| Année: |
1913 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Kumbakonam |
| Rédacteur: | Mgr Chapuis |
IV. — Kumbakonam
Population catholique 98.608
Baptêmes d’adultes 138
Baptêmes d’enfants de païens 2.032
Conversions d’hérétiques 51
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« Dans le compte rendu de l’année dernière, écrit Mgr Chapuis, j’exprimais la joie que nous éprouvions de la guérison de notre évêque vénéré, Mgr Bottero. Hélas ! cette joie devait être de courte durée, comme toutes les joies de ce monde. En effet, Mon seigneur ne tardait pas à ressentir de nouvelles crises du mal dont il souffrait, et ces crises devenaient de plus en plus fréquentes. Le 21 mai, le bon et vaillant prélat mourait plein de jours et de mérites, comme les anciens patriarches. Mgr Bottero avait 76 ans, dont 53 passés dans l’Inde. Il était resté jeune et plein d’entrain sous sa couronne de cheveux blancs ; et il nous a légué à tous de beaux exemples de zèle, d’aménité et de confiance en la Providence.
« Le 18 février dernier, a eu lieu l’inauguration du dispensaire fondé à Ayyampett - sud par le cher M. Playoust. Ce fut un beau jour que celui où deux de nos excellentes Sœurs Catéchistes de Marie-Immaculée prirent possession de leur jolie résidence. Chrétiens païens et musulmans étaient venus nombreux, pour voir les anges que le bon Dieu leur envoyait. En six mois, les deux Sœurs ont déjà baptisé 2 adultes et 300 petits païens moribonds. C’est à M. Playoust que la mission est redevable de leur installation à Ayyampett ; en effet, c’est lui qui a acheté le terrain, construit le couvent et le dispensaire, et assuré, au moyen d’une fondation, l’entretien des religieuses.
« La municipalité de Kumbakonam a suscité des difficultés de toute sorte à M. J.-B. Michotte, au sujet de la léproserie qu’il veut créer, et qui est appelée à rendre de si grands services. Presque tous nos conseillers municipaux sont brahmes orthodoxes forcenés, et ils savent que si nous fondons une léproserie, notre but est surtout de sauver des âmes. De là vient leur opposition. Encore un peu, et ils préféreraient, comme les lettrés de Nanning au Kouang-si, massacrer les lépreux, que de les voir se faire chrétiens dans un établissement dirigé par nous. Forts de l’appui que leur prête un brahme très influent de Madras, et qui est, en quelque sorte, ministre de l’Intérieur de la Présidence, ils essayent de faire édicter des règlements draconiens, qui auraient pour effet d’entraver 1’œuvre commencée. Nous espérons que le bon Dieu fera triompher notre cause, qui est la sienne.
« Notre chiffre de baptêmes d’adultes est un des plus faibles que nous ayons eu jusqu’ici ; cependant le zèle des missionnaires et des religieuses n’a pas diminué : il est resté le même. Il n’y a pas d’illusion à se faire ; les conversions deviennent de plus en plus rares dans l’Inde méridionale, et il faudra des grâces extraordinaires, pour surmonter les obstacles qui s’accumulent devant les pionniers de l’Evangile, et que la crise nationaliste a singulièrement augmentés. « Hindu par naissance, Hindu par religion » ; il faut être et rester de son pays : telle est la maxime à l’ordre du jour. Devenir chrétien, c’est perdre sa nationalité. Je ne m’étendrai pas davantage sur ce sujet ; les journaux ont suffisamment parlé de l’Inde moderne et de ses aspirations.
« Je n’ai rien de spécial à dire sur les différentes œuvres, dont j’ai parlé longuement, l’an dernier, et qui suivent leur marche habituelle. Cependant, je suis heureux d’annoncer que nous avons décidé la fondation d’une école « lower secundary » à Mayavaram, ville de 30.000 habitants, où les Protestants sont fortement installés. C’est M. Huysman qui est chargé de l’entreprise. Pour la mener à bien, il compte sur la générosité des Eurasiens de la ville, sur un don de la compagnie du chemin de fer, sur un subside du gouvernement ; enfin, et surtout, il compte sur la divine Providence. Cette école, si elle réussit, et nous avons tout lieu de l’espérer, sera d’une grande utilité à tous nos catholiques de Mayavaram, qui sont assez nombreux et désirent faire instruire leurs enfants.
« Le nombre de nos petits séminaristes est monté de 14 à 19 et il augmenterait vite, si nos ressources le permettaient.
« J’ai visité 11 districts, cette année, et passé ainsi cinq mois hors de Kumbakonam ; j’ai donné la confirmation à 3.203 enfants. Laissez-moi vous parler brièvement des districts que j’ai parcourus :
Tolurpatti. — « Ce district est très étendu et a bien 50 milles de l’est à l’ouest. Le curé, M. Massol, se plaint de l’émigration, qui lui a enlevé un bon nombre de ses chrétiens : en effet, son district, qui comptait 1.414 âmes en 1913, n’en compte plus que 1.120. En plus de Tolurpatti, M. Massol administre les centres catholiques de Musiri, Karouppampatti, Serveikarenpatti et Pettaipalayam. Le nombre des confirmations a été de 209, dans tout le district.
Kalkavery. — « De Tolurpatti, je me suis rendu à Kalkavery, où M. Bricaud réside depuis plus de 33 ans. Toujours jeune et enthousiaste, ce zélé missionnaire gouverne, avec Kalkavery, les postes secondaires de Sendamangalam, Cossavempatti, Madiampatti (célèbre par son pèlerinage à sainte Madeleine), Rasipuram, Poudoupalayam, Pattnam Namaghiripettei et Namakal. La population du district est de 2.100 catholiques. M. Bricaud a bâti 6 églises, 2 presbytères et restauré plusieurs chapelles, depuis son arrivée à Kalkavery. Il avait préparé 345 personnes à la confirmation.
Konaripatti. — « Là, nous nous trouvons dans le fief de M. Palluel. Le district fut fondé par Mgr Gandy, évêque de si sainte mémoire, en 1872. Des 2.400 catholiques qui le composent, la moitié sont de vieux chrétiens, l’autre moitié sont des néophytes baptisés, surtout, par Mgr Gandv et M. Teyssèdre. Les chrétientés qui dépend de Konaripatti sont au nombre de 7 : Tiroumanour, Kireipatti, Moulloucouritchi, Sendarapatti, Mel-Poudour, Gangavalli et Ky-Poudour. 233 confirmations.
Attour. — 86 confirmations. — « Le titulaire du district, M. Dépigny, a besoin de patience, de zèle et de confiance en Dieu, car ses chrétiens, peu nombreux d’ailleurs, ne sont pas de ceux qui donnent beaucoup de consolations à leur missionnaire. Les annexes d’Attour sont Pungavadi, Mikelpulur, Puttirakavourdenpalayam et Govindapalayam.
Tondamandorai. — 1.700 catholiques ; 121 confirmations. — « Avant 1905, Tondamandorai dépendait de Palayam. Depuis cette époque, il constitue un district séparé. Par suite de sa fondation récente, il manque encore de bien des choses ; mais surtout, d’une église convenable au chef-lieu. Cette église est commencée ; seul, le manque de ressources empêche son achèvement. Presque toute la population catholique est groupée dans les deux villages de Tondamandorai et d’Annamangalam, qui comptent chacun un peu plus de 600 fidèles. Il y a aussi de nombreux protestants à Annamangalam, et leur voisinage n’est pas fait pour faciliter l’action du missionnaire sur les catholiques, principalement en ce qui regarde les mariages. En effet, les hérétiques cherchent, par tous les moyens, à attirer chez eux nos jeunes garçons et nos jeunes filles. Le district de Tondamandorai est administré par le P. Ignace.
Palayam. — 1.700 catholiques ; 203 confirmations. — « Le district de Palayam est confié au zèle de M. Rabardelle. Notre confrère possède un couvent de religieuses indigènes à Palayam ; il administre les postes de Pérambalur, Péréli, Sattramanei et Carei. Ses chrétiens sont généralement bons et obéissants.
Kottapalayam. — 2 .660 catholiques ; 359 confirmations. — « KottapalayLam est peut-être, dans son ensemble, le meilleur district du diocèse. Les chrétiens du chef-lieu sont renommés pour leur piété ; ils ont fourni à la mission un bon nombre de prêtres et de religieuses. Leur grande et belle église, commencée par le P. Marie-Joseph, il y a dix ans, vient d’être heureusement terminée par M. Bulliard, an prix de bien grandes fatigues. Nous avons à Kottapalayam un couvent de religieuses indigènes et une école de filles.
Mikelpatti-nord. — 1.556 catholiques ; 261 confirmations. — « M. Devin, chef de ce district, s’est construit un presbytère, mais il lui reste la lourde tâche de se bâtir une église. La chapelle actuelle n’est qu’une misérable masure avec murs en terre et toit de chaume, qui ne peut abriter qu’une centaine de personnes. Les fidèles assistent régulièrement à la messe, mais ils ont le défaut d’être querelleurs.
Vadhavikam. — 3.070 catholiques ; 460 confirmations. — « Les chrétiens de Vadhavikam ressemblent beaucoup à ceux de Mikelpatti. Ils sont généralement à l’aise, viennent volontiers à la messe et aiment à s’approcher des sacrements ; mais les querelles sont fréquentes parmi
eux.
Ayyampett-nord. — 3.850 catholiques ; 505 confirmations. — « L’église d’Ayyampett fut bâtie en 1712 par le P. Beschi, jésuite italien, en grand renom dans la littérature tamoule, à cause de son poème épique, Le Tembavani, composé à la gloire de saint Joseph. Le seul village d’Ayyampett compte 2.818 catholiques ; on peut même dire qu’il est entièrement chrétien, puisque le nombre des païens ne dépasse point la dizaine. La population du district augmente rapidement, grâce à l’excédent des naissances sur les décès, en dépit du choléra, qui fait parfois de grands vides dans ses rangs.
« L’église du P. Beschi étant devenue beaucoup trop petite, on a dû songer à la remplacer par une église à trois nefs, qui a été commencée par M. R. Michotte, et qui sera achevée par M. Vienne, vicaire de M. Ligeon, curé d’Ayyampett.
Palayamcotta. — 2 .800 catholiques ; 431 confirmations. — « Détaché d’Ayyampett et érigé en district séparé en 1905, Palayamcotta possède un presbytère bâti par M. J. -B. Michotte ; mais les murs de sa nouvelle église sortent à peine de terre ; la chaux et les briques manquent pour en achever la construction. Le chef du district est le P. Marie-Arokiam.
« Je parlais, au commencement de ce compte rendu, des difficultés que nous rencontrons dans l’œuvre de la conversion des infidèles. Les menées des Protestants n’y sont pas étrangères : on dirait qu’ils s’appliquent plutôt à pervertir des catholiques qu’à convertir des païens. Aussitôt qu’une dispute s’élève dans un de nos villages, ces messieurs entrent en campagne, et s’efforcent d’attirer à eux l’un des partis. Pour peu que nos chrétiens prêtent l’oreille à ces sollicitations, les hérétiques s’offrent à leur prêter sur hypothèques l’argent dont ils ont besoin ; et quand nos pauvres égarés veulent revenir au bercail, ils sont arrêtés par la crainte de voir leurs propriétés saisies, à la requête des créanciers. C’est ainsi qu’ils ont « attrapé » 200 chrétiens du village de Prattacudi. Ces malheureux sont maintenant revenus à nous ; mais le ministre protestant, qui leur avait prêté 600 roupies, a obtenu une décision du tribunal, condamnant les chrétiens à lui rendre la somme, sous peine de voir leurs biens mis en vente. Partout où il y a des protestants, c’est la même manière de procéder. Les païens, témoins de tels faits et gestes, ne peuvent guère avoir une haute opinion des religions chrétiennes. En voyant le catholicisme ainsi attaqué et combattu par des Européens, qui se disent les vrais chrétiens, ils ne savent que croire et que faire.
« J’ai été heureux d’apprendre que le P. Pélix avait jeté les fondations de l’église de Karayour ; et que le jeune P. Xavier avait eu le même bonheur à Siaji, ville d’environ 12.000 habitants, où sera transporté probablement le chef-lieu du district de Yerkour. »
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