette enquête (1).

Aux sessions où le Service était partie prenante, nous pouvons ajouter la session que le P. Kérouanton a donné aux religieuses des Missions Etrangères à la Motte.

________

(1) Epiphanie a publié ce dossier dans le no 46 d’avril 1971.



D. AUTRES CONTACTS AVEC LES MISSIONNAIRES

Nous avons déjà mentionné les interviews, à propos d’Epiphanie. Nous continuerons ce mode d’informations, qui peut servir de base à des analyses plus poussées.

Les autres contacts ont été épistolaires. Ils ont été aussi nombreux que l’an dernier. Mais, pour que le courrier reste vivant, on sent le besoin que les membres du Service se rendent dans les missions pour maintenir des contacts vrais.


II. RÉFLEXIONS ET PROJETS


Le travail du Service n’est positif que par la tension qui existe entre ce que les missionnaires sur le tas désirent et ce que le Service peut offrir. Nous ne pouvons être le self-service de la consommation théologique. Mais il est difficile de connaître les besoins des confrères qui sont en mission.

1º — Nous devons donc sentir le besoin d’organiser l’expression des besoins et des désirs des confrères en mission : c’est un des objectifs principaux de cette année. C’est pourquoi l’enquête d’Epiphanie portera sur la signification de la formation permanente et sur les moyens qu’elle peut se donner.
L’avantage d’une telle recherche fondamentale est aussi de ne pas disperser les efforts des groupes missionnaires qui ont à préparer le Synode de Société pour 1971: celui-ci abordera certainement cette question parmi d’autres.

2º — Nous maintenons la parution des revues dans leur forme actuelle. Pour des raisons financières, nous avons dû changer le lieu d’impression : nous imprimons actuellement à Calmar. Il faudra un temps de rodage pour que nous arrivions à ce que tout soit organisé, soit dans l’impression, soit dans le routage qu’assure toujours le Service du P. LASSALMONIE.

3º — Pour les sessions d’été, nous prévoyons :

— le maintien d’une grande session de recyclage à Chartres du 14 juin au 3 juillet ;

— une certaine progression dans le déroulement des sessions courtes :
2 sessions à Bièvres en juillet : l’une d’animation de groupe, l’autre une session biblique,
2 sessions à Lyon en septembre : sur le catéchuménat et sur la catéchèse.

Tout n’est pas encore au point pour cette question de sessions courtes.

« Afrique et Langage » nous avait demandé de prendre en charge une session d’initiation à l’ethnologie. Depuis, les discussions avancent sur une autre voie : l’implantation d’une section d’Afrique et Langage chez nous. Nous ne pouvons suivre cette piste. Nous pensons cependant qu’une session d’initiation à l’ethnologie serait nécessaire.

4º — Sessions en Mission. Cette année, nous n’avons pas eu de session en mission. Pour 1971, plusieurs se mettent en place, un peu difficilement. Deux sessions seront faites par des membres extérieurs au Service :

— l’une par le P. SALAUN, pour les régions de Formose et du Japon.
— l’autre par le P. GIRAULT, pour les régions du Vietnam et de Thaïlande.

Ces deux sessions ont le même but : à partir du réel découvert par les missionnaires, rechercher ce qu’est concrètement l’évangélisation. Le rôle principal des deux animateurs envoyés sera d’abord celui de catalyseur pour faire remonter les expériences et, par suite, souder un peu plus le groupe missionnaire dans une recherche commune. Ainsi nous souhaitons que les sessions aient lieu sur les divers lieux d’implantation des groupes. Le second rôle est celui d’informateur théologique dans la mesure où les groupes en ressentent le besoin. Nous pensons que les deux prêtres choisis sont capables par suite de leur formation et de leur expérience de répondre à ce double besoin.

Le P. KEROUANTON a été invité en Inde pour prêcher la retraite des confrères ; il fera suivre celle-ci d’une session; cela lui permettra aussi de visiter les divers groupes.

Le P. PIERRON est invité par le groupe de Mananjary ; la recherche porterait sur « Evangile et pastorale ». Il ne s’agirait pas d’une recherche exégétique, mais plutôt herméneutique, à partir de la vie des communautés.

5º — Nous avons bien conscience que ces moyens ne répondent pas complètement aux besoins de la formation permanente tels qu’ils sont ressentis dans les groupes missionnaires eux-mêmes. Nous pensons que la réflexion commune de cette année permettra de mieux connaître ce qui est désiré et d’en faire surgir les structures légères mais nécessaires, comme le leadership dans la formation permanente, l’organisation et le rythme des réunions, etc...

Nous espérons pouvoir vous donner un compte rendu plus positif l’an prochain, parce qu’une meilleure collaboration se sera établie avec les divers groupes missionnaires.

Auguste KÉROUANTQN
Henri MASSIOT
Joseph PIERRON
Jean VÉRINAUD



Service d’information et d’animation missionnaires

1) PERSONNEL

A PARIS

La permanence du Service d’information est assurée par Jean HIRIGOYEN (responsable) et René COZIEN auxquels a été adjoint Alphonse DUPONT depuis le 15 mai 1970.

EN PROVINCE

OUEST: Joseph GUILLou, dont l’engagement de trois ans au Service de l’information et de l’animation missionnaires est arrivé à expiration, a quitté sa fonction en septembre 1970 et repartira en mission à la fin de l’année. Il a été remplacé par Joseph TRÉBAOL, que son évêque et ses confrères de Ubon ( Thaïlande ) ont accepté de détacher en France pour une durée de trois ans.
EST : Raymond WOLF poursuit ses activités dans la région apostolique de l’Est.
Marc JORDAN. ancien missionnaire de Birmanie, tout en étant vicaire de paroisse dans le diocèse d’Annecy, a été nommé adjoint au délégué épiscopal à la coopération missionnaire. Il s’occupe activement de la rédaction et de la diffusion de l’encart de « Peuples du monde ». Cet encart se propose d’élargir les préoccupations de l’église locale aux dimensions du monde et d’intensifier les liens entre le diocèse et les missionnaires qui en sont originaires.


2) LE POINT DE LA SITUATION

A. Les équipes de D.I.A.M. ( délégués à l’information et à l’animation missionnaires ) inter- instituts :
EST: Depuis novembre 1969, Raymond Wolff a quitté notre maison de Ménil-Flin pour s’installer à Nancy. L’équipe de D.I.A.M. dont il est membre comprend cinq prêtres, représentant respectivement les Pères Blancs, les Missions Africaines de Lyon, la Société de St-Jacques ( Haïti ), les M.E.P. Ainsi, cette équipe de missionnaires s’efforce de rendre présent, dans la pastorale des diocèses de l’Est, le souci de la dimension universelle de la Mission, en témoignant des richesses et des appels de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine.

OUEST : Dans le même esprit, l’équipe inter-Instituts de l’Ouest compte un Père Blanc, un prêtre de Saint-Jacques, un M.E.P. Mise sur pied il y a deux ans, elle poursuit son travail d’information et d’animation missionnaires. C’est au sein de cette équipe que Joseph Tréabol a pris la relève de Joseph Guillou.

B. Les activités des équipes inter-Instituts

Sans entrer dans le bilan détaillé de ces activités, la présentation de quelques grands axes de travail permet de situer le rôle des D.I.A.M. dans l’ensemble des efforts entrepris en France dans le domaine de l’animation missionnaire.
EST :

— Semaines et week-ends missionnaires pour jeunes;
— Sessions « vocations » en collaboration avec les membres des Centres diocésains des vocations ( C.D.V.) ;
— Journées de réflexion et récollections ;
— Sessions « Service Missionnaire des Jeunes » avec le responsable régional de ce service ;
— Journées d’information ( grand séminaire de Nancy ) ;
— Expositions sur la « Mission de l’Eglises ».
* à Notre-Dame de Sion : accueil des pèlerins et explication de l’exposition pendant les trois mois d’été, en faisant appel à la collaboration de religieuses missionnaires (des Missions Etrangères ) et celle de plusieurs jeunes.
* à Benoîte-Vaux : 8 jours d’exposition sur « la Mission », à la demande du délégué épiscopal à la coopération missionnaire du diocèse de Verdun.

OUEST:

— Journées missionnaires s’enracinant dans un événement qui touche la vie des gens et de l’église locale (ordination d’un missionnaire, départ d’un prêtre Fidei donum, une mission intérieure, etc...)
— Réunions de réflexion, préparatoires aux journées missionnaires avec les divers responsables d’un secteur pastoral.
— Mise en communication et regroupement des animateurs missionnaires à tous les échelons: prêtres Fidei donum, coopérants laïcs missionnaires, parents de missionnaires. Ainsi tout le potentiel missionnaire intervient dans la préparation et la réalisation des journées missionnaires.
— Contacts et démarches pour la constitution d’un Comité missionnaire diocésain.
— Week-ends missionnaires, récollections, catéchèses, etc...


C. Les D.I.A.M. temporaires :

Avec l’accord de leurs supérieurs régionaux respectifs, huit confrères ont accepté de prolonger leur congé de quelques mois, pour travailler à l’animation missionnaire dans leurs diocèses d’origine :

PP. CHEVALIER ( Jap.) : 3 mois dioc. de Paris,
LABARTHE ( Jap.) : 3 m. dioc. de Bayon,
BONNET ( Jap.) : 1 an, dioc. de Toulouse,
TAVERNIER ( Jap ) : 3 m. dioc. de Besançon,
LAN-HER ( Jap.) : 2 mois, dioc. de Nancy,
LANDRU ( Japon ) : 1 mois, dioc. d’Arras,
POUPON (Form.): 1 m. dioc. de Vannes,
CAROF ( Inde ) : 3 m. dioc. de Quimper.

Cette expérience, tentée pour la première fois cette année, s’est avérée nettement positive et c’est aux confrères qui l’ont réalisée, sans ménager leurs efforts, qu’en revient tout le mérite. Cette animation missionnaire a revêtu des formes différentes suivant les situations dans lesquelles ont travaillé les D.I.A.M. temporaires et il est possible aujourd’hui d’en tirer quelques leçons :


1º Le missionnaire, membre d’une équipe d’animateurs.

L’insertion d’un D.I.A.M. temporaire dans une équipe d’animateurs déjà existante a été particulièrement efficace, parce que le missionnaire de passage y trouve aisément sa place et son témoignage est entendu sans trop de suspicion ( recherche d’argent ou de vocations.. .). Ce fut le cas, entre autres, des PP. Chevalier et Lanher, respectivement rattachés à l’équipe d’animation missionnaire de Paris et à l’équipe inter-Instituts de Nancy.


2º L’importance des liens avec le diocèse d’origine.

Le témoignage d’un D.I.A.M. temporaire est d’autant mieux accepté et écouté que les liens qui l’unissent à son diocèse d’origine sont plus profonds. Les échanges, dans ce cas, se font dans les deux sens. Le missionnaire ayant, de son côté, la possibilité de mieux saisir les situations pastorales vécues aujourd’hui, en France, son témoignage a d’autant plus de portée qu’il n’est pas « plaqué » de l’extérieur mais prend la forme d’un dialogue enrichissant pour les deux parties ; c’est dans cet esprit que les PP. Labarthe, Poupon, Tavernier, Landru et Carof ont vécu leur expérience.


3º L’unité de la Mission.

Une insertion plus profonde a été réalisée par le P. Michel Bonnet puisque, pendant un an, il a été membre à part entière d’une équipe de la Mission ouvrière de Toulouse.

Depuis quelques années, la pastorale en France se trouve fortement axée sur la mission à l’intérieur. Elle a cristallisé en ce sens les énergies de nombreux groupes de chrétiens, ce qui entraîne une certaine désaffection de l’Eglise de France vis-à-vis de la Mission à l’extérieur. Cela se traduit non seulement par une baisse de vocations, mais, plus gravement, par une certaine suspicion à l’égard des méthodes, des résultats, voire même de la nécessité de la vocation missionnaire ad gentes.

L’expérience de Michel Bonnet s’est inscrite dans les efforts entrepris, aujourd’hui, pour vivre « l’unité de la mission » en prouvant que la mission proche ou lointaine est unique et la même partout, en toute situation, bien qu’elle ne soit pas réalisée de la même manière du fait des circonstances.


4º Le rôle primordial du délégué épiscopal à la coopération missionnaire.

Toutes les formes d’action des D.I.A.M., qu’elles aient été menées en équipes ou de façon plus isolée, ont été entreprises avec l’accord explicite et parfois sur la demande des délégués épiscopaux à la coopération missionnaire ( D.E.C.M.). Ceux-ci ont reçu des évêques de France la responsabilité de faire entrer, dans la pastorale ordinaire, le souci de l’ouverture au monde non chrétien et de la communion des églises. Il s’agit ainsi de concrétiser la responsabilité missionnaire dont les évêques ont pris collégialement conscience au Concile. Les Instituts et autres organismes missionnaires (ex. : les Œuvres Pontificales Missionnaires) ont fâcheusement donné l’impression de monopoliser tous les problèmes missionnaires et de n’en faire, pour les fidèles et les prêtres de France, qu’un souci sporadique.

C’est pour entrer dans les efforts entrepris par l’Eglise de France pour son ouverture à la Mission « ad gentes » que les D.I.A.M. temporaires ont été mis à la disposition des délégués épiscopaux à la coopération missionnaire, en qualité de témoins de la naissance et de la croissance des Eglises d’Asie et de Madagascar.


Bilan des activités

Sans prétendre évaluer les résultats d’une telle entreprise, il est possible, par un tableau synthétique, de donner une idée du champ d’action de nos D.I.A.M. temporaires et des moyens qu’ils ont mis en œuvre pour réaliser leur travail d’animateur.


Groupes contactés

Collèges 10
Ecoles laïques, C.E.G 4
Ecoles libres 45
Lycées techniques agricoles 14
Paroisses 29
Communautés religieuses 20
Groupes de prêtres 31
Groupes d’enseignants 12
Séminaires ou foyers 16
Groupes d’A.C.O 12
Groupes divers 45


Moyens d’expression utilisés

Projections de films – débats 51
Projections de diapo – débats 34
Causeries – débats 17
Homélies missionnaires 89
Journées missionnaires 19
Retraites de première communion 8
Rencontres-diffusion « Peuples du monde 10


D. Confrères en congé :

A l’issue de leur congé, plusieurs confrères M.E.P. ont remis au Service d’information la liste des activités qui ont été les leurs ( conférences, prédications etc...) Ces renseignements nous permettent de réaliser une certaine continuité dans l’action, élément indispensable à une animation missionnaire vraie.

La participation des confrères en congé à l’animation missionnaire a été non seulement acceptée, mais encore appréciée, chaque fois que les confrères ont commencé par prendre contact avec le délégué épiscopal à la coopération missionnaire du diocèse où ils ont travaillé.

Par contre, des doléances, voire des critiques, ont été formulées par certains responsables diocésains à l’encontre des missionnaires ( de tous instituts ) dont les activités, aussi louables soient-elles, ne tiennent pas compte des directives et des plans pastoraux suivis par le clergé.


E. Permanence de Paris

Nombreux ont été les visiteurs venus chercher des informations. Le Service s’est efforcé d’accorder une attention spéciale aux confrères en congé désireux d’obtenir des renseignements et du matériel d’information.


L’information sur la Mission et sur l’Asie

Débordant les activités ordinaires (536 lettres de réponse à des renseignements divers), l’année 1970 a été marquée par des demandes croissantes d’informations sur l’Asie, provenant d’informateurs religieux et de journalistes.

En plus du magazine « Peuples du monde » à la rédaction duquel collaborent les PP. TRIVIÈRE et La Du, la voix de l’Asie a pu être présentée dans :

— Cluny-Mission ( février 70 ), Inde.
— Le Pèlerin ( mars 70 ), Japon.
— Pôle et Tropiques ( mars et mai 70 ), Japon.
—Presse-Information ( 13 mars 70 ), Laos.
— ORTL ( avril 70 ), Cambodge.
— Radio-Luxembourg ( avril 70 ), Cambodge.
— Missi ( juin-juillet 70 ), Cambodge.
— TV allemande, Vietnam.
— La Vie Catholique ( mai 70 ), Cambodge.
— Edizioni Missioni Consolata, Cambodge.
— J2 Magazine ( octobre 70 ), la Mission, Cambodge.
— Le Pèlerin ( octobre 70 ), la Mission, Vietnam.
— Ensemble ( revue des vocations ), témoignages missionnaires.
— 1 dossier sur l’Asie ( novembre 70 ) pour les D.E.C.M.
— Horizons missionnaires ( la famille en Asie ).
— Interview accordée à l’Abbé Jean Toulat, journaliste, sur l’Asie.
— Collaboration avec l’Abbé René Laurentin, Le Figaro.
— Collaboration avec Pierre Gallay, La Croix.
— Collaboration avec l’Abbé Pihan, directeur du Bureau d’information missionnaire, organe du Conseil missionnaire national.


Service audio-visuel.

Plusieurs groupes de jeunes ont été reçus à la rue du Bac et 24 projections de nos films d’information missionnaire ont été réalisées, sur place, à leur intention.

Les diapositives du Service ont été très demandées : 3 338 clichés ont été utilisés dans le cadre de l’information sur l’Asie.
En ce qui concerne les films réalisés par le P. SIMONNET, nous avons enregistré 59 sorties :

Kontum 3
Japon 27
Hong-Kong 13
Corée 6
Exode du Nord-VN 4
La Jonque de Pierre 4
Formose 2

Certaines copies des films les plus récents sont pratiquement toujours dehors, de sorte que chaque sortie de film correspond à de nombreuses projections.

Enfin, 151 photos sur papier ( noir et blanc ainsi que photos couleurs ) ont été utilisées au cours de l’année, soit pour illustrer des articles de journaux et de revues, soit pour des expositions ou des catéchèses sur la Mission. De nombreuses photos et illustrations ont été mises sur contre-plaqué et recouvertes de plastique. Ce travail effectué par les Pères Cozien et Dupont a pu être réalisé grâce à la collaboration de plusieurs confrères de mission qui nous ont envoyé affiches, calendriers, magazines et photos. La participation des confrères du Japon et de Formose a été particulièrement active et nous tenons à leur exprimer ici notre plus vive gratitude.


Expositions missionnaires.

Le Service d’information a participé à la réalisation des expositions missionnaires de :
— Dax : semaine missionnaire diocésaine.
— Muret : Corée.
— Dôle : Asie.
— N.-D. de Sion : La Mission.
— Benoîte-Vaux - Verdun : La Mission.
— Mortain : La Mission.


Travaux de polycopie.

— Le petit guide pour missionnaire en congé a été remis à jour avec la collaboration du Service d’accueil.
— Le « Mois en Asie » ( P. TRIVIÈRE ) auquel s’ajoute les « Problèmes d’Eglise» (P.VÉRINAUD) sont tirés et expédiés chaque mois.
— En plus du tirage de nos propres documents d’information, nous avons dû satisfaire aux demandes d’autres services tels que le Service pour la formation permanente (programmes, listes des participants, compte rendus des sessions pour missionnaires en congé), le Conseil général, l’économat, les fascicules d’office religieux, etc... au total 101 520 feuilles ont été ronéotées par le Service d’information.
J’ai personnellement participé à différents travaux :
— Réunions trimestrielles du Comité d’Animation Missionnaire inter-Instituts (C.A.M.I).
— Groupe du Bureau d’Information Missionnaire ( B.I.M.).
— Commission pour la pastorale des vocations, région parisienne.
— Colloque national ( 1-3 mai 70 ) sur le thème : « Les jeunes, la vocation, l’Eglise ».
— Journées missionnaires nationales ( 8-10 mai 70 ).
— Session nationale des délégués des OEuvres Pontificales missionnaires (8-9 septembre 70).
— Réunions de travail au Comité Episcopal pour les Missions à l’Extérieur C.E.M.E.), en qualité de « conseillers pour l’Asie et les Instituts spécifiquement missionnaires.



LES JEUNES ET NOUS : UNE INTERROGATION


Le Service d’information a reçu, cette année, 38 lettres ou visites de jeunes (17 à 26 ans) dont une bonne proportion de garçons, qui songent tous à un engagement missionnaire. Parmi eux, trois seulement envisagent l’éventualité du sacerdoce dans leur projet de vie missionnaire. Notre rôle a été de les aider à approfondir leur projet et de les éclairer sur les organismes capables de les épauler dans le domaine des réalisations concrètes.

Cette situation nous oblige à constater que les appels à la Mission sont toujours entendus par les jeunes, mais que les modalités de leur engagement prennent des formes toutes nouvelles. Nombreux sont ceux qui récusent l’image traditionnelle du missionnaire et qui se montrent réticents à intégrer le sacerdoce dans leur projet de vie missionnaire. Ils sont sensibles aux implications économiques et politiques du développement des peuples du « Tiers-Monde » et ne trouvent pas dans les Instituts missionnaires traditionnels une réponse adéquate à leur attente.

Les organismes qui préparent en envoient les laïcs missionnaires en Afrique sont assez nombreux alors qu’à peu près rien n’a été mis en place pour l’Asie. C’est pourquoi, il est permis de se demander si l’heure n’est pas venue de nous interroger, à la lumière de l’appel récent que le Pape Paul VI a adressé à l’occasion de la Journée missionnaire universelle :

« Ne nous attardons pas à ces critiques corrosives ; ne laissons point passer ce moment historique qui nous semble décisif pour les orientations futures de l’humanité et qui offre au génie et au courage des jeunes l’occasion d’être les sujets et les instruments de nouveaux et exaltants charismes de la foi et de la charité.

« Cela signifie que l’activité missionnaire doit être conçue avec des vues larges et modernes. Une nouvelle planification s’impose dans les principes théologiques, la propagande, le recrutement, la préparation, les méthodes, les réalisations et l’organisation.»

Jean HIRIGOYEN.



Grand Séminaire
de l’Immaculée Conception Bièvres


L’année scolaire 1969-1970 restera marquée dans la mémoire de ceux qui l’ont vécue à Bièvres par le souvenir des débuts d’une nouvelle entreprise : les M.E.P., déjà habitués à la collaboration avec les Pères de Saint-Jacques, se joignaient aux Spiritains et à la Société des Missions Africaines pour tenter un effort de renouvellement de l’enseignement théologique destiné à former de futurs missionnaires.

Cet effort de renouvellement n’était pas inexistant, certes, les années précédentes et, quand bien même certains le trouvaient trop timide, il n’avait sans doute pas été vain : des tentatives avaient été effectuées pour accorder une plus large place à la réflexion philosophique au cours des études théologiques ; des mesures avaient été prises dès longtemps pour remédier à ce décalage, trop souvent éprouvé par les étudiants, entre le type de réflexion qui leur était proposé au séminaire et les besoins qu’ils éprouvent plus ou moins confusément. Certains résultats étaient obtenus déjà.

La baisse des effectifs, générale... du moins en France, qu’on qualifie comme une crise des vocations sacerdotales, n’est en réalité qu’un symptôme : elle signifie à l’évidence qu’un gouffre n’a cessé de s’approfondir qui sépare le monde « ecclésiastique » et le monde en gestation, dont les éléments moteurs sont le plus souvent des incroyants ou des « mal croyants ». Les jeunes élevés dans la foi chrétienne, quand ils accèdent au moment où ils doivent choisir personnellement, se sentent tiraillés entre des exigences contradictoires, ou qui du moins leur apparaissent telles : celles de la fidélité au monde et celles de la fidélité au Christ et à son Eglise quand cette dernière ne leur semble pas déjà avoir perdu toute chance de survivre. C’est tout un tableau de la société française, et de 1’Eglise en son sein, qu’il faudrait ici pour aider à saisir la portée de ces contradictions. On ne peut envisager de brosser ce tableau dans le cadre de ce compte rendu.

Cependant, s’il est clair qu’à aucune époque « le monde » — selon le sens donné par saint Jean à ce mot — n’a coïncidé avec l’univers de la foi, on doit reconnaître que la perception de la radicale différence qui les oppose a été profondément modifiée par les soubresauts qui agitent actuellement notre civilisation. Les lignes de clivage qui les séparent ne peuvent plus être définies de la même façon que dans un passé récent. Il n’est pas sûr qu’on ait tiré dans la réflexion théologique et missionnaire toutes les conséquences qui découlent de cette constatation.

La prise de conscience de cet état de fait, devenue plus aiguë, avivée probablement par la raréfaction des candidats au sacerdoce missionnaire — laquelle, encore une fois, est certainement symptomatique — a obligé professeurs et étudiants à des efforts dont l’avenir dira s’ils auront été bénéfiques. « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage »... Les artisans de l’entreprise sont en tout cas convaincus que ces efforts ne sont pas suffisants, qu’ils doivent être poursuivis.


L’organisation des études

« Personnalisation de la foi » : pendant des siècles les séminaires ont certainement mis l’accent sur cet objectif premier. Tout le reste : prière authentique, générosité dans l’action, discernement spirituel, ténacité missionnaire, ne peut trouver sa source que dans la foi.

Dans notre entreprise commune — Consortium d’Etudes Missionnaires ou C.E.M.,

— c’est d’abord le souci d’éducation de la foi qui a inspiré la refonte des programmes et amené à faire une part plus importante à la philosophie, considérée comme partenaire critique de la théologie. Porteuse des interrogations de l’homme moderne, souvent profondément marquée par les apports des sciences humaines, la philosophie contemporaine sait qu’on ne peut parler de vérités intemporelles, chosifiées, possédées comme un mol oreiller sur lequel il est permis de somnoler. Cela, le théologien digue de ce nom le sait depuis longtemps.

Cependant, il a souvent une grande peine à trouver le langage conceptuel qui permet de traduire la Parole de Dieu dans toute son actualité. Il sait que la lecture de l’Ecriture est toujours une interprétation, que, par ses recherches, il peut contribuer à garantir l’authenticité de cette interprétation et dégager la force prégnante de la Parole pour aujourd’hui, mais il éprouve parfois l’impression de se mouvoir dans un monde hérité du passé, irrémédiablement étranger au présent: son discours s’en trouve parfois gêné. L’abondance des livres parus récemment est, elle aussi, significative. La confusion et l’irritation que provoquent souvent ces derniers ne doivent pas donner le change : ceux qui ne se résignent pas à sombrer dans le fidéisme savent l’impérieuse nécessité d’accéder à un langage de la foi qui permette aux chrétiens et, parmi eux, aux prêtres, de se retrouver eux-mêmes, libres et heureux, capables d’annoncer la Bonne Nouvelle aux hommes.

Il ne s’agit certes pas d’espérer l’invention de formules claires, susceptibles d’entraîner immédiatement l’adhésion et la conviction d’éventuels interlocuteurs non croyants, comme si l’objet même de la foi pouvait perdre son caractère scandaleux au regard de la sagesse humaine. Il s’agit bien plutôt de parler de mystère, comme mystère, en respectant les lois propres de l’intelligence de la foi. Saint Thomas d’Aquin ne se trouve pas désavoué quand on renonce aux facilités procurées par la répétition de formules devenues creuses à l’usage ; c’est tout au contraire son intuition profonde qui se trouve respectée, ce sont les exigences qu’il a lui-même senties qui sont alors honorées.

On aura compris que l’esprit ci-dessus défini se traduit par des aménagements assez considérables dans la répartition des classiques traités de théologie, par le refus de certaines séparations entre ces traités ressenties comme arbitraires aujourd’hui, et plus encore, par le rejet de problématiques intemporelles précisément ou bien trop tributaires de circonstances historiques particulières et devenues sans intérêt de nos jours. Il n’est pas possible de donner ici le détail de ces aménagements, qui ne sont d’ailleurs pas terminés, certains demeurant à l’état d’ébauches ou de projets. Pour être honnête, on signalera que le succès obtenu n’est pas le même selon les années : il y a trois années d’études distinctes au C.E.M., chacune d’entre elles ayant une physionomie propre correspondant aux besoins des étudiants qui varient notablement au cours du cheminement proposé. On reconnaîtra aussi que le caractère forcément tâtonnant des recherches est parfois déroutant pour certains types d’intelligence... ou de sensibilité.

Il peut sembler étrange que dans un Consortium d’Etudes Missionnaires on n’insiste pas davantage sur les religions non chrétiennes, qu’on ne donne pas de façon plus systématique d’initiation aux sciences humaines, sociologie, psychologie, ethnologie, etc... et que la place dévolue à l’information scientifique proprement dite sur les besoins présents des pays étrangers ne soit pas plus considérable. En réalité, du moins dans l’intention des actuels responsables, aucun de ces besoins n’est ignoré par principe et, d’ailleurs, on s’efforce d’y répondre, au moins partiellement, par des sessions brèves par exemple, indirectement mais peut-être plus profondément en suscitant chez les étudiants grâce à l’apport de la réflexion philosophique le désir de s’y intéresser.

On croit seulement, d’une part, que trois années scolaires sont à peine suffisantes pour la réflexion théologique sérieuse, que les années d’études doivent être précédées ou suivies par d’autres consacrées aux disciplines spécialisées, et, d’autre part, que les aperçus expéditifs et les simplifications rapides dans ces différents secteurs sont souvent inefficaces, pour ne pas dire dommageables : l’illusion du savoir superficiel et fragmentaire est souvent plus dangereuse que l’aveu d’ignorance. Et d’ailleurs, tout missionnaire sait bien qu’il n’a pas à être une encyclopédie vivante. On espère cependant communiquer la conviction que l’étude persévérante fait partie de la vie missionnaire et que ce dernier doit savoir s’intéresser aux divers domaines à propos desquels le séminaire n’organise pas directement d’enseignement. Il le fera d’autant mieux qu’il aura senti la nécessité de se cultiver, compris que la culture n’est point accumulation de généralités vagues et fait l’apprentissage de la rigueur intellectuelle. La dimension missionnaire de l’enseignement se dégage mieux par une inspiration animant l’ensemble des études théologiques que par la multiplication des données documentaires ou l’abondance de l’information.

S’agissant d’organisation des études, on aura parlé d’une recherche, d’un esprit, d’un espoir aussi et d’exigences : on ne doit pas conclure que les étudiants sont conviés à devenir des universitaires de haut vol. Plus simplement, ils sont invités à prendre au sérieux les requêtes de l’intelligence, le travail personnel, chacun à la mesure de ses moyens.

L’insistance sur l’éducation de la foi, signalée ici comme ligne directrice de l’effort entrepris, s’explique par la constatation que cette éducation, — qui a toujours été nécessaire, — est sans doute plus difficile aujourd’hui que jamais, dans la mesure où, trop souvent, on laisse s’installer un mur entre l’intelligence et le sentiment religieux. Quel chrétien lucide n’a perçu un jour l’existence de cette déchirure en lui ? Et ce n’est pas méconnaître les qualités des séminaristes d’aujourd’hui, ni déprécier leur générosité que de souligner une difficulté: celle qu’on éprouve à leur faire prendre conscience du fait que les affirmations verbales ne traduisent le plus souvent qu’une expérience intérieure de l’unité de la foi bien insuffisante, à leur faire saisir que la certitude chrétienne n’est pas synonyme d’évidences reçues, commodes, confortables... et trop rapidement affirmées comme intangibles. Le séminaire entend former des hommes, des chrétiens, des prêtres ; sans accentuer les distinctions ni séparer les niveaux, il est permis de penser qu’on ne devient homme, qu’on ne devient prêtre que dans la mesure où on « devient » chrétien : cette évolution, qui est aussi une tâche, est souvent à peine amorcée quand on arrive au second cycle.

On a parlé plus haut de sessions brèves qui peuvent initier les étudiants à tel ou tel aspect des problèmes qu’ils devront affronter plus tard dans leur vie missionnaire. En février 1970, une semaine a été consacrée à une session de ce type : des spécialistes de la linguistique, dirigée par M. HOUIS, professeur à l’Ecole des Langues orientales, sont venus donner une série de conférences sur les progrès récents de la linguistique, conférences assez techniques sur la phonétique, la phonologie, la grammaire comparée, la rencontre des langues véhiculaires avec les parlers des minorités etc... M. Houis et deux Pères jésuites qui l’accompagnaient sont à l’origine de la fondation d’un organisme « Afrique et langage » qui propose chaque été aux futurs missionnaires un mois d’études du type formation accélérée. Les exemples utilisés par eux lors de la session de Chevilly étaient empruntés aux langues africaines, mais les éléments de base et les lois fondamentales mis en lumière étaient bien susceptibles d’être utilisés par quiconque doit apprendre une langue étrangère. Les conférenciers ont aidé leurs auditeurs à comprendre pourquoi on ne peut dissocier l’étude d’une langue et l’étude d’une culture dans toutes ses manifestations.


Le corps professoral

La réunion de nos instituts a permis de constituer un corps professoral relativement bien étoffé où les vieux routiers de l’enseignement côtoient de nouveaux venus: une quinzaine de professeurs dont six de Bièvres. Les PP. ESPIE et JUGUET enseignent la philosophie ; le. P. TRIMAILLE le Nouveau Testament ; le P. La GAL, de Saint-Jacques, l’Ancien Testament ; le P. KERHERVÉ, également de Saint-Jacques, la théologie morale ; le P. GONTHIER, la liturgie. Le P. BAYZELON est directeur de cycle, fonction qui consiste à stimuler la recherche missionnaire, coordonner les programmes, promouvoir les échanges entre professeurs à la disposition du Consortium. Les Pères des Missions Africaines, deux professeurs.

Pour l’histoire de l’Eglise, on a fait appel à l’abbé MARTIN, de l’Institut Catholique, qui a donné un cours de patrologie, et au P. COUTURIER, s.j., qui a donné un cours d’histoire des missions depuis le début du XXe siècle jusqu’à Vatican II.

Enfin, un laïc camerounais, M. ATAN-GANA, a animé des groupes de travail sur la sociologie des religions africaines, foi et culture, les syncrétismes, etc... Sa contribution a été fort appréciée.


Les étudiants

Les étudiants effectivement présents au Consortium étaient environ 80. Sur ce nombre, 13 seulement venaient de Bièvres, dont 3 séminaristes de Saint-Jacques. On constate que les M.E.P. ne constituent qu’une petite minorité.

Un compte rendu ne comporte pas forcément de pronostics... Cependant, on peut penser que, dans les deux ou trois années à venir, on assistera à une très légère remontée des effectifs M.E.P. qui se stabiliseront autour d’une quinzaine, — pour combien de temps ?... Dieu seul le sait — et à une légère diminution du nombre des Spiritains, qui demeureront cependant fortement majoritaires. Ces disproportions numériques sont évidemment une difficulté supplémentaire dans une entreprise qui n’en manquait pas. Pourtant, expérience faite, ces difficultés ne semblent pas insurmontables. Progressivement, la participation à une même recherche — les étudiants s’entendent périodiquement répéter qu’ils sont partie prenante dans cette recherche — crée ou renforce une volonté commune de travailler à la tâche missionnaire de l’Eglise dans tous les continents, de s’y préparer en se soumettant aux mêmes exigences, quoique les situations prévues pour demain par les uns et les autres soient très diverses ».

En parlant des étudiants M.E.P., il faut signaler ceux qui, dans les séminaires diocésains de 1er cycle se préparent à nous rejoindre. Ils étaient 6 en 1969-70 et on doit ajouter à ce chiffre un certain nombre de sympathisants avec qui le supérieur de Bièvres est en correspondance. Par ailleurs, un contingent, difficile à dénombrer avec précision mais qui oscille autour de la vingtaine, doit être intégré à la statistique : celui des séminaristes en coopération, en université, au travail. En France, on emploie volontiers le mot de diaspora pour désigner leur situation. Il n’est pas certain que saint Pierre se retrouverait dans l’utilisation qu’on fait de ce substantif... Des structures se mettent en place, difficilement et lentement, pour procurer aux jeunes gens dans ce cas l’appui dont ils auraient besoin. Il va de soi que ce travail dépasse les capacités d’un institut comme le nôtre livré à ses seules forces et qu’il incombe aux responsables de la pastorale des vocations en France. Plusieurs des séminaristes ayant passé par Bièvres entretiennent des relations épistolaires plus ou moins suivies avec le supérieur et certains rendent visite au séminaire de temps à autre.

Enfin, en juin 70, trois aspirants ont été ordonnés prêtres : M. LOUIS, du diocèse de Bayonne, destiné à la Malaisie, M. BEL-LAMY, du diocèse de Luçon, destiné à la Thaïlande, M. FLEURY, du diocèse de Besançon, destiné à la Thaïlande.


La vie au séminaire

Les cours ayant lieu à Chevilly-Larue, au scolasticat des Pères du Saint-Esprit, alors que les M.E.P. et les étudiants de Saint-Jacques résident à Bièvres, nous sommes obligés à des allées et venues, trois ou quatre fois par semaine ; la distance à couvrir n’est guère que d’une douzaine de kilomètres, soit vingt-cinq minutes en voiture aux heures d’affluence. Le dérangement n’est pas très considérable et les quelques modifications d’horaires auxquelles nous avons été contraints ne portent pas préjudice au travail intellectuel ni aux activités apostoliques, si on sait circonscrire et organiser ces dernières. Les inconvénients qui résultent de cette organisation sont compensés par les avantages de la vie commune à Bièvres qui est, semble-t-il, plus enrichissante qu’autrefois. Le partage entre étudiants et professeurs est plus fraternel et plus simple : il est déjà facilité par le nombre plus restreint, par le caractère plus homogène de la communauté et aussi par l’habitude prise de se retrouver ensemble, sans distinction d’élèves ou de professeurs, pour les repas et les loisirs. La prière liturgique célébrée comme il se doit est considérée par tous comme le temps privilégié de la rencontre.

Les étudiants sont fidèles à un rythme de travail assez austère, ce qui n’empêche pas la bonne humeur de régner : ils sont plus conscients que par le passé de la nécessité d’apprendre à organiser personnellement ce travail et le cadre privilégié où ils vivent —confort de la maison et tranquillité du site — favorise l’étude. Chaque séminariste a un ministère dans une paroisse ou un lycée des environs : il est convenu que le temps consacré à ce ministère doit être soigneusement mesuré de manière à permettre quarante heures de travail strictement intellectuel.

La vie d’équipe est un élément important de la formation spirituelle. Comme partout, elle est exigeante et connaît des périodes de crise, mais on aurait tort de penser qu’elle est seulement l’occasion de stériles bavardages : les séminaristes ont le sentiment très vif que l’individualisme n’est plus de saison. Il leur arrive sans aucun doute de céder à la tentation ; du moins savent-ils, et c’est chez eux Conviction profonde, qu’on ne peut progresser dans la foi sans parvenir à des échanges spirituels simples... et quelquefois compromettants. L’expérience montre qu’on peut parvenir à tout autre chose qu’un exhibitionnisme d’un goût douteux ou à la « révision de vie pratiquée sur le dos des absents ».. . Bien entendu la retraite annuelle, prolongée, effectuée cette année dans le couvent des pères franciscains d’Orsay, est aussi l’occasion des mises au point toujours nécessaires. Chacun désire bien sortir du « petit monde de la piété pour entrer dans l’univers de la contemplation » selon le mot du P. Raguin: on souhaite que le temps de séminaire contribue à aviver ce désir et à faire découvrir les conditions de sa réalisation.

Jean-Paul BAYZELON
Supérieur



Sanatorium Saint-Raphaël Montbeton


Au cours de l’année qui vient de s’écouler, nous avons eu deux décès à déplorer. Le 3 janvier, le P. DELMAS était terrassé par une hémorragie cérébrale et mourait deux jours plus tard, malgré les soins reçus à l’hôpital de Montauban. Sa longue et dure captivité au Vietnam ne semblait pas avoir affecté ta santé robuste. Par contre, sa surdité croissante lui rendait la vie de communauté assez pénible. Heureusement notre confrère savait s’occuper seul et, jusqu’à ses derniers jours, il a passé la meilleure partie de son temps à la lecture de livres de spiritualité en prenant de nombreuses notes dont nous ne pourrons pas profiter car, à mesure que ses cahiers étaient remplis, il les envoyait à sa nièce, religieuse de la Ste Famille. Remarquable par ta piété et sa régularité, il était en même temps très jovial malgré ses impatiences, qui contribuaient d’ailleurs à entretenir la gaieté dans la maison.

Le P. CUENOT a passé les deux dernières années de ta vie sans quitter ta chambre. Atteint pour la troisième fois de congestion cérébrale, le pauvre Père avait perdu l’usage de la parole et, à certains moments au moins, l’usage de la raison. Ce fut Certainement une lourde croix pour lui qui avait toujours été un homme remarquablement actif. Sans doute aussi, la blessure reçue dans un bombardement en 1938 a-t-elle contribué à le réduire à l’inaction. Ses forces ont baissé progressivement et il s’est éteint le 10 janvier, après une longue agonie au cours de laquelle de nombreux moments de lucidité lui ont permis d’offrir ses souffrances et sa mort pour la cause à laquelle il avait consacré sa vie.

En général, les santés n’ont pas été mauvaises malgré l’âge et les infirmités. Seul le P. CHABAGNO nous a donné de sérieuses inquiétudes. Heureusement, une intervention rapide lui a rendu toute sa santé et toute sa verdeur.

Le 28 mai, nous avons perdu notre ancienne concierge, Madame COURDESSES, âgée de 86 ans dont 59 passés au service de la maison. Mme Courdesses aurait pu se retirer chez sa fille, mais jamais elle n’a voulu quitter la maison à laquelle elle était profondément attachée et dévouée. Jusqu’à ses derniers jours, elle s’est efforcée de rendre quelques services à la cuisine. Elle a droit à toute la reconnaissance des nombreux confrères qui se sont succédé à Montbeton depuis 1911.

Au cours de l’été, l’installation du chauffage a été en partie renouvelée et perfectionnée. Nous sentons maintenant les grands bienfaits de cette amélioration. Le chauffage est plus intense et plus régulier. La tranquillité de la maison s’en ressent également, le sommeil et les conversations n’étant plus troublés par les vibrations de l’ancien chauffe-eau. La partie centrale de la toiture a été renouvelée et consolidée. Enfin, les couloirs fraîchement repeints donnent une atmosphère de gaieté dont une maison comme la nôtre a grand besoin.

Le P. PEZOUS, tout en s’occupant du jardin et du matériel de la maison, a contribué à débroussailler le parc. Cette année, c’est surtout l’entrée qui a été débarrassée de nombreux arbustes qui croissaient en désordre et cachaient la maison. Même de gros arbres et de vieilles souches ont été supprimés pour lesquels il a fallu faire appel à un bulldozer.

Le nombre des confrères a augmenté au cours de l’année, si bien que la maison devient trop petite. Espérons que bientôt nous pourrons disposer des locaux de la conciergerie qui sont actuellement en réfection.

Les sœurs des Missions Etrangères continuent à nous rendre de très grands services : cuisine, sacristie, lingerie, soins des malades. Leur dévouement inlassable contribue pour beaucoup à rendre agréable le séjour de nos confrères.



MISSIONNAIRES DÉCÉDÉS EN 1970

Mgr DE COOMAN Louis, Thanh-Hoa, le 7 juin.
PP. BEC Hippolyte, Ipin, le 19 juillet.
CHIZALLET Pétrus, Taejon, le 9 janvier.
CLAUDEL François, Battambang, vers le 10 mai (1).
COLLART Raoul, Ootacamund, le 22 décembre.
CUENOT Joseph, Administration centrale, le 10 janvier.
DELMAS Paul, Thanh-Hoa, le 5 janvier.
DESRUELLE Louis, Phnom Penh, le 8 juillet.
MASSARDIER André, Vinh, le 1er septembre.
MAURAND Léon, Anlung, Chine, le 13 novembre.
MAURY Jean, Kuala Lumpur, le 18 janvier.
POISSON Amand Chengtu, le 4 janvier.
ROLLIN Vincent, Phnom Penh, vers le 10 mai (1).
RONDEAU Marcel, Hualien, le 19 juin.
ROULLIER René, Fukuoka, le 28 juillet.
SNEL Reinier, Hualien, le 13 août.
________

(1) Les Pères CLAUDEL et ROLLIN ont été tués lors des événements qui ont suivi l’entrée
en guerre du Cambodge.




DESTINATIONS DONNÉES EN 1970

SINGAPORE LOUIS Francis, de Bayonne 3 juin

THAILANDE
UBON BELLAMY Daniel, de Luçon »
UBON FLEURY Joseph, de Besançon »





PREMIER DÉPART

17 avril 1970
PP. Pierre DESBOIS pour Savannakhet, Laos.
François GOURIOU pour Savannakhet, Laos.

7 août 1970
P. Aristide CAMIO pour Paksé, Laos.

26 août 1970
PP. Michel GAULTIER pour Tokyo, Japon.
Geoffroy MARCHANT pour Yokohama, Japon.

28 août 1970
P. Etienne PERRIN pour Andong, Corée.

31 décembre 1970
P. Maurice CHEVALIER pour Nakhon Ratchasima,
Thailande (1)
_______

(1) Précédemment destiné à la préfecture apostolique de Kompong Cham.







~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam