| Année: |
1918 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Kumbakonam |
| Rédacteur: | Mgr Chapuis |
IV. ― Kumbakonam
Population catholique 102.159
Baptêmes d’adultes 282
Baptêmes d’enfants de païens 2.470
Conversions d’hérétiques 26
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Mgr Chapuis, évêque de Kumbakonam, nous écrit :
« En janvier 1918, le diocèse a abandonné la léproserie aux Sœurs Catéchistes de Marie-Immaculée. Cette œuvre, à laquelle s’était consacré M. J-B. Michotte n’était pas sans me causer de graves ennuis au point de vue des ressources matérielles, étant donné la pauvreté de la Mission. Les Sœurs Catéchistes ont bien voulu se charger entièrement de l’œuvre, pour les dépenses comme pour la direction. La Mission garde la propriété du terrain et de toutes les constructions présentes et futures élevées par ses soins. Les bâtiments ont, l’an dernier, à différentes époques, abrité 61 lépreux et 12 baptêmes y ont été administrés. Le 27 septembre, j’ai béni la jolie chapelle dont M. Michotte avait tracé les plans et surveillé la construction. J’y ai dit la première messe le jour de Saint Côme, patron du bon prêtre dont les aumônes nous ont permis l’édification de cette chapelle.
« La municipalité ultra-païenne de Kumbakonam n’a pas manqué, cette année encore, de nous créer des difficultés, notamment à propos d’une école de nos Sœurs Tamoules dans un quartier païen. Il y a une trentaine d’années, les rapports entre la Mission et le maire, un chrétien influent, ne laissaient rien à désirer. Les Sœurs étant pauvres, on crut bon de laisser l’école sous la direction de la municipalité qui, en échange, accepta de les subventionner et de leur payer le loyer du bâtiment.
« Or, à la fin de l’an dernier, nos édiles ont voulu tout simplement s’emparer de la maison d’école par expropriation, puis en chasser les Sœurs, Mais nous les avons prévenus et leur avons fait savoir que, dans deux mois, la Mission prenait l’école à sa charge et qu’ils n’auraient plus à s’en occuper. Alors ils ont vite installé une autre école à cent mètres de la nôtre et commencé une campagne d’intimidation auprès des familles afin d’en obtenir les enfants. En même temps, ils avisaient le gouvernement du transfert de leur école dans un nouveau local : celle continuait l’ancienne, affirmaient-ils et devait être seule reconnue ; celle des Sœurs, au contraire, devait être considérée comme nouvelle et inutile dans cet endroit. Mais ce n’est pas en vain que les Sœurs s’étaient dévouées si longtemps à instruire les jeunes filles. La plupart des anciennes élèves leur sont restées fidèles et celles qui vont à l’école municipale ne le font qu’à contre-cœur. Finalement, l’école des Sœurs, qui avait toujours donné de grandes satisfactions au gouvernement, a été reconnue, et c’est sa rivale qui devra s’en aller. M. Laplace s’est particulièrement dévoué pour mener à bien cette affaire.
« Le 2 mai, la Mission a fait une grande et douloureuse perte : M. Jégorel, vicaire général du diocèse, a rendu sa belle âme à Dieu dans notre Sanatorium des Nilgiris, après 42 ans d’apostolat et dans la 70e année de son âge. Le surcroit de travail que lui avait imposé le départ de tant de confrères mobilisés a sûrement hâte sa fin. C’est M. Sovignet qui remplace le cher défunt et, en sa personne, nous aurons un vicaire général idéal.
« Notre école professionnelle, commencée en 1914, ne fonctionne plus dans son modes hangar de feuilles de cocotiers. Grâce à une subvention du gouvernement, nous avons pu construire une grande salle de 120 pieds de long sur 40 de large, avec murs de briques et toit de tuiles. Cette salle a été bénite le 16 juillet. Ce fut un rude travail pour M. R. Michotte, obligé de surveiller et son école et ses constructions. Nos orphelins ne sont pas seuls à bénéficier de cette école ; un bon nombre d’enfants de chrétiens viennent aussi y apprendre un métier et déjà quelques-uns commencent à bien travailler.
« Six paroisses restent toujours sans titulaires, le Missionnaire du district voisin s’en occupe autant que le lui permettent sa santé et sa tâche. Un prêtre indigène, le P. Peter a plus de 7.000 fidèles, MM. Massol, Malfrayt et le P. Marie-Joseph en ont près de 5.000. Les santés de beaucoup d’entre eux ont été assez éprouvées, 8 confrères ont dû se faire soigner à l’hôpital Sainte-Marthe à Bangalore, 9 autres ont demandé un renouveau de forces au Sanatorium Saint-Théodore.
« Du reste, le pays a été ravagé par plusieurs épidémies ; le choléra et surtout la petite vérole. Des confrères ont eu plus de 60 extrêmes-onctions en deux mois. Depuis quelques temps, la grippe, que l’on appelle ici « Bombay fever », fait aussi de nombreuses victimes. Pour comble de maux, la sécheresse a sévi. Puis, les accapareurs ont fait augmenter le prix des grains et des objets de première nécessité. De là des pillages dans beaucoup de villes.
« Voici maintenant quelques détails sur les paroisses.
« La paroisse de Michelpatti, qui comprend 4.764 catholiques, offre un total de 12.817 confessions et de 20.075 communions. Son titulaire, le P. Gnanadicam y lutte contre l’ivrognerie au moyen de patronages et d’une société de tempérance dont font partie cinq gros villages de parias et de pallers. Il a déjà obtenu quelques résultats : ces gens, qi n’avaient jamais un sou, commencent à mettre de l’argent de côté.
« La bâtisse de la nouvelle église est achevée jusqu’à la corniche, on va s’occuper de la voûte.
« A Ayampett, M. Huysman construit aussi une vaste église. Dans cette paroisse de 4.173 catholiques, il y a eu 11.290 confessions et 17.881 communions.
« Les écoles ont beaucoup plus d’élèves que précédemment, ils les fréquentent avec assiduité et s’approchent régulièrement des sacrements.
« Tennour compte 3.662 catholeiques, il y a eu 4.749 confessions et 5.788 communions. Ce n’est pas précisément une paroisse idéale, on s’y dispute constamment et chaque faction veut avoir le Père pour elle. Notre cher nouveau vicaire général, pilote avisé et patient, a réussi sinon à apaiser toutes les tempêtes, du moins à les dominer.
« Par suite de mon absence et surtout des querelles », écrit-il, « le nombre des « confessions et des communions a quelque peu diminué. Les Padéatchis de Tennour ont « maintenu fermement leur réputation de gens querelleurs, aucune procession n’a pu avoir « lieu. Mais les chrétiens des différents villages sont venus à confesse comme d’habitude et « leurs enfants m’ont procuré beaucoup de consolations. A Mannargudi, j’ai fait quelques « travaux de bâtisse, aidé par les parias. Les écoles ont marché convenablement. »
« Ayampett comprend 3.996 catholiques ; il y a eu 2.711 confessions et 3.234 communions. Là, ce sont les païens et les musulmans qui se livrent à des persécutions contre les chrétiens, tantôt leur disputant le terrain sur lequel s’élèvent leurs pauvres maisons, tantôt leur refusant le droit de faire des processions, tantôt cherchant à s’emparer de leur cimetière. Mais M. Playoust qui, depuis 30 ans, se dévoue tout entier dans ce district n’est pas homme à recevoir des coups sans les rendre. Toutes les cours l’ont entendu réclamer justice pour ses pauvres et chers parias.
« A Perumpanniur, il y a 886 catholiques ; on y a compté 2.089 confessions et 3.025 communions. Une famille catholique riche et influente y fait bâtir en ce moment une église « qui sera la plus grande du diocèse. « L’état du district reste le même », dit le P. Pragâssam, « il n’y a que cinq personnes qui ne veulent pas s’approcher du confessionnal. »
« A Eroukour, où vivent 2.050 catholiques, il y a eu 1.828 confessions et 2.101 communions. « Il y a des indices », dit M. Cabiran, « que nos pallers vont se tourner vers « l’instruction. J ‘attends le retour d’un catéchiste pour commencer l’école. A Shiali, j’ai « ramassé des matériaux pour continuer l’église si nécessaire là-bas. Les sakkilis (caste des « cordonniers) ne s’améliorent guère ; comme ils sont très dispersés, il est extrêmement « difficile de les réunir, de les instruire et de les soutenir les uns par les autres. »
« A Mandaivadagarai, il y a 4.565 catholiques ; on a obtenu 2.873 confessions et 2.887 communions. M. Massol, qui a la charge de cette double paroisse, a fort à faire, surtout pour les extrême-onctions, le pays étant sillonné par de nombreux canaux difficiles à franchir.
« Tolurpatti compte 1.230 catholiques, il y a eu 1.222 confessions et 1.407 communions. « Malgré la pauvreté du district », dit le P. Roch, « j’ai pu réparer les murs d’enclos du « presbytère et de l’église, creuser le puits qui donne maintenant de l’eau potable en « abondance et acquérir six acres de terre afin de fournir quelques revenus à la paroisse. »
« A Tranquebar, on compte 1.120 catholiques ; il y a eu 3.410 confessions et 9.018 communions. M. Bertail n’a pu s’occuper du poste comme il aurait voulu à cause du mauvais « état de sa santé. « Les luthériens », écrit-il « sèment le mauvais grain partout ; néanmoins « j’ai réussi à leur enlever deux familles. Si je pouvais entretenir un bon catéchiste, je « parviendrais sans doute à en gagner plusieurs autres. »
« A Prattacudi, où habitent 4.366 catholiques, on a compté 8.975 confessions et 13.502 communions. Le P. Xavier qui depuis 20 ans dirige cette paroisse écrit : « Depuis que le « superintending missionnary de la S. P. G. » —chef protestant de la société pour la « propagation de l’évangile — a transféré sa résidence de Trichinopoly à Irungalur, à un « mille de Prattacudi, le pensionnat, l’école et le dispensaire protestants ont une vogue « considérable dans ces parages. Les gens sont portés à croire que cette société pour la « propagation de l’évangile a beaucoup de crédit auprès du gouvernement et qu’il est utile « d’en rechercher les bonnes grâces. J’ai fait de mon mieux pour que nos chrétiens ne soient « pas tentés d’envoyer leurs enfants à l’école de cette société, et je n’ai plus beaucoup à « craindre de ce côté. Par contre, j’ai des inquiétudes au sujet de l’influence que vaut aux « protestants leur dispensaire. Ah ! si nous pouvions, nous aussi, avoir un dispensaire !. »
« Deux faits montrent très bien l influence de ce directeur protestant : deux filles « catholiques d’ici ont été données, malgré mes avis et mes menaces, à deux protestants, et « deux filles catholiques de Trichinopoly ont été mariées ici à deux protestants. »
« Tous les prêtres du diocèse, Européens et Indiens, ont continué à suppléer, avec une immense bonne volonté et un zèle ardent, à la pénurie d’ouvriers apostoliques. Personne n’a reculé devant la tâche, quelquefois très lourde, qui s’impose depuis plus de quatre ans.
« Nos vaillantes Sœurs catéchistes de Marie-Immaculée se consacrent toujours à leurs multiples œuvres de tout leur cœur et de toutes leurs forces. Cette année, elles ont donné une forte impulsion à leur école de Tranquebar, qui a maintenant le VIIe standard (cours).
« Nos bonnes et modestes Sœurs indiennes ont accompli de leur mieux, elles aussi, le travail qui leur incombait : la direction de 16 écoles. »
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