| Année: |
1915 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Pondichéry |
| Rédacteur: | Mgr Morel |
CHAPITRE VIII
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Groupe des Missions de l’Inde
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I. — Pondichéry
Population catholique 147.569
Baptêmes d’adultes 283
Baptêmes d’enfants de païens 1.549
Conversions d’hérétiques 28
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« Pendant cinq mois, écrit Mgr Morel, la mission de Pondichéry n’a pas eu à souffrir de la guerre, l’ordre de mobilisation ayant été suspendu dans l’Inde française. Mais, au mois de janvier, 14 missionnaires et un frère de Saint-Gabriel ont dû s’embarquer pour la France. En août, deux autres missionnaires et un frère nous ont quittés à leur tour pour aller déendre la patrie.
« A la suite de ces départs, j’ai pris un missionnaire dans les paroisses où il y en avait deux ; et j’ai fait cinq districts de dix, qui existaient auparavant, en les réunissant deux par deux, sous la direction d’un même chef. Par ce moyen, le seul qui fût possible, l’administration des chrétiens s’est faite d’une façon satisfaisante, sinon aussi complète que d’ordinaire ; mais Dieu sait au prix de qu’elles fatigues pour les titulaires des districts agrandis, et les curés privés de leur vicaire : « Je dois signaler à Votre Grandeur, m’écrit de « Velloro M. Sacré, un relèvement notable du nombre des confessions et communions de « dévotion. Les personnes pieuses et les enfants s’approchent souvent de la sainte Table. C’est « là que mes néophytes puissent la force nécessaire pour se montrer franchement chrétiens et « donner à tous le bon exemple. La dévotion du premier vendredi du mois, abandonnée depuis « longtemps, a été heureusement rétablie, et me donne une moyenne de 100 communions « mensuelles. Le Saint-Sacrement, est exposé pendant la messe ; et, le soir, il y a bénédiction « solennelle et consécration au Sacré-Cœur.
« Je dois mentionner le service qui a été célébré, au lendemain de la mort de Pie X, et « auquel la plupart des chrétiens du district assistaient, si bien que mon église se trouva trop « petite ce jour-là. Le jeudi saint, des groupes de 40 à 50 adorateurs se sont remplacés jour et « nuit devant le reposoir. A la Fête-Dieu, il y eut ,grand’messe avec diacre et sous-diacre, et la « procession du Saint-Sacrement fut magnifique. Six missionnaires s’y trouvèrent présents.
« Au point de vue matériel, beaucoup de réparations étaient à faire dans mon district. Je « viens de recouvrir complètement la chapelle du Scapulaire et de remettre à neuf les deux « écoles ; mais le presbytère menace ruine et le couvent est dans un état lamentable.
« Depuis un an, huit mariages ont été régularisés, trois protestants se sont convertis et j’ai « régénéré dix-huit adultes. »
« M. Dequidt, chargé d’Arni et de Pattiavaram, m’écrit de son côté : « Aucun incident « notable ne s’est produit. Quelques faux bruits ont couru au sujet de la guerre. A les en « croire, telle église catholique avait été bombardée par un aéroplane allemand, tel village « chrétien, où il y avait une croix au milieu de la rue, avait été détruit de la même façon ; M. « Chaler avait été tué par un obus, etc. A la suite de ces racontars, quelques croix ont été « enlevées dans les villages ; en somme, il y a eu plus de sottise, d’ignorance et de peur que « de mauvaise volonté de la part des chrétiens. »
« Dans le compte rendu de M. Autemard, titulaire de Viriyur, je relève les chiffres suivants : 8.854 confessions, 10.779 communions ; 5 écoles avec 211 élèves. Notre zélé confrère voudrait encore bâtir deux chapelles et une école pour ses néophytes, mais l’état de nos finances ne me permet pas de lui allouer les fonds nécessaires à l’exécution de ses louables projets.
« J’occupe ma vieillesse, écrit M. Gentilhomme, à semer le bon grain qui produira un « renouveau de piété dans ma paroisse de Mouthalpeth. Je viens d’y ériger canoniquement les « confréries du Sacré-Cœur et du Rosaire, J’ai déjà une trentaine d’hommes, de femmes et de « jeunes gens sérieux, qui donnent l’exemple de la ferveur. Ce petit noyau grossira avec le « temps, et j’ai tout lieu de croire qu’il sera instrument précieux entre les mains du « missionnaire, pour raviver la foi et la piété parmi les néophytes.
« Déjà se sont établies certaines pratiques, qui prennent racine peu à peu. La messe « quotidienne à 5 heures, au premier coup de notre nouvelle horloge, permet à mes nombreux « tisserands d’être à leurs métiers dès qu’il fait jour. La visite au Saint-Sacrement est faite le « soir par une vingtaine de personnes ; les catéchismes sont suivis régulièrement ; la « communion fréquente, surtout celle des enfants, s’implante de plus en plus, et ainsi se « passent mes vieux jours. Ma seule ambition est de mourir en essayant de faire mon devoir « sans bruit. »
« Dans les orphelinats, nous avons dû imposer une règle sévère pour l’admission de nouveaux enfants.
« Le grand séminaire a pu, jusqu’ici, continuer sa marche régulière, malgré la mobilisation, d’un de ses directeurs, M. Lesponne, de la mission du Coïmbatour. Comme nous ne pouvons plus guère compter sur la France, d’ici longtemps, pour nous envoyer du renfort, nous devons travailler à former des prêtres chez nous.
« Notre pensée est avec nos chers confrères mobilisés. Nous prions sans cesse pour eux le Sacré-Cœur et Notre-Dame de Lourdes. Puisse la victoire de nos armées nous les ramener tous et bientôt ! »
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