| Année: |
1903 |
| Pays: |
Japon |
| Mission: |
Tokio |
| Rédacteur: | Mgr Mugabure |
CHAPITRE PREMIER
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GROUPE DES MISSIONS DU JAPON
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I. — Tokio
Population catholique 9.489
Baptêmes d’adultes 686
Conversions d’hérétiques 5
Baptêmes d’enfants de païens 293
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Mgr Mugabure, chargé par Mgr Osouf de nous adresser le compte rendu du dernier exercice, fait remarquer tout d’abord qu’il est moralement impossible aux missionnaires du Japon de fournir chaque année le chiffre exact de la population catholique de tous les districts.
Les raisons qu’en donne Mgr de Sagalasso sont absolument probantes, et nous tenons à les reproduire ici.
« Les Japonais, dit Sa Grandeur, sont assez nomades par nature. Dans une seule paroisse de Tokio, on a vu jusqu’à 150 personnes changer de quartier en moins de deux ans. C’est pour cette raison, et aussi à cause des changements qui ont eu lieu parmi les chefs de district, que les titulaires de certains postes n’ont pu donner, cette année, qu’un chiffre approximatif de la population chrétienne soumise à leur juridiction. Il en est résulté une diminution apparente du nombre total des catholiques dans le diocèse de Tokio. Grâce à Dieu, loin d’avoir reculé, nous sommes en progrès ; et chacun pourra le constater d’après les renseignements qui vont suivre.
Tokio. « Il existe depuis trois ans à Tokio une association approuvée par Mgr l’archevêque et qui porte le nom d’« Association des amis catholiques » . Son but est de mettre en commun les forces intellectuelles et matérielles de ses membres, afin d’encourager et de soutenir les fidèles, de les affermir dans la pratique religieuse et de procurer la conversion des païens. Depuis qu’elle existe, cette association a mis beaucoup d’ardeur à seconder le zèle des missionnaires. Mais c’est surtout durant l’année qui vient de s’écouler qu’elle a rendu des services inappréciables pour organiser des réunions où les orateurs, prêtres et laïques, font des conférences publiques sur la vérité de la religion. Le but de ces conférences consiste à faire voir que nous existons, à dire ce que nous sommes et ce que nous croyons, à dissiper les préjugés et à secouer l’indifférence religieuse. Elles ne produisent pas toujours un effet immédiat ; elles sont plutôt une entrée en matière. Lorsqu’elles sont suivies du travail plus modeste de l’instruction familière et de l’influence exercée sur les âmes de bonne volonté, les résultats en sont généralement très consolants. On en a fait la douce expérience, cette année, dans plusieurs paroisses de Tokio.
Paroisse de la cathédrale. « M. Évrard a continué avec un zèle au-dessus de tout éloge l’œuvre commencée l’année dernière. Quoique son poste soit situé à l’extrémité de la ville, il a réussi à grouper un grand nombre de païens autour de lui et de ses dévoués collaborateurs. Les jours de conférence, c’est-à-dire deux fois par mois, la salle était à peu près comble. Les discours, tour à tour savants et familiers, et les séances de lanterne magique intéressaient tellement les auditeurs, que tous, sans exception, voulaient entendre jusqu’aux dernières paroles du dernier orateur ; ce qui menait souvent à une heure fort avancée de la nuit.
« M. Évrard a eu recours aussi au zèle de plusieurs dames âgées, à qui leur condition et leurs loisirs permettent de s’employer à la conversion de leurs parentes et amies. Afin d’encourager ces catéchistes volontaires, tout en leur donnant plus de facilité pour s’acquitter de leurs fonctions, il leur explique le catéchisme trois fois par semaine, dans des leçons qui durent une heure et demie chaque fois. Il va sans dire que ces personnes dévouées n’ont rien de plus pressé que de communiquer au dehors les instructions qu’elles viennent de recevoir. Cela fait leur bonheur et aussi celui de M. Évrard ; ce sera également, je n’en doute pas, la source d’un grand bien pour la paroisse de la cathédrale qui, cette année, a fourni 36 baptêmes.
Asakusa. « M. Brotelande écrit à Mgr l’archevêque la lettre suivante : « Monseigneur, « j’ai la consolation de vous signaler trois ou quatre faits qui, tout en rompant la monotonie du « compte rendu annuel, sont de nature à réjouir et réconforter le cœur du missionnaire.
« Le 7 du mois de septembre, 25 à 30 enfants se sont approchés pour la première fois de la « Table sainte ; autant ont été confirmés le même jour. Rien de particulier à signaler dans la « cérémonie elle-même, qui se passa, à peu de chose près, comme les cérémonies similaires « en France. Seulement, il y a eu une innovation pour les catéchismes préparatoires. En « dehors des enfants qui fréquentaient l’école de la paroisse, une trentaine d’autres ont assisté « régulièrement, trois fois par semaine, à ces catéchismes, durant deux mois. A l’époque des « chaleurs, les écoles ferment à midi ; et, du commencement d’août jusqu’à la mi-septembre, « elles donnent congé à leurs élèves, ce qui a permis de les réunir vers les 4 heures du soir. Le « succès fut si complet, l’an dernier, que je n’ai pas hésité à ouvrir, cet été, des cours de « catéchisme de persévérance qui sont très suivis.
« Dès le lendemain de la première communion, il a fallu s’occuper de réparer l’église, car « un typhon avait mis la toiture dans un état déplorable. Nos bons chrétiens se sont réunis et, « sans rien retrancher de leurs cotisations mensuelles, ils ont généreusement souscrit une forte « somme grâce à laquelle notre église est devenue plus belle qu’à ses premiers jours. Ne « fallait-il pas qu’elle eût un air de fête pour la cérémonie du baptême des 46 catéchumènes « que Mgr le coadjuteur est venu présider le jour de Pâques ?
« Nos conférences aux païens ont été très goûtées. Quels en seront les résultats ? On ne le « saura que plus tard ; mais il en est un qui suffit à lui seul pour nous engager à recommencer « nos conférences dès l’entrée de l’hiver : c’est le prosélytisme qui gagne tous nos chrétiens. « Déjà, on n’avait que des compliments à leur adresser sous ce rapport ; mais cette année ils « se sont surpassés eux-mêmes. Que Dieu bénisse leurs efforts et les nôtres ! »
Koishikawa. « La paroisse de Koishikava, écrit M. Beuve, s’est augmentée de 70 « chrétiens. Une famille, venue d’ailleurs, et l’Œuvre des étudiants installée sur le territoire de « la paroisse sont pour beaucoup dans cette augmentation. Néanmoins, j’ai eu la consolation « de donner le baptême à 24 adultes qui se font remarquer par leur ferveur. Daigne Notre-« Seigneur leur faire la grâce de rester toujours fidèles ! »
« Le dimanche dans l’octave du Saint-Sacrement nous avons eu, dans l’enclos de l’orphelinat, où se trouve également l’église de Koishikawa, une cérémonie belle et touchante à la fois, qui nous a rappelé à tous les plus douces joies de notre jeunesse, je veux parler de la procession de la Fête-Dieu. Le poste de Koishikawa est on ne peut mieux organisé pour une cérémonie de ce genre. Le terrain est vaste, l’église est superbe, et l’école de la Sainte-Enfance peut fournir tout le personnel désirable pour remplir les différentes fonctions du culte. Des invitations avaient été adressées aux chrétiens des six paroisses de Tokio, au collège des Frères de Marie et aux communautés de Saint-Maur et de Saint-Paul de Chartres. Tout le monde y a répondu avec empressement. Le nombre des fidèles assistant à la cérémonie a été évalué à plus de 800. Après un discours prononcé par S.G. Mgr Berlioz, qui se trouvait de passage à la capitale, la procession s’est déroulée avec un ordre parfait. En tête du cortège, les enfants des écoles et des communautés religieuses ; au centre, le vénérable archevêque portant le Saint-Sacrement, suivi de Monseigneur de Hakodaté et du coadjuteur de Tokio ; après eux, le clergé de la ville, auquel s’étaient joints M. le directeur des Marianites et ses dignes collègues ; enfin des religieuses et la masse des fidèles fermaient la marche ; et tout ce monde honorait et bénissait Notre-Seigneur au chant des hymnes et des cantiques et au son de la fanfare de l’orphelinat. Voilà un spectacle que n’oublieront pas de longtemps ceux qui ont eu le bonheur d’en être les témoins. Je ne veux pas oublier de dire que les deux reposoirs du jardin avaient été ornés avec tout le goût et toute la délicatesse que savent y mettre des mains japonaises. Laudetur Jesus Christus !
Postes de l’intérieur. « Dans ces postes, nos chers confrères ont continué à travailler avec zèle à l’évangélisation des districts qui leur sont confiés ; mais il serait trop long de relater en détail ce qui regarde chaque poste. Toutefois, afin de donner une idée des moyens auxquels on a recours selon les milieux pour faire parvenir aux oreilles des païens la doctrine chrétienne, je veux citer une partie de la lettre que M. Lemoine adresse à Mgr l’archevêque. « A Mito, avec l’aide de M. Chérel et de son catéchiste, qui ne marchandent ni l’un ni l’autre « leur peine, et de M. Kudo, le principal rédacteur de notre Revue catholique, nous avons « ouvert, deux soirées de suite, des conférences dans un petit théâtre de la localité. Le héraut « patenté du théâtre a fait le tour de la ville, monté sur un kuruma (voiture à bras) et battant du « tambour : aux carrefours il nous a fait une brillante et bruyante réclame. Mito, cette ville qui « passe pour engourdie dans l’indifférence, semble s’être réveillée ces deux soirs ; la salle du « théâtre était comble et la foule a écouté les orateurs avec une religieuse attention. Le mur « qui nous sépare des païens a-t-il été quelque peu battu en brèche ? L’avenir nous le dira « mieux que le présent, qui nous a déjà fourni certaines consolations. Le P. Tonooka, qui me « succède à Mito, se propose d’organiser, partout où il 1e pourra, des réunions particulières « chez les chrétiens et s’efforcera d’y attirer les païens. Cette idée est excellente et « l’expérience que l’on a sous les yeux à Tokio, montre que l’on peut retirer de ces réunions « les meilleurs résultats pratiques. En général, vu la pénurie des moyens dont nous disposons, « nous ne saurions être secondés plus efficacement que par des chrétiens bien instruits et « zélés. Il me semble qu’à l’heure présente, où nous et nos catéchistes sommes condamnés « aux « salaires de famine », l’effort du missionnaire doit se porter surtout dans ce sens, et que « c’est là encore le moyen le plus pratique d’évangélisation. »
Orphelinat des garçons. « M. Beuve qui, outre la paroisse de Koishikawa, dirige l’école de la Sainte-Enfance, n’a rien de bien spécial à signaler cette année. Il a eu 15 baptêmes d’adultes et 5 baptêmes d’enfants in articulo mortis. « Ce résultat, dit-il, est bien « modeste, mais, si modeste soit-il, il me sera peut-être difficile de l’obtenir à l’avenir. Les « ressources dont je dispose sont trop insuffisantes ; mon allocation, considérablement « diminuée, et une augmentation exorbitante dans le prix des choses nécessaires à la vie, ont « fait que « dame Pauvreté » a élu domicile à l’orphelinat. Elle m’oblige à vivre et à faire « vivre mes enfants au jour le jour. Si cela continue, la pauvreté sera la misère à brève « échéance. »
Collèges des Marianites à Tokio et à Yokohama. « Les deux collèges marchent toujours bon train » , me disait quelqu’un, il n’y a pas longtemps. Il est certain que, pour un pays où la concurrence est si forte, soit de la part des Japonais, soit de la part des étrangers, les Marianites ont marché jusqu’à présent de succès en succès. Quant à la réputation morale de leur école, elle a attiré l’attention des familles, et, quand on veut assurer aux enfants une éducation sérieuse en même temps qu’une instruction soignée, on vient frapper à la porte de l’école de l’Étoile du matin à Tokio, ou à celle de l’institution Saint-Joseph à Yokohama. Je n’ai pas à faire ici l’éloge du dévouement de nos chers Frères de Marie ; il est connu. Mais il m’a été donné d’être témoin de la vivacité des sentiments que ce dévouement excite dans les jeunes cœurs qui en ont été l’objet. Cette année, au mois de juin, en ma qualité d’ancien élève d’un collège des Marianites en France, j’ai eu l’honneur de présider la réunion annuelle des anciens élèves de Tokio. A part le décor et la nature de certaines pièces exécutées en langue Japonaise, je me serais cru dans une salle de l’institution Sainte-Marie à Saint-Jean-de-Luz. Compliments, pièces de théâtre, musique, banquet, rien n’y manquait. Et ce qui dominait tout cela, c’était la joie, la joie paternelle des maîtres, la joie filiale des élèves. Je l’ai vue se manifester depuis six heures du soir jusqu’à dix heures, avec des explosions qui montraient bien que le cœur en était la source. Mais comme les chiffres ont aussi leur éloquence, j’ajouterai que le collège de Tokio compte actuellement 276 élèves, et celui de Yokohama, 106. Ces chiffres augmenteront encore.
Communautés de Saint-Maur et de Saint-Paul de Chartres. « Orphelinats, pensionnats et hôpitaux, nos bonnes religieuses font tout marcher de front. Les misères intellectuelles, morales et physiques, sont sûres de trouver chez elles le plus grand dévouement et les soins les plus maternels. Tout cela cependant ne se fait pas sans difficultés ; dans un pays où les méthodes ne sont pas bien fixées, où les natures sont plus rebelles qu’elles n’en ont l’air, où les exigences sont inouïes, où les influences étrangères sont si suspectées, malgré le bon accueil qu’on leur fait, il faut de la patience à une dose très élevée. Nos religieuses en ont, Dieu merci. Aussi, quoique leur travail ne soit peut-être pas récompensé ici-bas comme il le mériterait, Dieu qui le connaît et le pèse, lui fera produire des fruits excellents en temps opportun. Les épreuves elles-mêmes n’ont pas manqué à nos dévouées auxiliaires : les Dames de Saint-Maur ont perdu, dans l’espace de quinze jours, deux de leurs compagnes, dont la dernière surtout, par ses talents, faisait concevoir les plus belles espérances. Toutes deux prient au ciel pour leur chère maison de Tokio.
« A côté de cette douleur il y a eu une joie. Les Dames de Saint-Maur ont ouvert, dans la ville de Shizuoka, un bel établissement destiné aux jeunes filles qui veulent étudier les langues étrangères et les arts libéraux. L’inauguration de cette école s’est faite en mars dernier, au milieu d’un concours considérable de personnes influentes de la ville. Le secrétaire général de la préfecture, remplaçant le préfet, le maire de la ville, l’inspecteur général des écoles du département, quelques conseillers municipaux, un médecin très en vue, ont voulu donner un témoignage de leur sympathie à la distinguée Supérieure de la nouvelle école et à ses dignes compagnes. Selon l’usage japonais, le maire et l’inspecteur ont lu des compliments de bienvenue, auxquels a répondu M. Rey, en qualité de chef du poste et d’aumônier des Sœurs. Sous la direction et avec l’aide des conseils de ce cher confrère, l’école a déjà réussi à attirer un bon nombre de jeunes filles, parmi lesquelles on compte quelques pensionnaires. Il paraît même que les maîtresses des écoles publiques du voisinage s’adressent souvent aux religieuses, pour leur demander des leçons particulières de français, d’anglais et de musique. Espérons que la grâce les poussera bientôt à écouter les leçons plus sérieuses et plus nécessaires de notre sainte religion.
Œuvre des étudiants japonais. « Voici quelle a été, durant le présent exercice, écrit M. « Ferrand, la marche en avant de l’Œuvre des étudiants japonais. D’abord, le premier pas a été « la construction de la maison de Nazareth à Myogadani (dans la paroisse de Koishikawa) et « l’installation de la communauté dans le nouveau local. Le second pas a été la fondation « d’une succursale dans la ville de Kanazawa. La maison que M. Tulpin y a fait construire ne « le cède à celle de Myogadani ni en grandeur, ni en beauté. Nous comptons la remplir peu à « peu d’étudiants et lui donner le même élan qu’à l’établissement de Tokio. Le troisième pas a « été la mise en construction de la nouvelle chapelle à Myogadani ; les fondations sont posées « et la chapelle pourra être inaugurée vers la fin de l’année courante.
« Depuis l’installation de l’œuvre sur le nouveau terrain à Myogadani, six jeunes gens ont « été convertis à la foi et ont reçu le baptême. Trois autres ont fait avec ferveur leur première « communion. Plusieurs ont réappris leur catéchisme qu’ils avaient plus ou moins oublié dans « les milieux païens où ils avaient vécu jusqu’à ce jour. Un de nos jeunes gens est sorti « premier de l’école supérieure de droit ; un autre est entré à l’école de médecine de « Okayama ; trois autres suivent les cours de l’Université. J’espère, Monseigneur, que les « deux établissements de Tokio et de Kanazawa, maintenant assurés au point de vue de « l’installation, vont, pendant le nouvel exercice, nous donner de nombreuses consolations. Le « bien que l’œuvre exerce sur l’âme des jeunes gens est vraiment considérable et il est à « espérer qu’il se répercutera sur la société japonaise à mesure que l’œuvre pourra se « développer. »
Œuvre de la Presse. « Cette année, par raison d’économie et aussi pour donner plus de publicité aux idées chrétiennes, dans des milieux où nos livres ne pénètrent guère, M. Ligneul a écrit de préférence dans les Revues qui se publient à Tokio, chaque fois qu’il en a eu l’occasion, et il a fourni aussi, autant qu’il a pu, des matériaux et documents aux journalistes et parleurs de bonne volonté. Outre ce travail accidentel, ses principales publications de l’année sont des brochures sur la « vertu de tempérance », l’ « idéal de l’homme » ou examen des différents systèmes de morale, les « savants catholiques du dix-neuvième siècle » et « la question sociale de l’Évangile ».
« Quant à notre Revue catholique, le Koye, M. Lemoine, qui en est le direteur, donne les intéressants détails qui suivent : « Instruire les chrétiens, les fortifier contre les préjugés « hostiles au christianisme qui se glissent partout dans la presse, la conversation, « l’enseignement, et imprègnent en quelque sorte l’atmosphère, les édifier et les stimuler par « les grands exemples des saints et des vrais chrétiens de tout pays et de tout temps, les tenir « au courant du mouvement catholique dans tous les pays, rapporter les faits intéressants qui « se passent dans les quatre missions du Japon, répondre aux attaques de quelque part qu’elles « viennent, tel est, en résumé, le programme de notre Revue, qui actuellement s’édite, deux « fois par mois, à raison de 32 à 38 pages au numéro.
« Grâce à la collaboration active de plusieurs confrères et au zèle de nos rédacteurs « japonais, en particulier de M. Kudo, on a réussi, en divers endroits, à former une association « d’ « Amis de la Revue », qui contribuent par leurs rapports, par leurs articles et par la « diffusion des numéros, au développement du Koye. Aussi, depuis trois ans, le chiffre des « abonnés a-t-il plus que doublé. »
« Je ne veux pas finir ce compte rendu sans vous dire que nous avons célébré à Tokio un service solennel pour le repos de l’âme de Léon XIII. Mgr l’archevêque a adressé des lettres d’invitation aux membres du cabinet japonais, aux membres du corps diplomatique et à beaucoup d’autres personnages japonais et étrangers de Tokio et de Yokohama. Presque tous ont répondu à l’invitation. Parmi les plus empressés, je citerai le ministre des affaires étrangères, baron Komura, qui, après avoir dit à Mgr l’archevêque que le gouvernement avait envoyé une dépêche de condoléances au Vatican, a ajouté que, pour lui, il se ferait un devoir de venir honorer la mémoire de l’homme remarquable qu’était Léon XIII. Quelques ministres japonais, empêchés, se sont fait représenter, mais les membres du corps diplomatique, ayant à leur tête le baron d’Anethan, ministre de Belgique, ont donné par l’unanimité de leur présence un témoignage de la vénération qu’ils portaient au Souverain Pontife défunt.
« A l’heure de la messe, lorsque les invités officiels, tous en uniforme, ont été conduits à leurs sièges dans la grande nef, les chrétiens se sont présentés à leur tour ; mais un très grand nombre d’entre eux, ne trouvant plus de place à l’intérieur, ont été obligés d’assister à la cérémonie en se tenant debout sous le porche et autour de la cathédrale. Mgr l’archevêque a officié pontificalement et grâce au concours de plusieurs missionnaires, venus à Tokio pour la circonstance, les chants de l’office ont été exécutés avec cette force et cette douceur qui font si bien ressortir le double caractère de la beauté du plain-chant. On sentait que catholiques, dissidents et païens en étaient également touchés. »
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