| Année: |
1914 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Maïssour |
| Rédacteur: | Mgr Baslé |
II. — Maïssour
Population catholique 52.916
Baptêmes d’adultes 1.116
Baptêmes d’enfants de païens 1.692
Conversions d’hérétiques 93
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« En rentrant dans ma mission, après une absence d’un an et demi, écrit Mgr Baslé, j’ai été édifié de voir tout le travail fait par mes bien-aimés collaborateurs, sous la sage direction de mon vicaire général, M. Teissier. Beaucoup d’argent a été dépensé, mais, vu les circonstances, il n’y avait point, à hésiter : il fallait aller de l’avant.
« Au collège Saint-Joseph, une aile latérale, de 100 pieds de long et à deux étages, avait été construite, il y a trois ans ; mais elle était loin de répondre aux exigences de 400 élèves européens qui fréquentent l’établissement. Un nouvel agrandissement s’imposait ; il va être terminé dans quelques mois.
« La section indigène de ce même collège réclamait un bâtiment spécial, complètement séparé de la section européenne, et assez vaste pour assurer des salles de classe convenables aux 700 élèves qui y reçoivent l’instruction. La construction de ce bâtiment touche à sa fin ; nous pourrons l’ouvrir au mois de janvier 1915.
« De leur côté, les Sœurs de Saint-Joseph de Tarbes ont ouvert une nouvelle école dans leur enclos, pour les filles de bonne caste, on remplacement de l’ancienne, où les élèves se trouvaient beaucoup trop à l’étroit.
« Pendant que nos chers confrères travaillaient à développer l’œuvre si importante de l’éducation de la jeunesse, en construisant les locaux indispensables à son expansion, le couvent du Bon-Pasteur, de son côté, bâtissait une nouvelle maison pour les 58 religieuses qui s’y dévouent avec non moins de succès que de zèle. La bonne Mère supérieure, uniquement préoccupée des œuvres multiples dont elle a la charge, ne songeait jusqu’ici ni à elle-même ni à ses religieuses. Elle occupait avec elles une maison qui avait servi autrefois de résidence aux gouverneurs anglais, mais qui menaçait ruine. La vieille maison est remplacée par un beau couvent à deux étages, dont les religieuses ont déjà pris possession.
« A Mysore, les religieuses du même ordre ont terminé, dans le courant de l’année, une belle chapelle gothique, que l’ai eu la joie de bénir le 15 août dernier.
« En fait de constructions nouvelles, je n’ai pas encore tout dit : car nos Petites Sœurs des Pauvres ont construit, elles aussi, un vaste pavillon pour leurs bons vieillards, qui logeaient un peu partout et regardaient, d’un œil d’envie, les vieilles femmes installées dans un beau bâtiment tout neuf. Désormais, l’égalité régnera dans cet asile béni, que vieux et vieilles quitteront bientôt pour aller au ciel. En effet, les Petites Sœurs savent si bien s’y prendre qu’aucun de leurs protégés, qu’il soit païen, hérétique ou catholique, ne meurt sans s’être mis en règle avec Dieu et notre Mère, la sainte Eglise.
« Il ne manque plus aux servantes des Pauvres, dans leur enclos, qu’une chapelle pour Notre-Seigneur, et un couvent pour elles-mêmes.
« La population catholique de la mission s’élève à 52.916 &mes, dont 21.237 à Bangalore même. Quoique certaines missions de l’Inde soient plus importantes que la nôtre, aucune peut-être ne possède, en son chef-lieu, une chrétienté aussi nombreuse que celle de Bangalore. Voilà pourquoi nous avons dû concentrer, dans cette grande ville, presque toutes les œuvres du diocèse.
« Ces œuvres sont déjà nombreuses, et cependant elles ne suffisent pas : de nouveaux besoins se font sentir de jour en jour et réclament notre sollicitude.
« Pour bien comprendre notre situation, il faut savoir que la ville de Bangalore, avec ses 189.035 habitants, est divisée en deux parties très distinctes. L’une, le Cantonnement, compte 100.384 âmes et se trouve sous la dépendance directe des Anglais ; et l’autre, appelée la Cité, contient une population de 88.651 âmes, et dépend du roi de Mysore. Chaque partie a sa municipalité et son administration distinctes. Sur les 21.237 chrétiens que nous avons à Bangalore, 18.000 environ se trouvent dans le Cantonnement et 3.000 dans la Cité. Aussi nos œuvres ont-elles été jusqu’ici fondées, agrandies et développées sur le terrain du Cantonnement. Nous y possédons, en effet, quatre églises paroissiales sur cinq, le collège de Saint-Joseph avec ses deux sections, le petit séminaire, plusieurs orphelinats, trois ordres de Religieuses européennes : le Bon-Pasteur d’Angers, les Sœurs de Saint-Joseph de Tarbes et les Petites Sœurs des Pauvres.
« La Cité n’avait d’abord que la petite église de Saint-Joseph avec 600 catholiques. Grâce aux efforts des missionnaires qui se sont succédé dans cette petite chrétienté, et surtout au zèle du cher M. Briand, la population catholique est montée de 600 à un peu plus de trois mille. L’hôpital Sainte-Marthe, établi à l’entrée de la Cité, nous a gagné beaucoup de sympathies et a contribué pour une bonne part au développement de l’élément catholique. Néanmoins, pour obtenir des résultats plus considérables, il fallait que nous fussions mieux connus de la population indigène. C’est pourquoi nous avons demandé aux Sœurs Catéchistes Missionnaires de Marie de vouloir bien nous prêter leur concours. Cinq d’entre elles se sont installées, le 12 juillet dernier, clans une maison bien modeste, près de l’église Saint-Joseph., ont ouvert un dispensaire et commencé à visiter les familles de la Cité. Chose singulière et de bon augure pour l’avenir, elles ont reçu l’accueil le plus cordial, même dans les familles brahmines et musulmanes, pourtant si hostiles à notre sainte religion. Daigne le bon Dieu bénir nos nouvelles auxiliaires et leur accorder la joie de sauver un grand nombre d’âmes !
« Nos religieux et religieuses : Frères de Saint-Patrick, Frères de Saint-Gabriel, Sœurs du Bon-Pasteur d’Angers, Sœurs de Saint-Joseph de Tarbes, Petites Sœurs des Pauvres, Catéchistes-Missionnaires de Marie, qui rivalisent de zèle dans notre mission, sont un sujet de profonde édification, non seulement pour les catholiques mais encore pour les protestants et les païens, qui les regardent comme des personnes à part, bien différentes des simples civils européens. Nos religieuses indigènes elles-mêmes peuvent parcourir toute la ville de Bangalore sans avoir à redouter qu’on manque de respect à leur habit.
« Cette année, nous enregistrons 93 conversions d’hérétiques, 1.116 baptêmes d’adultes et 1.692 d’enfants moribonds ; ce qui nous donne un total de 2.901 baptêmes. L’administration des districts s’est faite dans les conditions ordinaires. M. Jauffrineau voit augmenter son petit troupeau de néophytes à demi sauvages, dans le Wynaad. Il a baptisé 23 personnes depuis un an.
« M. Baussonnie essaie, lui aussi, d’amener à la foi les gens d’une caste de « porchers », gens moitié nomades qui habitent des cabanes en bambou, couvertes de nattes en paille et qu’ils changent de place selon leur fantaisie. Il faudrait les fixer au sol et leur donner des champs à cultiver, c’est ce que M. Baussonnie a entrepris de faire, et notre zélé confrère espère réussir.
« La mort nous a ravi deux excellents confrères, MM. Vissac et Combret. Tous les deux ont travaillé de longues années et avec beaucoup de fruit dans la mission du Maïssour, et nous garderons pieusement leur souvenir. »
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