Présentation Recherche Photothèque Liens Informations Formulaire de contacts Plan du site
 
Rapport annuel des évêques

Année: 1906
Pays: Japon
Mission: Tokio
Rédacteur:Mgr Mugabure

CHAPITRE PREMIER
____



GROUPE DES MISSIONS DU JAPON

~~~~~~~


I. — Tokio

Population catholique 9.453
Baptêmes d’adultes 615
Conversions d’hérétiques 2
Baptêmes d’enfants de païens 297
_____


« Je dois parler avant tout, écrit Mgr Mugabure, de ce Père tant aimé et tant regretté que Dieu vient de ravir à notre affectueuse vénération, de Mgr Osouf, premier archevêque de Tokio. Saint Jean Chrysostome ne craignait pas de dire de saint Paul que « le cœur de cet apôtre était le cœur même de Jésus-Christ ». L’âme du saint archevêque que nous pleurons était, elle aussi, toute embaumée des parfums du Cœur de Jésus. Voilà le secret de sa puissance apostolique. Elle attirait, elle charmait, par la suavité de ses vertus et les saintes ardeurs de son zèle. Cette sainteté avait quelque chose de si frappant que nos frères séparés et les païens eux-mêmes étaient comme forcés de lui rendre hommage. Deux jours après la mort de Mgr Osouf, l’éditeur du Japan Mail publiait un article très élogieux, dans lequel je relève trois phrases qui méritent particulièrement d’être citées : « Mgr Osouf était un de ces rares « hommes qui semblent être nés sans aucune des faiblesses inhérentes à l’humanité. Il était « doué d’un caractère qui inspirait l’amour et la vénération à tous ceux qui le connaissaient, « et, à lui tout seul, il a plus fait pour honorer la religion qu’il professait, que les plus ardents « et les plus zélés missionnaires. Lorsque nous parlons de lui, nous sentons l’insuffisance de « nos paroles, et nous craignons de commettre un sacrilège en essayant de dépeindre une telle « vie. » ( Japan Mail, 29 juin 1906.)
« Les prêtres du diocèse de Tokio savent combien ces éloges sont vrais, et, à leur tour, ils se sentent impuissants à faire ressortir l’éclatante beauté de cette âme, qui se cachait sous la garde de la plus profonde humilité. Les secrets de ce sanctuaire intime n’ont été connus que de Dieu, mais la sainteté extérieure a révélé la sainteté du dedans et lui a répondu comme un fidèle écho. On pourrait donc répéter, au sujet de Mgr Osouf, sans crainte de se tromper, ce qu’on a écrit des victorieuses émanations de la grâce, qui s’exhalent de la personne des saints et marquent partout la trace de leurs pas.
« Il n’est personne qui n’ait admiré la gravité, la modestie, la sérénité, la dignité simple et douce de ce vieillard, devant qui tous s’inclinaient avec respect. Ceux qui ont eu le bonheur de vivre avec lui ont remarqué la sagesse qui brillait dans ses paroles, sa douceur inaltérable jointe à une énergie toute apostolique, sa bonne grâce irrésistible ; en un mot, tout ce qui encourage et charme le cœur. Ses œuvres étaient un spectacle à contempler, à étudier, à imiter. Il les ramenait toutes et constamment à deux catégories : les œuvres de charité pour Dieu, et les œuvres de charité pour le prochain. Parmi les premières, il donnait une grande place à l’adoration, à l’expiation, aux exercices de piété, qu’il faisait avec la même scrupuleuse fidélité que pendant ses années de séminaire. L’action de grâces avait une importance particulière à ses yeux, et souvent nous avons pu remarquer qu’après la messe, le saint archevêque prolongeait ses entretiens avec Notre-Seigneur. Ses œuvres à l’égard du prochain étaient empreintes de la plus grande miséricorde, de la plus douce compassion, de la plus constante charité. Son existence tout entière a roulé sur ces deux pôles : glorifier Dieu et travailler au salut des âmes. Pas un pas hors de cette route, pas un mouvement qui ne tendit à ce but, pas un moment de relâche dans la poursuite de ces grands intérêts. Et la note caractéristique de cette vie, c’est qu’il n’y avait rien de personnel, rien d’intéressé ; tout était noble et généreux. Tel il fut, et tel nous l’avons connu pendant les trente ans de son épiscopat : Verus cum Deo, verus secum, verus cum proximo ; comme le dit l’épitaphe placée sur son tombeau.
« Dès le commencement de la maladie qui devait l’emporter, il montra l’esprit de foi et de conformité à la volonté de Dieu dont il était animé. L’avant-veille de sa mort, au moment de commencer la messe que je célébrais dans un oratoire attenant à sa chambre, je lui dis : « Que faut-il demander pour vous, monseigneur ? — Demandez que la volonté de Dieu se fasse en tout ! » répondit-il avec son calme habituel. Après avoir reçu l’extrême-onction dans les sentiments de la piété la plus sincère, il voulut m’embrasser pro prœsentibus et absentibus. Sa pensée et son cœur se portaient ainsi vers ceux de ses missionnaires que le devoir retenait dans leurs postes, et ceux que la maladie avait éloignés de notre mission. A partir de ce moment, il fut tout entier aux choses du ciel, et son bonheur était d’écouter les oraisons jaculatoires que je lui suggérais ou les réflexions pieuses qu’il me permettait de lui adresser. « Oui, oui, disait-il, voilà qui fait du bien. » Je me trouvais auprès de notre vénéré Père, avec les confrères que la bonne Providence avait réunis en assez grand nombre à la résidence épiscopale, quand il entra en agonie. Je commençai à lire les prières des mourants et j’en étais à ce passage : Egredienti animœ tuœ de corpore splendidus angelorum cœtus occurrat, lorsqu’un léger soupir nous avertit que l’âme d’un saint venait de quitter la terre.
« Les funérailles de Mgr Osouf ont donné lieu à une imposante manifestation. La cathédrale ne pouvait contenir la foule immense accourue pour rendre les derniers devoirs à celui qui venait d’être enlevé à l’affection de son peuple. Tous les missionnaires du diocèse étaient là avec Mgr Chatron, évêque d’Osaka, et M. Jacquet, vicaire général de Hakodaté, qui avaient tenu à nous donner ce témoignage de fraternelle sympathie. On voyait, en outre, toutes nos communautés d’hommes et de femmes, un grand nombre de chrétiens des six paroisses de Tokio, plusieurs ministres étrangers, les représentants du gouvernement japonais, quelques ministres protestants, qui ne cachaient pas la vénération qu’ils avaient toujours éprouvée pour notre saint archevêque. Enfin, je ne veux pas oublier de dire que S. A. I. le prince Kan-In avait voulu s’associer à notre deuil, en se faisant représenter par un officier de sa cour. Sic honorabitur quemcumque voluerit rex honorare. Les honneurs humains, Mgr Osouf ne les a jamais recherchés. Il soupirait, depuis de longues années, après la gloire éternelle, et nous espérons que Dieu la lui a déjà accordée. Beati qui in Domino moriuntur.

« Au cours de l’exercice qui finit, il s’est passé deux événements d’un caractère tout différent. Je n’en ai pas été témoin oculaire, puisque je me trouvais loin de ma chère mission, mais les détails que je vais donner m’ont été fournis par M. Évrard.
« Le premier de ces événements est l’agitation extraordinaire qui a régné, pendant quelques jours, à Tokio, au mois de septembre 1905. Et apprenant la conclusion du traité de paix entre le Japon et la Russie, des mécontents, en assez grand nombre, organisèrent une petite révolution et eurent maille à partir avec la police. Quelles étaient leurs intentions ? Voulaient-ils faire sentir au gouvernement que le peuple japonais l’accusait d’avoir mal défendu l’honneur national ? Voulaient-ils profiter de cette circonstance et de ce prétexte, pour essayer leurs forces, en vue des mouvements plus étendus et plus accentués que les comités, soi-disant socialistes, préparent pour un avenir peut-être prochain ? Le fait est que, pendant toute une journée, les gardiens de l’ordre furent impuissants à arrêter l’émeute. Un grand nombre de postes de police furent détruits, sous les yeux des agents, et soixante tramways brûlés. Jusque-là, les choses se passaient en famille : mais les émeutiers eurent la pensée de pousser plus loin leur audace. Ils s’attaquèrent à quelques chapelles chrétiennes. Notre établissement du quartier de Honjo, qui comprenait l’église, le presbytère, l’école, la maison du catéchiste, devint la proie des flammes : M. Balette, curé de la paroisse, averti à temps, avait emporté le saint-sacrement à la cathédrale, que l’émeute avait respectée. Nos autres établissements paraissaient exposés au même sort que celui de Honjo ; mais une prompte intervention des autorités militaires empêcha de nouveaux malheurs. Néanmoins, pendant tout le mois de septembre, la cathédrale et l’archevêché furent gardés par la police et l’armée.
« L’incendie du poste de Honjo a été une perte considérable pour la mission et pour M. Balette. En effet, notre cher confrère, durant de longues années, avait travaillé, au prix de bien des sacrifices, à doter sa paroisse d’une jolie église, d’un presbytère très convenable, d’une école spacieuse et de quelques autres constructions qui aidaient à entretenir les œuvres catholiques de ce quartier populeux. Où en est la question de l’indemnité ? Nous n’en savons rien. Voilà plus d’un an que ces graves incidents ont eu lieu, et le gouvernement japonais n’a pas soufflé mot de ses intentions à ce sujet. A-t-il même quelque intention de réparer le tort fait à des étrangers ? Nous en doutons.

« Le second événement a été la venue à Tokio de Mgr O’Connell, évêque de Portland, aujourd’hui coadjuteur de l’archevêque de Boston, porteur d’un message du Souverain Pontife à l’empereur du Japon. Le prélat arriva à l’improviste, de sorte qu’aucune réception ne put lui être faite. Il jugea que, pour l’accomplissement de sa mission, il devait prendre un appartement à l’hôtel principal de Tokio. Néanmoins, il fit une visite à l’archevêque et accepta d’officier à la cathédrale, le jour de la Toussaint. L’objet de sa mission est resté secret. Tout ce que l’on sait, c’est qu’il fut reçu par l’empereur avec les honneurs dus aux ministres plénipotentiaires accrédités auprès du gouvernement. Ces égards et les circonstances dans lesquelles il venait au Japon attirèrent sur l’envoyé du Pape l’attention de la presse. Pendant plusieurs semaines, il fut question de lui dans les journaux, et on peut dire que le ton des articles était bienveillant. Il était même facile d’y deviner un sentiment de reconnaissance inspiré par la démarche du Saint-Père.
« Quoique la mission de Mgr O’Connell n’eût pas un caractère religieux proprement dit, les catholiques de Tokio tinrent à honneur de présenter leurs hommages au représentant du Pape, et organisèrent, à cet effet, une réunion dans les salles de conférences de l’archevêché. Des délégations de nos six paroisses de Tokio et les chefs des divers établissements catholiques y prirent part. Plusieurs adresses furent lues à Son Excellence, et des païens mêmes demandèrent à se joindre aux catholiques. M. Honjo, le riche Japonais auquel les journaux d’Europe ont fait allusion assez souvent, profita de la circonstance pour offrir au Saint-Père un terrain, qu’il désirait voir devenir le centre des établissements religieux au Japon. Disons, en passant, que cette pensée, si louable qu’elle soit, ne pourra jamais être réalisée, à cause de la nature du terrain et de sa situation dans une région inhabitée et éloignée de tout centre populeux.
« Le même jour, les missionnaires, répondant à l’invitation de leur archevêque, vinrent en grand nombre à la résidence épiscopale et furent présentés à l’envoyé du Saint-Père. Le salut du Saint-Sacrement termina cette journée, commencée par la messe que Mgr O’Connell avait bien voulu célébrer pontificalement.
« De leur côté, les jeunes gens du cercle catholique préparèrent une grande séance en l’honneur du prélat. On répondit avec tant d’empressement à leur invitation, que la salle qui peut contenir trois mille personnes, fut remplie bien avant l’heure de l’ouverture. Beaucoup de gens ne purent y trouver place. Cette réunion avait pour but de donner une marque publique de respect à l’envoyé du Pape ; il faut dire que le but fut atteint.
« Au dernier moment, la Société pédagogique pria Mgr O’Connell de faire une conférence. Sa Grandeur y consentit, mais la convocation ayant été tardivement lancée, l’auditoire ne comprenait que quatre cents personnes appartenant au monde de l’enseignement.
« Nous faisons des vœux pour que la visite du délégué du Pape ait une heureuse influence sur les œuvres catholiques du Japon.
« Nous avons eu 40 baptêmes de moins que l’année dernière : 1.107 au lieu de 1.147. Ce résultat ne doit pas nous étonner, si nous faisons la part de l’état des esprits après les troubles de septembre. En tout temps, le travail d’évangélisation rencontre beaucoup de difficultés provenant de l’ignorance, de l’indifférence, ou d’autres causes trop connues pour qu’il soit nécessaire d’insister sur leur nature. Mais quand à tout cela vient s’ajouter une émotion comme celle qui s’est emparée des Japonais, après leurs brillants succès sur terre et sur mer, émotion causée par l’attitude qu’ils attribuaient aux Européens et aux Américains, il n’est pas étonnant que le démon en ait profité pour éloigner les âmes de l’étude de la religion. Toute la nation, soulevée par la pensée qu’une grave injustice avait été commise à son égard, vécut longtemps dans une surexcitation qui donne vraiment une belle idée du patriotisme, un peu susceptible peut-être, mais enfin très réel, qui anime tous les cœurs dans ce cher pays du Soleil levant. Et ce patriotisme exigeait, paraît-il, qu’on se tînt à l’écart. Pauvres aveugles ! Que Dieu les éclaire !
« Ce qui a consolé les missionnaires, c’est qu’il n’y a eu aucune défection parmi nos chrétiens. Malgré les conseils perfides de certains journaux, ils ont su distinguer entre la politique et la religion. Et, à ce propos, la paroisse de Honjo mérite une mention honorable. Ce n’est pas seulement l’église et la résidence qui eurent à souffrir des troubles de septembre : plusieurs chrétiens furent soumis à toute sorte de vexations ; quelques-uns même firent des pertes matérielles assez considérables. Mais leur foi n’a pas chancelé, et leur courage a été à la hauteur de leurs épreuves. Au mois de février, j’ai eu la joie de présider la fête des 26 Martyrs, patrons de l’ancienne église du poste. Cette église n’existait plus, mais le concours des chrétiens fut plus nombreux peut-être que les années précédentes. Les cérémonies, célébrées dans une grande salle, empruntaient aux circonstances une signification toute particulière. Sans doute, nos chrétiens étaient désolés de ne pouvoir fêter les Martyrs dans la jolie église qui leur était dédiée, mais n’étaient-ils pas quelque peu martyrs eux-mêmes, ayant eu le bonheur de souffrir pour la foi, que leurs célestes patrons avaient scellée de leur sang ! A cette pensée, la tristesse faisait place à la joie, et, toute une demi-journée, je fus témoin de la gaîté et du contentement de ces chers paroissiens de Honjo. Depuis, leur zèle s’est manifesté d’une autre façon : ils ont ouvert une souscription et déjà les dons commencent à devenir nombreux. Quand même le gouvernement ne leur donnerait aucune indemnité, ils réussiront probablement à relever leurs ruines.

Cathédrale. — « A la paroisse de la cathédrale, m’écrit M. Évrard, le chiffre de la « population catholique est resté le même que l’année dernière, malgré l’excédent des « baptêmes sur les décès. C’est qu’il y a eu émigration. Je me hâte d’ajouter toutefois que, « grâce à Dieu, les émigrés ne sont pas perdus. Ils n’ont fait que changer de chrétienté. « Chercher des moyens d’existence et éviter les loyers dispendieux, telles sont les causes de « leur émigration.
« L’instruction religieuse des fidèles comprend les sermons faits, le dimanche, aux deux « messes. On y ajoute, deux fois par mois, des conférences avec projections. Les enfants ont « été plus nombreux que les adultes à ces conférences, grâce aux élèves de notre école « paroissiale qui amènent leurs petits camarades. »
« Les autres postes de Tokio ont marché comme à l’ordinaire. Les missionnaires qui en sont chargés n’ont signalé rien de particulier.

Postes de l’intérieur. — En province, on s’est ressenti, plus ou moins, des troubles de Tokio.

Utsunomiya. — « Je voudrais avoir, dit M. Cadilhac, à vous écrire des merveilles, comme « s’il m’était permis d’ignorer que les merveilles sont rares, le bien peu commun et le mal « trop fréquent. Toutefois, je dois un bon point aux enfants de Utsunomiya et de Kami-mi-« kawa. Tous les dimanches et jours de fête, ils font une petite collecte. Du produit de cette « collecte ils achètent des livres de doctrine, les tirent au sort, et l’heureux gagnant en dispose « en faveur d’un païen. De cette façon, ils ont déjà pourvu de livres de religion leurs maîtres « d’école et bon nombre d’amis, dont les parents savent lire. Ils choisissent ceux-là de « préférence. »

Hachioji. — « Le nombre des baptêmes a été peu nombreux, écrit M. Mayrand, et bien « que le nombre de mes catéchumènes semble m’en promettre davantage pour l’an prochain, « le caractère japonais est tellement versatile, qu’il serait imprudent de rien escompter à « l’avance comme certain. Le nombre des chrétiens qui s’approchent des sacrements, au « moins une fois l’an, n’a pas diminué, cependant je dois noter une diminution sensible dans « les confessions et communions de dévotion. Cela tient uniquement au départ de mon « vicaire. La ville de Kawa-goye, où il résidait, n’a été visitée que de loin en loin, et d’autres « chrétientés n’ont reçu que rarement la visite du missionnaire. Un confrère zélé, secondé par « un bon catéchiste placé à demeure dans le département de Saïtama, ferait, je crois, beaucoup « de bien aux deux cents chrétiens qui s’y trouvent, et aux païens qui, en plusieurs endroits, « prêteraient volontiers l’oreille à ses instructions. »

Kanazawa. — « M. Harnois et M. Kapfer, outre la paroisse, dirigent une pension où sont reçus les jeunes gens qui suivent les cours des collèges de la ville. L’expérience montre de plus en plus qu’une œuvre de ce genre est d’un grand secours pour étendre l’influence religieuse. Les étudiants sont ainsi en contact avec le missionnaire ; ils écoutent sa parole et en profitent toujours un peu. Sans doute, ils ne deviennent pas tous chrétiens mais du moins, ils ne seront jamais nos ennemis. « Le Japon, délivré de la guerre, écrit M. Harnois, se lance « avec frénésie dans toute sorte d’entreprises. Nombreux sont les jeunes gens qui demandent « qu’on aborde franchement le problème religieux. A Kanazawa, ils écoutent la doctrine, non « par simple curiosité, mais avec le soupçon, trop vague encore ! qu’elle peut leur être utile « dans la vie. Quelques-uns vont plus loin, et apportent aux missionnaires des consolations et « des encouragements. »

Matsumoto — « J’extrais ce qui suit du rapport de M. Cesselin : « Si l’on examine le « chiffre des baptêmes, on constate que la chrétienté de Matsumoto n’a pas fait de progrès « bien sensibles pendant le dernier exercice. Si l’on considère que les chrétiens se sentent de « moins en moins tyrannisés par le respect humain, se serrent les coudes davantage et mettent « plus de confiante simplicité dans leurs rapports avec le missionnaire, on est autorisé à « fonder de légitimes espérances sur ce petit troupeau. Pour ce qui est de l’observation du « dimanche, je n’ai pas à me plaindre de mes chrétiens ; ceux qui, pour des raisons graves, ne « peuvent assister à la messe, s’efforcent toujours devenir au salut du Saint-Sacrement. Ce « salut ne reste pas l’apanage des femmes et des enfants ; les hommes y assistent d’autant plus « volontiers, qu’après la cérémonie, on se rend toujours à la salle des conférences pour « discuter et résoudre les questions que chacun peut avoir à poser.
« Comme mes prédécesseurs, j’ai toujours rêvé de faire quelque chose à Ueda. Cette fleur « d’espérance, caressée des yeux depuis si longtemps, semble enfin sur le point de produire « quelques fruits de bonne venue. »

Yokohama. — « Les étrangers catholiques de Yokohama ont eu une belle fête le 13 mai. C’était la bénédiction de l’église du Sacré-Cœur, transportée récemment sur la colline, d’où elle domine la ville et la rade. Depuis quelques années, on désirait ce changement. Le curé du Sacré-Cœur, M. Pettier, voyait bien ce qu’il y avait à faire : mais entre voir et exécuter se dressait la terrible question de finances. Elle n’est pas encore complètement résolue, puisque dans le livre des comptes, la colonne D est manifestement plus fournie que la colonne A. Mais confiant dans la générosité de ses paroissiens, le curé a donné satisfaction à leur désir qui était aussi le sien. Il a fait plus encore, il a réalisé un de ses rêves, en remplaçant le modeste harmonium de l’église par de belles orgues qui, pour employer le langage du jour, tiennent le record de la musique à Yokohama. Messe pontificale, discours, nombreuse assistance de catholiques et même de protestants, présence de trente missionnaires qui se rendaient à Tokio pour la retraite annuelle : tout a concouru à la solennité de la fête, excepté le temps, qui s’est montré maussade. En somme, belle journée pour le cher curé et ses paroissiens.

Collèges des Marianistes. — « Nos bons Frères de Marie vont de succès en succès. Leur collège de Tokio compte aujourd’hui 575 élèves. La bonté paternelle des religieux, la capacité des professeurs européens et Japonais et la forte discipline de l’école ont acquis à cet établissement une réputation extraordinaire.
L’institution Saint-Joseph de Yokohama, dirigée par les mêmes religieux, continue à donner les meilleures consolations. Le nombre des élèves s’est augmenté d’une manière inespérée, grâce à l’arrivée de quelques enfants russes qui ont été confiés aux soins des Marianistes. Le directeur de l’établissement se demandait avec inquiétude, s’il pourrait loger tout son petit monde dans le local actuel, mais il a su rendre les murs élastiques …

Dames de Saint-Maur. — « Chez les Dames de Saint-Maur, le terrain fait défaut. Le nombre des élèves s’est tellement augmenté dans l’école de la paroisse de la cathédrale, que la supérieure sera probablement obligée de transporter l’établissement ailleurs. Tout cela est de bon augure et témoigne du zèle et du dévouement de nos religieuses.

Sœurs de Saint-Paul de Chartres. ― « Les Sœurs de Saint-Paul, établies sur la paroisse de Saint-François-Xavier, en plein quartier des écoles, continuent à faire prospérer leurs œuvres d’éducation et de charité. Cette année, le jour de la distribution des prix, une grande affluence assistait à une séance dominée par les élèves du pensionnat. Le correspondant d’un journal japonais fut tellement frappé de la facilité et de l’élégance avec lesquelles les jeunes filles maniaient le français et l’anglais, qu’il publia un article très élogieux, dans lequel il rendait hommage à l’habileté et au dévouement. des Sœurs de Saint-Paul. »


~~~~~~~


<< Retour page précédente



© Mepasie (missions étrangères de Paris en Asie) - Toutes les archives disponibles dans 15 pays : Birmanie, Cambodge, Chine, Corée du Nord, Corée du Sud, France, Inde, Indonésie, Japon, Laos, Malaisie, Singapour, Taiwan, Thaïlande, Vietnam