| Année: |
1920 |
| Pays: |
Inde |
| Mission: |
Coïmbatour |
| Rédacteur: | Mgr Roy |
III. — Coïmbatour
Population catholique 44.014
Baptêmes d’adultes 336
Baptêmes d’enfants de païens 1.092
Conversions d’hérétiques 33
____
Depuis quelques années, écrit Mgr Roy, l’Inde est très agitée ; elle entend diriger ses destinées et quelques-uns de ses enfants pensent qu’elle est assez forte pour se passer désormais de la tutelle britannique. Au milieu de cette agitation, nous n’avons qu’à accomplir notre devoir et à nous abandonner tranquillement à la volonté du bon Dieu.
Nos institutions marchent bien : c’est le témoignage de ceux qui les dirigent. Quant aux districts, voici les notes que j’ai reçues de mes confrères.
M. Béchu qui cumule les fonctions de Vicaire Général et de curé de la cathédrale m’écrit : « A part quelques éléments de discorde habituels à Coïmbatour, l’esprit de la paroisse est satisfaisant ; les pratiques religieuses sont assez bien suivies, surtout par les femmes. »
« Deux associations ont été organisées dans le courant de l’année. L’une sous le nom de « Catholic Club », réunit la partie la plus saine de la paroisse ; l’autre, « The Catholic Union », se compose de jeunes ouvriers et apprentis plus ou moins disciplinés, mais animés de bonne volonté. Espérons que ces deux associations persévèreront et feront un grand bien, non seulement à leurs membres, mais encore à la paroisse tout entière. La Sodalité du Sacré-Cœur et de l’Apostolat de la Prière, endormie depuis quelque temps, semble se réveiller et raviver la ferveur des fidèles. »
« Les écoles paroissiales marchent d’une façon satisfaisante. L’inspectrice ayant interdit l’entrée des garçons dans les écoles des filles, il a été absolument nécessaire d’ouvrir dans un local improvisé et provisoire, une nouvelle école paroissiale pour les enfants trop pauvres pour aspirer aux hautes études. Cette école dite du « Bon Pasteur » compte maintenant 150 élèves, et le département de l’Instruction publique l’a reconnue. »
De Podanur, M. Petite, en m’envoyant son compte rendu, me signale une diminution dans les conversions de païens, due spécialement croit-il, au temps que lui a pris la construction de son clocher. Il se plaint des exigences de sa congrégation de chrétiens parias et ajoute : « Peut-être, si nous avions plus de catéchistes, surtout de meilleurs, pourrait-on parer à beaucoup de difficultés et d’inconvénients. »
Par contre les Anglo-Indiens lui donnent beaucoup de consolations ; « ils viennent assidûment à la messe, s’approchent des sacrements presque tous et s’ingénient pour aider leur prêtre ».
Du côté de l’ouest, la situation laisse fort à désirer. « Au point de vue matériel, écrit de Palgat M. Bachelard, le district devient de plus en plus misérable. Pour gagner leur vie, les parias vont trop souvent du côté des Nilgiris, les Vanniers dans les plantations de Travancore. L’administration spirituelle souffre naturellement beaucoup de cet état de choses. »
Depuis quelques années, il s’est formé une large chrétienté sur les montagnes dites Annamalais, qui sont couvertes de nombreuses plantations de thé. On y compte plus de 1.000 chrétiens que dirige le P. Antoine, de Pollachi. Il a succédé à M. Tignous, à qui j’ai confié la mission de convertir la tribu des Badagas sur les Nilgiris.
M. J.-B. Petit écrit de Kodivéri : « Le P. Ignace, qui a administré ce district pendant mon absence au front de guerre, l’a remis entre mes mains dans un état très consolant. Je lui adresse mes meilleurs remerciements pour tout ce qu’il a fait pour le conserver et l’améliorer. Nos chrétiens, heureux de nous revoir, M. Baron et moi, après une si longue absence, avaient organisé partout des réceptions bruyantes. L’administration des anciens chrétiens a suivi son cours ordinaire, et, quoique tout ne soit pas parfait parmi eux, les consolations spirituelles n’y manquent pas. Le nouveau poste fondé à Gundri, un peu avant la guerre, se développe tout doucement, malgré les obstacles de tout genre que je rencontre à chaque pas. »
Des Nilgiris, M. Morin écrit : « Les chrétiens ont souffert beaucoup de la cherté des vivres et du manque de travail pendant plus de sept mois. Ils se trouvaient réduits à un tel état de pauvreté qu’ils n’avaient même pas d’habits convenables pour se couvrir. A cause de cela, un certain nombre d’entre eux ne se sont pas approchés des sacrements, à Pâques. »
« D’autre part, on constate un renouveau de paganisme. Des individus de Madras, Madura, Kumbakonam, sont venus donner des conférences sur l’hindouisme et ceux qui désiraient venir à nous n’ont pas persévéré. »
« Il y a actuellement un assez bon noyau de chrétiens bien disposés, mais eux aussi se laissent toucher par les idées politiques ; espérons qu’ils resteront bien fidèles à leur religion et qu’ils attireront des néophytes. »
Pendant l’année, dans notre personnel, nous avons eu quelques malades. M. Boulanger, après de longues années passées, comme professeur et comme Supérieur à Saint-Michel, où il a, par un travail acharné, maintenu et même renforcé la discipline et la bonne renommée de l’école, a cru devoir résigner ses fonctions qu’il aimait et que j’ai confiées à M. Jambeau.
M. Perrière, sur l’ordre du médecin, est allé refaire sa santé en France.
Le doyen de nos prêtres indigènes, le bon P. Louis, après avoir travaillé pendant plus d’un demi-siècle dans différents districts, s’était, à l’âge de 82 ans, retiré au centre de la Mission ; il s’y est éteint doucement. Comme il avait reçu quelques jours auparavant les derniers sacrements, il était prêt à paraître devant Dieu.
~~~~~~~
<< Retour page précédente
|