| Année: |
1919 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Maïssour |
| Rédacteur: | Mgr Teissier |
II. — Maïssour
Population catholique 54.552
Baptêmes d’adultes 1.401
Baptêmes d’enfants de païens 1.735
Conversions d’hérétiques 86
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Tout d’abord, écrit Mgr Teissier, je veux vous demander de remercier avec moi, Notre-Seigneur pour les bénédictions qu’il a daigné accorder aux missionnaires du Maïssour pendant l’exercice présent, car j’ai le bonheur de vous dire que la Mission, malgré les difficultés de toutes sortes, a poursuivi sa marche ordinaire des années précédentes, tranquille et uniforme.
Vous remarquerez que le chiffre de la population catholique est inférieur à celui de l’an dernier. Nous devons attribuer cette diminution aux ravages faits par l’influenza ; plusieurs de nos districts ont vu diminuer leur population d’un dixième et les vides n’ont pas été comblés par un nombre compensateur de baptêmes de païens ; mais l’Eglise triomphante a gagné ceux que l’Eglise militante a perdus.
Mes confrères surchargés de travail ne m’ont donné dans leurs rapports que des chiffres, et ces chiffres disent éloquemment le travail qui a été fait ; au cours de l’année 1919, le nombre des baptêmes d’adultes païens s’élève à 1.401, celui des enfants à 1.735, et des hérétiques à 86, total : 3.214 ; si ce chiffre a son éloquence à lui seul. Il ne suffit pas cependant pour donner une idée du bien qui a été fait et des progrès réalisés. Dans une Mission, à quoi servirait le baptême si ensuite des œuvres solidement établies ne rappelaient sans cesse, leurs obligations aux néophytes, comme aux anciens chrétiens. Aussi nous efforçons-nous d’établir des écoles primaires jusque dans les petits villages. Au moins préservons-nous notre jeunesse du venin païen ou protestant et lui formons-nous une mentalité catholique. Dans tous nos établissements, l’éducation religieuse est et doit être considérée comme la fin principale pour laquelle nous travaillons. Dans tous nos chef-lieux de district, chaque année, à l’occasion de la fête patronale, pendant neuf jours, des sermons appropriés aux circonstances, sont donnés par un confrère, les païens et les chrétiens accourent pour entendre les vérités de la religion, et comme en France, au temps d’une Mission, les bons s’affermissent dans le bien, les pécheurs rentrent en eux-mêmes se convertissent et, le jour de la clôture, est un jour de consolations pour le pasteur qui compte par milliers ceux qui s’approchent de la Sainte Table. J’attribue à ces Missions annuelles, le maintien de la ferveur parmi nos chrétiens et le bonheur de compter 589.264 communions de dévotion pour une population de 54.000 catholiques ; il sera toujours vrai de dire que l’Eucharistie est le pain de vie qui fortifie les justes, vivifie les tièdes et guérit les pécheurs. — Nos œuvres de charité, orphelinats, hôpitaux, dispensaires, catéchuménats, qui avaient vu leurs ressources diminuées pendant la guerre, se trouvent actuellement sérieusement menacées dans leur existence, par le renchérissement général de tout ce qui est nécessaire à la vie et par la baisse du change, qui affecte les secours que nous recevons d’Europe.
Confiants en la divine Providence, nous n’avons abandonné aucune œuvre. Les orphelinats restent ouverts aux orphelins, et nos hôpitaux aux malades ; je puis être accusé de manquer de prudence, mais jamais de confiance en Celui qui m’a comblé de faveurs pendant mes quarante ans de mission. Je dois ici, témoigner ma reconnaissance à Mme la Supérieure du Couvent du Bon-Pasteur, qui, par un miracle de charité, parvient à maintenir ses établissements qui comptent plus de 1.000 personnes, dont environ 600 orphelines. Je dois aussi mes plus sincères remerciements à Mme la Supérieure de l’hôpital Sainte-Marthe ; cette œuvre fondée, il y a trente-cinq ans, par les Religieuses du Bon-Pasteur, répond à tous les desiderata d’une Mission ; dispensaire pour les malades externes, salles gratuites, salles payantes pour les malades internes. Dans le courant de l’année, 42.975 malades ont reçu des soins au dispensaire et 2.350 ont été hospitalisés. Ces bonnes Religieuses, qui savent que les missionnaires manquent de tout secours médical dans leurs districts, ont grâce aux encouragements de quelques missionnaires et à la charité de généreux souscripteurs, construit, dans l’hôpital général, un bâtiment isolé comprenant six chambres réservées aux prêtres et une chapelle attenante, dans laquelle, les convalescents peuvent dire la sainte messe.
Cette année, quarante-deux missionnaires appartenant soit à la Société des Missions-Etrangères, soit à d’autres Sociétés, sont venus y recevoir les soins que réclamait leur état de santé. Nous avons eu à regretter deux décès, ceux de M. Jacquemin, de la Mission de Maïssour, et de M. Leroy, de la Mission de Pondichéry.
En ce qui concerne nos maisons d’éducation, je suis heureux de vous dire, qu’elles nous donnent satisfaction, qu’elles sont appréciées, et qu’elles sont prospères : 3.840 garçons et 2.151 filles les fréquentent, et si nos ressources nous permettaient d’en augmenter le nombre, je suis certain que nous aurions des enfants en plus grand nombre encore.
En finissant ce compte rendu bien incomplet, laissez-moi vous demander de prier pour nous, afin que Dieu nous donne les moyens de continuer notre travail et de poursuivre notre marche toujours en avant.
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