| Année: |
1911 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Mysore |
| Rédacteur: | Mgr Baslé |
II. — Mysore
Population catholique 50.603
Baptêmes d’adultes 1.087
Baptêmes d’enfants de païens 1.380
Conversions d’hérétiques 122
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« Le recensement qui vient d’être terminé, écrit Mgr Baslé, donne, pour le diocèse de Mysore, une population catholique de 50.603 âmes : 20.253 appartiennent à la ville de Bangalore et sont réparties en cinq paroisses.
« Quoique nous n’ayons jamais eu de mouvement extraordinaire de conversions, le chiffre de nos chrétiens n’a pas cessé de croître de près d’un millier chaque année, grâce aux efforts et au zèle de nos chers Confrères.
« Les baptêmes de païens sont fournis en très grande partie par les églises de la ville de Bangalore, et, en particulier, par l’église Saint-Joseph où M. Briand a obtenu 301 conversions. Les deux églises des mines d’or de Kolar ont donné un contingent de 87 baptêmes. Viennent ensuite Mysore, le Wynaad, Haroballe, les deux couvents du Bon-Pasteur et celui des Petites-Sœurs des Pauvres.
« Les conversions des protestants sont le fruit des travaux des mêmes Missionnaires. La cathédrale présente une belle gerbe de 32 retours à la vraie foi ; plusieurs ont été obtenus dans les mines de Kolar et par le couvent du Bon-Pasteur. Les baptêmes d’enfants de païens in articulo mortis sont dus surtout au zèle de nos dévouées Religieuses.
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« Les œuvres générales de la Mission ont fait quelque progrès dans le cours de l’année. Notre Séminaire compte 34 élèves, qui montrent tous d’excellentes dispositions ; il y a lieu d’espérer que, durant les trois années qui vont suivre, une dizaine d’entre eux entreront au Grand Séminaire provincial de Pondichéry. Malheureusement, cette œuvre si importante a subi une perte bien sensible par la mort de son dévoué supérieur, M. Gerbier. Homme de devoir, travailleur infatigable, il ne voulut jamais prendre de repos pendant les 18 années qu’il dirigea le Séminaire. C’est grâce à lui que cette maison est aujourd’hui aussi florissante qu’elle peut l’être dans une Mission où le recrutement est toujours difficile.
« Le Collège Saint-Joseph continue de progresser, avec un total de 800 élèves : la section européenne, sous la direction de M. Froger, compte 201 pensionnaires et 149 externes sur lesquels 229 sont catholiques et 121 protestants. La section indigène, sous la direction de M. Blaise, ne compte pas moins de 450 élèves. Les bâtiments sont insuffisants : une aile latérale de 100 pieds de long, à double étage, est en voie de construction ; mais elle est loin de répondre à tous les besoins. Il faudrait élever tout un collège pour séparer les Indiens des Européens. A cause du manque de ressources, nous devrons nous contenter, pendant quelque temps encore, de ce que nous avons.
« L’Ecole Saint-Aloysius, qui sert au recrutement de la section indigène du Collège Saint-Joseph, est également en voie de progrès : le nombre toujours croissant de ses élèves atteint aujourd’hui 240.
« Le Pensionnat Saint-Louis, réservé aux parias, se maintient avec une moyenne de 60 élèves : il n’est guère permis d’espérer un plus grand nombre de pensionnaires. Les résultats obtenus, tant au point de vue de l’instruction que de la formation, sont une source de consolations pour M. Aucouturier, qui, depuis treize ans, dirige cet établissement.
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« Les écoles de filles, tenues par les Sœurs du Bon-Pasteur et par les Sœurs de Saint-Joseph, se développent toujours de plus en plus.
« Le Couvent du Bon-Pasteur de Bangalore n’a pas moins de 96 pensionnaires, chiffre inconnu jusqu’à ce jour. Il possède les institutions suivantes : le collège du Sacré-Cœur (29 élèves), qui enseigne jusqu’aux First Arts ; une école normale pour les grades supérieurs ( 12 élèves) ; une école élémentaire (220 élèves); une école pour les pauvres (134 élèves) ; une école pour les orphelines indigènes (110 élèves); une école pour les petits garçons (64 enfants) ; enfin, une école industrielle où 60 enfants apprennent la couture, le tricotage et toute espèce de travaux à l’aiguille.
« Les Religieuses indigènes de Sainte-Anne, attachées à ce couvent, vont chaque jour faire la classe dans les trois paroisses de Blackpally, de Saint-François-Xavier et du Sacré-Cœur, où elles donnent l’instruction et enseignent le catéchisme à 255 filles tamoules.
« Le même ordre du Bon-Pasteur tient, à Mysore, deux écoles qui réussissent et n’ont pas moins de 162 élèves, dont 54 pensionnaires.
« Les Sœurs de Saint-Joseph possèdent également plusieurs écoles qui se sont bien développées en ces derniers temps et donnent aujourd’hui pleine satisfaction.
« C’est, d’abord, à Saint-François-Xavier, une école pour les filles européennes et eurasiennes, avec 92 élèves, et une école gratuite pour les pauvres des mêmes classes de la société, avec 78 élèves. Dans la même paroisse, elles tiennent aussi une école indigène de filles de caste, qui ne compte pas moins de 115 élèves, parmi lesquelles 80 jeunes filles païennes.
« Pour travailler plus efficacement à l’instruction de ces filles de caste, les Sœurs de Saint-Joseph ont formé des Religieuses indigènes qui observent les règles de leur Institut ; quelques-unes rendent déjà de grands services dans les écoles de Saint-François Xavier et de Mercara.
« Aux mines d’or de Kolar, elles dirigent deux établissements : l’un mixte pour les Européens et les Eurasiens ( 169 élèves), et l’autre pour les indigènes avec 41 jeunes filles. La nouvelle fondation de Mercara, établie le 1er septembre 1909, continue de donner pleine satisfaction et n’abrite pas moins de 80 filles Coorgs, toutes païennes mais désireuses de s’instruire auprès des Religieuses.
« Je n’insisterai pas, ajoute Mgr Baslé, sur les écoles élémentaires des différentes paroisses de la ville ou des districts de la Mission. Il y a encore beaucoup d’améliorations à faire ; plusieurs écoles restent à créer ou à développer afin de favoriser l’éducation chrétienne de la jeunesse ; mais le chiffre total de 4.939 élèves est un progrès notable sur les années précédentes.
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« L’Hôpital Sainte-Marthe a célébré, dans l’intimité et sans éclat, son jubilé d’argent, ou 25e anniversaire de sa fondation. Cette œuvre, que je considère comme très fructueuse au point de vue du nombre d’âmes qu’elle sauve, doit son origine à Sœur Marie de la Visitation, supérieure du couvent du Bon-Pasteur, qui fut puissamment aidée par M. Bonnétraine, alors aumônier du couvent.
« A cause, sans doute, de son importance et de ses résultats, elle eut à subir, à l’origine, d’extraordinaires difficultés. Plusieurs Missionnaires prétendaient qu’on l’avait commencée sur une trop vaste échelle. L’évêque lui-même, Mgr Coadou, tout dévoué pourtant à la bonne Supérieure, n’était pas sans crainte pour l’avenir : il se contentait de l’encourager sans s’associer directement à l’entreprise.
« Le succès a été plus complet qu’on n’avait jamais osé l’espérer. Si, même aujourd’hui, les ressources ne sont pas suffisantes pour en assurer le fonctionnement régulier, les dix-sept mille baptêmes conférés durant les vingt-cinq ans de son existence sont bien de nature à dédommager les excellentes Religieuses de tous les soucis qui les ont assiégées.
« La petite communauté de Sainte-Marthe forme une maison spéciale, indépendante du couvent qui l’a fondée. Un médecin attitré demeure sur le terrain même de l’hôpital, dans une maison appartenant à l’établissement ; deux fois par jour, matin et soir, il fait la visite des malades. Une Sœur a pris des diplômes de médecin, afin d’être en règle avec les dispositions légales. Le service est fait par des Religieuses européennes du Bon-Pasteur, assistées de plusieurs Religieuses indigènes de Sainte-Anne et de serviteurs et servantes en nombre relativement considérable.
« L’hôpital compte ……(à compléter)……….. personnes viennent chaque jour se faire traiter. Le nombre de baptêmes de l’année courante s’élève à 1.176. Puisse cette œuvre continuer de prospérer, se développe encore davantage et sauver un plus grand nombre d’âmes !
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« Les Sœurs de Saint-Joseph se dévouent avec le même zèle et la même ardeur dans les hôpitaux des deux municipalités de Bangalore et de Mysore. Si elles n’ont pas les mêmes succès dans l’œuvre des conversions, c’est uniquement parce qu’elles n’ont pas toute la liberté d’action dont jouissent les Sœurs de l’Hôpital Sainte-Marthe. Néanmoins, le bien qu’elles font est considérable.
« Les Sœurs indigènes de l’Immaculée-Conception, quelque peu nombreuses qu’elles soient aujourd’hui, ont eu aussi l’occasion d’exercer leur charité dans l’hôpital qu’elles dirigent à Settihally. Elles ont reçu 210 internes et traité 6.496 personnes au dispensaire. Nous formons des vœux pour que cet Ordre reprenne une nouvelle vigueur et se développe pour le plus grand bien de cette chrétienté et de ses environs.
« Parmi les autres œuvres de charité il faut citer encore deux asiles pour repenties, européennes et indigènes. Ils abritent 246 femmes ou jeunes filles, tant au couvent de Bangalore qu’à celui de Mysore. Quand nous parlons d’asiles de repenties, on serait tenté de croire qu’il s’agit seulement de filles qui ont eu le malheur de tomber. Il n’en est rien ; un très grand nombre sont envoyées par les parents ou le missionnaire du district pour être mises à l’abri des mauvaises occasions, pour recevoir une éducation foncièrement chrétienne, ou être préparées soit au baptême, soit à la réception des sacrements de Pénitence et d’Eucharistie.
« Si à tous les établissements déjà mentionnés nous ajoutons deux orphelinats qui comptent 147 orphelines européennes ou eurasiennes et 121 indigènes, et une crèche où 38 petits enfants sont recueillis, entretenus, élevés jusqu’au jour où ils peuvent être reçus dans les orphelinats, nous aurons une idée du bien qui s’opère dans cette maison du Bon-Pasteur, dont le personnel dépasse 700 personnes. »
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Mgr l’Evêque de Mysore, après nous avoir fait connaître d’une manière fort complète les magnifiques œuvres d’éducation et de charité de son beau diocèse, ajoute quelques détails sur les principaux événements qui ont marqué l’administration des districts.
« M. Gouarin écrit de Shimoga : « Ici les païens deviennent de plus en plus fanatiques ; je « n’ai pu glaner que six épis, cinq païens adultes et un protestant, dans cette masse idolâtre de « 5.200 habitants. Comme il fallait s’y attendre, l’ennemi de tout bien a suscité mille « obstacles : plusieurs catéchumènes qui avaient manifesté l’intention de se faire chrétiens se « sont retirés au dernier moment. J’espère cependant quelques recrues pour l’année prochaine, « durant laquelle je pense être plus heureux que je ne l’ai été dans le cours de cet exercice.
« La garnison de Shimoga ayant été réduite à la moitié de son effectif, les cipayes chrétiens « doivent faire fréquemment leur service à l’extérieur ; pour cette raison, leur instruction « religieuse est en souffrance, leur présence aux offices de l’église laisse à désirer. Malgré ce « grave dommage, dont, au reste, i1 ne sont pas responsables, les communions de dévotion « sont montées de 3.588 à 5.482. »
« M. Picot, qui a remplacé M. Marcon à Tirtahally, s’est empressé d’y bâtir un presbytère et se propose de construire une nouvelle église à la place de la chapelle actuelle, devenue beaucoup trop petite et destinée, dans la suite, à servir d’école. « La sainte Vierge, patronne « de Tirtahally sous le vocable de Notre-Dame de Lourdes, nous a protégés, écrit-il, d’une « manière éclatante. La façon merveilleuse dont s’est arrêtée une mortalité inouïe dans ce « district est considérée par tous comme un insigne bienfait qui sera le signal d’un renouveau « de vie spirituelle pour la contrée. »
« L’œuvre des Koorchers dans le Wynaad a été bien éprouvée. Une épidémie de dysenterie s’est abattue sur cette nouvelle chrétienté et a fait de nombreuses victimes. Quoique M. Jauffrineau ait reçu et baptisé 23 nouveaux Koorchers, la population catholique n’a pas augmenté. Le cher Missionnaire continue son œuvre que la divine Providence se plaît à marquer d’insignes bienfaits. »
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