| Année: |
1976 |
| Pays: |
France |
| Mission: |
ROME |
| Rédacteur: | Mgr MARTIN |
Services Généraux
PROCURE GÉNÉRALE DE ROME
Le rapport présenté à l’Assemblée générale de 1974 indiquait les divers secteurs d’activités de la Procure de Rome : liaison entre la Société et les organismes du St-Siège, particulièrement la Congrégation pour l’Evangélisation des Peuples ; participation à divers groupements réunissant des représentants d’Instituts, particulièrement d’Instituts missionnaires, pour un travail d’information et de réflexion sur des sujets d’intérêt commun... Ce sont là les fonctions « officielles » du Procureur général définies par les Constitutions. Elles ne fournissent guère matière à « comptes rendus » et peu de confrères sans doute seraient intéressés par l’énumération des démarches faites dans les dicastères de la Curie romaine ou des problèmes discutés dans les réunions de l’U.S.G., de SEDOS ou autres.
Par contre, ce qui peut intéresser nos confrères, c’est de savoir qu’il y a à Rome une maison agréablement située pour les accueillir s’ils ont à venir traiter quelque affaire au centre de l’Eglise ou, plus simplement, s’ils désirent y faire un pèlerinage. Une soixantaine y ont séjourné quelques jours au cours de ces deux dernières années, certains à plusieurs reprises. Parmi eux, outre le Supérieur général qui y vient à intervalles réguliers, NN.SS. OLÇOMENDY, VAN GAVER, BACH, URKIA, BERTHOLD, RAMOUSSE, LESOUEF, SEITZ, BOISGUÉRIN... pour ne nommer que les « patrons », venus « pour affaires » comme il se doit. Plusieurs évêques et prêtres d’Asie sont également « descendus » chez nous et d’autres nous ont fait l’honneur de s’asseoir à notre table ; je voudrais mentionner au moins S.E. le Cardinal TRINH-NHU-KHUÊ, archevêque de Hanoï, et son coadjuteur, Mgr TRINH-VAN-CAN, Mgr SHIRAYANAGHI, archevêque de Tokyo, Mgr KIÊN, archevêque de Tharé, Mgr Ro, ancien archevêque de Séoul... Mais les hôtes les plus nombreux ont été bien sûr les fantassins, les sans-grade, venus, eux, visiter la ville éternelle et accomplir un pèlerinage « ad Petri sedem ». L’Année Sainte a été naturellement pour la plupart l’occasion de ce pèlerinage.
La Procure de Rome offre aussi aux confrères les services d’une « mini-procure des commissions » à laquelle beaucoup s’adressent pour des abonnements à diverses publications ou l’achat de livres édités à Rome etc...
La communauté permanente M.E.P. de Rome comprend actuellement, outre le P. CUSSAC, procureur général, son prédécesseur, Mgr ANOGE, conseiller ecclésiastique de l’ambassade du Japon près le St-Siège, le P. QUÉGUINER, ancien Supérieur général, nommé par le St-Siège assistant ecclésiastique de « Caritas internationalis », et le P. DU NOYER, sous-secrétaire du Conseil pontifical « Cor Unum » bien que ce dernier ne réside pas à la procure en raison de la distance et de ses horaires de travail, les occasions de nous réunir ne manquent pas.
Georges CUSSAC
5 septembre 1976
ECONOMAT GÉNÉRAL ET PROCURES
J’ai sous mes yeux les comptes rendus de 1970 et 1974. Après la lecture, j’en déduis que ces comptes rendus se suivent et se ressemblent. Les activités de l’Economat général et des procures sont sensiblement les mêmes d’année en année, hormis les quelques adaptations qui s’imposent en raison de l’évolution de la vie économique et financière.
Le nombre de nos procures est le même qu’à la dernière Assemblée générale de 1974. Les bouleversements qui ont rayé de la carte trois de nos Régions, le Vietnam, le Laos et le Cambodge, n’ont heureusement pas affecté nos procures.
SAN FRANCISCO. — Cette procure reste ce qu’elle était en 1974. Le P. TUAL en est toujours le responsable. Il est aidé par les mêmes assistants ; le P. DUHART, dont la principale activité est la tenue des comptes, et le P. LOUIS-TISSERAND, qui a repris la gestion de notre portefeuille en compagnie et sous l’œil vigilant du P. Tual, après un séjour d’un an à Hongkong où il avait été envoyé en 1974 pour seconder le P. Caminondo pendant la construction de la nouvelle procure.
Les directives éclairées de nos deux conseillers laïcs, tous deux membres honoraires de notre Société, sont toujours très appréciées de nos trois confrères. Ils savent qu’ils peuvent toujours compter sur eux.
Sans nuire à leur travail de procure, bien au contraire, pour lui donner un visage sacerdotal et missionnaire, nos confrères, comme dans le passé, continuent à aider autant qu’ils le peuvent, les paroisses, et elles ne manquent pas, qui font appel à eux. Il en est de même d’ailleurs dans les autres procures.
TORONTO. — Là, aucun changement n’est à signaler. Le P. IBARRART, responsable de cette procure depuis fin 1968, travaille toujours en étroite collaboration avec nos directeurs laïcs. A part quelques rares visites de confrères, le Père vit seul la plupart du temps. Jusqu’à présent, il n’a pas été possible de lui adjoindre un compagnon. Il est si difficile à l’heure actuelle de recruter du personnel pour ce genre d’activités. Malgré tout, ce confrère est fidèle au poste. Peu nombreux sont ceux qui seraient prêts à vivre et à travailler dans de telles conditions.
HONGKONG. — Comme vous le savez déjà, Béthanie n’est plus ou, du moins, ne fait plus partie du patrimoine de la Société. La propriété a été vendue. Ce qui nous a permis d’acquérir une autre propriété beaucoup plus petite mais bien placée au sommet du pic. C’est là que le P. CAMINONDO vient de bâtir la nouvelle procure qu’il occupe depuis un an en compagnie de Monseigneur LEMAIRE, du P. MADÉORE (tous deux retirés) et bientôt du P. GARREAU qui vient d”être nommé économe de la maison. Aidé de ce dernier, le P. Caminondo sera soulagé et pourra ainsi consacrer plus de temps à la gestion du portefeuille.
GENÈVE. — Le P. SIMON, définitivement installé dans la nouvelle procure de Collonge-Bellerive, non loin de Genève, continue son travail de procureur. Ce qui ne l’empêche pas de réserver un accueil cordial aux confrères qui viennent frapper à sa porte et d’assumer, en même temps, la responsabilité de l’animation spirituelle d’un groupe de Foyers Notre-Dame.
PARIS. — C’est la procure qui a connu le plus de changements dans le personnel depuis la dernière Assemblée. Les PP. AUNEVEUX et FLEURY, la cheville ouvrière de cette procure, sont toujours fidèles au poste. Rares sont les jours où on ne les trouve pas à l’heure, à leur bureau. Mais le P. TOURNIER, le « mécanographe » expérimenté, nous a quittés pour raison d’âge. Il s’est retiré à Giromagny. Nous lui souhaitons une longue et agréable retraite et nous lui redisons un sincère merci pour les services rendus durant sa vie en procure.
Il a été remplacé dans ces fonctions par le P. MADEC, ancien procureur de la mission de Phnom-Penh. Il n’aura donc pas de grandes difficultés à se mettre au courant. Le P. Auneveux de son côté a manifesté le désir de se retirer en 1978, année de ses 65 ans. Nous avons désigné le P. VUILLEMIN, ancien économe régional du Vietnam, pour lui succéder. Lui aussi était déjà en quelque sorte dans la filière. Tout en se familiarisant petit à petit avec ses futures fonctions, il suit des cours de droit, qui, nous l’espérons, lui rendront plus tard d’appréciables services.
PROCURE DES COMMISSIONS. —Après la mort si inattendue du regretté P. GENTINNE, le P. LE DU a été désigné pour assumer la charge de cette procure. Il a tout naturellement repris les activités de son prédécesseur — commandes et expéditions d’articles en tout genre, abonnements à des journaux, revues, etc.., laissant ainsi à son collaborateur, le P. BARTHOD, la responsabilité de l’achat et de l’expédition des livres et de nombreux paquets de toutes sortes.
ECONOMAT GÉNÉRAL. — En plus du P. CAMBON, toujours fidèle au poste et, comme dans le passé, responsable de la préparation et de la présentation des comptes généraux et régionaux et de la remise en état de nos différentes maisons de France, l’Economat général compte un second collaborateur en la personne du P. SAVEL, le responsable des assurances maladie et vieillesse. C’est donc à lui que les confrères doivent s’adresser pour tout ce qui touche aux assurances, soins médicaux, remboursements de factures d’hôpitaux, de médecins, de dentistes, allocations de vieillesse, etc…
Lors de la réunion du Conseil plénier en novembre 1975 à Bangkok, il a été décidé que le « Conseil financier » composé de cinq membres, créé par l’Assemblée générale de 1968 pour assister l’économe général, serait supprimé et que ce rôle serait désormais dévolu aux membres du Conseil plénier (membres du Conseil permanent plus Supérieurs régionaux et Econome général)... C’est, en effet, à l’occasion de la réunion de ce Conseil, chaque année que l’Econome général soumet les comptes de l’exercice écoulé et le budget prévisionnel pour l’année à venir.
CONCLUSION. — Une fois encore, on peut dire que les résultats de ces deux dernières années sont satisfaisants, en dépit des aléas inhérents à l’instabilité de la situation économique et financière de l’époque actuelle.
C’est donc avec plaisir que nous disons une fois encore un grand et sincère merci au nom de la Société à tous les confrères qui ont œuvré dans les procures. Mais combien de temps encore pourrons-nous conclure de cette façon, s’il n’y a pas de relève ?
La relève, c’est là le grand problème de l’heure. Les cadres actuels vieillissent et les jeunes sont si rares. Combien parmi eux seraient prêts à accepter ce genre de travail, pourtant si nécessaire pour la Mission ?
Héribert DUQUET
12 septembre 1976
PROCURE DES COMMISSIONS
« Chargée d’exécuter les commandes faites par les corps particuliers et les missionnaires », la Procure des Commissions n’a pas manqué de travail au cours des deux dernières années. Voici quelques précisions sur les activités du service.
Nous avons enregistré environ 3 500 commandes au cours de ces deux années. Il s’agit souvent d’achat de livres mais aussi d’autres articles de nature très variée. Ce sont d’abord des objets liturgiques, allant des ornements et vases sacrés aux cloches, harmoniums, statues et statuettes en passant par les nombreux fûts de vin de messe expédiés en Asie : puis viennent les pièces détachées pour autos et motos, le matériel de bureau, du crayon Bic à la machine à écrire, les médicaments, le linge et habillement, les graines pour le jardin, des petits travaux d’imprimerie à faire exécuter et beaucoup d’autres choses
Pourtant l’activité de la procure ne se limite pas aux achats, loin de là. L’expédition des bagages et surtout les abonnements nous demandent beaucoup de soin. En 1976, nous avons souscrit environ 2 000 abonnements à 269 publications différentes ; la préparation de listes de noms et d’adresses et la dactylographie de centaines de factures représentent un gros travail. Les événements survenus au Sud-Est asiatique et les reclassements des missionnaires ont nécessité beaucoup de changements d’adresse, parfois répétés, et il nous a fallu compter avec les caprices de certain gros ordinateur d’un service d’abonnements qui a été pour nous une cause d’ennuis sans fin : abonnements oubliés, adresses mal rédigées et quel problème pour obtenir une rectification de cet engin qui semble encore plus têtu qu’un Breton !
Ces activités du Service des commissions exigent évidemment une lourde comptabilité et aussi un travail de correspondance loin d’être négligeable, même lorsqu’il est réduit au strict nécessaire.
Nous essayons de participer, à notre place, à l’effort commun demandé à tous les résidents permanents du 128 pour assurer aux confrères de passage le meilleur accueil possible à la Rue du Bac. Nous sommes bien placés pour rendre nombre de menus services, ou encore pour écouter les confrères « sur le tas » nous faire part de leurs projets, des succès et difficultés de leur ministère, toutes intentions à porter ensuite dans notre prière.
Voilà quelques façons que nous avons à la Procure des Commissions d’aider les membres de la Société et de participer, au moins indirectement, à leur apostolat : « que nous soyons aux bagages ou dans la mêlée » écrivait autrefois Mgr Pallu, nous servons la même cause. Souvent nos « clients » ont l’amabilité de se dire satisfaits du fonctionnement du service dont nous avons la responsabilité et parfois même de l’exprimer avec beaucoup de délicatesse. C’est pour nous un encouragement supplémentaire à continuer le travail qui nous a été confié dans la Société.
François LE DU
15 octobre 1976
LA FORMATION PREMIÈRE
C.E.R.M. (Centre d’Etudes et de Recherches Missionnaires) (1974-1976)
La Formation première 1974-1976
1976 marquera une date dans l’histoire de la Société : il n’y a plus, pour l’année qui vient de commencer, aucun étudiant des Missions Etrangères de Paris à se préparer au ministère presbytéral. Les deux derniers prêtres ont été ordonnés cet été ; deux autres l’avaient été en 1975 et trois en 1974. Il faut ajouter qu’il n’y a actuellement aucun candidat déclaré pour la Société dans l’ensemble des séminaires français de premier cycle.
Pour apprécier correctement la portée de cet événement, il faut le situer dans un ensemble plus vaste. La rentrée au Centre d’Etudes et de Recherches missionnaires — qui assure la formation des séminaristes du deuxième cycle (3 années de théologie) — s’est faite en octobre 1976 avec 25 étudiants, dont seulement 18 candidats au ministère presbytéral appartenant à 6 Instituts différents. Et les perspectives d’avenir dans les autres Instituts, au moins en ce qui concerne leurs provinces françaises, sont telles qu’on peut dire qu’ils se trouvent dans une situation presque aussi critique que la nôtre. Il s’agit donc là d’un fait global important à prendre en considération. On pourrait penser, en effet, que la Société, au niveau de son renouvellement, subit le contrecoup des bouleversements intervenus en Asie ces dernières années. Ce n’est à l’évidence que très partiellement vrai. En réalité, la crise touche d’une manière radicale l’ensemble des Instituts missionnaires français.
Cette crise doit elle-même être interprétée en relation avec les effectifs actuels des séminaires diocésains en France. Voici un chiffre significatif : à Rennes, en octobre 1976, pour les 4 années du 2e cycle et les 5 diocèses de Laval, Rennes, Quimper, Saint-Brieuc et Vannes, il y a seulement 19 étudiants dont 2 religieux (pas un seul pour le diocèse de Saint-Brieuc). D’autres régions apostoliques peuvent présenter un bilan un peu moins sombre que celui-là ; on relève certains signes d’espérance pour l’avenir. Mais il convient de ne pas perdre de vue cette situation d’ensemble pour réfléchir à l’avenir de la formation première dans une société comme la nôtre.
Du Consortium d’études missionnaires de Chevilly-Larue,
au Centre d’études et de recherches missionnaires du 128, rue du Bac
C’est en 1969 que 4 Instituts missionnaires (Spiritains, Missions Africaines, Saint-Jacques et Missions Etrangères) ont regroupé leurs étudiants en théologie du 2e cycle au séminaire de Chevilly-Larue. Un effort important fut alors entrepris pour renouveler en profondeur les méthodes d’enseignement et de formation et tenter ainsi de mieux répondre aux exigences actuelles de la mission. Tout en gardant le souci de satisfaire aux impératifs communs à toute préparation au ministère presbytéral, l’équipe des professeurs du Consortium s’efforça de mieux inscrire cette préparation dans le cadre des questions et des objectifs propres à l’apostolat missionnaire.
Mais, dès 1973, il a fallu envisager un transfert du Centre à Paris. Deux raisons principales nous y poussaient. D’un côté, les Supérieurs des Instituts concernés souhaitaient assurer la permanence d’un Centre de formation approprié pour leurs étudiants en théologie. Mais, face au nombre rapidement décroissant des effectifs et à la difficulté de plus en plus grande de trouver des professeurs en nombre suffisant, de nouvelles modalités de fonctionnement étaient à trouver. Paris offrait un double avantage : en favorisant un regroupement plus large entre Instituts ayant des candidats pour un ministère presbytéral missionnaire ; en permettant de s’appuyer, pour un large éventail d’unités d’enseignement, sur l’Institut Catholique de Paris et le Centre de formation des Jésuites (« Centre de Sèvres »). De fait, quand le transfert a pu s’effectuer à la rue du Bac en octobre 1975, des accords ont été conclus avec ces deux organismes. Ils viennent d’être renouvelés pour l’année 1976-77. Nous en tirons grand profit, tout en pouvant maintenir l’essentiel de la formation et son originalité missionnaire au Centre même.
Une deuxième raison militait en faveur d’un déplacement du Centre de Chevilly-Larue à Paris. Nous ressentions comme une question de vie ou de mort la nécessité d’ouvrir nos fenêtres et d’élargir l’horizon. Il ne sert à rien de se fermer les yeux : dans les années qui viennent, l’Eglise de France fournira très peu de prêtres à la mission. Mais des gens ici s’interrogent : des évêques, des théologiens, des prêtres, des chrétiens,... Qu’en sera-t-il de l’avenir des relations et des échanges avec les jeunes Eglises d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine ? Certains prennent une vive conscience de la solidarité qui nous lie avec elles et nous crée une responsabilité à leur égard. Des formes nouvelles de collaboration ne sont-elles pas à trouver ? Sans doute est-ce à travers des initiatives concrètes qu’elles pourront naître et se structurer. Mais il y a place aussi — et une place indispensable — pour une réflexion plus théorique et une recherche fondamentale sur l’avenir de la mission et des relations entre les Eglises. C’est parce que nous jugions nécessaire de participer selon nos moyens à ce travail que l’ancien Consortium d’Etudes missionnaires est devenu l’actuel Centre d’Etudes et de Recherches missionnaires. A Paris même, 5, rue Monsieur, il existe un Centre de Recherche de Théologie missionnaire sous la responsabilité du Conseil missionnaire national et de Mgr COLLINI, président du Comité épiscopal de la Mission à l’extérieur. Depuis un an, nous avons amorcé une collaboration étroite avec ce Centre.
Toujours dans la même perspective d’attention et d’ouverture à ce qui cherche à naître aujourd’hui, nous visons à prendre contact et, éventuellement, à collaborer avec des organismes ou des groupes engagés dans une action relative aux gens, aux peuples et aux églises dits du « Tiers-Monde ». C’est ainsi que, pour la deuxième année consécutive, nous participons les trois derniers jours d’octobre 1976, à l’animation d’une session organisée par les organismes chrétiens de coopération internationale. Là aussi, les contacts noués jusqu’à présent nous font penser qu’il y aurait beaucoup à faire, mais nous manquons terriblement de moyens. N’était-ce pas cependant le sens de l’orientation 0.7 « Les laïcs et la Société » votée par l’Assemblée générale de 1974 ?
Entre le doute et l’espérance
Allons droit au fait : nous nous sentons aujourd’hui acculés à disparaître. Avant de revenir sur les raisons susceptibles de justifier l’existence à venir du C.E.R.M., un contact s’impose. Les Instituts, aujourd’hui engagés de près ou de loin dans les activités du Centre, ne semblent plus avoir les moyens d’assurer sa survie. A la rentrée d’octobre 1976, l’équipe animatrice se trouve réduite à quatre permanents : deux Spiritains, un des Missions Africaines, un des Missions Etrangères. Il faut reconnaître que la Société a fait jusqu’ici un effort considérable pour fournir des professeurs, mais la voici à bout de souffle. Après quinze années d’enseignement de l’exégèse au séminaire, le P. Michel TRIMAILLE a estimé ne plus pouvoir continuer, étant par ailleurs de plus en plus sollicité par l’Institut Catholique. Le P. Emile DESTOMBES, à la suite de son expulsion du Cambodge, avait accepté, en octobre 1975, de faire un essai loyal, mais il n’a pu rester pour raison de santé. Les autres Instituts directement responsables du C.E.R.M. et ceux qui y envoient des étudiants ne peuvent faire que des promesses très aléatoires concernant le renouvellement du staff des professeurs, alors qu’il faudrait pouvoir l’étoffer.
Si le seul objectif du C.E.R.M. était la formation des candidats au ministère presbytéral missionnaire, sa fermeture progressive ne poserait peut-être pas de graves problèmes... encore qu’il faille y voir de plus près. L’existence même du Centre lui attire des candidats imprévus. Sur les 8 nouveaux entrés en 1ère année en octobre 1976, 3 sont des Comboniens (Missions africaines de Vérone) se destinant à l’Afrique francophone. Les Pères Belges de Scheut envisagent d’envoyer 2 étudiants au C.E.R.M. en 1977, souhaitant qu’ils soient formés dans une perspective missionnaire qu’expérience faite, ils disent n’avoir pas trouvée dans les séminaires diocésains. Par ailleurs nous nous trouvons affrontés à de nouvelles formes de demande, exceptionnelles certes, mais peut-être à prendre au sérieux : ainsi un séminariste d’Issy-les-Moulineaux qui tient à devenir prêtre du diocèse de Nanterre, mais souhaiterait faire son 2e cycle au C.E.R.M. pour partir au service de l’Eglise de Haute-Volta ; un laïc marié décidé à faire le cycle complet des études de théologie pour se mettre au service d’une Eglise africaine,... S’il est vain aujourd’hui d’espérer des vocations « reproduisant » les cheminements traditionnels (cf. ce que dit le P. Jean HIRIGOYEN de « l’éveil des vocations », la question de partir comme permanent au service des jeunes Eglises semble bien habiter la conscience d’un certain nombre de chrétiens d’ici. La plupart ne sont pas attirés par les Instituts missionnaires, ni même par le sacerdoce tel qu’ils le voient vécu aujourd’hui : leur argument est qu’ils se sentiraient trop liés par les institutions ecclésiales existantes pour pouvoir vivre au plus près des gens... De tout cela, on peut certes discuter, mais une question nous est posée. Peut-être n’est-ce pas à nous de répondre, mais qui tentera de le faire ?
Quoi qu’il en soit, l’enjeu principal de l’avenir du C.E.R.M. nous paraît être le suivant : l’utilité d’une équipe inter-Instituts composée d’au moins une demi-douzaine de membres, pour effectuer avec d’autres un travail de recherche fondamentale sur l’avenir de la mission et des relations entre les Eglises et se mettre en relation aussi étroite que possible avec les organismes et les groupes qui tentent quelque chose aujourd’hui pour créer de nouvelles formes d’échange et de solidarité avec les autres Peuples et les autres Eglises. Et si cette utilité est reconnue, pouvons-nous espérer en trouver les moyens ?
Eugènes JUGUET
15 octobre 1976
SERVICE DE LA FORMATION PERMANENTE
Depuis 1974, ce qui était un Service avec des initiatives est devenu un Secrétariat qui, au niveau de la Société, est souvent appelé à n’être qu’un simple lien.
L’équipe. — Elle se compose de quatre membres : les PP. Henri MASSIOT, Jean BURCK, Auguste KÉROUANTON et Jean VÉRINAUD. Le P. Massiot est plus spécialement responsable des « Echos de la Rue du Bac ». Jean Burck, depuis son retour du Vietnam, est notre documentaliste. Auguste Kérouanton est toujours en charge de l’Entraide sacerdotale et rend compte directement de son travail aux Supérieurs de la Société. Jean Vérinaud fait la liaison avec les organismes de Formation permanente du Clergé de France et ceux des autres Instituts missionnaires.
Publications. — Les « Echos de la Rue du Bac » continuent avec un tirage de 3 750 exemplaires. Cette publication, qui bénéficie d’une distribution gratuite jumelée avec « Peuples du Monde », est très appréciée par ses lecteurs. Les lettres que nous recevons sont là pour le dire. Les membres de la Société prennent facilement les « Echos » pour un bulletin interne. Il n’en est rien. Mais toute sa valeur vient de ce qu’il est fait de témoignages venant de missionnaires qui sont sur le terrain. Pour en maintenir l’intérêt, il nous faut la coopération de toutes les régions et de tous les groupes missionnaires.
Nous avons aussi publié un numéro spécial regroupant les nécrologies des confrères décédés ces dernières années et nous préparons, pour la fin de 1976, la publication des rapports de Régions.
« Feu Vert » est actuellement dans les limbes. Ce bulletin ronéotypé qui devait permettre à tous les membres de la Société de s’exprimer librement n’a reçu que 5 contributions depuis un an, pas assez pour faire un numéro.
Le Centre de Documentation. — C’est le domaine de Jean BURCK qui en a pris la direction depuis un an. Tous les journaux et revues qui arrivent aux Missions Etrangères sont répertoriés, mis en fiches de façon à être utilisables pour un travail de recherche. Ce sont surtout les étudiants du C.E.R.M. qui en profitent. « Peuples du Monde » est aussi heureux de trouver ce travail d’analyse. Jean Burck a aussi participé au travail de la commission inter-instituts qui a lancé le regroupement des centres de documentation afin d’en faire un instrument de travail valable, ce qui a permis de répertorier plus de 1 300 revues et journaux. Les résultats de cette enquête ont été mis à la disposition des Instituts et Congrégations missionnaires. Ce travail sera repris en 1977.
Les recyclages longs. — Nous nous trouvons là devant quelque chose d’assez nouveau pour les Missions Etrangères. Les confrères prennent plus facilement qu’autrefois un temps d’arrêt assez long pour se reprendre et pour refaire des études. Pendant l’année scolaire 1975-1976, deux confrères ont suivi l’année sacerdotale du Centre de Formation missionnaire de la Mission de France, un autre a fait l’année de Formation rurale, un quatrième une année de catéchèse à l’Institut Catholique et un cinquième suivait des cours à l’I.S.T.R.
Pour l’année 1976-1977, deux confrères sont inscrits à l’année de Formation permanente du Clergé et une inscription est prise pour permettre à un troisième de suivre le stage long de l’Arbresle à partir du mois de janvier, stage qu’a déjà suivi un autre confrère au début de 1976.
Les sessions courtes. — Elles ne dépendent pas que de nous, même si l’organisation tient beaucoup à notre secrétariat. Nous ne notons donc que les participations M.E.P.
19 confrères ont participé, en janvier 1976, à une semaine d’étude sur l’Eglise de France et la société française.
10 confrères, de passage en France, en 1976, ont participé à la session de recherche de 15 jours sur l’Eglise, fin juin — début juillet. Deux des experts de cette session appartenaient à la Société : Eugène JUGUET et Michel TRIMAILLE. L’animation de ces deux sessions était menée par Jean VÉRINAUD qui, par ailleurs, participe à l’animation d’autres sessions pour d’autres instituts.
Toute liberté étant laissée aux confrères, de façon plus systématique l’évolution certains ont préféré suivre d’autres sessions à Lille, à Lyon et à Paris.
Les sessions de Formation permanente se multipliant en mission, ceci explique le nombre assez réduit de confrères qui demandent à en suivre une en France.
La question des sessions courtes devra être revue, mais c’est une réflexion qui doit être menée au niveau du Comité inter-instituts.
Travail de liaison. — Pour les 9 premiers mois de 1976, une correspondance portant sur 338 lettres a été entretenue avec les confrères qui sont en mission. Par un contact permanent avec tous les centres de Formation permanente, les confrères ont pu être tenus au courant de toutes les sessions pouvant les intéresser en France.
Jean VÉRINAUD
Octobre 1976
« ECHANGE FRANCE-ASIE », SERVICE D’INFORMATION M.E.P.
La vie réelle est toujours autre que la vie exprimée. Aussi, dans ce compte rendu de deux années de travail (1975-76) au Service d’Information M.E.P., on cherchera en vain la vie. Ce rapport d’activité, que la loi du genre réduit souvent à une simple énumération, se propose de présenter les principaux repères du chemin parcouru depuis l’Assemblée générale 1974.
Quelques dates concernant personnel et locaux
Juin 1975 : Le Service d’Information aménage ses bureaux au 26, rue de Babylone.
Décembre 1975 : Le départ d’André BESSON réduit à 3 le nombre des membres du Service : Jean HIRIGOYEN, Michel PERBET, François PONCHAUD.
Janvier 1976 : Mise en service de la cuisine au 26, rue de Babylone. Nous assurons nous-mêmes la préparation des repas.
Activités du Service
L’implantation du Service, rue de Babyone, a facilité et multiplié les contacts avec l’extérieur. Les visiteurs ont été très nombreux et leurs motifs de visites variés : journalistes, jeunes désireux d’avoir des informations sur la coopération, animateurs, catéchistes, parents de jeunes en difficultés, prêtres asiatiques etc... Pour un certain nombre d’entre eux, les échanges ont été favorisés par notre possibilité de les garder avec nous pour le repas. Moyenne mensuelle : de 100 à 120 personnes. Bien sûr, les personnes qui ont partagé nos repas ne sont qu’une infime partie des gens qui ont eu recours au Service d’Information.
L’expulsion massive des confrères du Cambodge, le départ obligé mais plus étalé dans le temps des confrères du Vietnam et du Laos constituent l’événement majeur qui, depuis l’A.G. 74, nous a mobilisés pour
— servir d’intermédiaire entre les réseaux d’information français et les confrères sollicités pour exprimer, à chaud, c’est-à-dire dès leur arrivée en France, leur expérience et leurs réflexions.
— mettre en place les moyens destinés à analyser avec un peu plus de recul et de façon plus systématique l’évolution des événements les plus marquants d’Asie.
1 – Presse, revues, magazines
Pour la seule année 1976, les dossiers, articles, interviews et documents divers, fournis par notre service et traitant du Cambodge et du Vietnam, ont été publiés intégralement ou en partie, repris, traduits ou commentés par les organes de presse suivants :
LE MONDE des 17 et 18.2.76, 21.5.76, 18.9.76
LA CROIX des 11.2.76, 10.3.76, 16.3.76
LE FIGARO du 17.4.76
L’AURORE des 26.12.75, 6.2.76, 18.4.76
FRANCE CATHOLIQUE-ECCLESIA du 12.12.75
OUEST-FRANCE des 19 et 20.2.76, 25.2.76
SUD-OUEST des 3, 4, 5.5.76
LE DAUPHINÉ LIBÉRÉ mars 76
RIVAROL du 26.2.76
POLITIQUE HEBDO du 24.4.76
MINUTE du 26.2.76
LIBÉRATION des 16.3.76, 19, 20, 22.4.76
ROUGE Nº 30 du 17.4.76
SUNDAY EXAMINER du 9.4.76
LE NOUVEL OBSERVATEUR du 11.4.76
LE POINT du 8.3.76
L’HOMME NOUVEAU du 15.8.76
ASIAN BUREAU AUSTRALIA Nº 28 Juillet 76
PARIS-MATCH du 24.4.76
INPRECOR Nº 53 du 10.6.76
LA VIE CATHOLIQUE des 3.3.76, 30.4.76
TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN du 29.4.76
CROISSANCE DES JEUNES NATIONS Juin 76
PANORAMA AUJOURD’HUI juin 76
MONDO E MISSIONE février 76
S.O.S. TIERS-MONDE Nº 4 printemps 76
REVUE DU C.H.E.A.M. Nº 108
SPIRITUS Nº 62
MISSION DE L’EGLISE Nº 30
LE CHRIST AU MONDE Nº 2 - 1976
FAIM ET DÉVELOPPEMENT (C.C.F.D.) mai 76
BULLETIN D’INFORMATION CIVIQUE ET SOCIALE, juillet 76
FIDES du 6.3.76
LUTHERIAN WORLD FEDERATION, Genève
RÉFORME, avril 76
ASIAN REPORT, février et juillet 76
LE QUOTIDIEN DES MÉDECINS, avril 76
SPECTACLE DU MONDE, septembre 76
MONDES ASIATIQUES, juin 76
Par ailleurs, plusieurs confrères ont accordé des interviews personnelles à des journaux de province et divers bulletins diocésains ou paroissiaux. Quelques témoignages de missionnaires, des informations relatives à d’autres pays (Corée, Thaïlande, Japon...) ont été transmis à des journalistes et rédacteurs de revues et publiés par leur soins (I.C.I., La Croix, Vocation, Lumière du Monde...) Et puis et surtout, nous nous sommes efforcés de donner la parole aux Asiatiques présents parmi nous.
2 – Interventions à la radio, TV
* Cambodge (F. PONCHAUD)
Radio, TV Suisse 18.5.76
RADIO FRANCE INTERNATIONAL 20.5.76, 29.4.76
TF1 12.5.76
RADIO MONTE-CARLO 21.4.76
FRANCE-INTER 17 et 22.4.76, 19.5.76
RADIO CANADA 9.4.76
RADIO SUISSE ITALIENNE 1.6.76
* Chine (L. TRIVIÈRE)
FRANCE CULTURE 14.4.76, 3.10.76
TF1 « LE JOUR DU SEIGNEUR » 26.9.76
* Vietnam (J. KERMARREC)
TF1 « LE JOUR DU SEIGNEUR » 2.11.75
François PONCHAUD écrit un livre sur le Cambodge, dont la parution est attendue pour la fin de l’année 1976 aux éditions René JULLIARD.
3 – Dossiers d’information « Echange France-Asie »
20 dossiers en 2 ans:
Nº 1 – Le défi de Mao aux chrétiens (L. Trivière et J. Charbonnier)
Nº 2 – Les sources d’information en France (J. Charbonnier)
Nº 3 – La Chine et le Tiers-monde en 1974 (L. Trivière)
Nº 4 – L’homme nouveau en Chine (L. Trivière)
Nº 5 – La théologie du salut en terre chinoise (J. Charbonnier)
Nº 6 – Mao et les chrétiens en Chine moderne (L. Trivière)
Nº 7 – La Chine et les deux Europes (L. Trivière)
Nº 8 – Une Eglise à l’écoute de la Chine nouvelle (J. Spae)
Nº 9 – Hong-Kong — Canton 1975 : va-et-vient révélateur (J. Charbonnier)
Nº 10 – Singapour 1975 : Pragmatisme chinois de la modernisation et ambiguïtés chrétiennes (J. Charbonnier)
Nº 11 – La Chine et le Cambodge (L. Trivière)
Nº 12 – L’Evangile en Chine (J. Charbonnier)
Nº 13 – Cambodge libéré (F. Ponchaud)
Nº 14 – La Chine et les contradictions de sa diplomatie (L. Trivière)
Nº 15 – Le Sud-Vietnam, de la « libération » à la « réunification » (C. Lange)
Nº 16 – La Chine après Chou En-lai (L. Trivière)
Nº 17 – Kampuchéa démocratique, une révolution radicale (F. Ponchaud)
Nº 18 – La Chine dans le grand jeu pétrolier (L. Trivière)
Nº 19 – Libération et révolution au Sud-Laos : Jalons pour une autocritique (A. Camio)
Nº 20 – L’Eglise catholique au Sud-Vietnam (C. Lange)
Tirage : 1 000 à 1 200 exemplaires
Abonnés : 485 (dont 152 M.E.P. et 333 non-M.E.P.)
Sur les 226 abonnés de France, on compte 7 évêques, 69 prêtres, 18 religieuses, 86 laïcs, 2 pasteurs protestants et 44 rédactions de journaux, revues, magazines.
Les autres abonnés se situent en Belgique (28), Pays-Bas (8), Suède (1), Irlande (1), Angleterre (2), Espagne (1), Allemagne (6), Suisse (4), Italie (8), Vatican (7), U.S.A. (11), Canada (4), Pérou (1), Vénézuela (1), Argentine (1), Australie (2), Congo (2), Madagascar (3), Cameroun (2), Togo (1), Tanzanie (1), Sénégal (1), Zaïre (1), Gabon (1), R.C.A. (1), Côte d’Ivoire (1), Tunisie (1), Pays d’Asie (24).
Une enquête que nous avons menée auprès de chacun des destinataires révèle le réel intérêt suscité par ces dossiers.
Dans la série « problèmes d’Eglises », aucun dossier n’a pu être fourni depuis 2 ans par Jean VÉRINAUD, auquel l’A.G. 74 avait demandé « une meilleure préparation des dossiers sur l’Asie, avec le concours des confrères en mission». Un vœu non exaucé !
4 - Animation missionnaire
Par « animation missionnaire », nous entendons un ensemble d’activités très diversifiées tant au niveau des formes et des moyens d’action mis en œuvre qu’à celui des publics contactés. C’est l’Asie qui a constitué « le terrain » de la majorité de nos interventions. Celles-ci se sont exercées dans les secteurs suivants :
a – Expositions missionnaires
En plus d’expositions ponctuelles et de dimensions modestes réalisées dans des paroisses, collèges, lieux de pèlerinage, nous avons tenté de rejoindre le grand public de ceux qui, sans être pratiquants ni même se déclarer chrétiens, acceptent, à l’occasion, un questionnement de type spirituel. C’est dans cet esprit que nous avons réalisé à Locronan, cité d’art du Sud-Finistère et à la demande du recteur du lieu, une exposition intitulée « Troménie pour 5 continents ». Elle a été inaugurée le 10 juillet 1976 et demeurera ouverte au public pendant trois ans. Sur les pas de saint Ronan, ermite venu d’Irlande au VIe siècle et qui a donné son nom à la cité, les chrétiens de Locronan effectuent, tous les six ans, une immense procession, véritable « marche dans la Foi » dont le parcours coïncide avec l’itinéraire le plus long (16 km) des promenades méditatives de St Ronan. Aux milliers de touristes qui, chaque année, visitent Locronan, nous présentons, dans notre exposition, les grandes démarches spirituelles des hommes : religions populaires d’Afrique, bouddhisme, hindouisme, islam, ainsi qu’un certain nombre d’engagements concrets vécus par les chrétiens, au nom de leur Foi et dans la diversité des cultures. Le tout est traité par des photos géantes, des textes très brefs et un montage audiovisuel permanent. Un « livre d’or » permet à chaque visiteur d’exprimer ses impressions à l’issue de sa visite.
b – Montages audio-visuels
— Le prêtre : Réalisé avec et pour Vincent LE BARON, jeune confrère m.e.p. ordonné prêtre en juillet 76, ce montage a servi d’outil de travail pour une réflexion sur « le prêtre » que Vincent a animée dans son pays natal.
— L’eau : Il s’agit d’une recherche sur la symbolique de l’eau. Ce travail a été réalisé au sein d’un groupe d’étudiants du C.E.R.M., dans le cadre d’une étude sur le baptême.
— De Malaisie en Indonésie : Deux jeunes gens qui ont découvert ces pays tentent de faire partager leur expérience à la communauté chrétienne de France dont ils sont membres.
— « Ta terre, mon pays » : Rencontre avec l’étranger personnalisé ici par un jeune cambodgien réfugié en France.
— « En louange d’amour » : Présentation de la vie des Clarisses qui, à l’occasion du centenaire de la fondation de leur monastère à Paris, ont organisé une « opération porte ouverte ». Ce montage a été présenté à tous les visiteurs qui se sont succédé au monastère pendant trois jours. Les liens qui unissent les Clarisses de Paris et les M.E.P. expliquent notre participation à la réalisation de ce montage. Actuellement, il est utilisé par le Centre National des Vocations pour une réflexion sur la vie contemplative.
— Montage de Locronan : Dans le cadre de l’exposition « Troménie pour 5 Continents », ce montage présente, en projection continue et par de grandes fresques visuelles, la variété et la richesse de la vie des hommes : types humains, travail dans le monde, architectures religieuses, statuaire, attitudes de prières etc...
Evaluation : S’engager à réaliser des expositions de longue durée et des montages audio-visuels, c’est se voir contraint à opérer des choix, par impossibilité de répondre à tous les appels. Nous avons tenu à ce que les réalisations effectuées soient enracinées dans l’histoire du lieu et appropriées aux visiteurs. Certains projets ont dû être remis à plus tard (St Loup-sur-Thouet, dans le diocèse de Poitiers). D’autres sollicitations (Notre-Dame de Buglose, lieu de pèlerinage du diocèse de Dax, Maison de la culture de Ponthierry, St-François Xavier, à Paris) n’ont pas pu être satisfaites.
c - Animation de groupes
En plus de multiples contacts individuels, nous avons cheminé avec des groupes de jeunes. Chaque année, de septembre à janvier, dans le cadre de la catéchèse, nous avons travaillé avec des groupes d’élèves de Terminales de Notre-Dame de Sion et du Collège des Invalides (Paris). Petits groupes d’une quinzaine de membres avec lesquels nous avons réfléchi et échangé sur « la pensée orientale, les voies spirituelles de l’Asie, la vocation contemplative, Foi et Mission ». Le même genre de réflexion a été mené avec des groupes variés : anciens et futurs coopérants, groupe du Centre de formation missionnaire de Fontenay-sous-Bois (C.F.M.), d’étudiants (tes) en catéchèse du Centre National de l’Enseignement Religieux (C.N.E.R.), d’étudiants universitaires, d’animateurs (trices), aumôniers de lycées. Il s’agit là d’un vrai cheminement favorisé par la possibilité de se retrouver à intervalles réguliers pour tenter, chaque fois, de faire un pas de plus dans la réflexion. Par contre, comment évaluer les résultats de rencontres trop brèves qui, le temps d’une soirée, nous situent dans des groupes que nous ne reverrons jamais. C’est avec ces limites et sur l’initiative de Michel MÉNARD, confrère de St-Jacques, que nous avons réalisé une semaine d’information en Bretagne du 26 avril au 2 mai 76 sur le thème « Bouddhisme-Christianisme », avec des soirées d’échanges dans des collèges et institutions de Brest, Lesneven, St-Pol-de-Léon, Landerneau, Quimper, Morlaix (jeunes garçons et filles de 1ère — Terminale avec professeurs et animateurs ; universitaires du Centre Jean XXIII de Morlaix). Une soirée-panel organisée à la maison de la culture de Reims et bien d’autres interventions occasionnelles du même type nous montrent, à l’évidence, qu’il est impossible d’atteindre en profondeur, par la connaissance de la vie et le partage des préoccupations des gens, ce que l’on gagne en extension.
D’un tout autre genre et généralement d’un apport fructueux pour les participants, des sessions de 3 à 8 jours ont été organisées par différentes instances et sur des thèmes précis. Nous avons participé aux rencontres suivantes :
— Journées missionnaires nationales 1976
— Rencontre nationale du Service missionnaire des jeunes (S.M.J.).
— Session sur les « Vocations » — Bièvres 29 mars au 3 avril 1976 (78 participants, tous chargés d’accompagner des jeunes en recherche ou en projet de vocation sacerdotale, religieuse).
— Sessions « Fidei donum », préparatoires au départ à l’étranger.
— Séminaire international pour le pansement des blessures et la reconstruction du Vietnam » Paris 15-18.12.75.
— Conférences européennes sur « la Chine et les Eglises » Paris 11-12.10. 75 ; Bruges 1-3.10.76...
— Week-end missionnaire régional de l’Est (3-4.4.76), Nanterre (14.4.76), Coudray-Montceau (24.4.76), etc...
Et les vocations ?
La dernière A.G. a assigné comme « souci primordial » du Service d’information « l’éveil des vocations » Cette préoccupation reflète le désir légitime de voir des jeunes entrer dans la Société. Il est certain qu’à cet égard, la situation est alarmante. Notre séminaire est vide. La question fondamentale de l’avenir de notre Société est donc posée. Qui prendra la relève ?
Nous aurions souhaité que la dernière A.G. prenne le temps d’explorer ce que le professeur DUVIGNAUD appelle « la planète des jeunes » (Stock 1975), expression qui dit bien qu’il s’agit d’un autre monde. Après des années de travail sur les garçons et filles de 18-24 ans, l’auteur en arrive à un aveu d’ignorance :
« Que savons-nous de ces jeunes qui ont une sorte de pensée culturelle à eux, une pensée qui ne recoupe ni nos idées sur la culture, ni nos idées sur l’éducation, aucun des stéréotypes auxquels nous sommes habitués ? Nous avons découvert un univers dédaléen dont on ne sait pratiquement rien. Nous avions l’impression que ceux dont nous recueillions la parole vivaient fort éloignés de l’image que la société française se fait à la fois d’eux-mêmes et d’elle-même »
Ce constat déconcertant s’explique essentiellement par le fait que la jeune génération semble n’avoir pas un projet. Toutes les générations qui se sont succédé étaient reconnues par les précédentes en ce qu’elles continuaient le trajet humain, qu’elles poursuivaient la marche, se transmettant le flambeau. Or, les jeunes ont laissé tomber le flambeau et veulent créer une autre lumière pour éclairer leur route. Devant l’absence, chez les jeunes, des projets habituels aux adultes, devant leur refus d’un même avenir, nous prenons peur, comme on a peur du vide, à moins de se conforter en affirmant que la contestation des jeunes est passagère, qu’elle est la conséquence de la démission des adultes, que la volonté de créer que vivent les jeunes ne s’appuie sur rien, qu’il est donc urgent de réintégrer les jeunes dans le courant qui a constitué la tradition où nous avons grandi et qui continue à nous nourrir. C’est à ce type d’analyse qu’il faut se référer pour situer l’intervention d’un membre de l’A.G. 74, relative au problème des vocations. Il fut affirmé, en substance, que des jeunes qui songent au sacerdoce ne manquent pas en France et qu’ils seraient tout prêts à s’engager dans la voie du presbytérat, s’ils trouvaient, pour les accueillir, des séminaires dans lesquels soient assurés un enseignement doctrinal solide, une discipline exigeante et le haut degré de spiritualité qu’exige la formation au sacerdoce. Détecter et recruter de tels jeunes, voilà le moyen d’assurer la relève et de sortir ainsi du « creux de la vague ». L’exemple du séminaire d’Eoône, fondé et dirigé en Suisse par Mgr Lefèbvre, fut cité en termes élogieux, assortis de quelques réserves que l’on comprend d’autant mieux aujourd’hui. Cette intervention, vibrante de zèle pastoral, ne suscita aucun commentaire de la part des autres membres de l’A.G. et c’est ainsi que fut enterrée la question dite des vocations.
Faire appel aux points de repères traditionnels pour ressusciter les pratiques du passé comme solution d’avenir, c’est, à notre avis, se contenter d’un discours rassurant qui entretient le rêve. Qu’il y ait des jeunes enthousiastes, épris d’idéal, éduqués à la générosité, qui en douterait ? Nous en connaissons tous. Mais la tentation est grande pour nous de rechercher, en premier lieu, en regardant ces jeunes, des traces d’une façon d’être que nous vivions dans notre jeunesse. On laisse alors entendre qu’il suffirait d’un peu de savoir-faire pour que ces jeunes emboîtent le pas des anciens.
Or, des années de contacts et de cheminements dans le milieu des jeunes nous montrent que ceux qui s’interrogent sur leur éventuel engagement dans le presbytérat ne veulent pas vivre leur vie là où les autres l’ont achevée ni à partir de là. Ils ne peuvent comprendre, encore moins partager, le comportement des générations précédentes qui s’érigeaient tout naturelle-ment en centres et allaient porter au dehors les bienfaits d’une culture ou d’une religion et rejetaient trop vite sur autrui les causes de leurs difficultés (le matérialisme comme mal suprême ou le paganisme ou le communisme). Les jeunes, à l’inverse, auraient tendance à admettre que « l’autre » a raison d’abord, que son point de vue est meilleur. Dans ce contexte de tolérance aux opinions et aux actes d’autrui, ils ont besoin de poser des actes qui ne s’inscrivent pas dans une longue durée, mais dans le présent — le leur — où se crée un résultat modeste mais réel. Faire quelque chose de réussi, l’espace d’un soir ou d’un mois, le faire avec d’autres, en petit groupe, d’une manière à la fois précise et improvisée, tel est leur mode qui déconcerte ceux qui ont appris les longues fidélités, les actions et les œuvres durables. Jugeant l’arbre à ses fruits et non à ses racines, les jeunes estiment dérisoire que des chrétiens, des prêtres, une institution hiérarchique s’attardent à des querelles intestines tandis qu’une partie de l’humanité meurt de faim et que l’autre se retranche sur ses richesses. Il est frappant de constater que, mis à part ceux qui, demeurés à un stade infantile, recherchent un super-père à imiter, les jeunes se méfient instinctivement des autorités religieuses qui, à leurs yeux, représentent une Eglise qui a réponse à tout et le dernier mot sur tout. A vrai dire, que l’Eglise parle ou qu’elle se taise, des millions de jeunes ne se sentent plus concernés et, s’ils la perçoivent encore, nombre de jeunes font un tri individuel entre ce qu’ils acceptent d’elle et ce qu’ils refusent, sans penser pour autant s’y opposer ou la quitter. Au fond, on ne sort pas de l’Eglise. Bien souvent, on n’est plus ni dedans ni dehors, mais on se dit toujours chrétien. Et ceux qui s’estiment les plus engagés sont souvent les plus violents dans leurs critiques contre les institutions et des pratiques qu’ils estiment périmées. Les modèles qui les attirent sont les représentants d’une certaine marginalité : Martin Luther King, Helder Camara, Frère Roger de Taizé, c’est-à-dire des modèles non-modèles, des personnalités qui se sont d’abord posées, non pas en opposants systématiques par rapport aux codes vécus ni en ermites évadés, mais en adeptes d’un comportement décalé. Il s’agit là d’une donnée très importante dans la mesure où un groupe social et non plus un leader prend un comportement décalé. Cela, les sociétés humaines l’ont toujours redouté, car elles ne peuvent supporter cette blessure au cœur, cette présence à leur flanc de fils qui, dans leur état même de fils, n’admettent pas de reprendre telles quelles les valeurs-mères. Quand ce phénomène prend une certaine ampleur en recueillant l’adhésion d’un nombre important de personnes, mais surtout s’exprime à travers les éléments les plus dynamiques d’une nation, on ne peut plus parler de « marge » ou « d’anormalité ».
Le problème se complique pour nous, missionnaires M.E.P., partis à l’autre bout du monde et dont la vie n’est perceptible qu’à travers quelques écrits ou de brefs passages en France, à l’occasion des congés. Alors se pose, pour chacun, le problème de la communication de sa propre expérience, avec un décalage, souvent vivement ressenti, au niveau des mentalités et du langage. Ce décalage est d’autant plus sensible qu’il s’origine dans un changement de la problématique missionnaire elle-même. Jadis, l’action missionnaire était motivée par « le salut des infidèles » et s’exerçait par la prédication, la catéchèse, les baptêmes, la fondation et l’épanouissement d’Eglises nouvelles. D’où la nécessité et l’urgence d’avoir des ouvriers apostoliques et le souci — toujours actuel — de répondre aux appels des évêques. Aujourd’hui, quand on parle de la Corée, du Brésil ou du Japon aux chrétiens engagés, on ne saurait les émouvoir en leur disant que ces pays manquent de prêtres et de missionnaires. Par contre, ce qui les passionne et les mobilise, c’est la solidarité qu’ils découvrent et qui les lient à tous ceux qui dans ces pays, luttent pour vivre, survivre, acquérir une dignité d’homme. Ainsi la motivation nouvelle des engagements missionnaires s’enracine dans les aspirations pour la libération des hommes au nom de Jésus-Christ. Pour un militant chrétien, révéler Jésus-Christ passe véritablement par ce combat. Et l’Eglise n’est autre que le rassemblement de personnes qui ont découvert que leur solidarité aux autres, en pleine vie, rejoint le Christ qui s’y trouve présent et agissant, qu’elles le reconnaissent et peuvent se le révéler.
Dans cette perspective, le prêtre ne peut plus être un personnage ayant autorité pour le sens des textes évangéliques et pour les directives pratiques sur la vie, l’homme investi d’une responsabilité au-dessus des autres, avec corollaire, le devoir d’assumer les autres et de se sacrifier pour eux. Formés à ce don de soi à autrui, à ce volontarisme appliqué, beaucoup de chrétiens adultes, même prêtres, fuient aujourd’hui devant les groupes de jeunes, n’arrivant même plus à rejoindre leurs questions.
Quand les jeunes chrétiens — et les incroyants — souhaitent voir l’Eglise se décaler par rapport aux pouvoirs établis, être en rupture, oser parler un langage sans pouvoir que seuls les pauvres entendront, ils attendent des communautés chrétiennes des actes insolites, l’audace de faire des écarts. Ils cherchent une Eglise qui les pousse à prendre des risques pour refuser de prendre les situations pour argent comptant ; une Eglise qui les pousse à croire que le monde nouveau commencé à Pâques dépasse la communauté chrétienne elle-même, qu’elle est à l’œuvre partout, là où des hommes et des femmes dont l’univers est bloqué et l’avenir fermé luttent pour plus de liberté. Les jeunes cherchent des êtres qui ouvrent des possibles. Sommes-nous de ceux-là ?
Porter cette interrogation, c’est accepter une incessante blessure au cœur, comme celle du Christ d’où est née l’Eglise. Si les événements du Sud-Est asiatique et leur cortège d’expulsions ont frappé durement la Société, si notre avenir demeure chargé d’interrogations, nous voulons, pour notre part, dans le partage de tant d’intuitions de jeunes, rester plus attentifs à la « lente germination des semailles » qu’au bruit des « pans de murs qui tombent » ... puisqu’en définitive, l’avenir et les jeunes sont une même chose.
Jean HIRIGOYEN
LES ARCHIVES DE 1974 A 1977
Le dépôt
1) Depuis l’origine de la Société, les archives ont été classées par mission et, à l’intérieur de chaque division géographique, plus ou moins par ordre chronologique.
A l’origine, on reliait tous les documents sous parchemin. Adrien LAUNAY a collé les documents des XVIIIe et XIXe siècles sur onglet, constituant ainsi des volumes dont certains comptent jusqu’à 2 000 pages. Il a numéroté ces volumes de 1 à 1 815, en laissant quelques vides, pour la suite.
Il n’a pas vu assez grand, hélas !
Le P. MONJEAN a renoncé à coller les documents sur onglet, mais il a gardé le même système de classement avec un matériel comportant des sangles, d’un maniement peu commode. Tous les numéros étant pris, le P. Monjean a ajouté des lettres aux numéros : ainsi, après le volume 555 on a 555 A, puis 555 B et ainsi jusqu’à Q.
Sous 1 815 numéros l’on a ainsi plus de 1 900 volumes, dans la salle donnant sur l’escalier d’honneur.
2) Quand le P. PENCOLÉ est devenu secrétaire général en 1960, il a fait choix, pour le classement des documents, de dossiers à rabats ne dépassant pas 2 centimètres d’épaisseur et destinés à être superposés. J’avais succédé au P. Monjean ; j’ai aussitôt adopté le même matériel pour l’uniformité dans la maison. Les archives comptent 1 089 dossiers de ce genre. Ce dépôt se trouve sous clé au parloir nº 5. Les cotes comportent une lettre de l’alphabet, suivie d’un numéro.
3) En 1974, le Conseil a mis à notre disposition un nouveau local : le 1/32, doté de placards fonctionnels. A cette occasion, j’ai opté pour un nouveau matériel de classement : des boîtes en carton blanc, profondes de 8 centimètres, d’un bel aspect et avantageuses à l’achat parce que livrées en feuilles.
Pour ce nouveau dépôt, nous avons décimalisé la cotation, mais en gardant une lettre-clé, ce qui donne 25 catégories de base, au lieu de 9. Ainsi procède-t-on dans les archives publiques.
La division du travail
1) Le P. BARBIER est chargé du classement des documents et du fichier historique.
Souvent des documents nous arrivent en vrac ou formant un tout ne correspondant pas à notre classement. Ainsi le fond Rousseille, que nous avons réparti selon les missions intéressées. Il y a lieu aussi d’éliminer les documents ne présentant aucun intérêt.
Le fichier historique comporte 4 226 fiches : on y trouve le curriculum vitae de chaque confrère, mais on y cherchera en vain la moindre appréciation en bien ou en mal. Nous aimons que les confrères de passage viennent en contrôler l’exactitude. Chaque fois que le nom d’un confrère a été cité dans une de nos revues, dans les comptes rendus ou les publications de la Société, nous le relevons au verso de la fiche. A la fin de chaque année, le P. Barbier met ce fichier à jour.
Il a aussi rédigé une notice sur le Bx MAUBANT, à la suite d’un séjour au pays natal du bienheureux, où l’on ne savait pratiquement plus rien de lui. Cette notice a été multigraphiée à 60 exemplaires.
Cette année, il a publié, avec ma collaboration, une autre notice de 60 pages consacrée au Bx GAGELIN. Cette notice, d’abord imprimée à 300 exemplaires aux frais de la famille du bienheureux, est épuisée. Un nouveau tirage de 300 exemplaires est en cours, en sorte que la brochure sera à nouveau disponible dans un proche avenir.
2) Le P. GRASLAND est chargé d’établir les catalogues. Il analyse les documents et termine chaque catalogue par une table des noms propres, avec références aux textes. Depuis 1974, il a ainsi terminé 8 catalogues s’ajoutant aux 28 précédents. Cette collection dépasse déjà en ampleur, mais surtout en qualité celle du P. Launay, dont les registres analytiques ne comportent pas de tables.
3) Le P. PENCOLÉ a reçu du Conseil sa mission de prendre en main les notices nécrologiques. Pour cela, il écrit aux confrères qui ont particulièrement connu ceux dont il s’agit d’évoquer la vie, l’action, la personnalité ; il utilise à son gré le fichier historique et les documents des archives.
4) Moi-même, ayant réparti les tâches selon les goûts et les aptitudes de chacun, je me suis réservé plus spécialement, sans exclusivité d’ailleurs, ce qu’on pourrait appeler « les relations publiques ».
J’essaye de répondre aux demandes de renseignements, je reçois les chercheurs, je revois les manuscrits qu’on me soumet, dont beaucoup, finalement, ne sont pas imprimés ; je conseille les personnes du dehors, prêtres ou laïcs, qui écrivent sur nos martyrs ou nos confrères et je collabore à différentes encyclopédies ou travaux collectifs : Catholicisme, le Dictionnaire de Spiritualité, le Dictionnaire d’Histoire et de Géographie ecclésiastiques, Memoria Rerum de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, et, depuis peu, 2 000 ans de christianisme, en regrettant un peu qu’on ne me l’ait pas demandé plus tôt, etc.
Parfois certains confrères détiennent des documents, linguistiques ou autres, qu’ils voudraient mettre en sûreté sans les aliéner. Les Archives accueillent volontiers en dépôt ces documents qui restent à la pleine et entière disposition des déposants. Nous avons reçu récemment, dans ces conditions, une précieuse collection linguistique rassemblée par un confrère ayant travaillé chez les Montagnards du Sud-Vietnam.
L’accueil des chercheurs présente en ce moment des difficultés que l’on n’avait jamais connues dans le passé. L’enseignement supérieur compterait cette année 800 000 étudiants pour la France seulement et un afflux comparable dans beaucoup d’autres pays. La maîtrise ou même le doctorat sont devenus le diplôme normal de fin d’études pour un très grand nombre de jeunes. Des milliers de jeunes étudiants sont à la recherche de sujets de thèses ou de mémoires : nous n’avons pas la possibilité de faire face à cette marée de chercheurs. Les manuscrits ne sont pas accessibles au public ; à nous de discerner les cas particuliers. En ce qui concerne les confrères, il n’y a aucun problème : toutes nos archives historiques sont à leur disposition. Plusieurs sont déjà venus travailler à l’histoire de leur poste ou de leur mission : il serait à souhaiter qu’il y en ait davantage.
Il serait à souhaiter aussi que les Régions envoient leurs archives en dépôt après quelques années, soit à nous soit au Secrétariat général. Ces dépôts, comme les autres documents seraient « gelés » trente ans : c’est la règle que nous avons toujours suivie. Ensuite, nous procédons au classement, mais les documents restent confidentiels au moins cinquante ans. Toutefois, à Paris, ils sont en sécurité relative.
Jean GUENNOU
SERVICES DE LA MAISON DE PARIS
Nominations. — Après l’Assemblée générale de 1974, plusieurs nominations ont eu lieu dans les services de la maison de Paris :
• Le P. Georges DOZANCE en a été nommé supérieur en octobre 1974, en remplacement du P. Jean-Baptiste ITCAINA.
• Le P. Pierre JEANNINGROS a été nommé supérieur adjoint en juillet 1975 et s’occupe plus spécialement de la coordination des services de la porterie, de l’accueil et de l’économat.
• Le P. Pierre DUMONT a été nommé économe de maison en octobre 1974, en remplacement du P. Eugène CHAGNY, qui a pris du service en paroisse.
• Le P. Albert LANDREAU a été nommé économe adjoint en juillet 1975, en remplacement du P. Louis GIFFARD, qui a pris l’aumônerie d’un collège à Chatou.
• Le P. Albert PERRODEAU a été nommé recteur de la chapelle en décembre 1975, en remplacement du P. Joseph ALAZARD, qui a pris du service dans le diocèse de Rodez.
• Le P. Francis MOREL, responsable de l’accueil, a reçu comme adjoint, le P. Francis AUDIAU, plus particulièrement chargé de l’obtention des visas et de l’achat des billets d’avion.
En ce début d’année 1977, le P. Francis MOREL sera remplacé par le P. Paul CARAT.
• Le P. Henri PROUVOST demeure responsable de la bibliothèque.
• Le P. Christian SIMONNET a été nommé en 1975, responsable de la Salle des Martyrs, après le décès du P. Paul DESTOMBES. Il s’occupe aussi d’accueillir les groupes de visite de la maison et du jardin.
Politique de la maison. — Cette maison est d’abord la maison d’accueil de tous les membres de la Société.
Elle héberge en permanence :
— le Supérieur général, les membres du Conseil général, les membres du Secrétariat général.
— les Services de Société, au nombre de dix (cf. Etat de la Société), les confrères en charge de ces services.
— les membres de la Société détachés dans des services hors maison ; (cf. Etat de la Société, page 4).
— Les membres de la Société séjournant en Europe.
Elle a mis à la disposition de services d’Eglise, hors Société, des locaux occupés en permanence :
— pour le Comité épiscopal de la Mission extérieure (C.E.M.E.)
— pour l’Institut de Science et de Théologie des Religions (I.S.T.R.)
Ce service de l’I.S.T.R. doit quitter nos locaux dans quelques semaines.
Accueil. — Si cette maison est d’abord la maison d’accueil de tous les membres de la Société, nous avons poursuivi l’ouverture commencée depuis plusieurs années aux hôtes étrangers.
— accueil annuel d’une quinzaine de prêtres-étudiants d’Asie et d’Europe ;
— accueil d’évêques et de prêtres de France convoqués pour des sessions à Paris, (373 en 1974, 510 en 1975, 183 en 1976) ;
— accueil de groupes de récollection et de réflexion pour la journée
— accueil des groupes de préparation au mariage pour les fiancés du 7e arrondissement ; l’animation de ces groupes est assurée par les prêtres et laïcs des paroisses intéressées ;
— accueil de groupes d’études et de visites des monuments de Paris, reçus et dirigés par le P. Christian SIMONNET ;
— accueil d’une garderie d’enfants deux après-midi par semaine, organisée par la paroisse St-Thomas d’Aquin.
Restriction dans l’accueil. — Depuis 1975, avec l’installation de notre Centre d’études et de recherches missionnaires (C.E.R.M.), l’arrivée de nos confrères expulsés du Sud-Est asiatique, l’ouverture en 1976 d’un cours d’indonésien pour un groupe de confrères expulsés, nous nous sommes trouvés dans l’obligation de restreindre le nombre de prêtres-étudiants français, nous avons réservé les chambres disponibles en priorité aux prêtres-étudiants asiatiques et nous avons dû limiter l’accueil des prêtres de France.
Transfert de certains services. — En 1975, le Service de l’Information « Echange France-Asie » a quitté les locaux qu’il occupait au 4e étage, pour s’installer au 26, rue de Babylone, dans l’appartement de madame la Présidente de l’Œuvre des Partants, qui a reçu l’hospitalité au premier étage de notre maison. Les réserves de l’Œuvre ont été emménagées au sous-sol du 128.
Les locaux du 4e étage, laissés libres par le départ du Service de l’Information, ont été occupés par le Centre d’études et de recherches missionnaires, dirigé par le P. Eugène JUGUET.
Aménagements prévus. — En février 1977, l’I.S.T.R. quittera les locaux qu’il occupe dans la maison, pour une installation à l’Université Catholique, rue d’Assas. Les locaux recevront alors une nouvelle destination.
Le Service de l’Accueil extérieur (PP. Paul CARAT et Francis AUDIAU) installera son bureau dans le parloir de la maison qui fait face à la salle de lecture. Ce service est plus spécialement chargé de l’arrivée et du départ des missionnaires venant d’Asie ou y repartant, de l’achat des billets d’avion ou de chemin de fer, de l’obtention des visas, des visites médicales, des relations avec les médecins et les hôpitaux, des renseignements à donner aux confrères et hôtes de passage.
Le bureau actuel de l’accueil, près de la porterie, sera réservé au P. Pierre JEANNIN-GROS, chargé de la coordination des services de l’économat, de l’accueil et de la porterie.
Les Services de la maison. — L’Etat de la Société place la chapelle dans la nomenclature des Services de la maison. Ce qui pose à notre recteur le P. Albert PERRODEAU l’interrogation : « La chapelle au service de la maison, ou la maison au service de la chapelle ? » En réalité, chapelle et recteur sont au service du peuple de Dieu du quartier Bac-Babylone, dépendant de la paroisse Saint-François-Xavier des Missions-Etrangères.. Pour les confessions qui sont encore nombreuses, le Père recteur est assisté de quatre pères de la maison. Les 5 messes du samedi soir et du dimanche rassemblent environ 500 personnes. Assistance très disparate, surtout aux messes du samedi et dimanche soirs. Cette diversité reste un obstacle pour la constitution d’une communauté vivante.
La Bibliothèque, tenue par le P. Henri PROUVOST, compte 41 262 ouvrages dont 34 613 de bibliothèque générale et 6 649 sur l’Extrême-Orient. 700 à 900 volumes sont consultés chaque année soit par les résidents de la maison, soit par des chercheurs venant de l’extérieur, qui ont à leur disposition une salle spéciale de consultation. Ces dernières années de gros travaux ont été effectués à la grande bibliothèque, au-dessus de la chapelle ; soutènement du plancher, chauffage et éclairage. Des rayonnages supplémentaires sont prévus pour l’avenir.
La Salle des Martyrs, confiée au P. Christian SIMONNET depuis le décès du P. Paul DESTOMBES, reçoit plus de visiteurs qu’on ne pourrait le croire. Les vitrines ont été rénovées, le P. Simonnet en fait la présentation aux groupes de visiteurs, des notices explicatives en français et en anglais sont à la disposition des visiteurs individuels.
L’oratoire des bienheureux Martyrs du fond du jardin est actuellement en réfection, grâce à un don fort substantiel d’un donateur anonyme. La statue sans valeur sera remplacée par la copie d’une œuvre de maître, reproduite par les ateliers du Louvre.
Conclusion. — Notre maison est en pleine activité, mais elle donne beaucoup plus l’impression d’un hôtel pour ecclésiastiques qu’une maison de communauté. Il est vrai que notre Société est une association de prêtres au service de la mission et non un institut religieux. Le règlement très souple semble plaire à nos hôtes étrangers. Il n’en est pas moins vrai que le bon fonctionnement demeure lourd pour ceux qui ont la charge des différents services. Ils souhaiteraient parfois trouver plus de collaboration pour un meilleur fonctionnement.
Georges DOZANCE
le 19 janvier 1977
DÉLÉGATION DU SUPÉRIEUR GÉNÉRAL POUR LES CONFRÈRES
EN DEHORS DES MISSIONS ET DES MAISONS DE SOCIÉTÉ
Cet essai de compte rendu du nouveau Service des confrères dispersés comprend :
— l’état statistique au 1er octobre,
— les activités proprement dites,
— les incidences de l’arrivée massive des confrères du Vietnam, Cambodge et Laos,
— et quelques mots de conclusion.
Etat au 1er octobre 1976
1. Nombre. — Combien de missionnaires M.E.P. sont en dehors des Missions et des maisons de Société ? La liste mise à jour, du mieux possible, contient 158 paroissial, des responsabilités précises au-noms et adresses.
Au 1er février 1975, date de la mise en route du Service « Diaspora », cette liste comptait 126 confrères. De ce nombre il faut retrancher 18 noms : 6 sont morts, 5 entrés dans les maisons communes (3 à Montbeton, 1 à Lauris, 1 à Paris), 2 sont repartis en mission en Asie, 5 ont quitté la Société. 50 confrères sont venus les remplacer : 30 étaient au Vietnam, 7 au Cambodge, 6 au Laos, 4 dans d’autres pays d’Asie et 3 dans les maisons communes de France.
2. Age. — La moyenne d’âge est de 63 ans. Le plus âgé a 93 ans ; le plus jeune 35 ans
de 90 à 95 ans 1 confrère
de 80 à 89 ans 7 »
de 70 à 79 ans 34 »
de 60 à 69 ans 57 »
de 50 à 59 ans 31 »
de 40 à 49ans 23 »
de 30 à 39 ans 5 »
3. Ancienne Mission. — Où ont-ils été missionnaires ? A la suite des expulsions successives, certains ont travaillé dans plusieurs pays de mission.
Anciens du Japon 7
» de Corée 5
» de Chine 48
» du Vietnam 51
» du Cambodge 9
» du Laos 7
» de Thaïlande 6
» de Malaisie 13
» de Birmanie 16
» de l’Inde 12
» de Madagascar 1
4. Localisation. — Où sont-ils ? En France : 150 ; à l’étranger : 8. En France, 63 diocèses ont accueilli des missionnaires M.E.P.
Voici la répartition par Régions apostoliques de France :
Région parisienne 26
Région Nord 11
Région Ouest 13
Région Centre 10
Région Sud-Ouest 20
Région Midi-Pyrénées 10
Région Provence 13
Région Centre-Est 25
Région Est 22
Pays étrangers :
Belgique 3
Suisse 1
Angleterre 1
Canada 2
Congo-Brazza 1
75 Pères sont revenus dans leur diocèse d’origine : soit 47 %.
5. Ministère. — Que font-ils ? Ils peuvent être regroupés dans 4 genres d’activités assez différentes : ministère paroissial ; aumônerie ; pastorale particulière ; en retraite, au repos dans leur famille.
a) en paroisse, 65 confrères : 33 sont curés, et 32 vicaires.
Ils sont curés, presque toujours en milieu rural, souvent dans des régions déchristianisées, manquant de prêtres, donc chargés de plusieurs paroisses : l’un d’eux a 12 lieux de culte à desservir. Il a été parfois difficile, au début, d’entrer dans l’optique de la pastorale d’ensemble d’un diocèse ou d’un secteur. Ils donnent l’impression, actuellement, d’être bien à leur aise dans l’équipe pastorale locale. L’un d’eux est même « doyen », un autre a été choisi pour faire partie du conseil presbytéral diocésain.
Les 32 vicaires sont surtout en ville ou dans un gros bourg. Certains ont des responsabilités importantes comme « premier vicaire », d’autres, en général plus âgés, sont seulement « vicaires auxiliaires », s’occupant surtout des personnes du troisième âge et des malades. Six font partie d’équipes de prêtres-ouvriers ; ils travaillent au dehors cinq jours par semaine, et assurent le service paroissial le samedi et le dimanche. Ils continuent leur vie missionnaire en cherchant des voies nouvelles pour l’évangélisation. Trois sont stagiaires en vue d’un re-départ probable en pays de mission après avoir profité de l’expérience pastorale de France. Quatre ont, en plus de leur travail paroissial, des responsabilités précises auprès des migrants ou réfugiés venant de leurs anciens pays de mission.
b) aumônerie. — 14 sont aumôniers dans un hôpital, 4 dans l’enseignement, 20 dans une communauté et 2 dans l’armée.
— Ceux qui sont auprès des malades sont parmi les plus heureux dans leur ministère : souvent ils ont le charisme pour ce genre d’apostolat et revivent des moments et des rencontres vraiment « missionnaires » Certains ont eu la joie de faire plusieurs baptêmes d’adultes.
— Ceux qui sont avec des jeunes ont retrouvé leur âme d’autrefois : ils sont très à leur aise... malgré des difficultés inévitables.
— Ceux qui sont au service des religieux : 2, des religieuses : 18, montrent par leur fidélité, malgré leur âge (moyenne : 70 ans), leur désir d’être utiles jusqu’au bout. Souvent ces aumôniers de religieuses assurent, au dehors, des visites dans des hôpitaux ou des cliniques ou des maisons de vieillards.
c) pastorale particulière : 15 confrères :
5 ont des responsabilités sur le plan diocésain : accueil, secrétariat, SOS.
2 travaillent sur le plan national : cinéma et foyers de charité.
3 sont, à plein temps, au service des migrants et des réfugiés.
5 ont un travail professionnel profane.
d) au repos et à la retraite : 38 confrères :
— 17 missionnaires, principalement les derniers expulsés du Vietnam et du Laos sont en congé dans leur famille : tout en se soignant, ils cherchent ce qui conviendrait le mieux à leur nouvelle situation soit en France, soit dans un pays de mission si leur santé permet un nouveau départ.
— 21 anciens missionnaires sont à la retraite définitive : leur moyenne d’âge est de 75 ans. 13 sont dans leur famille ou chez des amis et 8 dans un foyer pour personnes âgées, souvent tout proche de leur village natal.
C’est sûrement un des groupes les plus sympathiques dans la grande équipe de la diaspora M.E.P. Citons seulement le doyen, le P. Ange LANCO, qui a été missionnaire 44 ans en Chine : 1908-1952, et déjà depuis 24 ans dans l’Ile de Groix en Bretagne... Comme il dit : « Il est bien soigné par sa jeune nièce... » Elle a 75 ans et lui... 93).
La conclusion de cette présentation des 158 confrères que la diaspora est facile à dégager : une très grande diversité par l’âge, l’origine, la géographie, le travail surtout. Cela va exiger du Service destiné à les aider une très grande souplesse et une disponibilité à toute épreuve, par les besoins qui, eux aussi, vont être très variés.
Quelques échantillons :
Les Pères à la retraite désirent souvent rester au courant de la vie et des travaux de la Société M.E.P., surtout des confrères qu’ils ont connus. Ils voudraient avoir plus souvent des visites de missionnaires, tout spécialement ceux de leur mission lorsqu’ils sont en congé en France. Que de fois est exprimé ce désir sous une forme ou sous une autre : « Quand vous le pouvez, venez me voir, cela fait tant plaisir de voir des confrères, de parler et d’entendre parler de l’Asie... ».
Les Pères qui sont dans le ministère voudraient surtout savoir ce que font les autres M.E.P. dans la même activité pastorale qu’eux, quelles sont leurs difficultés, leurs joies, leurs succès, leurs méthodes. Plusieurs voudraient une session pour avoir l’occasion de rencontres, d’échanges, de partages de l’expérience les uns des autres.
Certains suggèrent l’envoi d’une feuille donnant des nouvelles des confrères de France, parlant de leur travail, etc...
Les activités du Service «Diaspora »
Les activités vont s’étendre sur une période de 20 mois. Elles répondront, du mieux possible, aux buts du Service, précisés par l’Assemblée de 1974 et exprimés par le Supérieur général dans sa circulaire du 1er septembre 1974 : « Le Délégué aura pour fonction de visiter les confrères, d’être attentif à leurs besoins, de les aider à s’insérer dans un ministère pastoral, de faire le lien avec les évêques. »
1. Visites des confrères. Tous les confrères ont été visités chez eux au moins une fois : ces contacts personnels sont organisés dans le cadre d’une semaine par région, ce qui permet de faire en moyenne deux visites par jour, de prendre un repas avec le confrère, de passer la nuit chez certains qui peuvent accueillir plus facilement. Ces visites comprennent évidemment une bonne conversation très fraternelle et amicale qui permet de mieux connaître la situation matérielle du confrère, ses besoins, son travail, etc.. . C’est surtout l’occasion de parler et de reparler de l’Asie, des missions, de la Société. Ces échanges sont toujours une occasion de grand bonheur, surtout pour le délégué qui retrouve vraiment des missionnaires d’Asie.
En plus de cette visite un peu organisée, il y a souvent d’autres rencontres personnelles, provoquées par les circonstances. Il est certain que le confrère qui se trouve sur le bord de la R.N. 6 à Sens a plus souvent la visite du délégué que celui qui vit dans les Côtes-du-Nord en Bretagne.
Il y a aussi les nombreuses visites amicales que font les confrères des maisons communes de France ou les confrères en congé : la brochure contenant tous les noms, adresses et numéros de téléphone, par ordre alphabétique et classés, dans les dernières pages, suivant les diocèses et les régions, est d’une grande utilité pour les missionnaires qui veulent se rencontrer. Un confrère de l’Inde, au moment de repartir en mission, racontait comment il avait fait pour rendre visite, en France, à une vingtaine de ses amis, anciens missionnaires dans sa région, ou anciens camarades du séminaire.
Ces visites ont surtout été multipliées auprès des confrères âgés malades ou en difficultés ; certains ont eu la visite au moins tous les deux mois.
Il est intéressant de constater que les confrères d’une même région ou diocèse se rendent davantage visite : ils se connaissent mieux. Le passage du délégué est souvent l’occasion attendue pour ces visites amicales, surtout lorsque les confrères sont âgés et non motorisés. Une des mieux réussie a été celle des deux anciens partants de 1932, les PP. CALMON et KÉROUANTAN, qui se retrouvaient au Foyer de Gramat : ils ne s’étaient jamais revus depuis leur séparation à Penang, sur le bateau des partants, l’un pour aller en Birmanie, et l’autre en Chine. Mais la plus émouvante s’est passée, en juillet 76, au Foyer-Logement de Cancale, chez le P. Gabriel GIRAUD, presque aveugle, quand il a accueilli ses amis venant du Nord-Vietnam : le Cardinal TRINH NHU KHUÊ, archevêque de Hanoï, et son coadjuteur, Mgr TRINH VAN CAN, conduits de Paris par deux confrères. Quel réconfort a dû être, pour notre confrère infirme, cette visite si importante et si amicale. Un exemple pour le Service « Diaspora ».
Evidemment ces visites aux confrères dispersés et isolés, il les faudrait plus fréquentes, plus longues, plus fructueuses sans doute. Mais, vu le nombre et l’éparpillement, il est difficile de faire mieux pour le moment...
2. Rencontres régionales.
Heureusement chaque région organise, une ou deux fois par an, une rencontre chez l’un ou l’autre des confrères. En 1975, il y avait eu huit rencontres des Pères M.E.P. d’un ou plusieurs diocèses. Cette année, il y en a eu 12, rassemblant en tout environ 100 confrères. Des comptes rendus ont paru dans les Echos de la rue du Bac de 1975. Il est facile de s’y reporter pour avoir des détails. Habituellement cela se passe ainsi : arrivée vers 10 h du matin, les confrères font connaissance, participent à la concélébration, prennent un bon repas en commun, puis belle promenade ou échanges animés l’après-midi, goûter de l’au-revoir. Ces journées font beaucoup de bien à chacun ; elles sont à l’origine d’une meilleure connaissance des confrères « du coin » ; souvent des missionnaires en congé y participent, et aussi d’anciens M.E.P. qui ont quitté la Société. Parfois, il arrive qu’un « officiel » du diocèse vienne nous rendre visite ; il en repart avec une excellente impression... et même le regret de ne pas être M.E.P.... Ces rencontres régionales sont pour le délégué du Supérieur général l’occasion de passer toute une journée avec tous les confrères sans avoir à courir, et aussi d’entendre ses confrères lui dire de bonnes vérités… pour le bien de tous. C’est ainsi qu’il a été élu « délégué syndical de la base M.E.P. »... pour préciser une de ses fonctions auprès des Supérieurs... Pas mal trouvé !
D’autres occasions se présentent, dans l’année, pour rassembler des confrères : les célébrations eucharistiques à l’occasion de la sépulture ou du service pour un confrère ou un parent très proche d’un missionnaire. Ils prennent de plus en plus l’habitude de s’avertir mutuellement pour manifester leur amitié à la famille de leur confrère : des anniversaires, des cérémonies, des pèlerinages. Au mois de mai, quatre confrères jubilaires : 1926-1976, ont pu se retrouver autour de la même table pour fêter leurs 50 ans de sacerdoce. Certains ne s’étaient jamais retrouvés depuis le « bateau » !
3. Services rendus.
En plus de ces visites et rencontres d’amitié, un esprit de service se développe de plus en plus, sous forme de petites commissions, de transports en voitures, de démarches, de remplacement dans le ministère, etc... Très souvent, on apprend qu’un confrère a été emmené chez le docteur par un confrère voisin. Ces services sont surtout au bénéfice des plus âgés ou malades.
4. Retraite de Bièvres.
A ces activités qui se réalisent en province avec et pour chaque confrère, il faut ajouter les réalisations plus générales : la retraite de Bièvres, tous les deux ans, au mois de juillet. Celle de 1975 a été une belle occasion de se retrouver dans la prière et l’amitié. (Voir « Echos de la rue du Bac » Nº 89 oct. 75 p. 272). Une bonne soixantaine de missionnaires s’y sont retrouvés ; plusieurs y participaient pour la première fois depuis leur retour de mission datant pourtant de nombreuses années. Plusieurs avaient regretté la date trop tardive, fin juillet ; c’est pour cette raison que l’on a déjà retenu la maison de Bièvres pour la future retraite de 1977 : 3-9 juillet. Il semble qu’un nombre encore plus important de confrères attend cette retraite, surtout pour se retrouver et reprendre contact avec le Centre de la Société.
5. Session de Bièvres janvier 1976 (Echos de la rue du Bac. Nº 95. avril 76. p. 113).
Une vingtaine de missionnaires M.E.P., anciens d’Indochine, ont participé à cette session organisée pour les aider à une nouvelle insertion dans le ministère en France. Cette semaine, passée à réfléchir sur la société actuelle, sur l’Eglise et la pastorale en France, a beaucoup aidé les participants à entrer dans le ministère qu’ils allaient reprendre.
Plusieurs ont exprimé le désir de pouvoir vivre une pareille session tous les deux ans, en alternance avec la retraite de juillet. La question est à l’étude : peut-être cela se réalisera-t-il en 1978 ?
6. Courts séjours dans les maisons communes : Paris, Lauris, Montbeton.
Un nombre plus important de confrères dispersés vient se retremper dans les vieux murs de nos maisons communes. Ils semblent y être très bien accueillis : on entend très peu de critiques, au contraire. Certains y viennent pour participer à la retraite spirituelle des résidents, comme à Lauris ou Montbeton. Il ne semble pas qu’il y ait des abus, d’après les conversations échangées à ce sujet avec les supérieurs de ces maisons, qui font de leur mieux pour rendre leur communauté très accueillante.
Expulsions du Vietnam, Cambodge, Laos
Ce fait si grave du retour en France de tous les missionnaires de ces pays a eu des répercussions importantes sur la Diaspora M.E.P. Le nombre des confrères dispersés a augmenté d’un bon quart, leur arrivée et leur insertion dans la pastorale actuelle a été parfois cause de souffrances et de critiques.
Mais actuellement on peut exprimer quelques remarques positives à ce sujet :
• La réadaptation de ces dizaines de confrères souvent assez âgés, (les plus jeunes repartant en mission, pour la plupart), s’est bien faite. Il est rare de rencontrer un ancien, arrivé ces derniers dix-huit mois, se plaindre : cette relative facilité à entrer dans le ministère en France est le résultat sans doute de l’accueil des responsables à Paris, des journées organisées pour les aider à prendre une décision pour leur avenir, de la session de Bièvres en janvier 1976, des rencontres avec leurs confrères M.E.P. déjà au travail en France. Ceux-ci ont été efficacement sensibilisés à leurs problèmes par les feuilles de nouvelles que le Secrétariat de Paris a régulièrement envoyées à chacun. La bonne volonté des évêques de France pour accueillir les anciens missionnaires, originaires de leur diocèse, a été sûrement pour une grande part dans la réussite des anciens dans la pastorale de France. Peut-être que les missionnaires revenant d’Indochine, ancienne colonie française, avaient moins de difficultés que ceux qui revenaient autrefois de Chine ou de pays d’Asie sans lien avec la pastorale de France.
• Plusieurs, parmi ces anciens missionnaires du Vietnam, assurent un certain service pastoral auprès des réfugiés répartis dans plusieurs départements. Ils sont, du mieux possible, en relation avec les responsables de la pastorale des migrants asiatiques de Paris. Le délégué pour la Diaspora M.E.P. fait souvent agent de liaison pour maintenir le contact et faciliter les démarches en faveur des réfugiés.
• Comme pour les anciens de Chine, on peut être assuré que les missionnaires du Vietnam garderont dans le fond du cœur le souvenir et l’amour de ce peuple, et qu’ils continueront à l’aider de leur mieux suivant leurs possibilités. Un souhait pour le délégué de la Diaspora de l’an 2 000, peut-être ancien missionnaire du Vietnam : qu’il ait le bonheur d’entendre ses confrères parler de leur vie missionnaire passée, comme le délégué actuel a du plaisir à écouter les 48 anciens de Chine, comme lui, raconter leurs randonnées d’autrefois !
Quelques remarques en conclusion
1. Il semble que la grande équipe M.E.P. de la Diaspora, avec ses 158 membres, est assez bien en harmonie avec la tête et le corps de la Société. Pendant ces vingt mois d’activité, le délégué a pu constater un progrès dans les relations et les échanges avec tous les autres membres de notre famille religieuse. Une des causes de cet heureux résultat vient certainement des efforts de tous les responsables de la Société : les membres du Conseil permanent et les chefs de services de la rue du Bac.
2. Un autre progrès, qui peut être constaté, est que le service “Diaspora » devient lentement l’affaire de tous et non pas seulement du délégué officiel. Certains services de la rue du Bac font un travail exemplaire pour tous les confrères de France : on n’entend de leur part pratiquement que des éloges et des paroles de reconnaissance.
3. Dans les diocèses, les confrères M.E.P., tout en gardant facilement leur esprit M.E.P., sont très ouverts aux autres prêtres : on n’a jamais entendu de critiques à leur sujet, même dans les diocèses où ils sont relativement nombreux : pas du tout de ghetto.
4. Pourtant il semble qu’il y ait un progrès assez heureux : le nombre augmentant sensiblement, les groupes se forment pour s’entraider ; on peut déjà remarquer qu’une dizaine de confrères plus actifs ont un rayonnement très sympathique auprès de leurs confrères souvent plus âgés et cela, dans un esprit de réel service fraternel.
5. Grâce surtout à l’arrivée des anciens du Vietnam, le souvenir et la présence de l’Asie sont plus forts dans les rencontres, les visites et sans doute dans l’activité pastorale. L’échange entre Eglises se fait plus facilement, surtout avec le service des réfugiés qui sont plus présents dans les diocèses.
6. En terminant, il est nécessaire d’évoquer l’âge des confrères, surtout ceux qui voient leurs forces diminuer et qui devront se résigner à laisser leur ministère. Presque tous voudraient pouvoir prendre leur retraite dans leur paroisse ou communauté, dans leur milieu naturel de vie... près de leurs parents ou amis. Il y a là une réelle cause de souffrance. Mais il est réconfortant pour tous de voir la ténacité et l’effort de disponibilité qui se dégagent des conversations avec les anciens, tout autant que l’ardeur apostolique et la force d’adaptation que montrent les plus jeunes.
René SYLVESTRE
Délégué
CENTRE FRANCE-ASIE (C.F.A.)
1975 : année charnière dans l’histoire du « Foyer des Etudiants d’Extrême-Orient ». Deux événements d’inégale valeur vont contribuer à en accélérer l’évolution. C’est à Paris, une chute malencontreuse du Père RENOU. Celui-ci sera conduit à renoncer à son poste de directeur du Foyer qu’il occupe depuis vingt-cinq ans. C’est à Saïgon, la chute du Président Thiêu. Mais ce dernier soupçonne-t-il même les conséquences de son départ sur la vie et l’avenir du « Foyer » ?
I. de Saigon à Paris, le changement
Un accident bien banal que celui qui est à l’origine de la démission du P. Renou. Descendant de voiture, un soir de 1974, il accroche de son pied la ceinture de sécurité et se retrouve par terre. Une douleur passagère, un traumatisme bénin... mais le mal est fait. Il ira s’amplifiant, provoquant une paralysie croissante des jambes. Gros handicap pour un homme de cet âge, débordant de dynamisme et d’activité. Une solution : passer les rênes à un plus jeune.
Le temps de préparer son départ, et le P. Renou convoque pour le 25 juin 1975 l’Assemblée générale de l’Association (1). Il y présente sa démission de président et de directeur. Elle est acceptée. Un remplaçant est nommé : le Père Thomas ELHORGA qui termine bientôt, lui, ses huit années consécutives à la direction de la Sainte-Enfance.
La chute du Président Thieu et son départ au printemps 1975 allaient avoir des conséquences autrement plus graves : Phnom-Penh tombait le 17 avril, Saïgon le 30 et Vientiane ne tarderait pas...
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(1) Le « Foyer des Etudiants d’Extrême-Orient » est en effet une « Association Loi 1901 ». Son but : le service des étudiants d’Extrême-Orient. Il y eut pendant longtemps un « Foyer », qui acceptait les pensionnaires. Il était situé à la rue Cassette. Il a été supprimé en 1972.
En quelques semaines — dès les premiers jours de mai —, arrivent en France des réfugiés dont le flot, à l’heure actuelle encore, est loin de se ralentir. Il en est parmi eux qui viennent directement au « Foyer ». Ce sont des « anciens » qui espèrent retrouver leur « Père » et ce soutien qui, jadis, ne leur a jamais manqué ici. Avec eux se présentent des parents, des amis, des amis de leurs amis... Aux uns et aux autres, il faudra essayer de trouver une aide passagère, un travail, un logement ou encore une école pour les enfants, des familles d’accueil, ou enfin l’adresse d’un ami, d’un condisciple susceptibles de les dépanner.
En quelques semaines le visage du Foyer va changer sous le regard étonné des amis et connaissances qui viennent, nombreux, saluer le Père Renou avant son départ.
Situation nouvelle ?
Situation nouvelle pour le Foyer ?
Plutôt répétition, mais en beaucoup plus grand, de ce qui s’est déjà produit dans les années 1949-1950, à l’époque où, les armées de Mao Tsé-tung ayant conquis la Chine continentale, des réfugiés chinois étaient venus demander asile en France tandis que le nouveau régime interdisait aux étudiants de se rendre à l’étranger pour leurs études.
En fait, c’est de cette époque que date la véritable évolution du Foyer. Elle allait être marquée, dès 1950, par un double mouvement : régression sensible du nombre des étudiants, d’une part, extension des activités à d’autres personnes et à d’autres milieux, d’autre part ; en fait, service de tous les Asiatiques établis ou venant en France.
L’un des contrecoups lointains de ces événements allait être d’ailleurs la suppression en 1972 du Foyer de la rue Cassette qui accueillait, lui, des pensionnaires originaires de toutes les nations d’Extrême-Orient.
De la même façon, la « libération » des trois pays de l’ancienne Indochine française allait tarir le flot annuel des étudiants en provenance de ces trois pays.
Du coup, compte tenu du fait que Chine, Laos, Vietnam, Cambodge procuraient à eux seuls plus de 80 % de ses « clients », le Foyer n’allait-il pas devoir mettre un terme à ses activités et fermer définitivement ses portes ?
Besoins nouveaux
La question, il est vrai, ne s’est jamais posée en ces termes, du moins dans l’esprit des responsables. D’une part, Inde, Indonésie, Japon, Birmanie, Corée, Ceylan, Philippines et Thaïlande — au total un milliard d’habitants — continuent et continueront à envoyer leurs étudiants à l’étranger et notamment en France ; d’autre part, la présence chez nous de dizaines de milliers d’immigrés et spécialement de réfugiés asiatiques n’exige-t-elle pas un organisme entièrement consacré à leur service ? Un organisme qui accepte de répondre aux multiples appels et aux besoins nouveaux de nos frères d’Asie ? Ceux-ci ne se trouvent-ils pas trop souvent en butte à mille difficultés, chez nous, du fait soit de l’ignorance de la langue française, soit de la complexité de la législation et des administrations auxquelles ils ont affaire ?
Aggiornamento
En même temps, dans le ciel de l’Eglise de France apparaissait une exigence nouvelle qui allait favoriser l’évolution nécessaire du Foyer. C’est que ce Foyer était, depuis sa fondation en 1920, une œuvre de la Société des Missions Etrangères. Il est vrai qu’il était devenu aussi, depuis les années 50 et très officiellement, « l’œuvre du Père Renou ».
Mais, au moment où le culte de la personnalité a tout avantage à être relégué dans les placards des musées archéologiques, il devenait urgent de mettre à exécution les directives du Concile Vatican II préconisant la collégialité et d’accéder au désir des évêques de France, soucieux, avec raison, d’assumer leurs responsabilités pastorales et missionnaires.
D’où notre projet de remanier entièrement les statuts de l’Association.
II. Le Centre France-Asie
Réunie à cet effet le 5 novembre 1975, l’Assemblée générale en modifiait le nom : l’Association devenait le « Centre France-Asie » (2). Elle obtenait la capacité légale de travailler au service des Asiatiques en France ; elle devenait en même temps une œuvre de l’Eglise en France. La Conférence épiscopale y est présente en effet par l’un des membres de la Commission épiscopale des Missions à l’Extérieur (C.E.M.E.) (3). Elle est, tout comme la Société des M.E.P., membre de droit de l’Association avec pouvoirs très étendus. La Commission épiscopale des Migrants est représentée par le directeur du Service interdiocésain (Région Parisienne) des Travailleurs Immigrés ou S.I.T.I. (4).
Cette présence de l’Eglise de France allait se manifester quelques jours plus tard, le 22 novembre, par la visite du Cardinal MARTY, venu honorer une réception groupant, autour de lui, des journalistes et diverses personnalités parisiennes.
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(2) L’Association Centre France-Asie, régie par la Loi du 1er juillet 1901, est placée sous le régime de la loi du 14 janvier 1933. La présidence du Conseil d’Administration a été confiée à M. Pierre FROMHEIM. Deux vice-présidents : le Général LAPIERRE et le Père Georges LEFAS, respectivement trésorier et secrétaire de l’Association. La direction du Centre est confiée au Père ELHORGA.
(3) Actuellement Mgr LEULIET, évêque d’Amiens.
(4) Actuellement le Père MOSSAND.
Ouverture et collaboration
Présence de l’Eglise de France. Présence aussi à l’Eglise de France. Le Centre France-Asie se doit, en effet, d’agir et agit en lien étroit et en concertation permanente avec les instances pastorales de l’Eglise de France. Elle participe régulièrement aux rencontres organisées, tant au niveau des Aumôneries d’étudiants qu’à celui des « Missions étrangères » en France : Mission vietnamienne, Communautés japonaise, cambodgienne, Missions portugaise, italienne etc..
Cette ouverture, cette collaboration allaient bientôt se concrétiser sur l’étude des problèmes posés par l’afflux des réfugiés du Sud-Est asiatique. Plusieurs confrères M.E.P. se trouvaient déjà à divers niveaux engagés à leur service : qu’il s’agisse de ceux de « l’Information Missionnaire M.E.P. », devenue « Echange France-Asie », ou de ceux travaillant soit dans les diocèses de France, soit dans le cadre d’organismes tels que le Secours Catholique (Père TROGER), France Terre d’Asile (Père PARAIS), etc...
Vers une pastorale concertée
Dès le 30 août 1975, une rencontre avait lieu, réunissant une dizaine de confrères. Il devait y en avoir d’autres, au fil des mois : réunions d’information, d’échanges, de réflexion destinées à promouvoir une plus grande collaboration des confrères M.E.P. disséminés à travers la France. L’essentiel, nous était-il apparu, n’était pas ce que chacun de nous pouvait faire dans son coin, mais de nous aider les uns les autres à agir au service des réfugiés en lien avec les instances paroissiales, diocésaines, régionales et même nationales.
Ce projet répondant par ailleurs au désir de la Commission épiscopale des Migrants, une autre réunion allait prendre forme, plus officielle celle-là, le 7 mai 1976, rassemblant autour des « Pionniers » du 30.08.75 le secrétaire général de ladite Commission, le Père GUILLARD, le directeur du S.I.T.I., le Père MOSSAND, les Pères RONCIN et LADOUGNE et un nouveau venu, le Père ETCHARREN. Ce dernier, détaché par les M.E.P., sera chargé d’assurer la coordination des activités pastorales auprès des réfugiés du Sud-Est asiatique sous la responsabilité directe de Mgr ROUSSET, président de la Commission épiscopale des Migrants, dont il sera le vicaire général. Ainsi se met en place, peu à peu, une pastorale concertée et une collaboration mieux organisée sous la responsabilité des évêques.
France, terre d’accueil
Parallèlement et par la force des choses, se développait aussi notre collaboration avec divers organismes, gouvernementaux et privés, œuvrant au service des immigrés, y compris les étudiants et les réfugiés.
En ce qui concerne les réfugiés en général et ceux du Sud-Est asiatique en particulier, il faut noter qu’un effort remarquable a été réalisé en France depuis quelques années. Comment ne pas citer ici l’action des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur, du Travail, celle de l’Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides (O.F.P.R.A.), ou encore de la Croix-Rouge Internationale et de la Croix Rouge Française qui assure l’accueil aux aéroports ? Fondée voici plusieurs années, une autre Association, « France Terre d’Asile », prend en charge ensuite les réfugiés, les achemine vers des centres de transit, de là, vers des centres d’hébergement qui assureront à leur tour, et progressivement, leur insertion : alphabétisation, logement, travail,... D’autres organisations et groupements participent en même temps à ce vaste mouvement de solidarité internationale. Et c’est pour coordonner et harmoniser les activités des uns et des autres qu’a été créé, en 1975, le Comité national d’Entraide Franco-Vietnamien, Franco-Laotien, Franco-Cambodgien. C’est dire qu’apportant notre petite pierre à l’édifice en construction, nous bénéficions nous-mêmes de multiples collaborations basées toutes sur une volonté commune de complémentarité active (5).
III. Activités propres au Centre France-Asie
Notre vocation, en effet, n’est pas et ne peut pas être de tout faire. Elle est, avant tout, d’orienter et de guider les Asiatiques vers les multiples organismes et services à vocation tant sociale que pastorale qui existent déjà et travaillent, en général, fort efficacement. C’est à ce niveau que se situe l’essentiel de notre activité : ce qui nous permet d’être plus à même de faire, dans le cadre du Centre France-Asie, ce que les autres ne font pas ou ce que les Asiatiques quels qu’ils soient attendent vraiment de nous, soit qu’ils ne trouvent pas ailleurs réponse à leurs problèmes ou à leurs questions, soit que les attire vers nous ce capital formidable de confiance accumulé depuis cinquante ans par ce qui fut le « Foyer des Etudiants d’Extrême-Orient ».
Mais alors que fait-on au Centre France-Asie ? Disons tout simplement que, dans un souci missionnaire qui est d’abord un souci de service, nous voulons apporter l’aide fraternelle de l’Eglise à nos frères d’Asie, sans aucune distinction de classe sociale, de race, de nationalité, de religion ou d’appartenance politique.
Notre désir ? Notre mission ? Répondre aux appels les plus pressants, aux besoins les plus urgents des Asiatiques en France. Notamment des réfugiés obligés de refaire leur vie ici, souvent en partant de zéro.
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(5) Rendons hommage ici à l’attitude de très grande compréhension tant des autorités administratives françaises — et les réfugiés en sont bien conscients — que des particuliers, familles, paroisses, employeurs... qui leur apportent un concours bien apprécié. En tout cas, nombreux sont ceux qui pensent, même dans les plus hautes sphères, que cet apport asiatique peut être bénéfique, enrichissant pour la France. Il a été noté avec surprise qu’il n’y a pratiquement pas de délinquance dans les milieux asiatiques de France. Les quelques bavures que l’on rencontre peuvent s’expliquer par le désarroi d’individus trop habitués à la guerre, traumatisés par des épreuves de toute sorte et agissant sous l’effet de la peur ou de l’angoisse.
Au service des réfugiés
En fait, en cette fin de 1976, 80 % de nos activités sont consacrés à ces derniers. Bien sûr, il ne s’agit pas de tous les réfugiés. Pour la majorité d’entre eux, il y a les filières officielles citées plus haut : elles leur assurent accueil, hébergement, insertion. Il y a aussi tous ceux qui viennent soit clandestinement, soit avec un simple visa « Touriste » et bénéficient de fait du séjour en France. Il y a aussi tous ces anciens étudiants qui étaient déjà ici lors des événements de Saïgon, Phnom-Penh et Vientiane. Le total général doit se situer autour de 20.000.
Qu’il s’agisse des uns ou des autres, quel est notre travail ? Il consiste surtout à les accueillir, comme une famille accueille les siens, à les écouter — et le plus souvent dans leur langue —, à les vêtir quelquefois (6), mais aussi à établir leurs dossiers administratifs, à les accompagner auprès des diverses administrations concernées (7). Et cela peut aller de 1’O.F.P.R.A. à la Préfecture de Police, de l’hôpital au Tribunal d’Instance, en passant par les maternités, les assistantes sociales des mairies ou des écoles.
Il en est pour qui le temps que nous leur consacrons dépasse les dix ou même quinze heures, rien que pour les démarches administratives. Il en est d’autres à qui il faudra en consacrer plus encore : il a fallu développer à leur intention les cours de français commencés jadis pour les étudiants par le général LAPIERRE.
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(6) Vêtements, langes, couvertures nous parviennent d’un peu partout. L’Association « Vœu pour le Vietnam », qui a alerté ses propres adhérents, nous a valu des dons importants qui nous aident à satisfaire bien des demandes. Nous cherchons surtout vêtements pour enfants et bébés, pour hommes, couvertures…
(7) Un des services les plus importants, c’est justement la rédaction des papiers administratifs, dossiers et correspondance officiels. Ils souhaitent aussi que nous les accompagnions auprès des administrations intéressées qui souvent leur font peur, d’autant que souvent ils ne parlent pas un traître mot de français. Deux cents sorties accompagnées, chaque mois, c’est une performance moyenne. Quant au total des visites au Centre, il varie de 1 300 à 1 600.
Au service des étudiants
Mais revenons aux étudiants. Car ils existent et, trop souvent, nos confrères M.E.P. ignorent les services que nous pouvons leur rendre. Pas plus pour eux que pour les réfugiés nous ne pouvons ni ne voulons tout faire. Mais le Centre continue et continuera de faire tout ce qu’il peut pour :
— les accueillir,
— leur trouver un logement décent : que ce soit dans un foyer, en chambre individuelle ou encore dans des familles, avec vie de famille si c’est souhaité,
— leur procurer éventuellement un travail, notamment pendant les vacances,
— les orienter et les guider pour leurs études,
— les présenter aux « Missions » ou Communautés nationales respectives,
— et même, s’il le faut, les aider financièrement.
Nous comptons, pour ce faire, sur la générosité des Français, mais aussi sur une entraide asiatique que nous mettons en place peu à peu, à la demande et avec l’accord des Asiatiques conscients de l’importance de la tâche.
Une remarque qui a son importance : n’attendez pas d’avoir soif pour commencer à creuser votre puits. Ne faites pas comme ce charmant confrère de Malaisie qui s’en vint l’autre jour — c’était un samedi, le Centre en principe était fermé — accompagné d’un étudiant... à loger. Ce fut fait en moins de cinq minutes. Mais il est des problèmes qu’on ne résout point en si peu de temps.
Il est bon de savoir, entre autres, que les inscriptions scolaires et universitaires se prennent entre avril et juin, pour la rentrée d’octobre. Sinon, c’est trop tard. Et il faudra attendre l’année suivante.
…et des autres
Réfugiés, étudiants... et puis tous les autres : Asiatiques installés en France, y venant ou transitant… et qui viennent frapper à notre porte. Il nous en arrive tous les jours, pour solliciter, qui un renseignement, qui une traduction, qui la rédaction d’une lettre… à moins qu’il ne s’agisse d’un projet de mariage : mariage civil, mariage religieux à préparer etc...
Un exemple récent ? C’est une vieille dame d’origine chinoise, nationalité française mais ne parlant pas du tout français, 75 ans ; Elle a droit à la retraite vieillesse. Mais comment faire quand on ne parle ni n’écrit le français ? Il nous a fallu cinq déplacements successifs dans différents services pour lui obtenir « Carte vermeil », gratuité de soins médicaux et retraite vieillesse... « Même mon fils n’a pas fait ce que vous avez fait pour moi » devait-elle nous dire quand, quelques jours plus tard, elle vint nous exprimer sa gratitude et nous offrir quelques douceurs de sa fabrication.
IV. Regards vers l’avenir
Ce que nous avons fait...
Mais, au terme de ce bref compte rendu, pouvons-nous nous arrêter sur ce qui a été fait ? N’est-il pas plus important de porter notre regard sur ce qui reste à faire ? Et d’explorer si possible des pistes nouvelles, attentifs aux besoins et aux appels nouveaux suscités par une situation très mouvante ?
Passé — mais quand donc sera-t-il passé ? — ce flot harassant des réfugiés (8). Le Centre France-Asie ne devrait-il pas devenir davantage un Foyer d’amitié où ces réfugiés et les autres pourraient se retrouver entre eux ? « Les week-ends et surtout les vacances sont longs pour nous qui travaillons chez Renault. Nous devons rester chez nous, dans notre petite chambre, ou aller au cinéma ou au bistrot », nous disait ces jours-ci un Cambodgien.
Foyer d’amitié, mais aussi lieu de réflexion et d’échanges en tout genre où pourraient se rencontrer des jeunes et des moins jeunes de toutes langues, nationalités et races désireux de mieux se connaître et d’œuvrer ensemble soit pour une entraide réciproque, soit encore pour de plus nobles causes?
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(8) Personne ne saurait prédire quand prendra f in l’afflux des réfugiés. Deux ans ? Trois ans ? On s’attend en tout cas à l’arrivée de 12 000 personnes par an. Cela promet encore des drames... Et cela, bien sûr, nous interpelle tous
Un fait est certain : une majorité des Asiatiques qui sont dans notre pays ont adopté la France comme leur deuxième patrie. En même temps, ils désirent rester fidèles à eux-mêmes, à leur culture, à leurs traditions Un jeune Laotien de 18 ans, élève d’un lycée de Meaux, nous disait l’autre jour : « Aidez-nous à connaître, à aimer notre pays et notre culture que nous avons jusqu’ici ignorée et même méprisée ». Tout un programme !
Mais, au-delà de ce que nous pourrons apporter aux Asiatiques que nous accueillons, n’aurons-nous pas à promouvoir surtout leur participation plus active à la vie de la communauté nationale à laquelle ils désirent s’intégrer ? Ce serait sans doute l’une des meilleures façons de promouvoir cet enrichissement réciproque que nous souhaitons tous...
Pistes nouvelles ? Sans doute pas. Pistes d’avenir ? Oui, si nous voulons et savons nous y engager avec eux.
Thomas ELHORGA
Georges LEFAS
10 octobre 1976
PASTORALE DES MIGRANTS DU SUD-EST ASIATIQUE EN FRANCE
La présence des Asiatiques en France interpellait depuis longtemps l’Eglise de France et la Société des Missions Etrangères. Cette présence ne pouvait laisser indifférente une Société depuis toujours destinée à l’évangélisation de l’Asie.
La Société s’était déjà intéressée aux étudiants asiatiques avec le Foyer des Etudiants, devenu depuis le Centre France-Asie, sous la direction du P. ELHORGA. L’arrivée d’un nombre important de réfugiés et de rapatriés de l’Asie du Sud-Est devait reposer le problème avec plus d’acuité encore.
Des confrères rentrés du Vietnam, du Laos et du Cambodge avaient, dès 1975, eu des initiatives pour se mettre au service des réfugiés. Ainsi,
— le P. TROGER s’inséra dans les œuvres du Secours catholique français ;
— les PP. PARAIS et RICHARD entrèrent dans un organisme non confessionnel, « France, terre d’asile », chargé de l’accueil, de l’organisation des centres de transit et des centres d’hébergement pour les réfugiés ;
— le P. AHADOBERRY ouvrit à Paris un Centre pour les Cambodgiens ;
— le P. ABALLAIN devait s’occuper des Laotiens ;
— le P. LEFAS vint seconder le P. ELHORGA au Centre France-Asie.
La Société se demandait comment coordonner tout cela et comment effectuer un travail plus pastoral auprès des Sud-Est Asiatiques, quand l’épiscopat fit justement la demande d’un missionnaire pour coordonner et animer cet apostolat, comme délégué de la Commission épiscopale des Migrants. Le P. ETCHARREN fut désigné pour cette fonction. Nous en sommes au stade de l’organisation.
Le P. VIGNALET a accepté de s’occuper des Laotiens, le P. PONCHAUD de seconder J. AHADOBERRY. D’autres confrères ont des responsabilités auprès des Asiatiques : le P. GAUTHIER à Agen, le P. GUIMET à Belley. Plusieurs prêtres vietnamiens sont associés à ce travail, d’autres le seront encore bientôt, ainsi que des religieuses.
Une des difficultés majeures, au départ, vient du manque de locaux pour ce Centre national qui viserait à devenir, en quelque sorte, la Maison de l’Asie en France, pour coordonner et animer la pastorale auprès des Asiatiques en France, sans exclure l’idée d’activités sociales et culturelles.
MAISON SAINT-RAPHAËL, MONTBETON
Depuis 1974, neuf confrères se sont retirés à Montbeton ; neuf confrères également y sont décédés : le nombre de nos « pensionnaires » est donc resté sensiblement le même. Faut-il compter parmi eux le P. GENTINNE, venu dans l’intention de prendre quelques jours de repos ? Il ignorait la nature de son mal. Après une quinzaine de jours, le pauvre Père a dû être hospitalisé et, peu après, il est décédé à Toulouse, loin de ses confrères. Il a pu au moins être enterré parmi eux dans notre cimetière.
Le P. FUMA lui aussi a été enterré à Montbeton. Il était décidé qu’il allait prendre sa retraite parmi nous mais, quelques jours avant son départ, il est mort subitement à la clinique Saint-Jean de Toulouse dont il était l’aumônier.
A Montbeton, les PP. MARCADÉ et J.-B. FLEURY se sont éteints lentement à un âge très avancé.
Mgr LARRIBEAU, qui s’était d’abord retiré dans sa famille, a passé ses deux dernières années parmi nous. Il est décédé à l’âge de 91 ans, ayant conservé toutes ses facultés jusqu’à ses derniers instants.
Les PP. CHABAGNO et SELLOS ont été successivement le doyen de la Société. Le P. Chabagno est mort à 93 ans. Le P. Sellos à 94 ans. Tous deux ont eu une heureuse vieillesse, jouissant de toutes leurs facultés. Le P. Chabagno est resté alité pendant deux jours seulement. Le P. Sellos n’a guère eu qu’un mois de maladie ; malheureusement, il a dû être hospitalisé à Montauban et c’est là qu’il est décédé après plusieurs jours d’agonie.
Le P. A. CUSSAC lui aussi a atteint un âge avancé. Il était dans sa 92e année. Pendant plusieurs mois, il s’est lentement affaibli jusqu’à l’épuisement total des ses forces.
Le P. PIFFAUT, décédé à 76 ans, a beaucoup souffert, grabataire pendant deux ans et demi et incapable de toute activité.
Le P. MAMET n’a guère passé que trois mois à Montbeton, trois mois pendant lesquels on a pu apprécier sa grande charité à l’égard de ses confrères, spécialement à l’égard des malades. Il paraissait en assez bonne santé, mais il nous a été enlevé presque subitement.
Le P. CHAUVET n’a même pas passé un mois à Montbeton. Deux ou trois jours après son arrivée, son état s’est rapidement aggravé. Au matin du 14 septembre, il mourait après une longue agonie.
Notre ancien employé, Maurice GOT, qui avait passé toute sa vie au service de la Société, s’était retiré dans notre maison, alors qu’il sortait d’une grave et longue maladie. Pendant plusieurs années, il nous a rendus tous les services qu’il a pu. Sans doute est-il allé au-delà de ses forces car, en novembre 1975, il était atteint d’hémiplégie. Les soins reçus à l’hôpital de Montauban n’améliorèrent pas son état. Rentré chez nous en janvier, il mourait le 2 mars 1976.
Le P. ETCHEVERRY s’était d’abord retiré à Montbeton. Ensuite, malgré les conseils de ses confrères, il préféra se retirer dans son pays natal. Quelques mois après son installation, il était emporté par une crise cardiaque.
Au cours de ces trois ans, le personnel de la maison est resté à peu près le même. Le P. BOUCHUT continue à se dévouer au service des malades. Le P. TOQUEBŒUF par contre, après avoir pendant vingt ans rendu des services inappréciables à nos malades, a voulu se retirer dans sa famille. Il y vit en ermite, nous écrit-il. Certainement il nous aide par ses prières autant qu’autrefois par ses services.
Le Frère Paul PETITDEMANGE est surtout chargé de l’entretien du parc ; il y déploie sans compter les forces de ses muscles. Il s’emploie aussi à d’autres travaux et même au soin des malades.
Le P. FAUGÈRE vient d’arriver comme économe de la maison. Il se met peu à peu au courant de son travail, et nous rend bien service comme chauffeur de la maison.
Les Sœurs des Missions Etrangères assurent la plus grande partie du travail de la maison : soin des malades, cuisine, lingerie, sacristie... On se demande comment autrefois la maison pouvait fonctionner sans leur aide dévouée. Sœur VINCENT, infirmière diplômée, rend de grands services à la population des environs et contribue ainsi à la bonne réputation de la maison.
Tous nos confrères reçoivent régulièrement la visite du docteur de la maison : en principe une fois par mois. En plus de ces visites régulières, le docteur est appelé pour les cas urgents. Ainsi les malades et même les bien portants sont surveillés au point de vue médical.
Au point de vue matériel, l’amélioration la plus sensible a été l’installation des égouts et de l’eau de la ville. Cela nous a valu la suppression d’une foule d’ennuis toujours renaissants, d’autant plus que nos puits ne fournissaient plus d’eau potable.
Le grand parc a été entièrement débroussaillé et le Frère Paul veille à ce que les ronces ne l’envahissent pas de nouveau. Le parc a été également débarrassé de plusieurs constructions inutiles qui menaçaient de s’écrouler. Les confrères peuvent s’y délasser en respirant l’air pur de la campagne. Il est vrai que la population de Montbeton augmente : de nouvelles bâtisses apparaissent chaque année, mais plusieurs dizaines d’années passeront avant que Montbeton soit englobé dans la banlieue de Montauban.
La maison elle-même est régulièrement entretenue sous la surveillance active du P. CAMBON, dont les visites ont le meilleur effet sur les artisans chargés de l’entretien.
Nous entretenons de bonnes relations avec la paroisse à laquelle nous rendons parfois quelques services. Ces services d’ailleurs nous sont bien rendus sous une forme ou sous une autre par notre curé, l’abbé BELLOC.
Bonnes relations également avec les autorités locales, le maire et son administration. Il est vrai que, cette année, les impôts ont augmenté considérablement. C’est sans doute la rançon du progrès. En plus de ses dépenses ordinaires, la commune a dû faire face aux dépenses de l’installation des égouts et de l’eau courante.
Emile DEWONCK
MAISON D’ACCUEIL, LAURIS
Que dire dans un compte rendu des activités d’une maison de retraite ? Toujours est-il que Lauris continue sa mission d’accueil pour les confrères âgés ou malades : le nombre des Pères résidant ici varie entre 28 et 30, sans compter les Pères de passage.
C’est au cours de cette période 1974-1976 que la maison a changé de direction : le P. DUMONT, qui était en charge depuis la fondation de la maison et qui a bien mérité de Lauris, a été nommé économe de notre maison de Paris. C’est le P. MARTIN qui l’a remplacé comme supérieur, avec le P. GRIFFON comme économe : d’autre part deux Sœurs des Missions Etrangères ont maintenant la charge de la cuisine et de la lingerie.
Lauris a connu pendant ces trois ans, ses peines : le décès du P. MICHEL en 1974 ; puis celui, subit, du P. François COLLART, alors en voyage à St-Etienne ; puis en 1976 celui, subit également, du P. BEAUDEVIN, notre poète, le troubadour de Jeanne d’Arc.
Parmi les joies qui ont ensoleillé cette période, il y a eu les jubilés : 50 ans de prêtrise des PP. LAMBERT, LASSALMONIE, NÉNOT et BLANCHARD en 1974, du P. VACHER en 1975, et du P. ROUSSEL, en 1976. Puis les 60 ans de prêtrise des PP. COLLARD et RIVIÈRE ; et enfin les 65 ans de prêtrise du P. CORFMAT.
Lauris a accueilli pendant cette période environ 90 visiteurs M.E.P. chaque année (dont bon nombre d’évêques), des séjours variant de quelques jours à quelques mois. Nous avons eu aussi la visite du Père Supérieur général, des PP. LADOUGNE, ITCAINA, DUQUET, CAMBON, etc.
A noter aussi que Lauris abrite maintenant le doyen de la Société, le Père Henri RIGAL qui porte allégrement ses 94 ans et qui prépare déjà les fêtes de son centenaire.
A son arrivée à Lauris, le P. Martin a été nommé curé de la paroisse de Lauris, en remplacement du curé précédent qui venait tout juste de mourir : travail passionnant dans un milieu très déchristianisé. Quant au P. GRIFFON, l’économe de la maison, il est en charge de Mérindol, à 10 km de Lauris.
Les confrères retirés ici se félicitent de la douceur du climat provençal : ils continuent à s’intéresser à tout ce qui se passe dans nos Missions, et offrent au moins leurs prières pour leurs chrétiens. Chaque année une retraite de trois jours (en 1974 c’est le P. DEDEBAN qui l’a prêchée, en 1975 le P. DOZANCE, et en 1976 le P. PROUVOST) leur permet de mieux faire le point dans leur vie montante.
Pierre MARTIN
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